vignette|Clavier personnalisé possédant à la fois les dispositions QWERTY, Dvorak, russe, coréen et arabe.

La disposition des touches d'un clavier de saisie permet de saisir les caractères de l'alphabet d'une langue sur une machine à écrire, un clavier d'ordinateur et sur certains appareils électroniques plus récents (téléphone portable, assistant personnel). La plupart des pays utilisent une ou plusieurs dispositions adaptées.

Structure d'une disposition Les dispositions de touches sont l'héritage des machines à écrire. Elles ont été adaptées aux claviers d'ordinateurs puis à d'autres périphériques.

Les caractères souhaités sont arrangés sur les touches, elles-mêmes alignées sur plusieurs rangées. Il y a en général trois rangées alphabétiques : la rangée du milieu dite rangée de repos sert de repère en dactylographie et la rangée supérieure contient la plupart du temps les chiffres. La ponctuation et les autres caractères typographiques sont ensuite répartis en fonction de la position des caractères alphanumériques. Certaines dispositions sont étudiées pour faciliter le codage d'un langage informatique. Le marquage de la disposition sur le clavier n'est parfois pas complet : certains caractères peuvent être accessibles bien que non indiqués. Certains claviers sont tout simplement dénués de marquage et c'est alors à l'utilisateur de connaître la disposition qu'il utilise.

La disposition de clavier inclut les touches système  : Entrée, Retour arrière, les touches modificatrices, la ou les touches bascules, pour ne citer que quelques-unes. En outre, elle inclut le pavé numérique, notamment le séparateur décimal (point ou virgule). S’il est d’usage de ne pas modifier des touches comme Entrée, il est nécessaire selon les dispositions d’ajouter des modificatrices (exemple  : le clavier québécois (voir plus bas) utilise Contrôle droite comme sélecteur de groupe).

Le symbole figurant en haut à gauche d'une touche donne le caractère correspondant : les touches marquées d'une lettre capitale donnent une minuscule. Pour écrire la majuscule, la touche majuscule, souvent marquée d'une flèche , ou le verrouillage majuscule doivent être actionnées au préalable. La touche AltGr permet d'accéder aux symboles à droite des touches. La combinaison accède aux symboles placés en haut à droite. Parfois d'autres modificateurs existent, repérables par un système de couleur, comme la touche Fn sur certains claviers plus compacts : ils permettent d'accéder à d'autres contenant des caractères supplémentaires. Les combinaisons de touches forment les .

Certains symboles identifient des touches mortes : ces touches ne produisent pas d'affichage lorsqu'elles sont pressées mais modifient la prochaine touche appuyée. Elles servent essentiellement à ajouter des diacritiques sur les caractères. Par exemple, si l'on appuie sur la touche morte correspondant à l’accent aigu puis sur la lettre , on obtient un .

Notes sur les dispositions ci-dessous Les dispositions présentées dans la suite supposent que l’agencement physique des touches soit similaire à celui des claviers pour compatibles PC.

Dans les illustrations ci‐dessous, les touches mortes sont souvent indiquées en rouge ; les caractères obtenus par la touche sont indiqués sur la partie droite de la touche correspondante, souvent (mais pas toujours) en bleu.

Alphabet latin Typologie Bien qu’un grand nombre de dispositions de clavier, déclinées par langue ou par pays, soient utilisées pour l’écriture en alphabet latin, la plupart se classent dans trois familles très similaires et nommées d’après les six premières lettres de leur rangée supérieure : le QWERTY, le QWERTZ et l’AZERTY.

Au sein de ces familles, la disposition des caractères alphabétiques reste quasi constante et les chiffres sont toujours placés sur la rangée supérieure. Les claviers se différencient suivant : l’emplacement des touches , , , , et ; l'accès direct aux chiffres ou en utilisant la touche ; la présence de caractères spécifiques de l'alphabet cible et de touches mortes ; l'emplacement et le choix des caractères de ponctuation.

