Alice Saunier-SeïtéSaunier est le nom de son père, Seïté celui de son second mari (le premier s'appelait Picard). Voir la notice la concernant sur le site du catalogue de la BnF., née Saunier le à Saint-Jean-le-Centenier (Ardèche) et morte le dans le , est une géographe et femme politique française. Elle est secrétaire d'État de à , puis ministre des Universités jusqu'en .

Biographie

Carrière universitaire Issue d'une famille modeste, elle est d'abord élève à l'école normale de Tournon, puis à Valence, obtient une licence de géographie à la Sorbonne en 1945 et devient un temps répétitrice de français à Innsbruck, en Autriche. En 1952, elle soutient un mémoire de diplôme d’études supérieures de géographie. Elle est nommée dans un collège technique de la région parisienne, où elle enseigne le français, l’histoire et la géographie. En 1958, elle est admise en qualité d'attachée de recherches au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), sur la proposition de ses maîtres, les géographes Raoul Blanchard et Georges Chabot. Elle consacre sa thèse, en 1963, au massif de l’Oetzal et une thèse supplémentaire au Suedfoehn qui souffle sur Innsbruck..

En 1963, elle est nommée maître de conférences de géographie à Brest. En 1970, elle dirige l’Institut universitaire de technologie de Sceaux, qu'elle a été chargée de créer. Au cours de sa carrière universitaire, elle a été en France la première femme à être élue doyenne de la faculté de lettres et de sciences sociales de Brest, avant d'être recteur de l'académie de Reims (en ) et enfin professeur au Conservatoire national des arts et métiers..

Pour la plupart de ces fonctions, elle fait partie des « pionnières » de la représentation des femmes dans la géographie universitaire française de la deuxième moitié du et de leur accès aux postes les plus importants.

Postes occupés Docteur ès lettres (prix Jean-Baptiste Morot de la Société de géographie en 1963) et diplômée de l’École nationale des langues orientales vivantes Chargée de recherches du CNRS (1958-1963) Maître de conférences en géographie (1963) Professeur à la faculté des lettres de Rennes (1965-1969) Doyen de la faculté des lettres et des sciences sociales de Brest (1968-1969). Première femme doyen d'une faculté française Professeur à l'université Paris-V (1969-1970) Directrice de l’IUT de Sceaux (1970-1973) Recteur de l’académie de Reims de 1973 à 1976. Première femme recteur d'académie Professeur titulaire de la chaire d'organisation géographique de l'espace au Conservatoire national des arts et métiers. Première femme élue à une chaire au CNAM.

Carrière politique Le , elle est nommée secrétaire d’État aux Universités.

Depuis 1974, les gouvernements français souhaitent réduire fortement l'immigration. Alice Saunier-Seïté est chargée d'appliquer cette nouvelle politique migratoire à l'Enseignement supérieur. Elle déclare ainsi en 1978 : « Les universités françaises recueillent le trop-plein du tiers-monde ». Elle accuse les étudiants étrangers d'être « pratiquement illettrés » et de contribuer à « la braderie des diplômes ». Elle n'est toutefois pas la seule, au gouvernement, à tenir ce discours stigmatisant :« Raymond Barre, Premier ministre, explique à l’Assemblée nationale le 14 mai 1980 qu’il faut « préserver l’image des universités françaises » afin qu’elles ne deviennent pas des « universités dépotoirs ». »

Rapports avec l'Université de Vincennes Alice Saunier-Seïté était hostile à l'université de Vincennes par désaccord politique et idéologique. Selon l'historien François Dosse, elle « n'a jamais éprouvé que mépris et haine » pour cet établissement qu'elle considérait comme un foyer de contestation échappant au contrôle de l'État.

Elle propose d'abord en 1977 le déménagement de l'université à Marne-la-Vallée, puis décide en 1978 de l'implanter à Saint-Denis, sans tenir compte des avis de la communauté universitaire.

En 1979, elle prend la responsabilité de faire raser les bâtiments de l'université de Vincennes. La presse satirique s'en donna à cœur joie, le Canard enchaîné titre : « Alice a perdu ses facultés » et le commentaire peu amène de la ministre fut publié partout : Claude-Marie Vadrot, « Quand Vincennes déménage à Saint-Denis ». Politis, nº 30 avril 2008, ..

