vignette|redresse|Claude Monet, La Rue Montorgueil (1878).
La France compte onze jours fériés (fêtes religieuses et civiles) légalement définis par le code du travailArticles L. 3133-1 à 3 du code du travail., à l'exception de l'Alsace-Moselle, bénéficiant du droit local, et de plusieurs collectivités de la France d'outre-mer, qui en comptent davantage.
Le , jour de la fête du Travail, est en France le seul jour férié obligatoirement chômé et payé, sauf impossibilité due à la nature de l'activité (mais donnant droit à une indemnité)Articles L3133-4 à 6 du code du travail. Les autres jours fériés ne sont pas obligatoirement chômés, sauf dispositions contraires des conventions collectives applicables dans les entreprises.
Alors que les dictionnaires de termes juridiques font l'équivalence entre jour férié et fête légale (un terme renvoyant à l'autre), le jour férié correspond au support chronologique alors que la fête légale désigne l'événement lui-même, plusieurs fêtes légales pouvant se produire un même jour férié (exemple : le sous les Premier Empire et Second Empire abrite à la fois l'Assomption et la Saint-Napoléon).
Parmi les ouvrages de référence sur le sujet, on compte Jours de fête de l'historienne française Jacqueline Lalouette (2010).
Histoire Durant la société d'Ancien Régime, il existe dans l'année des dizaines de fêtes religieuses qui sont obligatoirement chômées. Elles servent alors souvent d'éléments chronologiques pour dater du jour. Cependant, dès le , la hiérarchie catholique en supprime pour appuyer l'activité économique. Par exemple, en Auvergne, elles passent de 53 par an à la fin du à 26 quand arrive la Révolution. Les jeux, la danse y sont rigoureusement encadrés. Quand ce n'est pas l'Église qui les contrôle, les fêtes sont menées par des sociétés de jeunesse ou des confréries professionnelles. La fête pouvait avoir des formes diverses, telles des processions religieuses, parades militaires, événements corporatistes, commémorations rituelles. Ces fêtes étaient l'occasion d'exercer une grande créativité. Au , pendant l'âge baroque, se manifeste un clivage de plus en plus net entre manifestations festives populaires et fêtes organisées par les autorités..
À la Révolution française, on assiste à une plus grande pression de la mise en scène du pouvoir politique. Les révolutionnaires cherchent à encadrer le désordre : la bourgeoisie jacobine redresse vite, par des mouvements de maîtrise, les mouvements de transgression. Cependant, on assiste à un renouvellement des cérémonials. La fête sert à entretenir la flamme révolutionnaire ; mais si elle devient trop contrôlée, dès qu'elle devient spectacle, la population urbaine s'en détourne, et invente de nouvelles formes spontanées. On retrouve ce schéma sur l'ensemble de la période : la Révolution commence par la Fête de la Fédération, manifestation inaugurale, et se termine par le Culte de l'Être suprême ; on passe de la célébration à un nouvel ordre. On retrouve ce schéma dans la plupart des séquences révolutionnaires françaises.
Les voient la disparition progressive des manifestations festives sauvages, sauf peut-être lors d'évènements comme Mai 68. Les Géants du Nord se font remplacer par des cortèges ou des visites présidentielles organisées par l'État. Les carnavals à l'ancienne sont pris en charge par la jeunesse de l'élite ou les municipalités. Même dans les banlieues ouvrières, les fêtes populaires sont récupérées par le Parti communiste français pour des commémorations comme le (journée internationale des travailleurs). De façon plus profonde, au cours de cette période, les notions d'art et de culture deviennent des activités autonomes dans le vécu des différentes couches de la société, et il devient normal, même désirable, que l'État les prenne en charge. La fête perd son impulsion ou évidence immédiate, et dépend de procédures administratives pour assurer sa programmation.
