Willie Boy () est un film américain réalisé par Abraham Polonsky, sorti en 1969. Il est basé sur la véritable histoire de la traque d'un indien Païute, Willie Boy, en 1909 dans la région de Banning.

Synopsis

Indien de la tribu Paiute, Willie Boy revient dans sa région natale, en Californie, afin d'y épouser la femme indienne qu'il aime, Lola Boniface. Le père et les frères de celle-ci s'y opposent catégoriquement. En état de légitime défense, Willie Boy tue le père de Lola et s'enfuit avec elle. Le shérif local, Cooper, se lance à leur poursuite puis il y renoncera devant les difficultés et les problèmes posés. Toutefois, après la mort d'un vieil ami de son père, il reprendra cette poursuite jusqu'à son terme.

Fiche technique Titre : Willie Boy Titre original : Réalisation : Abraham Polonsky Assistant réalisateur : Joseph E. Kenney Scénario : Abraham Polonsky, d'après le roman Willie Boy: a Desert Manhunt de Harry Lawton Production : Jennings Lang et Philipp A. Waxman Responsable de production : Hal W. Poraire Photographie : Conrad L. Hall Cameraman : Jordan Cronenweth (non crédité) Direction artistique: Alexander Golitzen et Henry Bumstead Décors : Ruby R. Levitt et John McCarthy Jr. Son : Waldon O. Watson et David H. Moriaty Montage : Melvin Shapiro Costumes : Edith Head Musique : Dave Grusin Direction musicale : Stanley Wilson Société de production : Universal Pictures Sociétés de distribution : Universal Pictures , Universal Durée : 98 min. Pays : Etats-Unis Langue : anglais Format : Mono (Westrex Recording System) - Couleurs (Technicolor) - 2.35 : 1 - 35 mm - Panavision (anamorphique) Dates de sortie : Allemagne de l'Ouest : États-Unis : France : Belgique :

Distribution Robert Redford (VF : Jacques Thébault) : le shérif adjoint Christopher 'Coop' Cooper Robert Blake (VF : Serge Sauvion) : Willie Boy Katharine Ross (VF : Jeanine Freson) : Lola Boniface Susan Clark : Dr Elisabeth 'Liz' Arnold Barry Sullivan (VF : Louis Arbessier) : Ray Calvert John Vernon (VF : Claude Bertrand) : George Hacker Charles McGraw (VF : Jean-Henri Chambois) : le shérif Franck Wilson : Johnny Finney (VF : Patrick Dewaere) : Charlie Newcombe Charles Aidman (VF : Raoul Guillet) : le juge Benby Lloyd Gough (VF : Jean Berger) : Dexter (VF : Raymond Loyer) : Tom (VF : Philippe Dumat) : Meathead : Le Marie : Newman Eric Holland (VF : Henry Djanik) : Digger Garry Walberg (VF : Georges Hubert) : Dr Mills Jerry Velasco (VF : Albert Augier) : Chino Wayne Sutherlin : Harry Jerome Raphael : le vendeur Lou Frizzell : le chef de gare John Daheim (non crédité) : Sam Wood

Analyse

Willie Boy est un western à caractère sociologique. Les lois du genre n'y sont guère sollicitées : les Indiens ne sont plus sur le sentier de la guerre, les codes de comportement et d'habitudes de vie du Far West - nous nous situons au début du - sont bousculés, les attributs et vêtements de chacun des peuples ne se différencient même plus. La problématique est plutôt celle de l'intégration des peuples "native land" à l'Amérique du futur. Le désespoir de Willie Boy s'alimente de cette difficulté à vaincre les préjugés et les réflexes racistes. En ce sens, le film est extrêmement moderne. Willie Boy n'a nullement la volonté de se battre contre les Blancs : il ne perçoit, à la lumière des faits concrets, aucun avenir réel pour son peuple.

Willie Boy est un film complexe qui demande beaucoup d'attention pour en saisir toutes les nuances, d'autant que les dialogues sont minimalistes. Il traite de sujets universels sans porter aucun jugement laissant à chaque spectateur le soin d'y réfléchir. Sa beauté plastique est telle que les visions successives comblent le regard et l'esprit des spectateurs exigeants.

Dans une vision dépouillée et concentrée, mais néanmoins "trouée de détails réalistes qui sont souvent fulgurants" (Bertrand Tavernier), le film dénonce, avec une netteté extraordinaire, le destin terrible d'une partie de l'histoire américaine qui, en son dialogue ultime, s'exprime par la voix du shérif Cooper, assistant à l'incinération de Willie Boy : "Dites-leur que nous n'avons plus de souvenirs." Cette phrase rappelle, de façon paradoxale, celle, célèbre, de L'Homme qui tua Liberty Valance où il est énoncé que, dans l'Ouest américain, c'est la légende qu'on publie et non la réalité. "John Ford se situe à l'intérieur du mythe, tandis que moi je l'observe de l'extérieur", disait en substance Abraham Polonsky.

Autour du film Le film d'Abraham Polonsky aborde le délicat problème des réserves indiennes. Cet aspect de l'histoire des États-Unis d'Amérique n'avait pas été traité, de manière aussi abrupte, depuis le film d'Alan Crosland : Massacre, réalisé en 1934. Robert Aldrich, souvent proche d'Abraham Polonsky - il a collaboré avec lui pour le film L'Enfer de la corruption (Force of Evil) - l'évoque, à son tour, en 1972, dans Fureur Apache.

Notes et références

Annexes Bibliographie Jean Wagner », « willie boy », Téléciné , Paris, Fédération des Loisirs et Culture Cinématographique (FLECC), , , .

Liens externes

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