thumb|Autobianchi-Lancia Y10 L'Autobianchi / Lancia Y10 est un modèle d'automobile produit de 1985 à 1995. Elle est basée sur une plateforme de Fiat Panda et possède trois portes.
Histoire C'est durant l'été 1978 que la direction générale de Fiat Auto à Turin décide de lancer deux projets : le remplacement de la Fiat 127 et l'étude de la Tipo 4 qui devait être une voiture de classe européenne de 2 litres. Mais chez Lancia on réfléchissait également au remplacement de l'Autobianchi A112 qui était commercialisée depuis déjà neuf ans !
C’est dans ce contexte que les bureaux d'études de Fiat et de Lancia planchent l’un sur la Tipo Uno, l’autre sur la Lancia Uno. L’ingénieur Gaetano Gallinaro, responsable de l’étude Lancia, se souvient que les échanges étaient loin d’être simples : « Je suis arrivé en et je passais mon temps Corso Marconi, au siège central de Fiat. Il y avait le responsable du bureau de design, Mario Maioli, et deux propositions s’affrontaient : celle de Pininfarina très classique et celle d'Italdesign, au style novateur, avec une caisse plus haute, une sorte de crossover avant l’heure ». Ce projet était loin de faire l’unanimité et il fallut attendre le début de l'année 1979 et la nomination de Vittorio Ghidella à la direction des projets pour voir la situation évoluer brutalement.
L’homme, sous une apparente timidité, cache un tempérament direct et irrévérencieux, loin des rondeurs habituelles chez Fiat. Ingénieur et passionné par la technique, il déserte le plus souvent possible son bureau pour côtoyer les techniciens et les ouvriers, voulant systématiquement tester lui-même les prototypes. « Les voitures ne se conduisent pas avec de belles paroles, disait-il, mais en posant son cul dedans ! ».
Au cours d’un test organisé à Milan, les deux projets sont montrés à des clients potentiels sans leur préciser pour quelle marque ils ont été conçus. Le résultat est sans appel : la Lancia Uno sort du lot, étant perçue comme une voiture pratique et multifonction. Il n’en faudra pas plus pour que Ghidella décide de récupérer l’étude pour en faire la future Fiat Uno moyennant quelques modifications mineures. Chez Lancia, on apprécie moyennement de se voir privé de milliers d’heures de recherches. Il est même envisagé de se contenter d'un simple restyling l’Autobianchi A112 mais, après quelques dessins préliminaires, Fiat décidera de mettre sur la touche cette idée saugrenue.
La décision définitive viendra l’été 1982 avec le lancement du projet code Y10, qui devra partiellement reprendre la plateforme de la Fiat Panda déjà en production depuis 1980, dans un souci de rationalisation. Ghidella ayant imposé que tous les futurs modèles du groupe Fiat (avec Alfa Roméo et Lancia) devaient être capables de passer d’une chaîne à l’autre en fonction des besoins. Le cahier des charges de l'Y10 imposé aux ingénieurs est très lourd : carrosserie aérodynamique, hayon en matériaux composites injectés afin de réduire le poids, pavillon sans gouttières comme sur la Fiat Uno, version sportive avec turbo ou compresseur volumétrique type Lancia Trevi Volumex, direction à rapport variable, comportement routier irréprochable... tout en devant composer avec des contraintes économiques et techniques. C'est ainsi que le hayon sera en acier pour des raisons de robustesse, tout en maintenant la couleur noire qui sera l’un des signes distinctifs de la voiture.
Le lancement était programmé pour le Salon de Genève qui ouvrait le . La nouvelle Lancia Y10 y sera bien présente, malgré le retard pris par la phase d’industrialisation plus complexe que prévu, des exemplaires de présérie exigés par Ghidella n’ayant pas été assemblés à temps. Les réactions sont mitigées. La ligne choque avec ce hayon vertical et bien qu’elle affiche un Cx exceptionnel pour une voiture de 3,4 m de longueur, les observateurs qualifient le design de “passe-partout”. Par contre, l’habitacle surprend même les plus exigeants par sa richesse, digne d’une grande routière alors qu’elle se veut une citadine pure et dure : planche de bord et sièges revêtus d'Alcantara, poste radio avec un volet de protection, rétroviseurs réglables de l’intérieur plus une longue liste d’options comprenant les vitres de custodes entrouvrables électriquement, le verrouillage centralisé ou un combiné numérique.
