Fize-le-Marsal (en wallon Fize-li-Mårsale) est une section de la commune belge de Crisnée située en Wallonie dans la province de Liège.
C'était une commune à part entière, avant sa fusion, en 1964, avec Thys, Odeur, Kemexhe et Crisnée pour former une nouvelle entité : Crisnée. Étymologie Le nom de Fize-le-Marsal se rencontre dans le passé sous diverses graphies : Fies, Fis, Fyes, Fise, Fize.
Les extraits suivants sont les plus anciennes attestations de ce toponymeBulletin de la Commission royale de Toponymie et Dialectologie XLIII, 1969, , f° 21 r°.. Langue et orthographe françaises ont évolué.
Ce sunt les terres de Fies. S'en gisent XVIII verges grandes demi verge petite en Bodribonier.
Item XIIII verges grandes et demi verge petite a la Tumbe.Item XI verges grandes III et quartes petites moins a paisial de Puchues [= Pousset].Item XI verges grandes et VII verges petites et une tierce a la voie de Cumehe [= Kemexhe]. Item IX verges grandes VI verges petites moins deleis le terre ke Johans d'Odor (Odeur) vendit ceans de Sain Jehan.Summe II boniers et XVIII verges grandes. De chu doit om rabatte XIII verges grandes ke on nos at rescos dont nos avons rechut l'argent et conteit a nos maistres. Item uns boniers en une pièce al entree de Fiez sor le Chaucie.Summe del terre de Fies III boniers et XVIII [verges grandes] et XIII petites.Summe de tre, fans III sols et VI deniers. S'es rent om a le glise de Mumale [= Momalle] le for de bon diurs III sols et I denier et a la tort de Sain Dynis VI deniers a la Saint Andrien de che a ons rescos le tierce part de II boniers de terre ki movoient del glise de Momale ki rendoient III sols par an, si ke li amoine ne doit ke II sols par an et I denier por les XVIII verges ki desor sunt nomees.En 1005, on rencontre aussi la mention Fies (Collégiale Sainte-Croix, I, ), en 1188 : ecclesiae de Fies (AELg, Sainte-Croix, cart. A), en 1331 : Fis (Collégiale Saint-Jean 46, 19) et en 1596 : Fyes (Collégiale Saint-Jean 6, 136)Citées par Jules Herbillon dans « Toponymes hesbignons »).
L'ancienne édition du Dictionnaire des communes belges signalait que juste avant la guerre 1940-1945, l'orthographe était encore Fise-le-Marsal.En 1946, le Conseil communal liégeois décida de changer l'accent aigu en accent grave. Liége devint Liège. Les registres communaux n'indiquent aucune trace d'une telle décision pour Fize.
Il y a sept siècles, le village de Fize-le-Marsal était divisé en deux seigneuries : celle de « Fiez-le-Mont », et l'autre appelée « la Marcelle », ou encore « elle Vaux ». (Bormann, cart. Saini Denis, dans BCRH 1872, 78, a°1281). Les maisons du haut, et le groupe des maisons d'en-bas existaient donc, aux alentours de la mare (le flot) celui de la Marcelle. Par suite de déformations successives dans la prononciation locale de ce mot, « Marcelle » -qui vient du diminutif germanique MARKELLA, signifiant limite ou borne - est devenu MARSAL. Plus tard, le surnom de cet endroit sera adjoint au nom du village pour lui donner sa dénomination actuelle de « Fize-le-Marsal ». En wallon : Fîze-li-Mârsale. Ce nom « Marsal » n'est pas une exclusivité : on le rencontre, en Hesbaye ou ailleurs, mais partout il revêt la signification similaire de limite ou borne.
Les exemples suivant sont tirés des toponymies d'Odeur et Kemexhe : aux Awirs : âs mârsales, soit aux limites de Saint-Georges ; La Marcelle : ruisseau limite entre Jehay-Bodegnée et Flône ; Marchelle aussi à Merdorp; « à la Marsalle » à Trognée ; à la chavee del marsalle, entre Petit-Hallet et Thisnes ; « en la Marcelle », à Rosières et à Jauchelette ; door de Marcellestraat jadis à Montenaeken ; une rue Haute-Marcelle à Namur.
