Le Sarreguemines Football Club, couramment abrégé en Sarreguemines FC ou SFC est un club de football français fondé en 1919 sous le nom d'Association Sportive de Sarreguemines et situé à Sarreguemines en Moselle. Le club évolue depuis la saison 2024-2025 en National 3.

Il a évolué en Division 3 en 1986-87 et de 1988-89 à 1990-91. Il a acquis une notoriété nationale grâce à ses exploits en Coupe de France en 2015-2016 et 2016-2017.

Des origines à l'annexion allemande (1919-1945)

Fondée en 1919 après la fusion de deux clubs nés lors de l'Annexion, l'AS Sarreguemines prend part au tout nouveau championnat de Lorraine en 1919-1920, en compagnie de l'US Forbach, de la SS Sarrebourg, de la SS Merlebach, du CS Stiring-Wendel et de La Renaissance Petite-Roselle. Le club descend par deux fois, et se retrouve en « Deuxième série » à l'issue de la saison 1922-1923. La remontée en « Première série » s'effectue en 1927. La montée en puissance de l'ASS se confirme puisqu'elle rejoint l'élite régionale et la Division d'Honneur (le nouveau nom de l'ancienne « Première série »), en 1934 après avoir été championne de Promotion d'Honneur et anciènne « Deuxième série ». L'ASS continuera à jouer à ce niveau jusqu'en sans parvenir à décrocher le titre de champion de Lorraine. Pire, le club retombe en Promotion d'Honneur alors que la Seconde Guerre mondiale débute.

En , la Moselle est annexée à l'Allemagne et intégrée au Gau Westmark, qui est déjà constitué depuis de la Sarre et du Palatinat. L'AS Sarreguemines doit changer de nom et devient le TSG Saargemünd (). Alors qu'il évoluait au sein d'une Bezirkliga (ligue régionale) pour la saison 1940-1941, le TSGS gagne son billet pour la Gauliga Westmark 1941-1942 (D1), tout comme le FV Metz. Les deux clubs deviennent ainsi les représentants du CdZ-Gebiet Lothringen dans l'élite régionale. La saison est marquée par la venue temporaire au club (comme Gastspieler, joueur invité) de l'international allemand Karl Striebinger. Le club se maintient de justesse () en 1942 et en 1943. C'est lors de la saison 1943-1944 que l'ASS/TSGS obtient son meilleur classement ( sur 10) tout en étant opposé aux prestigieux clubs du FC Sarrebruck, FC Metz, Borussia Neunkirchen et FC Kaiserslautern. La saison suivante, la Gauliga Westmark est dissoute et Sarreguemines fait son retour au sein du football français.

De longues années difficiles puis l'Âge d'or (1945-1991) Les lendemains de la guerre sont compliqués et l'AS Sarreguemines ne parvient pas à rejoindre la DH pendant de longues années. L'ASS frôle le titre et la montée en 1981 sous la houlette de l'historique Fernand Rachel. Mais une fin de saison catastrophique (3 défaites en 4 matches) fait tomber le club à sa place finale. La saison suivante est la bonne : le club acquiert le titre de champion de Lorraine en terminant la saison invaincu à domicile. L'arrivée au club un an auparavant d'Emil Poklitar, entraîneur allemand de 43 ans, a révolutionné les esprits à Sarreguemines. Ex-grand espoir et marqueur de buts du BFC Dynamo Berlin, il a joué pour le Freiburger FC et le FC Sarrebruck entre 1963 et 1970, avant de former les jeunes du club sarrois tout en étant professeur de sport. Amoureux d'un football total, il a adapté sa trilogie rigueur, discipline et intransigeance à Sarreguemines. S'entraînant dur et travaillant intensivement leur physique trois fois par semaine, les sarregueminois étonnent leurs supporters et les observateurs, pratiquant le contre pour mieux surprendre leurs adversaires. Les résultats sont immédiats puisque l'ASS se maintient durant quatre saisons à ce niveau. S'appuyant sur une défense rigoureuse (26 buts encaissés en 26 rencontres en 1983-1984), Sarreguemines est aussi armé en attaque avec les véloces buteurs Lotz et Bordé. L'exercice 1984-1985 fait naître de grands espoirs en raison de l'excellente première moitié de saison (1 défaite en 17 matches). Pourtant, Sarreguemines ne termine que , la faute à une deuxième partie de championnat plus chaotique, en dépit d'une défense toujours aussi efficace (19 buts encaissés en 26 matches). En 1985-1986, le club parvient à allier l'efficacité offensive (avec Gerolt, Groutsch, Lévy-Chapira, Lohmann et Huth) à son habituelle rigueur défensive. Cet alliage permet au club de décrocher la place et ainsi de monter en Division 3 pour la première fois de son histoire.

