()Selon la généalogie traditionnelle des comtes de Toulouse faite par les Bénédictins dans l’Histoire générale de Languedoc, il serait , mais des études critiques ont établi que deux comtes du prénom de Raymond avaient été omis. Il serait donc : voir . (né en 1134 - mort en à Nîmes) est un comte de Toulouse, de Saint-Gilles, duc de Narbonne, marquis de Gothie et de Provence de 1148 à 1194. Il est le fils d'Alphonse Jourdain, comte de Toulouse, et de Faydive d’Uzès.

Après son oncle Bertrand et son père Alphonse Jourdain, qui avaient laissé une principauté affaiblie, il transmet à son fils un comté reconstitué, mais économiquement affaibli par les guerres continuelles de son règne. Surtout, les progrès du catharisme font peser une menace qui mène le comté de Toulouse à l’annexion au cours du siècle suivant.

Biographie

250px|thumb|Le Midi en 1209, quinze ans après la mort de .

Jeunesse

Raymond est le fils aîné d'Alphonse Jourdain et de Faydive, fille du seigneur d'Uzès.

Le , il signe une charte de donation faite par , sa femme Mételine et son fils du même nom, à la commanderie de RicherenchesAnnoté par le marquis de Ripert-Monclar, Cartulaire de la Commanderie de Richerenches de l'Ordre du Temple (1136-1214), Fr. Seguin imprimeur à Avignon et H. Champion éditeur à Paris, 1907 (Lire en ligne : Charte n°30).. Elle est signée aussi par Rostaing de Sabran qui devait être son mentor dans la région car il signe avant Raymond de Toulouse qui n'a alors que 7 ans. C'est la première mention du futur de Toulouse dans cette partie des états de son père.

Il n'a que quatorze ans lorsque son père décide de repartir en Terre sainte lors de la Deuxième croisade en 1148, accompagnant le roi de France quoique prenant une route différente. Le comté de Toulouse échoit à Raymond.

Lutte contre les Trencavel

doit contenir ses vassaux de la famille Trencavel, le vicomte d'Albi et de Carcassonne , et son frère le vicomte de Béziers . se rend à Béziers afin de recevoir l'hommage de Trencavel en . Mais celui-ci, après avoir récupéré les vicomtés de son frère en 1150, préfère garder ses distances avec le comte de Toulouse. Il se tourne vers le comte de Barcelone et prête en 1150 hommage à . L'année suivante, il s'allie avec d'autres vassaux du comte de Toulouse, la vicomtesse de Narbonne Ermengarde et le comte de Foix , auquel il donne une de ses sœurs en mariage.

La chance tourne d'abord en faveur de : le , il capture Trencavel et plusieurs de ses vassaux, tels que le seigneur de Montpellier, , alors qu'ils mènent une razzia dans le comté de Toulouse. Ils sont, semble-t-il, capturés par des habitants de Toulouse : en contrepartie, cède certains droits aux habitants de la villeJean Baptiste Auguste d'Aldéguier, Histoire..., p. 44.. Ils ne sont libérés contre une rançon de trois mille marcs d’argent qu'en Jean Baptiste Auguste d'Aldéguier, Histoire..., p. 44-45..

Lutte contre Henri d'Angleterre et Aliénor d'Aquitaine

Au retour de la Deuxième croisade, le roi se sépare de son épouse Aliénor, duchesse d’Aquitaine et comtesse de Poitiers. Celle-ci se remarie huit semaines plus tard, le , avec Henri Plantagenêt, duc de Normandie, comte d’Anjou, du Maine et de Tours et, deux ans plus tard, roi d’Angleterre. Aliénor possède des droits sur le comté de Toulousedu chef de Philippe de Toulouse, sa grand-mère paternelle, qu’elle a tentés de faire valoir en . avait alors assiégé Toulouse, mais Alphonse Jourdain avait réussi à négocier le départ des troupes royales.. Plantagenêt reprend à son compte ses prétentions et s’allie avec , prince consort d’Aragon et comte de Barcelone. Leur coalition rallie plusieurs seigneurs méridionaux, tels que Trencavel et Ermengarde de Narbonne.

