Grand-PréLe nom du village est la plupart du temps orthographié de la façon anglaise, sans trait d'union, soit Grand Pré. (Mskikue’katik en micmac) est un village canadien de la Nouvelle-Écosse.

Fondé en 1682, Grand-Pré est rapidement devenu le grenier et la principale ville de l'Acadie. Il fut délaissé à l'origine par le gouvernement colonial, étant trop loin de Port-Royal. Ravagé en 1704 et tombé aux mains des Britanniques en 1713, Grand-Pré fut victime de la lutte pour le contrôle de l'Amérique du Nord. Il retourna brièvement sous contrôle français à la suite de la bataille de Grand-Pré, en 1747. La population fut déportée par les Britanniques à l'automne 1755. Les Planteurs de la Nouvelle-Angleterre s'établirent au village à partir de 1760.

De nos jours, Grand-Pré est un petit village devenu site historique national, célébrant son histoire et son patrimoine, considéré par plusieurs comme le cœur historique et spirituel de l'Acadie. Le lieu historique national de Grand-Pré est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis le LaPresse.ca : protégé au Canada - Grand-Pré devient patrimoine mondial de l'UNESCO.

Géographie

Grand-Pré est situé sur une péninsule, dans la région des Mines, à l'entrée est de la vallée d'Annapolis. La péninsule est bordée au nord-ouest par la rivière Cornwallis, au nord et à l'est par le bassin des Mines et au sud par la rivière Gaspereau. Le village comprend un vaste pré, dont il tire son nom.

La plupart du territoire est donc très plat. Au nord, l'île Charles, aujourd'hui appelée l'île Longue, a un relief légèrement plus escarpé. Au sud du grand pré s'élève la crête de Wolfville, qui atteint à cet endroit les d'altitude. Au-delà de celle-ci coule la rivière Gaspereau, qui se déverse à l'est, au confluent de la rivière Avon et du bassin des Mines, entre Horton Landing et Avonport. Le ruisseau Ransom draine le pré. Les autres cours d'eau sont de faible importance.

Sur la crête de Wolfville se trouvent, d'est en ouest, les hameaux de Grand-Pré, Hortonville et finalement , à l'embouchure de la rivière Gaspereau. Le village comprend aussi le hameau de Grand-Pré Nord, situé au bord du bassin des Mines, dans l'île Longue.

Grand-Pré est limitrophe de Wolfville à l'ouest, Melanson et Walbrook au sud et Avonport à l'est. Au nord-est du village se trouve l'île Boot.

Grand-Pré a conservé une allure rurale, comparativement à une bonne partie de Les Mines ou à Pisiguit.

Démographie Grand-Pré n'ayant pas de statut officiel, il existe seulement des données précises pour la subdivision D du comté de Kings, qui comprend le secteur entre Hantsport et Wolfville, où se trouve Grand-Pré et quelques autres villages. Dans ce secteur, il y avait 5499 habitants en 2006, comparativement à 5167 en 2001, soit une hausse de 6,4 %. L'âge moyen est de 44,5, comparativement à 41,8 pour la province. 84,8 % de la population est âgée de plus de 15 ans, ce qui est dans la moyenne provinciale Statistique Canada - Profils des communautés de 2006 - Kings, Subd. D.

Pour ce qui est de la langue maternelle, 96,6 % des habitants sont anglophones, 1,4 % sont francophones et 2,0 % sont allophones. La population francophone est anglicisée, car 99,3 % des habitants parlent l'anglais à la maison. Pour ce qui est de la connaissance des langues officielles, 7,2 % de la population peut communiquer en français à différents niveaux, le reste étant unilingue anglophone.

Histoire

Administration

Grand-Pré fait partie de la municipalité du comté de Kings, dont le chef-lieu est Kentville et le préfet est Fred Whallen. Au conseil municipal, Grand-Pré fait partie du district 12, qui comprend tout l'est du comté à partir de Wolfville, dont le conseiller est R. John Fuller.

Économie

Plusieurs vignobles se trouvent sur les versants de la crête, tels que le domaine Grand-Pré. Les vins et cidres de la région utilisent principalement des cépages locaux et sont peu connus mais ont gagné des prix internationaux Domaine de Grand Pré: Proudly producing the best Nova Scotia wines Page consultée le 4 février 2008. L'Acadie-Nouvelle - 16 juillet 2005 - Le monde des vins: Grand-Pré.

Culture Personnalités liées à Grand-Pré Joseph Dugas (1714-1779), marchand, corsaire et officier de milice. Étienne Hébert (1736-1823), cultivateur. Robert Laird Borden (1854-1937), premier ministre du Canada. Alexis Landry (1721-1798), milicien et commerçant, cofondateur de Caraquet. Pierre Le Blanc (1720-1799), cofondateur de Pointe-de-l'Église.