L'orthographe du nom de Fize-le-Marsal a varié plusieurs fois dans le cours des siècles. Il est écrit d'abord « FIES » comme le montre la pièce de 1255, qui est le plus ancien document transcrit dans nos registres d'après le registre de Sainte-Croix. Sur la grande pierre tombale devant la porte d'entrée de l'église, qui date de la moitié du , on lit « FIIEZ ». Sont écrits : Fise-le-Marsal, Fize-le-Marsalle, le Marsale, Fieze le Marsalle, Fieze le Marsale, Fieze le Marchai. L'ajout -LE-MARSAL (MARSALLE) au nom qui était d'abord FIES, ou FIIEZ, ou FISE, ou FIZE n'est pas daté. Le vieux curé Hannosset traduisait en latin : FIIEZIA. La pièce de 1255 citée plus haut parle de « Villa de FIES ». Au moins une villa romaine existait à Fize. Toutefois, ce nom de villa peut être seulement celui d'une grande ferme. Naguère la partie du village de Fize avoisinant l'église s'appelait encore « la ville ».
L'orthographe actuelle est FIZE-LE-MARSAL. L'étymologie pourrait être : Fize aurait été l'endroit où l'on payait au fisc, du temps des Romains, un droit sur le sel, cette perception se tenait peut-être dans la salle d'œuvres du presbytère qui n'existait pas encore. De là, le nom aurait été : Fiscus de Mare Salis.
Albert Carnoy propose une autre hypothèse :
Dans la partie du village qui s'appelle la MARSALE, à l'endroit où le curé d'Heure-le-Romain a bâti sa maison de retraite, un grand fossé planté d'arbres s'appelait la Marsale.
Un autre linguiste propose une explication à ce complément de Fize, tel qu'il était jadis, au féminin :
Géographie Localisation Depuis la fusion des communes en 1963, Fize-le-Marsal forme avec Thys, Crisnée, Odeur et Kemexhe, l'entité Crisnée qui s'étend sur hectares pour une population d'environ habitants. Pour sa part, au dernier recensement, Fize comptait 585 âmes et sa superficie, à partir de 1874, - date à laquelle le hameau de Thys lui a été adjoint - a été portée à 379 ha 10 ca.
Le village a trois frontières (approximatives) naturelles : l'autoroute E40 Liège-Bruxelles au sud, la Chaussée-verte à l'est et la grand-route Liège-Saint-Trond au nord.
Ainsi, situé au nord-ouest de la province de Liège et à un jet de pierre de la frontière linguistique, Fize-le-Marsal se trouve à de Tongres, à de Waremme, à de Hollogne-aux-Pierres et à de Liège, à 5 minutes de la gare d'Ans et un quart d'heure de la gare des Guillemins. Fize appartient à l'arrondissement administratif de Waremme, à l'arrondissement judiciaire de Liège, au canton de justice de paix de Hollogne-aux-Pierres. Il relève du diocèse de Liège et du doyenné de Waremme. Le village de Fize est mitoyen à huit villages : Odeur, Kemexhe, Momalle, Lens-sur-Geer, Oreye, Hodeige, Thys, et Crisnée où se trouvent regroupés les services communaux.
L'altitude de Fize, mesurée au seuil de l'église, est de , sensiblement la même au lieu-dit Busaifosse, au lycée de l'État et au Château-d'Eau. Le point le plus élevé du village se trouve à la limite de Kemexhe, dans la campagne, à l'est du tilleul où l'altitude atteint . Les lieux-dits Fond de Momalle et Fond d'Oreye justifient leur nom avec leurs . Au total, le relief de Fize, on peut le qualifier d'ondulé et relativement plat.
Jadis, l'agglomération se limitait au triangle « Marsale - Tilleul - Marronnier ». Vu de haut, le dessin des rues actuelles montre les mêmes trois carrefours : la place de la Marsale, le rond-point du Piron et l'Y du tilleul à l'autre bout de la rue principale.
Depuis un demi-siècle, à partir de l'après-guerre et particulièrement durant cette dernière décennie, le patrimoine immobilier de Fize s'est sensiblement renforcé, par douzaines d'habitations, villas ou bungalows, en quatre pôles centrifuges de constructions neuves dans les rues menant aux villages circonvoisins, mais le centre du village s'est également fort étoffé.
