Philippe Hurteau, né aux Sables-d'Olonne le , est un artiste peintre contemporain qui produit aussi des images numériques, des installations picturales et des textes. Depuis 1995, il a confronté sa peinture à la question de l’écran, puis au phénomène Internet.
Le projet Antacom, une installation de 82 peintures initiée en 2008, reprend la structure de Les Désastres de la guerre de Goya pour questionner l'espace psychique du sujet contemporain face à la civilisation de l'informationcatalogue exposition Les ruines du futur, Château d'Oiron, textes de Paul-Hervé Parsy.
Biographie
Après des études d’architecture à Nantes et d’histoire de l’art à l'École du Louvre, Philippe Hurteau commence une activité de concepteur rédacteur en publicitéPhilippe Hurteau raconte cette anecdote :"j’avais rencontré un peu plus tard chez Publicis, Olivier Cadiot, stagiaire comme moi, avec qui j’étais en concurrence pour un poste de rédacteur. Comme il était beaucoup plus brillant que moi, il a obtenu le poste. Mais il aménageait alors un vaste loft partagé avec d’autres artistes (dont Pascal Dusapin) et, avec Bruno Carbonnet, il nous proposa de travailler dans cet endroit en échange d’un coup de main pour les travaux. C’est donc grâce à lui que j’ai pu commencer à peindre dans un vrai espace d’atelier à Paris" Genèse d’Antacom, un entretien avec Françoise-Aline Blain, . Il reprend la peinture à Paris, puis expose en 1986 aux Ateliers 86 du Musée d’Art Moderne de Paris, sélectionné par Rudi Fuchs. En 1987, il participe à la Biennale de San-Paolo au Brésil (commissariat Gérard Guyot), puis séjourne deux années à Rome à la Villa Médicis, en tant que pensionnaire en 1988 et 1989. En 1993, il séjourne à New-York (dans le cadre du programme Villa Medicis Hors les murs), et y produit une série de monotypes.
En 1996, l’exposition Télévision à la galerie Zürcher marque un tournant dans son travail cf article Beaux-art magazine octobre 1996, Philippe Hurteau le peintre des télé-visions, par C. Naphegyi Philippe Dagen, Philippe Hurteau, Télévision Le Monde 23 septembre 1996. À partir de ce moment, les images dont il s’inspire sont issues de la télévision ou d’Internet. Il exposera en 2000 (exposition 8,75 %, galerie Zürcher) des tirages numériques d’images ready-made de la chaine cryptée Canal+.
Ses peintures sont montrées à Rome, Séoul, Palerme, Londres, Bruxelles, Taipei, Chicago, Buenos-Aires, Lima, Los Angeles, Shanghai. En France, Il participe à des expositions collectives à Angers, Bordeaux, Tanlay, Meymac ou à l’Espace Paul Ricard à Paris (2005). En 1998, le musée Sainte-Croix des Sables-d'Olonne (MASC) organise sa première exposition personnelle dans une institution, (Personne, commissariat Benoît Decron, 1998) cf Hervé Gauville Voir la télé en peinture, Libération 26/27 décembre 1998. Il est à l’origine, avec Philippe Cognée, du projet Visiotime, un forum internet sur la peinture (2002). En 2003 il séjourne et travaille une année à Los Angeles (exposition L.A. Cams, Raid Projects, 2003).
Ses œuvres ont été exposées par les galeries Cartwright (Paris), Marie-Hélène Montenay (Paris), Kontainer (Los Angeles). La galerie Zürcher (Paris), lui a organisé six expositions personnelles entre 1995 et 2007.
En 2008, Philippe Hurteau entreprend le projet Antacom, qui a été montré pour la première fois au château d'Oiron pendant l’été 2010 (commissariat Paul-Hervé Parsy).
Il commence à rédiger en 2013 un essai "in progress" intitulé La peinture à l'âge de l'écran, notes.
Philippe Hurteau a enseigné dans les écoles d'arts suivantes : ERBA-Nantes, École Camondo (Paris), ERG (Bruxelles), ESBA TALM (Angers).
Œuvres Le travail de Philippe Hurteau, apparu à la fin des années 1980, affirme d'emblée la pérennité de la peinture - dans un contexte où elle est remise en cause - et une réflexion sur les questions de l’image et du regard. Une première période, mise au point pendant son séjour à Rome met en scène une sorte de dramatisation de l’image, dans une figuration paradoxalement vidée de contenu. Dans un article de la revue Art-press sur la biennale de San Paolo, Catherine Millet évoque alors une « abstraction illusionniste »Catherine Millet, La Biennale de Sao-Paulo, Art-Press n°121, janvier 1988].
