Bettina von Arnim, Baronne (Freifrau) d'Arnim, née Elisabeth Catharina Ludovica Magdalena Brentano le à Francfort-sur-le-Main, morte le à Berlin, est une femme de lettres et une nouvelliste romantique allemande. Elle aurait aussi composé des mélodies.
Biographie La famille Brentano est originaire des bords du lac de Côme, en Lombardie. Sixième enfant d'un commerçant, Bettina von Arnim, sœur de Clemens Brentano, a pour grand-mère Sophie von La Roche, écrivaine de talent, aimée de Wieland et de Goethe, qui l'élève après la mort de sa mère Maximilienne de la Roche, lorsqu'elle n'a que trois ans.
Elle se marie, en 1811, avec Achim von Arnim. Le couple vit séparément le plus souvent - ainsi Bettina vit à Berlin, tandis que Achim s'occupe du . Sept enfants sont nés de ce mariage : Freimund Johann (né le et mort le ) Siegmund Lucas (né le et mort le ) Friedmund Anton Nepomuk (né le et mort le ) Kühnemund Waldemar (né le et mort le ) Maximiliane Marie Catharine (née le et morte le ) mariée avec le lieutenant-général prussien Eduard von Oriola Armgart Catharina (née le et morte le ) mariée avec Albert Georg Friedrich von Flemming Ottilie Beate Gisela Walburgis (née le et morte le ) mariée avec Herman Grimm
Lors de l'épidémie de choléra en 1831 elle organise avec ses amies, des secours aux malades et à leurs familles.
La vie de Bettina von Arnim, particulièrement ses relations avec Goethe, a été analysée tout du long par l'écrivain franco-tchèque Milan Kundera dans son roman L'Immortalité. Étroitement attaché au thème principal de son livre, Kundera a distingué chez Bettina une tentative d'atteindre une célébrité durable par sa propre promotion et à travers la relation avec de grands hommes. Elle a également été une amie de Ludwig van Beethoven dont elle vanta les mérites auprès de Goethe, organisant leur entrevue en , et l'amie de Karoline von Günderode.
Séductrice, indépendante et mondaine, Bettina bénéficie d'une réputation de grande épistolaire sensible et passionnée, mais aussi d'égérie socialiste. Tout au long de sa vie, Bettina von Arnim est portée vers les idées socialistes ; elle a échangé des lettres avec le roi de Prusse , rencontré Karl Marx, pris la défense des Juifs et des tisserands de Silésie et des Polonais dans les territoires occupés par la Prusse.
De 1991 jusqu'au , son portrait a été reproduit sur les billets de 5 marks allemands.
Goethe
L'une des œuvres les plus connues de Bettina, Échanges de lettres avec un enfant (1835), est un volume de lettres qu'elle échangea avec l'illustre écrivain Johann Wolfgang von Goethe, qu'elle avait connu en 1807, où transparaît une mutuelle romance. Cependant, les originaux de ces lettres ont été découverts après leur mort, et il apparaît que les versions publiées ont été présentées de manière à donner l'apparence d'une relation intime ; les lettres de Goethe avaient un aspect nettement plus formel et impersonnel que les versions que Bettina a publiées. En tout cas, la traduction française a inspiré à Balzac le sujet de Modeste Mignon.
En 1806 commence une amitié qui devait durer longtemps entre Bettina Brentano et Catharina Elisabeth, la mère de Goethe. Au début le poète ne répond pas aux lettres de Bettina qui lui paraissent trop enthousiastes. Mais un an plus tard, elle a pour la première fois la possibilité de rendre visite à Weimar à ce Johann Wolfgang Goethe qu’elle admire tant. C'est le début entre eux d’une correspondance qui devient célèbre après la mort de Goethe sous le titre Goethes Briefwechsel mit einem Kinde (Correspondance de Goethe avec une enfant).
En 1811, l'année de son mariage, une querelle publique entre elle et Christiane Vulpius, l'épouse de Goethe, aboutit à la rupture avec le poète. À l’occasion d’une exposition de peintures de Johann Heinrich Meyer, un ami intime de Goethe, Bettina von Arnim parle dédaigneusement des œuvres de « ». Christiane lui arrache alors les lunettes du nez, et Bettina la traite de « boudin fou ». Goethe interdit dorénavant sa maison à Bettina von Arnim et à son époux. Quand il rencontre le couple un an plus tard à Bad Teplitz, il ne fait même pas attention à eux et écrit à sa femme : « Quel plaisir d’être débarrassé de ces pensionnaires de maison de fous ! » Et il laissa sans réponse les lettres répétées dans lesquelles Bettina cherchait désespérément à reprendre contact avec luiPage sur Bettine von Arnim, publiée par l'université de Cologne.
Œuvres
Échanges de lettres avec un enfant, 1835. Traduction en français par Seb. Albin ( Cornu), 1843, d'une lettre sans date, A la mère de Goethe, sur la mort de C. de Günderode, dans Les Romantiques allemands d'Armel Guerne, Desclée de Brouwer, 1956 et 1963 ; rééd. Phébus, 2004. Les Günderode, 1840 (roman sur son amie Karoline von Günderode) Ce livre appartient au Roi, 1843 La Couronne printanière de Clemens Brentano, 1844 À l'Union nationale prussienne détruite, 1849 Correspondance inédite de Goethe et de Bettina (d'Arnim), Au Comptoir des imprimeurs, Paris, (2 volumes), 1843.
Bibliographie Konstanze Bäumer, : Bettina von Arnim. Saint Albin, Berlin 2004 . Barbara Becker-Cantarino: Bettina von Arnim Handbuch. Walter de Gruyter GmbH & Co. KG, Berlin/Boston 2019 . Bettina von Arnim. Die Sehnsucht hat allemal Recht. Gedichte – Prosa – Briefe; hrsg. von ; , Berlin 1984 (neunter Band der Reihe ). : Bettine von Arnim und die Gesundheit. Medizin, Krankheit und Familie im 19. Jahrhundert. Franz Steiner Verlag, Stuttgart 2018 . : Bettina und Achim von Arnim. Rowohlt, Reinbek 2002 . Heinz Härtl: „Drei Briefe von Beethoven“. Genese und Frührezeption einer Briefkomposition Bettina von Arnims. , Bielefeld 2016 . : „Du bist ein Fuchs, Bettinchen“! Bettine von Arnims Briefwechsel mit dem Fürsten Pückler und Julius Döring und Dieter Kühns „Bettines letzte Liebschaften“. In: Helmut Scheuer, (Hrsg.): Dieter Kühn. Materialien. Suhrkamp, Frankfurt am Main 1992 , S. 191–209 . Helmut Hirsch: Bettine von Arnim. Mit Selbstzeugnissen und Bilddokumenten. Rowohlt, Reinbek 1987 .
: Bettine von Arnim (1785–1859), Liedkompositionen, Frankfurt am Main: Zimmermann 1998 . Heinrich Lilienfein: Bettina. Dichtung und Wahrheit ihres Lebens. Bruckmann, München 1949.
: Die junge Bettine 1785–1811 – Ein biographischer Versuch. Heidelberg 1968 : Bettina von Arnims Briefromane. Mayer u. Müller, Berlin 1905.
Notes et références
Liens externes
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