La notion de fête légale se développe en France au cours du (la loi du 18 germinal an X - - statue qu' .) pour déterminer si elle inclut les fêtes civiles avec les fêtes religieuses et pour savoir si elle doit être instaurée par un texte réglementaire ou par une loi. Dans le sillage du Concordat, le nombre de fêtes religieuses est ramené à quatre (Noël, Toussaint, Assomption, Ascension.) suivant l'indult du cardinal Battista Caprara du . Parallèlement, les jours de fêtes légales augmentent par l'adjonction de fêtes civiles, le pouvoir cherchant à en limiter le nombre et à les fixer sur un jour férié déjà existant ou le dimanche pour des raisons économiques.
La fête légale devient dès lors un jour non obligatoirement chômé (sauf en Alsace-Moselle et sauf le dans toute la France). Elle donne lieu, lorsque le jour férié est travaillé, à compensation financière si les conventions de branche ou d'entreprise le prévoient. Certaines obligations indiquées dans le code du commerce (exemple : dépôt de protêt impossible si la date d'échéance tombe sur un jour férié), le code de procédure pénale ou le code électoral (exemple : délai de contestation prenant en compte le jour férié) s'y attachentJacqueline Lalouette, Jours de fête - Jours fériés et fêtes légales dans la France contemporaine, Tallandier, 2010, 390 p. ..
Le devient férié à la suite de l'approbation par l'empereur , le , d'un avis du Conseil d'État du du mois sur la question de savoir si les effets de commerce échéant le dernier décembre peuvent être protestés, faute de paiement, le , de l'Empire français, , , , texte , .. Les jours fériés suivants sont ensuite ajoutés par des lois : le devient férié à la suite d'une loi du ; les lundis de Pâques et de Pentecôte deviennent fériés à la suite d'une loi du déclarant jours fériés légaux le lundi de Pâques et le lundi de la Pentecôte, , , , , .. ; le 11 novembre devient férié à la suite d'une loi du fixant au la commémoration de la victoire et de la paix, , , , , . ; et le devient férié à la suite d'une loi du relative à la journée du , , , , , ..
La suppression de jours fériés est régulièrement évoquée, au motif de favoriser l'activité économique, notamment par le premier ministre François Bayrou qui avance le l'idée de supprimer le caractère férié du lundi de Pâques et de la Fête de la Victoire du .
Fêtes fériées Fêtes civiles , jour de l'an, nommé également « nouvel an » : ce jour devient férié sous le Premier Empire par avis du Conseil d'État du . , fête du travail : ce jour est, en premier, déclaré jour chômé le en même temps qu'est ratifiée la journée de 8 heures. Le maréchal Pétain la change en « fête du Travail et de la Concorde sociale » en en faisant un jour férié, chômé et payé. L'instauration de ce jour commémorant les luttes de travailleurs n'aboutit qu'avec la loi du (jour chômé et payé), modifiée par celle du (« fête du Travail »). 8 mai, Victoire 1945 : commémoration de la « capitulation sans condition » (à ne pas confondre avec un armistice) de l'Allemagne nazie mettant fin à la Seconde Guerre mondiale en Europe. Déclaré jour férié de commémoration, en France, le , le caractère férié est supprimé par le président Charles de Gaulle en 1959. Par la suite, le président Giscard d'Estaing supprime également la commémoration en 1975. Ce n'est qu'en 1981 que la loi rétablit le jour férié commémoratif sous la présidence de François Mitterrand. , fête nationale française : commémoration de la Fête de la Fédération, le , qui célébrait la prise de la Bastille l'année précédente. C'est sous la Troisième République que ce jour devient la fête nationale par la loi du . , Armistice 1918 : jour anniversaire de l'armistice de 1918 mettant fin à la Première Guerre mondiale et de commémoration annuelle de la victoire et de la paix, journée d'hommage à tous les morts pour la France.
Fêtes religieuses chrétiennes catholiques Le jeudi de l'Ascension, la fête de l'Assomption, la Toussaint et Noël sont fériés à la suite de l'arrêté du 29 germinal, an X () découlant du Concordat, signé entre Napoléon Bonaparte, alors Premier Consul, et le pape Pie VII. L'arrêté est ensuite reconduit par la loi de séparation des Églises et de l'État du , article 42.