Philippe Hurteau a souligné avoir ressenti à ce moment « un sentiment postmoderne ». « Je ne me reconnaissais ni dans les néo modernistes dont la radicalité me semblait finalement académique, ni dans des nostalgiques pré-modernes qui me semblaient réactionnaires. Il fallait donc se heurter à deux académismes et j’avoue qu’aujourd’hui encore j’éprouve ce sentiment face au milieu de la peinture française » Genèse d’Antacom, un entretien avec Françoise-Aline Blain, ..
La série Télévision, 1995, marque une rupture en introduisant les images triviales de la télévision, le cadre de l’écran étant alors assimilé au cadre du tableau (Télévision, 1996, collection FRAC Ile-de-France). « Je voulais confronter ma peinture aux images les plus triviales. Celles qui sont si célèbres qu’on ne les voit plus et que j’appelle des « images aveugles ». Je voulais regarder les écrans parce que les écrans nous regardent. C’est bien par eux que nous arrive le monde dans lequel nous vivons. Je voulais poser la question de la peinture face à l’écran. Aujourd’hui, toute image n’est-elle pas d’abord une image issue des écrans ?». À propos de ce rapprochement novateur entre le tableau et les écrans, la philosophe Stéphanie Katz parle de « peintre de l’écran »Stéphanie Katz, L’écran, de l’icône au virtuel, éditions l’Harmattan, 2004.
En 1999, les premières saisies d’écrans cryptés de Canal+, des tirages numériques présentés comme des peintures, montrent des figures issues de films pornographiques qui semblent anticiper les expériences numériques du glitch art. Ces tableaux conduisent à ceux de la série XTZ (pour extase), dont les figures sont coupées par des « bugs » d’inspiration numérique. De la même période datent les premiers tableaux de la série Abscreen (Abscreen#1, 1997), qui se poursuit jusqu’à une période très récente. Cette série mêle des éléments visuels des systèmes informatiques (les «fenêtres», les bandeaux, les onglets…) et des citations de la peinture abstraite expressionniste ou "Hard edge", restituées avec un statut d’images.
La figure est la question centrale de la série Studio (2004), une figure évoluant dans un espace construit par des images comme dans Visiotime 2, 2004 ou Studio 1, 2005, qui reprend l’espace des Ménines de Vélasquez transformé en studioCes tableaux sont visibles dans un film réalisé pour la chaine Arte au moment de l'exposition Studio. L'art et la Manière : Philippe Hurteau (film, 2006, 26 min) Réalisation : Jean-Pierre De Villers.. L’artiste parle alors de « délocalisation de la figure »Philippe Hurteau, note sur Studio, in catalogue Galerie Zürcher, 2005 À propos des écrans peints de Philippe Hurteau, le critique Paul Ardenne évoque des "images spectrales »Paul Ardenne, Art, le présent, Éditions du Regard, p. 113Voir aussi Pau Ardenne : Art, l’âge contemporain : une histoire des arts plastiques à la fin du , Éditions du Regard, 1997, Philippe Hurteau.
Antacom Initié en 2008, Antacom est un cycle de 82 peintures de même format 16/9 peintes en camaïeu de violet. Ce polyptyque en cours, que son auteur considère comme un « livre », prend comme modèle les Désastres de la guerre de Francisco de Goya, recueil de 82 planches. C’est une œuvre « in progress », qui peut être montrée partiellement. Chaque tableau est mis en relation avec un des 82 « Logs », des mots-valises forgés par l’auteur. Pour chaque exposition, un commissaire définit l’ordre des tableaux et tire au sort les « stations » (la rencontre aléatoire d’un tableau et d’un Log inscrit sur le mur à du sol). Le Protocole d’Antacom précise : « Les images d’Antacom sont les fantômes mentaux d’images multiples. Antacom oppose image et entre-image et non pas «figuration» et «abstraction». Antacom n’est pas anti “com”. Il creuse un lieu vacant, un trou virtuel, (...) pour fonder un imaginaire et donner un cadre au divers. Son propos est ontologique et politique. Son sujet est le Sujet cherchant à se saisir »Protocole d'Antacom site officiel de Philippe Hurteau..
Technique Toutes les peintures de Philippe Hurteau sont peintes à l’huile, ou plus récemment à l’huile et Alkydes. Le plus souvent sur toile, mais aussi sur des feuilles de PVC, miroir acrylique, ou panneau composite aluminiumSite officiel de Philippe Hurteau..
