En France, le ministère de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire (MAASA) est l’administration chargée de la politique agricole, halieutique, alimentaire et forestière. Il organise aussi l'enseignement et la recherche dans ces domaines. Il est situé dans l'hôtel de Villeroy, au de la rue de Varenne dans le de Paris, près de l'hôtel de Matignon. Il est dirigé par le ministre de l'Agriculture, membre du gouvernement français.

Le ministre de l'Agriculture participe notamment à l'élaboration et à la mise en œuvre de la politique agricole commune de l'Union européenne, avec ses homologues européens. Du fait que les métiers de l'agriculture sont proches de l'environnement, le ministère de l'Agriculture est aussi fortement impliqué dans la stratégie nationale de développement durable du pays.

Depuis le , le MAASA est dirigé par Annie Genevard ; il perd la Forêt à partir du gouvernement Bayrou et récupère l'Agro-alimentaire à partir du gouvernement Lecornu II.

Histoire

Création du ministère au

Au début du , les attributions actuellement confiées au ministère de l'Agriculture relevaient pourtant encore du ministère de l'Intérieur. Par une ordonnance du , Charles crée le premierFrance. Ministère de l'agriculture .France. Ministère de l'agriculture (notice IdREF ). ministère de l'AgricultureFrance. Ministère de l'agriculture (1829-1836) .France. Ministère de l'agriculture (1829-1836) (notice IdREF ).. En 1842, des agronomes tels que Marc-Antoine Puvis (1776-1851) souhaitent la création d'un ministère spécifiquement consacré à l'AgricultureMarc-Antoine Puvis, De la Nécessité d'un ministère spécial pour l'agriculture par M.-A. Puvis … / Bourg : impr. Bottier, 1842 (lien). Le , le ministère du Commerce est recréé et obtient le domaine de l'agriculture. Le , le ministère prend l'intitulé de « ministère des Travaux publics, de l'Agriculture et du Commerce », le mot d'« agriculture » apparaissant ainsi pour la première fois dans le nom d'un ministère. En 1839, les travaux publics étant confiés à un autre département, le ministère devient « ministère de l'Agriculture et du Commerce » jusqu'en 1852, date à laquelle l'ensemble revient au ministère de l'Intérieur. Le ministère de l'Agriculture et du Commerce renaît en 1869. Le , les deux domaines sont dissociés, ce qui constitue la naissance d'un ministère de l'Agriculture autonome.

Depuis cette date, l’agriculture a toujours fait l’objet d’un ministère autonome, sauf de à , période pendant laquelle le secrétariat d’État à l’Agriculture a été rattaché au ministère des Affaires économiques et financières.

Organisation au début du Jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les structures du ministère de l’Agriculture, qui comprenait à l’origine, dans son administration centrale, outre le cabinet du ministre, le secrétariat, la comptabilité, quatre directions (agriculture, forêts, hydraulique agricole et haras), se sont ensuite diversifiées et spécialisées, essentiellement pour s’adapter aux situations de crises (guerres mondiales, reconstruction, crise des années 1930) et aux évolutions sociales (revendications sociales de 1936) ou techniques (électrification rurale, remembrement).

Hormis les services « fonctionnels » (cabinet, du ministre, secrétariat, personnel, comptabilité), on peut retenir l’organisation suivante, qui prévaudra à partir de 1881 : Une direction de l’agriculture qui est chargée de quatre domaines : enseignement agricole: organisation des établissements (écoles nationales d’agriculture, écoles pratiques d’agriculture, fermes-écoles, chaires d’agriculture), subventions aux institutions agricoles, pisciculture et sériciculture, bergeries et vacheries de l’État, stations agronomiques et laboratoires agricoles, etc. enseignement vétérinaire et services sanitaires des animaux domestiques encouragements à l’agriculture et législation : concours, prix et primes, procédés nouveaux et inventions, viticulture, lutte contre le phylloxéra statistique agricole et subsistances : statistiques et mercuriales, approvisionnement de Paris. Une direction de l’hydraulique agricole qui gère la police et l’entretien des cours d’eau non navigables, les questions de dessèchements et d’irrigations, la mise en valeur des communaux, alimentation en eau des communes, etc. Une direction des haras responsable de l’administration des haras et des dépôts d’étalons, des encouragements à l’industrie chevaline, de la statistique chevaline. À noter que, de 1863 à 1870, les haras dépendent de la Maison de l’Empereur. Une direction des forêts, puis des eaux et forêts, dont les compétences s’étendent au contentieux, à l’enseignement professionnel de la sylviculture (école nationale forestière) et aux reboisements et défrichements. Son existence au sein du ministère est moins constante, l’administration des forêts ayant été rattachée à plusieurs reprises au cours du au ministère des Finances.