La découverte de cet échelon est délicate et le club redescend immédiatement, la faute à un parcours à l'extérieur calamiteux (1 seule victoire, obtenue seulement à la mi-avril). De retour en Division 4, le club confirme sa confiance à Emil Poklitar. Ce choix est payant puisque l'AS Sarreguemines termine à nouveau (derrière la réserve du RC Strasbourg, comme 2 ans auparavant) et s'offre une seconde chance en Division 3. Ce retour a été rendu possible par une défense de fer (14 buts encaissés en 26 matches, la meilleure du groupe) et par le sprint final de 9 victoires consécutives pour remonter de la à cette place. Le club parvient à se maintenir en Division 3 en 1989 avec 1 seul point d'avance sur le premier relégable, le CS Meaux. Ce maintien est permis par les ingrédients désormais habituels de l'ASS (le nouvel entraîneur Georg Tripp s'étant inscrit dans la continuité de son prédécesseur) : un excellent parcours à domicile (1 défaite) et une défense plus perméable que celle de ses concurrents directs. La progression sarregueminoise se poursuit la saison suivante : la place finale constitue le meilleur résultat historique du club, bien qu'il ait été à la lutte pour monter en Division 2 jusqu'à la mi-saison. L'ASS se prend à rêver à un avenir en professionnel, mais la chute est terrible.

La fin de l'ASS et l'avènement de l'ASF 93 (1991-2013) Le club termine dernier de Division 3 1990-1991 et retourne en Division 4 après 3 ans à l'étage supérieur. Tripp quitte alors Sarreguemines. Le club loupe la remontée en raison de ses nombreux matches nuls et achève la saison en position. Les soucis d'accumulent et l'AS Sarreguemines termine dernière de son groupe de Division 4 en 1992-1993. Ce résultat s'explique par les nombreux départs au sein de l'effectif mais surtout par les problèmes financiers, qui deviennent irréversibles après l'arrêt des subventions par la mairie de Sarreguemines. Ce dépôt de bilan marque la fin de l'AS Sarreguemines et le départ de la quasi-totalité de l'organigramme.

Le club renaît en sous le nom d'ASF 93 (en référence à l'année et non au département) et repart en DHR, la division. Afin de retrouver au plus vite l'élite régionale, le président Bruno Palmigiano fait appel, en 1994, à Didier Philippe, ancien joueur du club. L'objectif est atteint à l'issue de la saison 1995-1996 mais le club retombe en DHR dès 1998 après un maintien sur le fil en 1997. Ce n'est qu'en 2004 que Sarreguemines retrouve la DH, avant de se stabiliser dans le ventre mou. La saison 2008-2009, marquée par le parcours en Coupe de France, est plus compliquée que les précédentes et l'ASF 93 se maintient de justesse, après avoir changé d'entraîneur. La saison suivante reprend le même schéma que les précédentes avec un maintien vite assuré, sans pour autant pouvoir jouer les premiers rôles. En 2010-2011, le club démarre fort avec son nouvel entraîneur (huit matches sans défaites) et commence à espérer retrouver le niveau national. Mais les 10 matches sans victoires en fin de saison font rentrer le club dans le rang. La saison suivante est similaire. Le club remplace alors Antoine Mangione par Sébastien Meyer.

Ses méthodes et son exigence permettent au club de dominer la saison 2012-2013, qui se conclut par l'obtention du titre de Champion de Lorraine. L'ASF 93 retrouve donc le niveau national 20 ans après l'avoir quitté.