Pour contrebalancer cette menace, épouse en 1154 Constance de France, sœur du roi . Elle est bien accueillie par la population toulousaineJean Baptiste Auguste d'Aldéguier, Histoire..., p. 45.. En 1155, de retour d'un pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle, rencontre et traverse le comté de Toulouse avec lui avant de rentrer à ParisJean Baptiste Auguste d'Aldéguier, Histoire..., p. 47.. De plus, il gagne le soutien de la comtesse de Melgueil, Béatrice, et de son époux, , qui sont capables d'attaquer les territoires du comte de Provence et du vicomte de BéziersJean Baptiste Auguste d'Aldéguier, Histoire..., p. 48-49..

En 1159, attaque le comté de Toulouse. Il s'empare de CahorsLa ville de Cahors est confiée par à son chancelier Thomas Becket. In Jean Baptiste Auguste d'Aldéguier, Histoire..., p. 52., Verdun-sur-Garonne, Castelnau-d'Estrétefonds et arrive en août seulement devant ToulouseJean Baptiste Auguste d'Aldéguier, Histoire..., p. 50.. Mais la ville est fortement défendue par , qui a précédé et rendu Toulouse inexpugnable. Après un siège de trois mois, le roi d’Angleterre est obligé de renoncer. À la raison qu'il est forcé de respecter ses engagements féodaux envers le roi , auquel il prête hommage pour la Normandie, il lève le siègeEn effet, les droits féodaux sont stricts dans la relation de vassalité. C'est cette relation qui lie le roi d'Angleterre et . Henri n'osera pas déroger aux règles féodales. In Alain Gilles Minella, Aliénor d'Aquitaine. L'amour, le pouvoir et la haine, Perrin, Paris, 2004.Jean Baptiste Auguste d'Aldéguier, Histoire..., p. 51..

La guerre reprend en 1162 et dure deux ans sans résultats notables, puis la paix est conclue. Au mois de déjà, c'est avec son rival Trencavel, , qu'il conclut la paix par l'intermédiaire de : il lui rend la rançon qu'il avait exigée de lui en 1153 contre sa fidélité.

Prétentions en Provence

Depuis le partage de la Provence en comté et marquisat, les comtes de Toulouse, marquis de Provence, s'opposent aux comtes de Barcelone et de Provence. renforce sa position dans la région en mariant son fils cadet, Albéric Taillefer, avec Béatrice d'Albon, dauphine de ViennoisJean Baptiste Auguste d'Aldéguier, Histoire..., p. 56.. En 1155, il prête son soutien à , seigneur des Baux, qui se révolte contre le comte de Provence . Mais celui-ci vient l'assiéger et le soumet dès 1156. À la fin de cette année, le comte de Toulouse, de concert avec l'archevêque d'Arles Raimond de Montredon et la vicomtesse Ermengarde de Narbonne, négocie la soumission de la famille des Baux aux comtes de Barcelone et de Provence..

En 1160, à la suite d'un conflit avec Bérenger de Mornas, évêque de Vaison, s'empare de Vaison-la-Romaine et l'incendie complètementJean Baptiste Auguste d'Aldéguier, Histoire..., p. 52-53..

La Provence relevant du Saint-Empire, cherche aussi à se rallier l'empereur . En 1161 se tient un concile à Toulouse, afin de choisir qui de ou d' doit être pape. La majorité des évêques et des cardinaux, suivis de et , choisit , tandis que , soutenu par , penche pour Jean Baptiste Auguste d'Aldéguier, Histoire..., p. 53-54.. Dans un contexte de paix conclue avec les Trencavel et , cherche à s'entendre avec le comte de Barcelone, de Barcelone, et son protégé le comte de Provence, .

Mais en 1166, est tué au siège de Nice. s'est alors séparé de Constance, qui est repartie dans les États de son frère en 1165Jean Baptiste Auguste d'Aldéguier, Histoire..., p. 68-70.. se rend en Provence et, après avoir fait prononcer son divorce par , il aurait épousé la veuve de , Richilde de Pologne, tout en fiançant la fille de , , avec son propre fils RaymondJean Baptiste Auguste d'Aldéguier, Histoire..., p. 73-74.. Le jeune comte de Barcelone, ne l’entend pas ainsiJean Baptiste Auguste d'Aldéguier, Histoire..., p. 74.. En 1167, il décide de récupérer l'héritage de sa cousine, , et engage la guerre en Provence contre Raymond. Il trouve le soutien de Trencavel, d'Ermengarde de Narbonne et d' des Baux. obtient quant à lui le soutien intéressé des Génois. doit finalement renoncer à ses prétentions provençales, refusant l’alliance génoise devenue économiquement trop encombrante.