Ce qui surprendra c’est le choix de badger l'Y10 Autobianchi en Italie, en France et au Japon, marchés où l’A112 a connu un énorme succès commercial, et Lancia sur les autres. Cette confusion sera entretenue également sur le dossier de presse qui évoque « une Autobianchi née Lancia ».
Autobianchi, puis Lancia L'Y10 sera vendue, à partir de 1985, sous la marque Lancia en Europe du Nord et sous la marque Autobianchi en France, en Italie et au Japon notamment. Fin 1989, la marque Autobianchi est abandonnée en France, à la suite de l'arrêt du contrat entre l'importateur français Chardonnet et le groupe Fiat. L'Y10 devient donc officiellement une Lancia en France, distribuée par le réseau Lancia, dépendant directement de Fiat France. En Italie, l'Y10 restera commercialisée sous la marque Autobianchi jusqu'à la fin de sa production.
Au total exemplaires seront construits.
Parenté technique avec la Fiat Panda D'un point de vue technique, l'Y10 est basée sur la plate-forme de la Fiat Panda et en reprend la suspension avant, l'empattement et la transmission. Par contre, la suspension arrière est nouvelle et utilise un essieu déformable à fixation centrale, dit « essieu Omega », alors que la Panda n'utilise alors qu'un essieu rigide à ressorts mono-lame. La Panda reprendra, avec sa seconde version en 1986, cette suspension novatrice qui permet d'améliorer sensiblement le confort.
La gamme des moteurs utilisés est très différente de celle des Panda. La version de base reçoit en effet une motorisation entièrement nouvelle, le Moteur Fiat FIRE « Fully Integrated Robotized Engine », qui se caractérise par sa simplicité, sa robustesse, son excellent rendement et un entretien facile et économique.
En outre, en ce qui concerne la fiabilité, ce modèle possède une particularité appréciable et peu fréquente. En effet, la plupart des moteurs subissent de gros dégâts, nécessitant des réparations coûteuses, si leur courroie de distribution casse, saute, ou se décale. Dans le cas du moteur FIRE (en tout cas dans les versions huit soupapes, telles que celles montées notamment sur les Y10), la forme de la culasse fait que les soupapes ne peuvent toucher les pistons et être endommagées en cas de casse de courroie, même à haut régime. Ainsi le moteur ne subit aucun dégât, Il suffit de remplacer la courroie.
Ce moteur sera utilisé par la suite sur un très grand nombre de modèles, notamment la Fiat Panda et la Fiat Uno. Les qualités du moteur FIRE seront un atout de taille pour l'Y10.
Les parallèles entre l'Y10 et la Panda sont nombreux. Partageant une base commune, ces deux modèles évolueront souvent de concert. De dimensions très proches, ils seront les deux facettes d'un même concept, la Fiat Panda étant une petite voiture mettant en avant un style rustique et spartiate, avec un prix d'achat très intéressant, l'Y10 étant luxueuse, raffinée et plus confortable, pour un prix un peu plus élevé.
Un style novateur En 1985, l'Y10 se distingue par son style très typé dit « capsule spatiale » : ligne en coin très marquée, hayon arrière vertical et de couleur noir mat, quelle que soit la couleur de la carrosserie, carrosserie aux formes nettes et dépouillées.
Il faudra un peu de temps pour que ce style soit bien accepté par de la clientèle. La carrosserie de l'Y10 se caractérise aussi par son excellente aérodynamique, avec un Cx exceptionnel de 0,31 pour un véhicule aussi petit.
Elle a été dessinée par le bureau de style Fiat, après le rejet des propositions de Giugiaro et Pininfarina.
