Le () est une espèce de palmiers de la famille des Arecaceae, décrite par Carl von Linné. Le Cocotier n'est donc pas un arbreLes arbres sont tous des gymnospermes ou bien des angiospermes de la classe des Magnoliopsida (dicotylédones). mais une plante monocotylédoneLes monocotylédones (angiospermes de la classe des Liliopsida) comportent des plantes ressemblant à des arbres ou des arbustes (palmiers et bananiers), mais qui n'en sont pas réellement..

Son fruit est la noix de coco : ce gros fruit ovale et dur, vert ou jaune, mesure entre 10 et 40 cm de long et entre 10 et 16 cm de large, pèse jusqu'à et apparaît sur une spathe entre les longues feuilles pennées ; sa graine a une enveloppe brune, fibreuse ; sa chair blanche (albumen) fraîche ou séchée (coprah) est comestible, ainsi que l'eau de coco et l'embryon.

Histoire vignette|gauche|Noix de coco décortiquée montrant les trois pores de germination qui évoquent un visage. vignette|250px|Cocotier portant des noix de coco à différents stades de maturation.

Origine L'aire de répartition d'origine du cocotier a donné lieu à des controverses. On considère généralement que le cocotier est originaire de la Malésie ou de la Mélanésie. Mais son centre d'origine primaire n'a pu être déterminé avec précision car nucifera est la seule espèce du genre CocosEntrée « cocotier » dans . .Entrée « Noix de coco » dans . et sa première variété s'est perdue. De plus, des noix de coco fossiles ont été découvertes dans des endroits aussi éloignés que l'Inde et la Nouvelle-Zélande..

Le cocotier est connu en Inde depuis le , en Chine depuis le et sur les côtes de l'Afrique de l'Est depuis le . Le cocotier était également présent au Panama et en Amérique du Sud avant la conquête espagnole de l'Amérique, ce qui en fait une des rares plantes à avoir été commune à l'ancien et au nouveau mondes avant l'échange colombien. Le cocotier ne devient pantropical qu'au , à la suite de son introduction en Afrique de l'Ouest, aux Caraïbes et sur la côte atlantique de l'Amérique tropicale par les explorateurs espagnols et portugais. Il est aujourd'hui présent dans toute la zone intertropicale [consulté le 30 mai 2016]..Entrée . humide. Surtout cultivé le long des côtes, il n'y reste pas confiné. Il est planté jusqu'à d'altitude. La longévité de la plante dépasse un siècle. Sa durée de vie économique est estimée entre 5 et , mais certains cocotiers bien plus âgés sont encore couverts de fruits.

Dénominations et étymologie Le substantif masculin cocotier est dérivé de coco, avec le suffixe -ier précédé de -t-, consonne d'appui. La première utilisation attestée en anglais du terme coco remonte à 1555... L'épithète spécifique nucifera est un terme de latin botanique signifiant « qui porte des noix ».

On retrouve plusieurs dénominations désignant le coco dans les langues autochtones du Pacifique mélanésien, micronésien et polynésien : ni (Eniwetok, Pohnpei), nui (Nukuoro), niu (Nouvelle-Calédonie, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Fidji, Tonga, Hawaï), niyog (Guam)., nu (îles Banyak, Nouvelle-Guinée Occidentale), te ni (Kiribati), ny (Truk), lu (Kosrae), iru et yap (Palau)APA Ahuja, S. C., Ahuja, U., & Ahuja, S. (2014). Coconut-History, Uses, and Folklore. Asian Agri-History, 18(3)..

Des preuves historiques confortent l'origine européenne du terme « coco » dans « noix de coco », car il n'existe pas de nom similaire dans aucune des langues de l'Inde, où les Portugais ont découvert ce fruit ; et en effet les chroniqueurs portugais Duarte Barbosa, João de Barros et Garcia de Orta, en mentionnant les noms malayalam, tenga, et cannara, narle, disent expressément, « nous appelons ces fruits quoquos », « nos gens lui ont donné le nom de coco », et « ce que nous appelons coco, et les Malabars temga ».