Critiques

Il est parfois affirmé que "les dérivés du QWERTY héritent d’un agencement conçu pour les contraintes d’une machine à écrire du XIXe siècle et ne prenant pas en compte les fréquences de frappe de la langue cible". Cela est contradictoire avec le fait même que les pays ont généralement très vite adopté une variante du modèle américain, non seulement pour écrire les signes spécifiques à leur langue, mais aussi pour modifier l'emplacement des lettres les plus fréquentes dans leur corpus de texte. De plus, très rapidement après la diffusion des premières machines à écrire fabriquées industriellement, des inventeurs ont proposé des modifications des dispositions anglaises ou françaises (DHIATENSOR, USA, 1893 ; ZHJAYSCPG, France, 1907), ce qui démontre que les "contraintes techniques" permettaient déjà de surmonter une problématique d'optimisation du placement des lettres versus le corpus de textes dans la langue, selon une méthode appelée à l'époque "scientifique".

Les contraintes majeures après l'étape d'industrialisation étaient : le coût de remplacement des machines (argument toujours répété aujourd'hui et complètement obsolète compte tenu du coût dérisoire d'un clavier informatique ou du simple changement d'un pilote logiciel et d'autocollants sur les touches) ; et principalement la formation des utilisateurs, coûteuse en temps (et motivation si une disposition a déjà été apprise), et pour lesquels on n'avait que faire des conséquences à long terme (troubles musculo-squelettiques).

Par exemple, dans le contexte de crise économique d'avant-guerre, l'armée américaine n'a pas constaté d'avantages supérieurs à la disposition Dvorak (équivalente en termes d'efficacité de frappe pour des utilisateurs bien entrainés, mais les conséquences à long terme n'ont pas été évaluées). Par conséquent l’usage de ces dispositions reste marginal, car elles sont rarement imprimées sur les claviers vendus dans le commerce, requièrent une période d’apprentissage, et ne tiennent généralement compte que d'un seul corpus de langue. Néanmoins les utilisateurs redécouvrent régulièrement ces dispositions, soit par curiosité et souci d'optimisation, soit par la force des choses (troubles musculo-squelettiques).

Aujourd'hui, les alternatives ergonomiques aux dispositions "-ERT-" sont très variées, et on peut citer par exemple la disposition Dvorak pour l’anglais, le clavier turc en F, ou la disposition bépo pour le français. Les bénéfices revendiqués par ces dispositions ergonomiques sont une plus grande vitesse de frappe pour la langue cible, un confort accru et une réduction des troubles musculo-squelettiques sur un clavier d’ordinateur moderne.

QWERTY

Disposition de clavier de machine à écrire brevetée en 1878 par Christopher Latham Sholes, il tire son nom de ses six premières touches. Il est utilisé dans la plupart des pays anglophones. De ce clavier ont été dérivés quasiment toutes les dispositions de claviers utilisant les lettres latines (QWERTZ, AZERTY, etc.), à l'exception des dispositions spécifiques comme DHIATENSOR (1893), ZHJAYSCPG (1907), Dvorak (1932), Clavier F (1955), etc.

États-Unis d’Amérique 500px|thumb|Disposition US standard

Royaume-Uni et Irlande 500px|thumb|Disposition du Royaume-Uni et d’Irlande 500px|thumb|Clavier étendu du Royaume-Uni

Canada 500px|thumb|Disposition anglaise du Canada langue anglaise (il s'agit du clavier américain)

multilingue : voir la section sur le clavier CSA.

Espagne 500px|thumb|Disposition espagnole d’Espagne

Amérique hispanique thumb|500px|Disposition espagnole d’Amérique hispanique

Portugal 500px|thumb|Disposition portugaise au Portugal

Brésil 500px|thumb|Disposition portugaise du Brésil

Italie 500px|thumb|Disposition italienne

Pays-Bas 500px|thumb|Disposition néerlandaise Le clavier US International est aussi utilisé aux Pays-Bas.