Évolution de la gamme série 1985-1989 L'Autobianchi / Lancia Y10 est présentée officiellement au Salon de l'automobile de Genève qui s'est tenue du 7 au . Elle doit remplacer l'Autobianchi A112. Considérant que la très grande différence entre les deux voitures pourrait désorienter les clients, le marketing de l'entreprise a imposé que l'A112 reste au catalogue, aux côtés de l'A112, jusqu'à la fin d'année 1986. Ce que la Y10 et l'A112 avaient en commun est seulement la marque, la forme à 2 volumes avec 2 portes et un hayon, et surtout la même ambition, d'être des citadines de "classe", pour satisfaire les exigences non seulement d'un public féminin toujours plus exigeant, mais aussi de tous ceux qui voient la petite voiture non seulement comme un moyen de se faufiler plus facilement dans la circulation urbaine, mais aussi comme un objet précieux en termes de design, de performances et de confort.
La définition du projet Y10 a nécessité plus de trois années d'études. Pour les études de style de la carrosserie, des missions ont été confiées à Pininfarina, à Italdesign de Giorgetto Giugiaro et au Centro Stile Fiat qui, à partir de 1980, ont réalisé des centaines de dessins, esquisses et maquettes grandeur nature. C'est finalement le projet du designer Antonio Piovano - du Centro Stile Fiat qui a été retenu, car il répondait le mieux au thème proposé : concevoir une voiture destinée à un utilisateur particulier "élitiste", un véritable vaisseau amiral miniature souhaité par les femmes, au même titre qu'un sac à main de créateur, et par les hommes comme leur costume préféré. Une voiture qui ait une identité sans équivoque sous la marque Lancia.
Le style de l'Y10 se distingue par sa forme élancée et dynamique, aux lignes extrêmement épurées, aux surfaces tendues et lisses. La carrosserie est très aérodynamique arborant un Cx de 0,31, un record pour une voiture de cette taille. C'est la partie arrière qui représente l'innovation la plus importante du design du Y10 et qui frappe le public et la presse avec son hayon plat et presque vertical, et sa peinture noir satiné, quelle que soit la couleur de la carrosserie. Compte tenu de la forme du hayon, pour rendre l'ouverture et l'accès au coffre plus pratiques, son articulation au niveau du toit est reculée de onze centimètres. Le pare-brise, collé avec un joint en résine de silicone, est très vaste et balayé par un grand essuie-glace monobranche, comme les récentes petites voitures du groupe Fiat, les Panda et Uno. Le flanc est caractérisé par une ligne de ceinture qui se relève vers l'arrière avec une absence totale de nervures et de profilés de protection latérale.
Fidèle à la philosophie de l'industrie automobile italienne de l'époque concernant l'aménagement des voitures à vocation utilitaire et citadine, la Y10 est proposée uniquement avec une carrosserie à 3 portes assez grandes pour faciliter l'accès à la voiture aux passagers arrière, facilité par des sièges avant entièrement rabattables.
Le tableau de bord comprend deux bandes horizontales. La partie supérieure est recouverte d'un matériau synthétique moussé de 2 couleurs, noir ou marron foncé, en accord avec la teinte de la carrosserie, tandis que la partie inférieure est recouverte d'Alcantara de couleur claire, qui se poursuit sur la bande haute des panneaux de porte et les panneaux latéraux arrière. Selon le niveau de finition choisi, les sièges sont revêtus de tissu ou d'Alcantara et le sol de l'habitacle et l'ensemble du coffre est recouvert de moquette. Elle offre la commande des lève vitres est électrique et le verrouillage centralisé des portes. Les instruments au tableau de bord sont éclairés par des LED et la voiture est équipée d'un ordinateur de bord.
La gamme d'origine comprend trois modèles : l'Y10 Fire, avec moteur Fiat FIRE de , l'Y10 Touring, moteur Fiat 127 Brasil , l'Y10 Turbo, moteur Fiat 127 Brasil , suralimenté par turbocompresseur, . Cette version est très performante, mais assez brutale, et l'effet turbo met à mal la motricité.