Comme le souligne Michel Winock dans son commentaire sur le livre de François Dosse, Vincennes. Heurs et malheurs de l’université de tous les possibles (2024) :

À l'hiver 1981, elle cosigne dans Éléments une tribune intitulée « Pour une alternative au socialisme »..

Postes occupés Secrétaire d'État aux Universités dans le gouvernement Chirac I du au , puis dans le gouvernement Barre I du au Ministre des Universités dans le gouvernement Barre II du au et dans le gouvernement Barre III du au Ministre déléguée à la Famille du au dans le gouvernement Raymond Barre (3) Adjointe au maire de Manso (1977-1983) Conseillère de Paris (1983-2001) (Premier conseiller de Paris à être élu à l'Institut de France) Adjointe au maire du VI arrondissement de Paris Présidente nationale du mouvement des élus locaux (1990-1998) Membre de l’Académie des sciences morales et politiques (1995) dans la section générale, au fauteuil laissé vacant par le décès de Bernard Chenot

Vie privée Fille de Daniel Saunier et de Marie-Louise Lascombe, elle épouse Élie-Jacques Picard puis Jérôme Seïté, inspecteur général de l’enseignement supérieur, l’un des rédacteurs de la loi d’orientation déposée par Edgar Faure (mariée en 1968, veuve en 1972)Notice sur la vie et les travaux d’Alice Saunier-Seïté, Pierre Mazeaud, Académie des sciences morales et politiques, 25 janvier 2007..

Publications 1963 - Les Vallées septentrionales du massif Oetztal (sous le nom d'Alice Picard). 1965 - Contribution à l'étude du Suedfoehn d'Innsbruck (sous le nom d'Alice Picard). 1980 - Le comte Boissy d'Anglas. Conventionnel et pair de France, France Univers, 359 p. 1982 - En première ligne. De la communale aux universités, Plon, 188 p. 1984 - Remettre l'État à sa place (Sous la direction d'Alice Saunier-Seïté), Plon / Le club Figaro Magazine, 187 p. 1985 - Une Europe à la carte (Sous la direction d'Alice Saunier-Seïté), Plon / Le club Figaro Magazine, 193 p. 1998 - Le Cardinal de Tournon, le Richelieu de François . La Voute, Les Deux Mondes, 1998, 159 p. 1998 - Les Courtenay. Destin d'une illustre famille bourguignonne, France Empire, 1998, 252 p. 1999 - Dictionnaire des monuments d'Île-de-France (en collaboration). 2000 - Giscard à deux voix, Perrin.

Bibliographie Jean Choffel, Seule, une femme, Alice Saunier-Seïté, Flammarion, Paris, 1992, Pierre Mazeaud, Notice sur la vie et les travaux de Alice Saunier-Seïté (1925-2003), Institut de France, 2007 (www.asmp.fr)

Les archives d'Alice Saunier-Seïté sont conservées aux Archives nationales et forment le fonds 100/AJ.

Distinctions

Décorations vignette|upright|Insigne de grand-officier de l'ordre de l'Étoile équatoriale (Gabon) décerné à Alice Saunier-SeïtéMusée de la Légion d'honneur.. . Officière du , elle est promue commandeure le . . Elle est directement élevée à la dignité de grand officier le , pour récompenser ses 39 ans de services civils. . Par décret en date du , au titre d'« ancien ministre des universités »Décret du 24/11/1987 - BODMR n°15 du 30/12/1987 . Elle est faite commandeure le Archives des nominations et promotions dans l'ordre des Arts et des Lettres.. Grande croix ou grand officier en Grèce, Islande, Luxembourg, Portugal, Suède, Burkina, Cameroun, Côte d'Ivoire, Égypte, Gabon, Indonésie.

Hommage alt=Le jardin Alice-Saunier-Seïté|vignette|Le jardin Alice-Saunier-Seïté. En 2017, le jardin de la rue Visconti, dans le arrondissement de Paris, prend son nom en hommage..

En 2022, une salle de l'UFR Segalen à Brest (UBO) est nommée en son honneur, à la suite d'une consultation, du fait d'avoir été la première doyenne élue dans cette université.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Femmes ministres en France

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