Une vérité qui dérange () est un documentaire américain de Davis Guggenheim sorti en 2006. Traitant du changement climatique, il est basé en grande partie sur une présentation multimédia que Al Gore, ancien vice-président des États-Unis et prix Nobel de la paix en 2007 (partagé avec le GIEC), a préparé pour sa campagne de sensibilisation sur le réchauffement planétaire.

Il est suivi en 2017 par Une suite qui dérange : Le Temps de l'action, réalisé par Bonni Cohen et Jon Shenk.

Synopsis vignette|droite|Cette photographie de la Terre (La bille bleue) prise par les astronautes de la mission Apollo en 1972 ouvre le documentaire sur la prise de conscience collective de la finitude planétaire.

L'ex vice-président Al Gore se consacre à ce qu'il considère comme son devoir après l'échec de l'élection présidentielle américaine de 2000. Il s'implique lui-même dans la lutte contre le réchauffement climatique. Dans la continuité d'une présentation exposée à travers le monde dans sa tournée surnommée « », Gore met en lumière la quasi-unanimité des scientifiques s'accordant sur le réchauffement global de la Terre, débat sur la politique et l', et décrit les conséquences graves que le changement du climat produira si la quantité de production humaine de gaz à effet de serre n'est pas significativement réduite dans un futur très proche.

Le film présente beaucoup d'aspects catastrophiques, comme le risque d'effondrement d'un inlandsis majeur, un glacier très étendu au Groenland ou en Antarctique, dont l'un ou l'autre pourrait élever les niveaux de mer globaux d'approximativement , provoquant l'inondation des secteurs côtiers et créant une centaine de millions de « réfugiés climatiques », les écoréfugiés. La fonte des eaux du Groenland pourrait stopper le courant du et rapidement déclencher un refroidissement local dramatique en Europe du nord (en dépit du réchauffement climatique global). Le documentaire se conclut en indiquant que si les mesures appropriées sont prises rapidement, les effets du réchauffement peuvent être inversés avec succès en libérant moins de dioxyde de carbone et en cultivant plus de plantes et d'arbres. Enfin Gore invite tous les spectateurs à apprendre comment ils peuvent aider et à se mobiliser dans cette initiative.

Dans le but de montrer le phénomène de réchauffement climatique, le film présente la température annuelle et les niveaux de pendant les années déterminés par les analyses des carottes de glace prélevées en Antarctique. Une analogie avec l'ouragan Katrina est utilisée pour leur rappeler que les vagues de ont détruit presque un million de maisons côtières du Mississippi, de la Louisiane, de l'Alabama et de la Floride.

Les aspects de controverseLire l'article en anglais « ». liés à l'attribution des causes du réchauffement climatique y sont présentés comme une manipulation provenant d'un groupe limité de personnes, cherchant à entretenir le doute par une dissonance entre les médias de presse spécialisée et les médias grand publicLire l'article en anglais « »..

Al Gore est présenté dans ce documentaire, ainsi que les étapes majeures ayant mené à son engagement en politique. Il y règle de plus ses comptes avec ses adversaires, pointant de manière précise du doigt les personnes qui participent à la désinformation en ce domaineUn des passages du film est consacré aux contributions de Philip Cooney lors de son passage à la Maison Blanche ; caviardant les articles scientifiques traitant du réchauffement global, il s'est avéré par la suite qu'il émargeait auprès de l'entreprise ExxonMobil pour ses bons et loyaux services..

Fiche technique

Titre original : Titre français : Une vérité qui dérange Réalisation : Davis Guggenheim Musique : Michael Brook, interprétée par Melissa Etheridge Caméra : Davis Guggenheim, Robert Richman Montage : Jay Cassidy, Dan Swietlik Production : Lawrence Bender, Scott Z. Burns Co-production : Lesley Chilcott Pays d'origine : Langue originale : anglais Genre : documentaire Dates de sortie : États-Unis : (festival de Sundance) ; (sortie limitée) ; (sortie nationale) France : (festival de Cannes) ; (sortie nationale)

Distribution Al Gore : lui-même Billy West : narration de la version originale Charles Berling : narration de la version française

Production Origines Gore est intrigué la première fois par le réchauffement planétaire lors d'un cours à l'université Harvard avec le professeur Roger Randall Dougan Revelle, l'un des premiers scientifiques à mesurer le taux de dioxyde de carbone dans l'atmosphère terrestre Kim Voynar, « », , 26 janvier 2006.. Le livre de Gore publié en 1992, Sauver la planète Terre, traitait déjà d'un certain nombre de sujets touchant l'environnement et se classa dans la liste des du . Plus tard, quand Gore prit la présidence du congrès des États-Unis en qualité de vice-président des États-Unis, il initia la première audition du congrès à ce sujet, y emmena des climatologues et commença à en débattre avec les représentants élus David Remnick, « », , 14 avril 2006.. Il pensait qu'une fois les législateurs au courant de l'incontestable évidence, ils seraient conduits à l'action ; pourtant finalement, le processus fut lent voire laborieux.

En tant que vice-président dans l'administration Clinton, Gore poussa à la création d'une taxe sur le carbone, la , pour inciter à réduire la consommation de combustible fossile et de ce fait diminuer l'émission de gaz à effet de serre. Elle a été partiellement mise en œuvre en 1993. Il a aidé à promouvoir le protocole de Kyōto en 1997, le traité international conçu pour limiter les gaz à effet de serre. Cependant, il n'est pas ratifié par les États-Unis en raison de l'opposition du sénat Américain. Gore a aussi soutenu le placement du satellite dans le cadre du programme Triana, pour accroître la conscience des problèmes environnementaux et pour avoir les premières mesures directes de la proportion de rayonnement solaire réfléchi par la Terre. Gore engagea en partie sa campagne présidentielle de 2000 sur la ratification du protocole de Kyoto.