Sarreguemines FC (2013-) Cette montée entraîne un changement de nom et le club devient le Sarreguemines Football Club (SFC). En effet, l'ancienne dénomination était trompeuse sur la localisation du club ; des équipes de région parisienne ont sollicité les dirigeants faïenciers pour des matches amicaux de pré-saison, pensant que le club était situé en Seine-Saint-Denis. Cette nouvelle appellation permet également de mettre en avant l'identité du club, qui obtient le droit de faire figurer une Croix de Lorraine sur son blason (comme le FC Metz). Le club se structure à tous les niveaux afin de maximiser les chances de se pérenniser en CFA2.

La saison 2013-2014 est achevée à une excellente place dans un groupe relevé, composé de 3 réserves de clubs de Ligue 2. Le seul point noir concerne la défense, puisque Sarreguemines encaisse 66 buts, soit environ 3 fois plus que les clubs qui précèdent au classement. L'année suivante est plus compliquée, le SFC jouant le maintien toute la saison. En 2015-2016, le club termine , devant les réserves professionnelles de Nancy et de Metz. La montée est manquée en raison des mauvais résultats lors des confrontations directes avec Raon ( et promu). Ces excellents résultats sont la conséquence de l'arrivée à maturation du groupe de Sébastien Meyer. Sarreguemines apparaît alors comme l'un des favoris de l'édition suivante, mais termine finalement . Cette saison marque aussi la fin d'un cycle, avec les départs de certains cadres comme Metin Karayer, Faraji Taarimte et le gardien Florian Trimborn. Les ambitions pour la saison 2017-2018 sont donc moindres, le club voulant surtout assurer son maintien dans un groupe où pas moins de 6 équipes sont promises à la descente en raison de la refonte des championnats amateurs. L'objectif est atteint, avec une place finale dans un groupe homogène où le et le ne sont séparés que de 3 points.

L'intersaison voit arriver Smaïl Morabit, ancien joueur professionnel en Allemagne, avant que Ludovic Guerriero n'arrive au cours de la saison 2018-2019. Le SFC espère donc vivre une saison plus tranquille que la précédente, mais l'inconstance dont il fait preuve (les victoires contre Mulhouse et Sarre-Union et les nuls contre la réserve du RC Strasbourg sont contrebalancés par les contre-performances et les points perdus dans les derniers instants) le mène à nouveau à lutter pour son maintien. Cette fois-ci l'objectif n'est pas atteint puisque Sarreguemines termine et premier relégable, par un jeu de vases communicants en raison de la descente d'Haguenau de N2 en N3. Les 100 ans du club sont donc marqués par cette relégation en Régional 1. Le président Christophe Marie annonce sa démission le soir même de l'ultime défaite en championnat à Thaon. Les premiers départs de joueurs suivent, dont le buteur maison Hassan M'Barki, Jordan Coignard, Fahdi Redjam et Smaïl Morabit. Le staff technique, autour de Sébastien Meyer, prolonge finalement l'aventure après quelques jours de flottement. Des cadres tels que Benoît Kowalczyk, Yannick Dekoun, Khalid Benichou et Caner Metin prolongent également leur aventure sarregueminoise, en dépit de la relégation.

L'espoir d'un repêchage en National 3 demeure néanmoins en raison des menaces qui pèsent sur de nombreux clubs lors de leur passage devant la DNCG. Le , le repêchage du club en National 3 pour la saison 2019-2020 est officialisé après la relégation administrative d'autres clubs (Tours FC, Athlético Marseille). Malheureusement, le club vit une nouvelle saison difficile et se retrouve en dernière position quand la FFF décide de mettre un terme aux championnats amateurs le en raison de la pandémie de coronavirus. Le club quitte le N3 après 7 saisons et retombe en R1. Quelques jours plus tard, le comité du club démet l'entraîneur Sébastien Meyer de ses fonctions. Le , Salem El Foukhari, ancien coach de l'US Forbach, est nommé entraîneur. Il quitte le club en après des résultats jugés insuffisants par la nouvelle direction. Il est remplacé par Alan Wengert, ancien joueur du club qui a participé aux épopées en Coupe les années précédentes.