Les bureaux administratifs sont assistés de nombreux conseil, comités et commissions: Conseil supérieur de l’agriculture, commission de répartition des fonds provenant du Pari mutuel, commission du Herd-Book de la race de Durham, commission supérieure du phylloxéra, commission de statistiques, office de renseignements agricoles, comité consultatif des épizooties, comité consultatif des stations agronomiques et des laboratoires agricoles…

Au cours du , certains services ont évolué, d’autres ont été créés. On note essentiellement : la création de services chargés des affaires sociales à la suite du Front populaire, en 1936 ; l’évolution du service de l’hydraulique agricole, regroupé avec le service des améliorations agricoles pour former en 1903 la direction de l’hydraulique et des améliorations agricoles, chargé en particulier de l’aménagement rural (électrification, assainissement, etc.) et de l’aménagement foncier (remembrement) - la création de la direction de la production agricole, devenue ensuite direction de la production et des échanges (relations internationales) enfin deux services créés par le gouvernement de Vichy : la Corporation nationale paysanne (1940-1944) et le Service de liaison agricole de guerre (1941-1946).

Après l'armistice de , gouvernement et ministères s'installent à Vichy, le ministère de l'Agriculture occupe alors l'hôtel Mondial. (le ministre de l'Agriculture et du Ravitaillement Jacques Le Roy Ladurie et le secrétaire d'État à l'Agriculture Max Bonnafous y ont leur bureau.) mais une partie des services restent à Paris.

Développement après la Seconde Guerre mondiale Après la Seconde Guerre mondiale, le ministère de l’agriculture va considérablement accroître l'importance de ses services : Le ministère de l’Agriculture du Gouvernement Félix Gouin (Gouvernement provisoire de la République française) en 1946 comprend un ministère et un secrétariat général. Les structures précédentes s’enrichissent d’une direction de la répression et des fraudes et d’un service d’études et de documentation indépendant, produit du regroupement des différents services chargés de l’information au ministère. Ce dernier prend plus tard la dénomination de sous-direction de l’information, qui comprend alors : le service cinématographique, la bibliothèque et le service de presse, chargé notamment de la rédaction du Bulletin d’information du ministère de l’Agriculture. La sous-direction assure en outre le secrétariat des prix Sully-Olivier de Serres et la préparation du salon de l’agriculture.

Les autres directions et services du ministère vont davantage se spécialiser au fur et à mesure des besoins. Deux services jusque-là primordiaux vont voir leur importance relative diminuer au sein du ministère. En premier lieu, le service des Haras, primordial au tant pour l'agriculture que pour la guerre est intégré à d’autres directions. Le besoin de chevaux reculant avec le développement de la mécanisation, l’élevage s’oriente davantage vers le loisir et la compétition. En second lieu, les services de l’hydraulique, dont la direction disparaît définitivement en 1966, est intégré dans la direction générale de l’espace rural, puis à celle des forêts.

Initialement, la division du secrétariat de la comptabilité et des services intérieurs du ministère a pour attributions la gestion du personnel, l’équipement des services ainsi que la préparation et l’exécution du budget. En 1984, le ministère de l’agriculture scinde la direction générale de l’administration et du financement (depuis 1971) en deux directions, la direction générale de l’administration d’une part et la direction des affaires financières et économiques d’autre part, qui assure désormais la gestion du budget et de la comptabilité.

Dans le même temps, les services statistiques du ministère sont regroupés. L’existence d’une structure chargée de la collecte et du traitement de l’information statistique agricole remonte à 1901, année de création de l’Office de renseignements agricoles. Ces services se sont progressivement étoffés pour donner naissance au Service central des enquêtes et études statistiques (SCEES).

Les attributions du ministère en matière de production et de commerce sont à l'origine du ressort de la Direction générale de l'agriculture (1957). Leur développement a été tel que les services chargés de ces questions ont formé une direction à part entière, la Direction générale de la production et des marchés (1962), devenue la Direction de la production et des échanges, puis la Direction générale des politiques économique, européenne et internationale.

L’enseignement agricole a sa propre direction dès 1946 : la Direction de l’enseignement. Elle existe toujours en 2014, sous le nom de Direction générale de l'enseignement et de la recherche.

En 1968, la Direction des industries agricoles et alimentaires (DIAA) est créée pour gérer plus spécifiquement l’industrie de transformation des aliments. Mais, en 1976-1977, elle est mise à disposition du secrétariat d'État aux Industries Agricoles et Alimentaires (IAA), rattaché à la fois aux ministères de l’agriculture et de l’industrie. De 1977 à 1979, une délégation aux IAA, attachée au ministère de l’agriculture, contribue à orienter les actions de la DIAA De 1979 à 1981, la DIAA dépend du secrétariat d’État aux industries agricoles, rattaché directement au premier ministre, avant de retrouver le ministère de l’agriculture.

vignette|Siège de l'AFSSA puis de l'ANSES à Maisons-Alfort. La Direction de la qualité naît en 1976 du regroupement de plusieurs services dispersés dans trois directions et qui, à des titres divers, étaient chargés d’assurer un contrôle de la qualité des produits : le service de la protection des végétaux, les services vétérinaires chargés de la santé animale et de l’hygiène alimentaire, le bureau des labels et le service de la répression des fraudes.