La loi du ajoute le lundi de Pâques et le lundi de Pentecôte (ces lundis ne sont pas des fêtes liturgiques en eux-mêmes, mais des jours de repos consécutifs, qui datent du gouvernement républicain de Charles de Freycinet ; la fête religieuse a, quant à elle, lieu le dimanche correspondant). Le lundi de Pentecôte a perdu son caractère de jour de repos en 2004 au titre de la Journée de solidarité envers les personnes âgées et handicapées ; mais est redevenu chômé en 2008. Il est souvent imposé aux salariés pour des raisons d'organisations, qui voient ainsi ce jour déduit de leur stock de jours de RTT en contrepartie, à moins de le récupérer par une autre journée de travail supplémentairehttps://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A13425.
Lundi de Pâques : date variable, tombe un lundi compris entre le et le , suivant le calcul de la date de Pâques, qui célèbre la résurrection du Christ ; Jeudi de l'Ascension ( à partir du dimanche de Pâques) : date variable, commémorant la montée de Jésus au ciel ; Lundi de Pentecôte ( après le dimanche de Pâques) : date variable, lendemain de la fête commémorant l'envoi du Saint-Esprit aux disciples et la naissance de l'Église ; Assomption () : fête catholique célébrant la montée au ciel de Marie, mère de Jésus, sainte patronne de la France dès l'Ancien Régime, puis remplacé par un jour chômé par Napoléon pour fêter son anniversaire. Sous le Second Empire, ce jour était à la fois une fête religieuse dédiée à la Vierge et la Saint-Napoléon, anniversaire de l'Empereur ; Toussaint () : fête catholique célébrant tous les saints ; Noël () : fête célébrant la naissance de Jésus-Christ. La veille, le 24, est consacrée au réveillon de Noël et à la messe de Minuit dans certains pays par les chrétiens.
Fêtes fériées au niveau local Alsace et Moselle
En vertu d'une ordonnance prise le , le droit local en Alsace-Moselle octroie deux jours fériés supplémentaires par rapport au droit national et s'applique aux activités exercées dans ces trois départements : Vendredi saint : deux jours avant Pâques, si la commune dispose d'un temple protestant ou d'un simultaneum. Saint-Étienne : le .
Guadeloupe Jeudi de la Mi-Carême : à mi-chemin entre les Cendres et Pâques, 22 jours après les Cendres. Abolition de l'esclavage : le . Vendredi saint : deux jours avant Pâques.
Guyane Abolition de l'esclavage : le .
La Réunion Fête réunionnaise de la liberté (abolition de l'esclavage) : le .
Martinique Abolition de l'esclavage : le .
Mayotte Abolition de l'esclavage : le .
Nouvelle-Calédonie Fête de la citoyenneté : le .
Polynésie française Arrivée de l'Évangile : le . Fête de l'autonomie : le .
Saint-Barthélemy Abolition de l'esclavage : le .
Saint-Martin Abolition de l'esclavage : le ..
Wallis-et-Futuna vignette|Danseuses et danseurs pour la fête du territoire, le . Fête du territoire : le , célébration de la loi du qui a conféré aux îles le statut de territoire d'outre-mer. Saint Pierre Chanel : le .
Fêtes non fériées Fêtes civiles
Janvier : Journée franco-allemande.
Février : fête des amoureux, jour de la Saint-Valentin
Mars Premier dimanche de mars : fête des grands-mères : Journée internationale des droits des femmes : journée nationale d'hommage aux victimes du terrorisme : journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.
Avril : journée nationale de commémoration du génocide arménien de 1915 (depuis son instauration en 2019) Dernier dimanche d'avril : jour du Souvenir des déportés
Mai : Journée de l'Europe, sur l'anniversaire de la déclaration Schuman ()