Les Plongeurs de Combat du Génie (ou PCG) sont des Plongeurs de l'Armée de Terre (PAT)https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/grez-neuville-49220/pourquoi-des-plongeurs-de-combat-du-genie-etaient-en-exercice-militaire-a-grez-neuville-676a1d80-7e4a-11ee-b253-15639905f92e.

Il y a environ 200 PAT, dont 130 PCG.

Cet article vaut pour la France. Le vocable Plongeur de combat du génie existe aussi pour les homologues Belges et Canadiens.

Il existe aussi d'autres militaires dans l'armée de Terre qui sont des plongeurs mais ne rentrent pas dans le vocable Plongeur de l'armée de Terre : les Nageurs de combat (NC) qui servent à la DGSE (guerre clandestine). Effectif inconnu. Ils sont formés avec leurs homologues NC de la Marine nationale, qui eux, vont servir au Commando Hubert (guerre spéciale). les Spécialistes en Interventions Subaquatique (SIS) de la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris (BSPP), qui appartiennent à l'arme du génie, mais sont autonomes pour leur formation et aux ordres de la Préfecture de Police de Paris. Effectif : plus de 120 plongeurs.

Appellations historiques Dans l'armée de Terre, les plongeurs sont appelés : Plongeurs découpeurs du génie de 1947 à 1957 (puis interruption de 57 à 67). NAF (Nageurs d'Aide au Franchissement) en 1967, PAF (Plongeurs d'Aide au Franchissement) en 1972, SAF (Spécialistes d'Aide au Franchissement). en 1984, PAT (Plongeurs de l'Armée de Terre) en 1997.

Certains parmi ceux-ci sont en plus qualifiés IO (Intervention Offensive), à partir de 1981 à l'air, à partir de 1984 à l'oxygène.

Entre 1971 et 1981, il y a eu aussi la qualification PSIS (Plongeur Spécialiste des Interventions Subaquatiques), comprenant notamment les travaux subaquatiques.

L'âge d'or du franchissement en submersion ou amphibie De 1967 à la fin des années 1990, la mission principale est la sécurité et l'aide au franchissement des engins blindés de l'armée française (mise en service du char moyen AMX 30 en 1967). Pendant des décennies, les plongeurs assureront la formation des équipages de blindés, la reconnaissance des sites de franchissements et la sécurité des franchissements autonomes, en submersion comme en amphibie.

Ainsi, ils feront franchir en submersion les AMX 30, AMX 30B2, EBG, AMX 30 de dépannage. Pendant qu'ils roulent sur le fond du cours d'eau, les moteurs sont alimentés en air par un schnorchel ou une tour de plongée.

Mis en service en 1993, le char Leclerc devait franchir de la même façon mais les essais ont été sans appel. Le Leclerc ne franchira plus.

On note qu'il y avait 9 équipes de plongeurs dans l'Arme Blindée-Cavalerie (ABC) à cette époque.

En amphibie, ce sont les VAB (1975-1998), les AMX10RC (1977-1999), les ERC90-Sagaie (1980-2022), les AMX10P (1973-2015) et les VBL Éclairage qui franchiront jusqu'à la fin des années 1990 (la dernière date est celle de l'arrêt du franchissement pour l'engin).

L'abandon du franchissement autonome Depuis les années 2000, le franchissement autonome des engins de combat n'est plus possible. En effet, le char Leclerc ne peut pas franchir sans subir des détériorations importantes, les VAB et AMX10RC font l'objet d'un surblindage trop lourd pour qu'ils continuent de flotter, les ERC90 Sagaie et AMX10P sont retirés du service et remplacés par des engins qui ne franchissent pas les cours d'eau de façon autonome. Les VBCI, VBMR et Jaguar ne sont pas conçus pour flotter.

Par ailleurs, la chute de l'URSS en 1991 et les perspectives de paix en Centre-Europe permettent de justifier de s'orienter maintenant vers l'acquisition d'engins blindés sans capacité de franchissement. Les moyens lourds du génie : Engins de Franchissement de l'Avant et Pont Flottant Motorisé permettent alors de faire franchir les troupes.