Pologne vignette|500px|Disposition polonaise À partir de 2021, il existe une disposition de clavier standard polonaise étendue similaire aux ordinateurs Mazovia de 1985. Le clavier inclut également les symboles de la monnaie polonaise, le złoty. Il est disponible en deux versions pour Microsoft Windows : QWERTZ et QWERTY.

Danemark thumb|500px|Disposition danoise Les claviers danois et norvégiens possèdent des touches spéciales pour les lettres Å/å, Æ/æ et Ø/ø mais placées à des endroits différents.

Îles Féroé 500px|thumb|Disposition féroïenne

Islande 500px|thumb|Disposition islandaise

Norvège 500px|thumb|Disposition norvégienne

Suède et Finlande 500px|thumb|Disposition suédoise et finlandaise

Estonie 500px|thumb|Disposition estonienne

Vietnam 500px|thumb|Disposition vietnamienne

Turquie 500px|thumb|Disposition turque en Q En plus du clavier turc en F, un autre clavier inspiré du clavier QWERTY est utilisé aujourd'hui sur la plupart des ordinateurs en Turquie.

Clavier espérantophone 500px|thumb|Disposition espérantophone L’alphabet de l’espéranto comporte dont 5 avec accent circonflexe et une avec une brève. Chaque lettre existe en minuscule et majuscule.

Bien que de nombreuses dispositions de clavier permettent de saisir les lettres accentuées de l’espéranto, le clavier espéranto permet de disposer d’une disposition commune et adaptée aux personnes saisissant de nombreux textes en espéranto.

Claviers multilingues 500px|thumb|Disposition US internationale Clavier US International Pour un clavier US QWERTY, Windows propose une disposition alternative pour taper les diacritiques et lettres spécifiques, appelée « US-International layout ». Linux and ChromeOS proposent une version similaire (« International/Extended keyboard ») avec quelques modifications comme des combinaisons supplémentaires.

Cette disposition est un peu complexe pour les utilisateurs habitués au clavier traditionnel US QWERTY, particulièrement à cause du concept de touche morte, géré de manière un peu inhabituelle (voir l'article détaillé). Cela amène les utilisateurs vers des alternatives « sans touche morte », demandant de presser pour activer la touche morte (un peu comme sur la disposition Royaume-Uni étendue). .

500px|thumb|Disposition CAN/CSA Z243.200 Disposition CAN/CSA Z243.200 : clavier normalisé en 1992. Dans l'usage courant, cette disposition de clavier est également désignée sous divers noms : clavier canadien multilingue, clavier LaBonté, clavier canadien standard, clavier ACNOR, clavier CSA, clavier québécoisServices gouvernementaux du Québec Norme canadienne..

500px|thumb|Disposition de clavier européen EurKEY Clavier EurKEY, ce clavier est destiné aux Européens, aux programmeurs et aux traducteurs et a été développé par Steffen Brüntjen en 2017 et publié sous la licence de logiciel libre GPL. Il est disponible pour les systèmes d'exploitation de bureau courants tels que Windows, Mac OS X et GNU/Linux.

500px|thumb|Disposition multilingue finlandais - SFS 5966 Clavier multilingue finlandais - SFS 5966

QWERTZ

Le clavier QWERTZ est la disposition de clavier germanophone (allemand, autrichien, luxembourgeois et suisse) pour les ordinateurs et les machines à écrire. Des modèles fondés sur le QWERTZ sont aussi utilisés dans la majorité des pays d'Europe orientale et centrale utilisant l'alphabet latin, à l'exception des Pays baltes.

Allemagne et Autriche 500px|thumb|Disposition allemande et autrichienne 500px|thumb|Disposition avancée « E1 » du clavier allemand selon la norme DIN 2137-01:2023-08

Suisse, Luxembourg et Liechtenstein 500px|thumb|Disposition suisse alémanique Tous les claviers QWERTZ utilisés en Suisse possèdent quelques différences notables avec la disposition allemande, notamment les touches #, + ou ß remplacées respectivement par $, ¨ et ', ou l'emplacement des signes @ ou ! qui n'est pas le même.