Après sa défaite à l'élection présidentielle, Gore a adapté une projection de diapositives, qu'il avait précédemment créé, et commença à donner à travers les États-Unis et dans le monde entier des présentations multimédias sur le réchauffement climatique. Au moment où le film débute, Gore estime l'avoir montré plus d'un millier de fois. Les producteurs Laurie David et Lawrence Bender ont vu le show de Gore à New York après la première de Le Jour d'après William Booth, « », , 26 janvier 2006.. Inspirés, ils rencontrent le réalisateur Davis Guggenheim au sujet de la possibilité de transformer la projection de diapositives en un film. Guggenheim, sceptique au début, vit plus tard une présentation de Gore faite pour lui seul, et déclara qu'il avait « été soufflé » (« »), et que .

Réalisation

La structure du film est essentiellement celle d'un film documentaire. suit une base dramatique dans la séquence où les faits sont révélés et les prévisions soulignées, auxquels s'ajoutent des événements de la vie personnelle d'Al Gore. Plutôt qu'énumérer simplement des faits d'une façon sèche et mécanique, le film place son sujet dans un contexte plus moral et émotionnel avec des éléments d'une intrigue dramatique.

David Guggenheim et son équipe ont reconstitué une salle de conférence réservée au tournage propre au film en présence de l'hôte vedette. La cause planétaire et la stature de l'homme politique ont contribué à l'afflux de bonnes volontés autour du projet ; s'agissant tant de professionnels de l'industrie du cinéma acceptant de contribuer sans demander d'émoluments, que de Melissa Etheridge, habituée des chansons militantes, qui a composé une chanson après avoir visionné les rushs de la conférence.

Bases scientifiques

Dans le film et le livre l'accompagnant, Gore cite beaucoup d'études scientifiques pour soutenir la revendication que le réchauffement climatique est réel et en grande partie causé par l'homme : La fonte de nombreux glaciers est soulignée par des photographies montrant l'avant et l'après Wikipédia anglaise : .. Une étude faite par les chercheurs de l'Institut de Physique de l'université de Berne et du Projet Européen pour creuser la glace dans l'Antarctique, l'EPICA, présente des données de l'Antarctique à partir de carottes de glaces montrant les concentrations en dioxyde de carbone les plus élevées pour les années .. Le graphique qui en découle figure dans l’article Pléistocène. L'enquête du en 2004, recense scientifiques sur le changement climatique publiés entre 1993 et 2003. Le résultat de son observation, publié en éditorial dans le journal Science, est que chaque article soit soutient le consensus « le réchauffement global a une part d'origine humaine », soit n'en tient pas compte ..

L'agence de presse américaine , est entrée en contact avec plus de et chercheurs sur le climat et les ont interrogés au sujet de la véracité du film. Ce sondage se déroulant avant la sortie nationale du film ou du livre, seuls ont vu le film et ils disent tous que Gore a transmis correctement les faits scientifiques .. Le (Comité sénatorial de l'environnement et des travaux publics des États-Unis) présidé par le sénateur James Inhofe, un sceptique du réchauffement global, a publié un communiqué de presse critiquant ce rapport .. La position d'Inhofe , apparaît dans le film.

RealClimate, un blog collectif maintenu par , honore les faits scientifiques du film comme .

L'historien des sciences et fondateur de , Michael Shermer a écrit dans que , .

De même, le , dans l'éditorial du , le climatologue Richard Lindzen, sceptique du réchauffement climatique a critiqué le film et se questionne sur ses motivations « », WSJ.com.. Une analyse critique de l'article de Lindzen par un blogueur, David Lawrence, un biogéographe et journaliste, révèle que les réclamations de Lindzen sont basés sur des données actuellement dépassées « »..

Néanmoins, si la Haute Cour de Londres a souligné dans un jugementhttp://www.bailii.org/ew/cases/EWHC/Admin/2007/2288.html Jugement anglais]. en , que ce film est "en grande partie exact" et s'appuie sur de sérieuses recherches scientifiques, notamment celles du GIEC, elle relève neuf erreurs ou approximations contenues dans le documentaire (voir plus bas). Elle considère par ailleurs ce film comme également politique. Elle a ainsi décidé que sa diffusion dans les écoles devait être accompagnée d'une notice exposant les différents points de vue sur le sujet, afin de respecter les lois demandant une expression équilibrée des idées politiques dans les écoles« Un juge britannique émet des réserves sur le documentaire d'Al Gore », Le Monde..

Accueil Le film fut présenté en avant-première en 2006 au Festival du film de Sundance, puis au Festival de Cannes.

Il a été accompagné par une promotion publicitaire utilisant des slogans tels que « Un avertissement au Monde » (« »Allitération ironique avec « », réchauffement global.), « Nous sommes tous sur une fine couche de glace », « De loin le plus terrifiant film jamais vu », et enfin « Le film le plus effrayant cet été est celui où vous êtes le méchant et le héros » « », « », « ».. La réaction à Sundance fait écho au montant du box-office et aux articles positifs des critiques de films. D'ailleurs, le film et l'acclamation des critiques ont été parodiés dans des programmes télévisés.

Un livre-homonyme contenant des informations additionnelles, des analyses scientifiques, et le commentaire de Al Gore sur les problématiques présentées dans le documentaire est paru au même moment et atteint la première place des du (en date du et du ) « », , 2 juillet 2006., et se maintient encore pendant de nombreux mois sur la liste « », , 13 août 2006..

Succès public et critique