Anopheles gambiae est un complexe d'espèces cryptiques de moustiques. Il s'agit du principal vecteur du paludisme sévissant en Afrique, dont il peut transmettre l'espèce de parasite la plus meurtrière, Plasmodium falciparum.

Espèces Il y a, actuellement, neuf espèces au sein du complexe d'espèces cryptiques : Anopheles gambiae s.str.Sensu stricto (ou stricto sensu) est une locution latine qui signifie au sens strict et dont l'abréviation est s.str.. En biologie, cette locution indique qu'un taxon doit être pris au sens strict. (Giles 1902) Anopheles colluzzii Coetzee & Wilkerson 2013 Anopheles amharicus Hunt, Wilkerson & Coetzee 2013 Anopheles merus (Dönitz 1902) Anopheles melas (Theobald 1903) Anopheles arabiensis (Patton 1905) Anopheles quadriannulatus (Theobald 1911) Anopheles bwambae (White 1985) Anopheles fontenillei 2018

Génomique Il s'agit de la première espèce de moustique, ainsi que de vecteur parasitaire, dont le génome ait été séquencé en entier, par un consortium international en 2002.

Capacité vectorielle Paludisme : Anopheles gambiae s.str. et Anopheles arabiensis sont des vecteurs principaux. Anopheles merus et Anopheles melas sont des vecteurs d'importance locale (côtière). Arbovirus : le complexe est un vecteur de l'alphavirus O'nyong-nyong.

Découverte d'une nouvelle espèce ? Une étude publiée par plusieurs centres de recherche scientifiqueUnion de l'université Harvard, de l'université du Minnesota, du Centre National de Recherche et de Formation sur le Paludisme à Ouagadougou, de l'Institut Pasteur et du CNRS en février 2011Sante log, « Paludisme : Un moustique exophile ouvre une brèche dans la lutte antipaludique », Sources : Science DOI: 10.1126/science.1196759 Communiqué de l'Institut pasteur, daté du 3 février 2011 dresse la cartographie génétique d'une population étendue et représentative d'anophèles au Burkina Faso. Les analyses génétiques tendent à confirmer qu'une espèce à spéciation sympatrique formée au départ dAnopheles gambiae s.str. et appelée - temporairementS'il s'agit dune nouvelle espèce, elle sera nommée Anopheles goundry. S'il s'agit d'un sous-groupe (sous-espèce) dAnopheles gambiae s.str., ce dernier devra être renommé Anopheles gambiae gambiae et la nouvelle sous-espèce Anopheles gambiae goundry. - Anopheles goundryDu nom du village burkinabé où il a été collecté la première fois a été découverte.

Plus de la moitié des anophèles trouvés lors de cette étude sont des Anopheles gambiae exophile, c'est-à-dire qu'ils vivent habituellement hors des habitations (même s'ils s'y nourrissent). On pensait jusqu'alors quAnopheles gambiae était endophile et sa collecte n'était, donc, habituellement exécutée qu'au sein de l'habitat humain. C'est cette exophilie qui a permis à la « nouvelle espèce » d’échapper aux méthodes classiques d'échantillonnage. De plus, le séquençage du génome de ce « nouvel » anophèle diffère de celui des autres Anopheles gambiae. les gènes impliqués dans l’immunité dAnopheles goundry vis-à-vis de Plasmodium sont moindres.

On ignore à ce jour ni depuis combien de temps cet anophèle diverge de son genre biologique, ni s'il s'agit d'une forme mutante récemment sélectionnée par la lutte antivectorielle utilisant des pesticides de plus en plus appliqués à l'intérieur des maisons et de moins en moins à l'extérieur comme le recommande l'Organisation mondiale de la santé. Cette prévention erronée pourrait être une des causes des difficultés éprouvées à faire reculer la transmission du paludisme.

Notes et références

Liens externes

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