Création des PCG L'âge d'or des SAF parvenant à son terme, le concept des Plongeurs de combat du génie est développé dès 2002 à la DEP (Direction des Études et de la Prospective) du génie, en coordination avec le Cours des Plongeurs de l'Armée de Terre (CPAT), alors stationné à l'École Supérieure et d'Application du Génie (ESAG), ainsi qu'avec des représentants des groupes PAT.

La doctrine de ce nouveau concept d'emploi est validée par le CDEF le , sous le /DEF/CDEF/DEO/B.ENGT.

Le nouveau TTA755 "Mémento d'emploi des plongeurs de l'armée de Terre" est validé par l'EMAT le sous le /DEF/EMAT/BPO/EO/13.

Dès lors, les groupes PAT du génie s'appellent groupes PCG et les plongeurs qui y servent à partir cette date deviennent de fait Plongeurs de Combat du Génie. Tous les PCG sont des PAT, mais les PAT qui ne sont pas du génie ne sont pas concernés.

La mission d'aide au franchissement devient secondaire (il reste encore quelques VBL au Régiment de Hussards à faire franchir) et les missions générales de reconnaissances diverses et d'aide au service public sont pérennes.

Surtout, les missions sont maintenant orientées sur le Combat du génie (minage/déminage de combat, construction/destruction d'obstacles, mise en œuvre des explosifs).

Le TTA755 de 2006 précise pour la première fois des procédures dans le cadre de l'utilisation tactique des réseaux suburbains là où les plongeurs qui s'y aventuraient auparavant risquaient leur vie (surface non libre pour les parties entièrement immergées, air vicié pour les parties aériennes). Désormais, les PCG sont dotés d'un casque en plongée, d'un détecteur 4 gaz, d'agrès d'extraction (horizontale et verticale), de tenues étanches adaptées et surtout d'une procédure de décontamination après les progressions en milieu souillé, ainsi que d'une prophylaxie adaptée.

C'est aussi ce mémento qui fait passer tous les groupes PCG à l'oxygène (utilisation des recycleurs en circuit fermé à 100% d'oxygène). Auparavant, on ne trouvait des recycleurs en circuit fermé et des équipes qualifiées à les utiliser qu'aux REG, RG et RGP (régiments de l'ex-Force d'Action Rapide, dissoute en 1998).

À terme, 100% des PCG doivent être aptes à mettre en œuvre ces appareils. La qualification qui permet la maitrise de la plongée en recycleurs à circuit fermé s'appelle Intervention Offensive. Elle concerne aussi les PAT qui ne sont pas du génie ( RPIMa, RDP, RH, REP). Cette qualification fait l'objet d'une remise d'insigne Intervention offensive homologué en 2004 sous le n° GS 184.

Organisation On trouve 1 groupe de PCG dans chacun des 8 régiments du génie : REG.. Spécificité débarquement (Légion étrangère) ; appellation DINOPS (Détachement d'Intervention Nautique OPérationnel Subaquatique). REG. Spécificité Combat en montagne (Légion étrangère) ; RG ; Spécificité Travaux subaquatique (à confirmer) ; RG. Spécificité Débarquement ; appellation DIN (Détachement d'Intervention Nautique). RGhttps://www.estrepublicain.fr/defense-guerre-conflit/2023/06/29/le-13e-regiment-du-genie-fete-ses-80-ans-d-existence-et-ses-20-ans-d-installation-a-valdahon ; Spécificité Travaux subaquatique (à confirmer) ; RGP. Capacité aéroportée ; appellation SNIO (Section Nautique d'Intervention Offensive). RG ; RG.

Nota : il existe aussi des PAT non PCG aux : RPIMa, RDP, REP, RH et au CNEC.

Cadre d'emploi Le cadre d'emploi des PCG est celui de la guerre terrestre. Aussi, les PCG de l'Armée de terre évoluent dans les eaux intérieures : lacs, fleuves et rivières, étangs, réseaux souterrains, espaces confinés, etc..

Leur milieu est l'eau froide et turbide, le travail de nuit, avec souvent du courant et une visibilité de l'ordre de 20 cm à 2 m, parfois l'insalubrité et l'absence totale de visibilité.

Cela nécessite une bonne gestion du stress, une rusticité éprouvée et un mental endurant.