Selon l'Oxford English Dictionary (OED), « les auteurs portugais et espagnols du s'accordent à identifier ce terme avec le mot portugais et espagnol coco, visage souriant, sourire, grimace, et aussi épouvantail, bête noire », apparenté avec le verbe cocar, sourire, faire une grimace ; le nom est censé se référer à l'apparence d'un visage que donne la base de la coque avec ses trois trous ».

Selon Losada, le nom vient des explorateurs portugais, des marins de Vasco de Gama en Inde, qui les premiers ont rapporté des noix de coco en Europe. La noix de coco leur rappelait un fantôme ou sorcier du folklore portugais, appelé coco (aujourd'hui plus fréquent au féminin, coca) Losada, Fernando Díez. (2004). La tribuna del idioma. Editorial Tecnologica de CR. p. 481. . Figueiredo, Cândido. (1940). Pequeno Dicionário da Lingua Portuguesa. Livraria Bertrand. Lisboa..

Mentions historiques Une des premières mentions de la noix de coco remonte au conte des Mille et Une Nuits de Sinbad le Marin ; on sait qu'il a acheté et vendu des noix de coco au cours de son cinquième voyage.. Il figure également dans la Topologie chrétienne de Cosmas Indicopleustès au .

Thenga, son nom malayalam et tamoul, est employé dans la description détaillée de la noix de coco qui figure dans lItinerario du voyageur italien Ludovico di Varthema, publié en 1510, ainsi que dans l' publié ultérieurement.. Auparavant, il est évoqué sous la forme portugaise « coquos » par Vasco de Gama (voyages de 1498 et de 1502-1503). C'est de cette forme que viendra le mot espagnol, italien, français puis anglaisLe Voyage des plantes & les Grandes Découvertes, José E. Mendes Ferrão, Chandeigne, 2015..

Antérieurement, elle était appelée nux indica, nom employé par Marco Polo en 1280 alors qu'il voyageait à Sumatra, emprunté aux Arabes qui l'appelaient . Les deux noms ont été traduits en « noix indienne ».. Dans la première description connue du cocotier, due à Cosmas d'Alexandrie dans sa écrite vers , il y a une référence à l'arbre d'Argell et à sa drupe, la « grande noix d'Inde »..

Description thumb|left|upright|Cocotiers sur la plage de Puerto Vallarta, Mexique. thumb|Stipe d'un cocotier.

Le cocotier est formé d'un stipe (ou faux-tronc) surmonté d'une large couronne de feuilles. Il mesure jusqu'à de haut.. À l'aisselle de chaque feuille se trouve généralement une inflorescence qui se développe en un régime chargé de noix de coco. Le feuillage du cocotier est persistant.

Le stipe s'élargit quelquefois à la base et forme un bulbe qui augmente sa résistance, notamment aux cyclones tropicaux. D'aspect relativement lisse et de couleur claire, le stipe porte des marques régulières : chaque feuille produite par la plante laisse une cicatrice en forme de croissant. L'écart entre ces cicatrices permet de distinguer les deux types de cocotier : les Grands et les Nains. Chez les Grands, l'écart entre deux cicatrices foliaires est supérieur à . Chez les Nains, il ne dépasse pas .

Dans le sol, le stipe prend l'aspect d'un cône renversé, dénommé bulbe radiculaire. De toute la surface du bulbe partent plusieurs milliers de racines assez fines qui forment un matelas dense, réparti essentiellement dans le premier mètre du sol. Certaines racines atteignent cependant 4 à de profondeur.

La couronne foliaire compte une trentaine de feuilles, dépassant quelquefois six mètres de long. Un bourgeon unique fabrique l'ensemble des feuilles et des fleurs. Ce bourgeon fonctionne en continu : le cocotier pousse donc inexorablement, et cela jusqu’à sa mort. Bien que le bourgeon soit très protégé, son unicité donne à la plante une certaine fragilité. Lorsqu'un insecte réussit à pénétrer dans le cœur et dévore le bourgeon, le cocotier est condamné.

À l'aisselle de chaque feuille apparaît généralement une spathe pointue qui grandit et finit souvent par dépasser un mètre de longueur. Arrivée à terme, la spathe se fend et libère l'inflorescence. Cette dernière est formée d'un axe sur lequel s'insèrent des épillets. Les fleurs femelles, situées au bas des épillets, sont des globules de deux à trois centimètres de diamètre. Leur nombre est généralement de 20 à 30, mais peut atteindre plusieurs centaines. Les fleurs mâles, plus nombreuses, occupent la partie supérieure des épillets. Encore fermées, leur forme rappelle celle d'un grain de riz.