En revanche, obtient un succès dans le comté de Melgueil. En 1172, il donne sa fille, Adélaïde, au vicomte de Béziers, Carcassonne et Albi, , afin d'en éloigner la menace. Il marie ensuite son fils, Raymond, à Ermessinde, la fille de la comtesse de Melgueil, Béatrice. Après s'être débarrassé du fils de Béatrice et frère d'Ermessinde, , il récupère le comté en 1174Jean Baptiste Auguste d'Aldéguier, Histoire..., p. 78..

Consolidation du pouvoir comtal

Le roi forme en 1173 une nouvelle alliance, composée d’ et de son fils Richard Cœur de Lion, à qui il a confié le duché d’Aquitaine. , qui a répudié Constance, ne peut plus compter sur . En 1173, il soutient la révolte de Richard Cœur de Lion, duc d'Aquitaine, contre son père. Lorsque rencontre à Limoges, à la fin de l'année 1173, il obtient la paix et, en échange, se reconnaît son vassal et homme ligeJean Baptiste Auguste d'Aldéguier, Histoire..., p. 77.. En , il retrouve le comte de Barcelone et roi d'Aragon à Montpellier, et fait la paix avec lui.

Il peut alors se tourner vers les affaires intérieures du comté, afin de réassoir son autorité. En 1175, il soumet le vicomte de Bruniquel. En 1177, il fait face à l'alliance du vicomte de Nîmes et d’Agde, , du vicomte de Béziers et de Carcassonne, et du seigneur de Montpellier, . Afin de se débarrasser d'eux, dénonce à l’abbé de Cîteaux les progrès du catharisme, fermement condamné par l'EgliseLe , le pape condamne la doctrine cathare au concile de Tours. En 1165, à Lombers, dans le diocèse d'Albi, a lieu la première confrontation théologique entre catholiques et cathares, devant les principaux évêques de la région, , son épouse Constance et Trencavel. Malgré tout, six évêchés cathares se constituent à la suite du concile de Caraman de 1167. In Jean Baptiste Auguste d'Aldéguier, Histoire..., p. 66-68., et le soutien qu'apporte Trencavel aux cathares et lui demande de l’aide pour combattre l’hérésie. En 1178, le vicomte Trencavel est excommunié tandis que le légat du pape, Pierre de Pavie vient combattre l'hérésie dans la ville de Toulouse et y organise un concile. Il obtient la pénitence de quelques cathares, tels Pierre Maurand, mais les plus importants sont cachés. La ville de Lavaur, connue aussi pour abriter des cathares, est prise en 1181 et les cathares qui s’y trouvent doivent abjurer.

La lutte contre Pons de Toulouse (1171-1186) À partir de 1171, Pons de Toulouse, descendant des derniers vicomtes toulousains de Bruniquel tente de récupérer cet héritage. Il prend le titre vicomtal, et intervient dans des terres proches de Bruniquel, éloignées de ses possessions personnelles principales. En 1173, on le voit s'intituler « Pons de Toulouse, vicomte, fils de Guillaume de Toulouse de Monclar » (Monclar se trouvant à moins de de Bruniquel). En 1176, il se présente comme Pons de Bruniquel directement.

Cependant, à partir de 1177, le comte de Toulouse reprend la main. s'arrange pour que le beau-frère de Pons, Armand de Montpezat, ne le soutienne pas. Nommant simplement son adversaire « Pons de Toulouse », on voit des représentants du comte à Bruniquel à partir de 1180. Enfin, en 1186, Raymond s'intitule « comte de Bruniquel » dans une charte. Cette victoire du comte de Toulouse illustre l'importance sur cette période de la transmission des noms, titres et toponymes qui y sont associés, qui portent en eux le pouvoir des personnages concernés.

Reprise des combats avec

En 1181, et se retrouvent contre , avec l'appui du frère d', le comte de Provence , et des Trencavel. contre-attaque : le , est tué près de Montpellier par un fidèle de , Adhémar de Murveil. Enfin, apporte son soutien à Sanche d'Aragon, entré en lutte contre son frère .

Au mois d', et se retrouvent à Najac pour conforter leur alliance. Ils sont suivis par Trencavel, qui prête encore hommage à Claude Devic, Joseph Vaissète et Alexandre du Mège, Histoire générale de Languedoc, , 1842, p. 2-3.. En 1185, il obtient un nouveau traité de paix avec .