Missions Missions communes à tous les Plongeurs de l'Armée de Terre (PAT)

reconnaissances tactiques ; intervention sur objectif tactique ; recherche subaquatique / relevage / sauvetage ; aide au service public.

Missions spécifiques des Plongeurs de Combat du Génie (PCG)

reconnaissances techniques minage / déminage de combat réalisation d'obstacles anti-franchissement / destruction d'obstacles participation à la saisie d'ouvrage d'art / destruction d'ouvrages d'art reconnaissance des berges en vue de franchissements par moyens lourds du génie

Missions résiduelles

formation des équipages d'engins au franchissement autonome ; sécurité et sauvetage des équipages durant les franchissements autonomes.

Capacités d'interventions dans les réseaux suburbains ou les espaces confinés non reconnus d'infiltration en totale discrétion, par voie nautique et par les réseaux suburbains d'intervention sur une berge tenue par l'ennemi en totale discrétion de travail ou d'infiltration en milieu hostile : surface non libre, puits, sous glace de recherche et de relevage de matériel coulé de travaux subaquatiques : découpage bois, métal, béton ; assemblage (par pistolet à clous, par exemple) de mise en oeuvre des explosifs

Articulation Un groupe correspond à environ 16 plongeurs. Soit, 2 équipes de 3 binômes et un pool commandement.

Les PCG plongent en binôme.

Une équipe de 3 binômes est articulée comme suit (exemples) : en infiltration dans un réseau suburbain : binôme effraction/franchissement horizontal en tête, binôme commandement/communications, binôme franchissement vertical à l'arrière. en infiltration dans un cours d'eau sur un pont en objectif : un binôme en rive gauche pour alerter de la présence d'ennemi en face, le binôme rive droite fait de même pour l'autre coté, le binôme commandement en retrait gère l'approche et la conduite de la mission.

Armement Les équipes PCG ont peu de puissance de feu. L'armement individuel est généralement un fusil d'assaut et une arme de poing.

L'armement sert principalement en riposte pour s'exfiltrer.

La vulnérabilité et la lenteur des équipes sont compensées par la totale discrétion offerte par l'utilisation des recycleurs en circuit fermé.

Pour certaines missions, de l'armement est emporté en plus : FRF2, fusil à pompe... à but de neutralisation des sentinelles sur un objectif de mission.

Accessoirement, les plongeurs sont équipés d'un poignard de plongée, que l'on retrouve sur les insignes de spécialité CTE (Certificat technique élémentaire), BSTAT (brevet Supérieur de Technicien de l'Armée de Terre) et IO.

Formation À partir de la parution du TTA 755 Mémento d'emploi des Plongeurs de l'armée de Terre en et de ces nouvelles missions, la formation des plongeurs de l'armée de Terre est entièrement revue. Elle est modularisée : les PAT des forces spéciales n'ont plus à faire le long cursus des plongeurs du génie. En revanche, les PCG voit leur formation comprendre maintenant une partie Génie combat.

La réussite au CTE PCG fait l'objet de la remise de l'ancien insigne du CTE PAF, SAF, PAT homologué GS 33. Tout plongeur qui a passé le CTE (Certificat technique élémentaire) PCG est Plongeur de combat du génie, même s'il n'est pas encore qualifié IO pour mettre en oeuvre les recycleurs en circuit fermé.

La formation initiale des PCG se déroule au sein de l'école de plongée de la Marine nationale, à Saint-Mandrier dans le cadre du stage de plongeur de bord. Elle est complétée par une partie spécifique au génie et aux eaux intérieures, à l'École du Génie (EG) d'Angers.

Au cours de cette formation, les plongeurs apprennent toutes les techniques de plongée en eau à faible visibilité ainsi que les savoir-faire tactiques et techniques propres à leur spécialité dans le cadre de la guerre terrestre. Par la suite, ils suivent des formations de spécialité : déminage de combat ou EOD ; travaux subaquatiques ; intervention offensive (utilisation de recycleurs à oxygène à circuit fermé) ; brevet de parachutiste militaire. Tout plongeur de l'armée de Terre est obligatoirement parachutiste. A défaut, il doit quitter la spécialité.

Matériel