C'est en direction du nord que la physionomie de Fize s'est le plus nettement modifiée, non seulement par l'édification de nombreuses maisons et villas mais par l'important complexe scolaire de la Communauté française et la construction d'une piscine, une plaine de jeux avec piste d'athlétisme, des terrains de volley et handball, d'un hall omnisports. Il y a moins d'un siècle cette rue de Crisnée était déserte, c'était la pleine campagne, sans éclairage le soir, battue par les vents d'ouest, cinglée en hiver par les bises, et les congères accumulées rendaient pénible toute sortie de Fize. À propos de la circulation, il faut noter le comblement de l'étang de la Marsalle et son remplacement par un îlot directionnel, la suppression de tous les sentiers, l'asphaltage des rues et accotements et dans les champs l'ouverture des « chemins de remembrement ».
L'examen des cartes, et singulièrement de la plus ancienne, celle de Ferraris datant de 1775, permet de mesurer les changements intervenus, cependant que bien de vieilles habitations sont toujours là, les grosses fermes notamment qui constituaient le fonds et l'ossature du village de Fize-le-MarsalChronique du (Elsevier).
Ruisseaux Aucune rivière ne coule aujourd'hui à Fize. Dans de vieux documents des , on cite des riwechiau, riwe, riwetea, reu, riwa, roua ; en 1414 : « 6 verges asseis près de Riwechiaus de Fies… », en 1549 : « Riwetea qui vientt du fon de Momale… », en 1550 : « 6 verges asseis près de Riwe de Fyes… », en 1568 : « près du reu de Fyes (venant de Buzêfosse)… », en 1592: « 6 verges emprès le Riwa de Fyes… ».Le même ruisseau venait peut-être du « Fond de Momalle », et traversait Fize. Il ne peut être le « Kemexhe » prenait sa source à Freloux, passait à Crisnée et se dirigeait vers Thys. Plus tard, sa source étant tarie, ce même « Kemexhe » s'alimentera des eaux de ruissellement fizoises du Tièr de Crisnée et de l'Aywisse et, accessoirement, des eaux résiduaires de la râperie.
Dans l'histoire « Des gens et des choses » de Crisnée, apparaissent deux « cours d'eau » : le « riweteau des beghines », un peu à l'ouest du carrefour des « Trois-Croix » et le « riweteau des bommes », entre la rue de Favray et le château Prosmans. L'un et l'autre devaient venir du N-O de Fize, sans doute des environs de l'actuel château-d'eau, et ils descendaient la pente naturelle vers le village de Crisnée. Il ne rencontrait aucun obstacle : à cette époque, le remblai de la chaussée Liège-Bruxelles n'existait pas. Ces deux riweteaus étaient affluents du « Kemexhe » dans le Sart à Crisnée.
Dans d'autres documents se rapportant à Fize, on cite, par exemple en 1742 : « au grand roua », et encore « entre deux rouas ». Preuve de leur existence. Un ru sans importance pouvait être qualifié de rouâ, ainsi qu'un vrai ruisseau issu d'une source, et tous les fossés ou horrais où s'accumulaient les eaux de ruissellement que la terre argilo-limoneuse des campagnes hesbignonnes n'absorbait pas.
Sous l'Ancien régime, tous les villageois étaient astreints, entre autres corvées collectives, au curage des rigoles, horês de drainage et rouas ; sans ce travail, les chemins de campagne et les rues du village (en terre), labourés d'ornières, se transformaient en marécages infranchissables.
Aujourd'hui, le problème des eaux n'existe plus à Fize : le remblaiement du flot de la Marsale et la pose d'égouts l'ont résolu. Dans les campagnes, la construction des chemins de remembrement a bouleversé l'écoulement des eaux de ruissellement. L'édification de bassins d'orage, le long de l'autoroute par exemple, évite l'inondation des terres arables. Tous ces travaux d'infrastructure contribuent à l'amélioration de la vie quotidienne et modifient la physionomie du village (MEU : Chr. J.C. oct. 1919).
Rues