Pour toutes les variétés de cocotier, l'organisation des fruits est similaire. Un épiderme, d'abord coloré, puis gris-brun à maturité, entoure une enveloppe coriace et fibreuse appelée « bourre ». Les noix vendues sur les marchés ont déjà été débourrées pour réduire leur poids et leur volume.

Ensuite vient la coque, brun sombre et très résistante, qui adhère fortement à la bourre. De forme oblongue à sphérique, elle se renforce de trois côtes longitudinales plus ou moins marquées. Une fine pellicule d'un brun rougeâtre, le tégument séminal, forme un lien entre la coque et un albumen blanc, brillant, de 10 à d'épaisseur.

L’albumen est communément désigné sous le terme d'amande. Inséré sous l'un des trois pores germinatifs, se trouve un embryon d'environ de long.

Un liquide opalescent et sucré occupe jusqu'aux trois quarts de la cavité interne. On l'appelle communément « eau de coco », le terme « lait de coco » étant de préférence réservé à des préparations à base d'amande broyée.

Distribution géographique et dissémination

thumb|left|Diversité des fruits du cocotier dans la collection internationale de Côte d'Ivoire. thumb|left|Plantation de cocotiers en Inde, dans l'arrière-pays (Somanathapura, Mysore). À partir de l’océan Pacifique ou de l’Extrême-Orient, le cocotier s'est disséminé dans l’océan Indien et jusqu’en Afrique. Sa présence en Amérique est due à une double introduction plus récente, à la fois par l'est et par l'ouest.

La dissémination des graines du cocotier est due à la flottaison des fruits au gré des courants marins et, beaucoup plus tardivement, aux voyages et migrations humaines. Les fruits, disséminés par la mer ou apportés par des marins, furent probablement introduits de lieu en lieu en nombre très réduit. De nombreuses cocoteraies se sont constituées à partir de seulement un ou deux fruits apportés par la mer, et qui ont réussi à se fixer sur une île. Les marins Austronésiens (dont les Polynésiens) ont colonisé la plupart des îles tropicales du Pacifique. Diverses découvertes archéologiques permettent de dater certaines étapes de leur voyage. Vraisemblablement partis du Sud-Est asiatique, on les retrouve aux Fidji vers 2500 avant notre ère, et environ un millénaire plus tard aux Tonga et dans les Samoa. Puis, au ils s'installent aux îles Marquises, au siècle suivant à l’île de Pâques et 100 ans plus tard à Hawaï. Sur les canoës, des noix de coco étaient toujours emportées. Transportées par la mer ou par les marins, ces noix ont atteint la côte ouest du Panama, en Amérique centrale. La première mention du cocotier sur ce continent date de la période 1514-1525. Le cocotier était déjà connu en Inde au , en Chine au et sur la côte Est de l'Afrique au . À partir du , les navigateurs portugais et espagnols l'ont introduit en Afrique de l'ouest et en Amérique. En 1569, des cocotiers en provenance des îles Salomon sont plantés à Colima, sur la côte est du Mexique. D'autres cocotiers, originaires cette fois des Philippines, sont introduits au Mexique entre 1571 et 1816. Dans la Caraïbe, les premières noix originaires du Cap-Vert sont plantées à Porto Rico en 1625, par un père espagnol nommé Diego Lorenzo.

Une seule théorie botanique tente d’expliquer l'histoire de la diversification du cocotier en la multitude de formes et de couleurs que l'on observe parmi les variétés actuelles. Elle repose sur l'observation de la forme et de la composition des fruits. Selon cette théorie, l'ensemble des cocotiers dériverait de deux grands types : le type ancestral « Niu Kafa » résulte d'une évolution liée à la dissémination naturelle par voie marine. Ses fruits, allongés et riches en bourre, flottent et dérivent facilement au gré des courants marins. Une germination tardive leur permet de supporter de longs séjours dans l'eau, avant de trouver un lieu où se fixer ;