Expositions
Expositions collectives Ateliers 1986 (commissaire Rudi Fuchs), Arc, Musée d’art moderne de Paris, 1986 biennale de Sao Paulo, sélection française, Sao Paulo (commissaire Gérard Guyot), 1987 Trait d’union (Dessi, Gallo, Hurteau, Mazuy, Pizzi-Canella), Villa Medicis, Rome 1988 7èmes Ateliers internationaux des pays de Loire, Clisson (commissaire Jean-François Taddei), 1990 European community young painters exhibition , Seoul art center, Seoul, 1993* Traverses , Palerme, Florence (commissaire Jany Bourdais), 1994 Ici tout est réel, (tout est étrange), (commissaire F-A Blain), Paris 1998 Un écran, le tableau, Parc Saint-Léger, Pougues-les-Eaux, 1999 Devenirs, œuvres du FRAC Ile-de-France, Passage de Retz, 1999 Qui est là ?, Abbaye du Ronceray, Angers, 2001 Quotidien aidé (les locataires), (commissaire F. Lamy), École des Beaux-arts, Tours, 2001 Le portrait s'envisage…, Centre d'art deTanlay, (Commissaire : J. Py), 2002 Parti pris, CAPC Musée d'art contemporain, Bordeaux, été 2002 Visiotime 1 (Philippe Cognée, Philippe Hurteau), Cesson-Sévigné, + ou – 5,10,15,20, Le Plateau, Paris (commissaires B. Goy, E. Corne), 2003 Du corps à l’image, (commissaire B. Goy), Fondation Guerlain, Les Mesnuls, 2004 Projet Cône Sud, Lima, Buenos aires, Santiago de Chili, Montevideo, - Corps-Écran, Espace Paul Ricard, Paris 2005 Et le canard était toujours vivant, Abbaye St André, Meymac, 2005 Visiotime 2, Paris 2006 Taille Humaine, (commissaire Ch. Gattinoni), Orangerie du Sénat, Paris 2006 Télémétries, (commissaire F. Dumond), Galerie Villa des Tourelles, Nanterre 2007 Écran total, Galeries du Cloître, École des Beaux-arts, Rennes 2007 Come over to my house to see my album, (commissaire Philippe Terrier-Herman), Maison Grégoire (observatoire), Bruxelles 2007 Cent, Galerie Defrost, Paris 2008 La rose pourpre du Caire, Bande annonce, (commissariat J.C. Vergne), Musée d'Aurilla, 2009 Les ruines du futur (commissaire P.H. Parsy), Château d'Oiron, Oiron, 2010 E-scape, extraits, projection Ce monde est étrange cinéma Accatone, 22/11/2011 Sur la route de l’art, acquisitions fondation Colas, École nationale des Beaux-arts de Paris, 2012 Traversées, Musée de l’abbaye Sainte-Croix, Les Sables d’Olonne 2013 Beylermont Summa Artis 2, Siège de la Commission Européenne, Bruxelles (prêt du FNAC), 2014
Expositions personnelles D’un Album incertain, Galerie « Au fond de la cour », Gabrielle Maubry, (commissaires : J. De Loisy et Jérôme Sans), 1981 Galerie Charles Cartwright, Paris, 1986 Galerie Charles Cartwright, Paris, 1989 Galerie Montenay, Paris, 1992 Optique, Centre Culturel Français, Palerme Ce que je fais, Aldébaran, Baillargues, 1993 La société des âmes, Galerie Zürcher, Paris, 1995 Télévision, Galerie Zürcher, Paris, 1996 Écrans & Spectateurs, Carré des Arts, Paris 1996 Visuel(s), Galerie Zürcher, Paris 1998 Personne, (commissariat Benoît Decron), musée de l’Abbaye Sainte Croix, Les Sables d’Olonne 1998 8,75%, Galerie Zürcher, Paris 2000 XTZ, Galerie Zürcher, Paris, 2002 L.A cams, Raid projects (commissariat Max Presneill), Los Angeles, CA, 2003 Taipei Cams, Taipei-artist-village, Taïwan 2003 Studio, Galerie Zürcher, Paris 2005 Abscreen, (Standard & Pauvre), Galerie RDV, Nantes 2012 Antacom#2, Espace Valles, Grenoble, 2013 Shi, Bazaar compatible program, Shanghai, Chine, 2015 Populator, Box 202 (commissariat Stéphanie Katz), Paris,
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