Architecture et monuments Site historique national de Grand-Pré

Dans le village

Le , le centre du village de Grand-Pré devint le troisième district de conservation du patrimoine en Nouvelle-Écosse. Ce district compte une trentaine d'édifices construits avant 1930, situés principalement sur le chemin Old Post. Cette désignation découle d'un processus commencé en 1991, alors que la Société historique de Grand-Pré effectua un inventaire de 46 bâtiments historiques Grand Pré Heritage Conservation District.

L'architecture de Grand-Pré est surtout dans le style néoclassique, remplacé vers 1850 par des styles plus éclectiques et décoratifs, en particulier le style néogothiqueBrian Cuthberson, Wolfville and Prand Pré, past and present, Format Publishing Company, Halifax, 1996, , .. La brique et la pierre sont peu utilisées.

L'église covenantaire de Grand-Pré est un autre site historique national.

+ Patrimoine de Grand-Pré Bâtiments remarquables MonumentsGowan Brae, aussi connue comme le Manoir Grand-Pré (Grand Pré House), est une ferme construite entre 1850 et 1860. La propriété comporte une grange, un silo et une maison de style néoclassique. Elle fut utilisée en tant qu'hôtel entre 1896 et 1906, sous le nom de The Grand Pré House. Il a accueilli certains visiteurs de renommée internationale, tels qu'Helen Keller et Ann SullivanLieux patrimoniaux du Canada - GowanBrae.

Ensuite, du côté gauche de la route se trouve la maison Hamilton, construite en 1820 dans le style néoclassique. Des modifications furent faites en 1900 dans le style gothique victorien, faisant un mélange intéressant accentué par la peinture jaune et les détails bruns.

Au croisement du chemin Old Post et du chemin Grand-Pré s'élèvent la maison James Avery et la maison Silas Crane. La première, dans le style Greek Revival, fut construite en 1852 pour le Avery. La deuxième fut construite en 1767 par un autre Planter du Connecticut, Silas Crane. Construite dans le style néoclassique, des rénovations majeures dans le style victorien furent faites en 1880.

Dans le Domaine Grand-Pré se trouve la maison James Crane, un édifice néoclassique datant de 1828.

La maison Jeremiah Calkin fut construite en 1768 par cet homme, un Planter originaire du Connecticut. Il utilisa les fondations d'une maison acadienne. Elle fut agrandie en 1800. C'est la plus vieille maison encore existante construite par des Planters en Nouvelle-Écosse. La maison en bois se situait à l'origine à Wallbrook, au sud de Grand-Pré. Elle fut déplacée à son emplacement actuel sur le chemin Old Post en 1988, pour la protéger de la démolition.

La maison Stewart est située sur le chemin Old Post, légèrement plus à l'est que la maison Jeremiah Calkin. C'est une maison en bois de deux étage de style colonial de la Nouvelle-Angleterre construite aux environs de 1800Lieux patrimoniaux du Canada - Stewart House.

À la même intersection se trouve la station-service Irving Oil, construite vers 1926. Très peu de ces vieilles stations-services sont encore debout. On y retrouve des éléments des styles gothique victorien, « Tudor Revival » et « Queen Revival », les architectes ayant voulu créer un nouveau style pour un tout nouveau type de commerce.

Au croisement du chemin Grand-Pré et de l'autoroute se trouve le Vieux Magasin (The Old Store), un édifice néoclassique construit aux environs de 1857 comme résidence de Jeremiah Northrup.

Ensuite se trouve la seule maison de style Second Empire au village. Elle fut construite dans les années 1880 pour Mary Brown et Lousia MacDougall, petites-filles de Nathaniel Brown, l'un des seuls Loyalistes à s'être établi dans la régionLieux patrimoniaux du Canada - Jeremiah Calkin House La maison Charles Brown est située à côté de la maison Jeremiah Calkin. C'est une maison qui servit à l'origine de magasin, construite aux environs de 1850 dans le style néogothique.

À côté de l'église Covenantaire se trouve la maison Roswell Pelton, construite en 1791 dans le style néoclassique.

Un peu plus à l'est se trouve la maison Borden, située à côté de l'église covenantaire. C'est une maison en bois de style néoclassique construite par le forgeron Roswell Pelton aux environs de 1792. Après plusieurs propriétaires, elle fut acquise par le fermier Andrew Laird Borden en 1844. Ses enfants, incluant Robert Borden, sont nés dans la maisonLieux patrimoniaux du Canada - Borden House.Dans un petit parc situé à l'intersection de l'autoroute et du chemin Grand-Pré se trouve un monument commémorant la bataille de Grand-Pré, qui s'est déroulée en 1747. En voici le texte :

En , le colonel Noble commandait à Grand-Pré une garnison dont les hommes venaient du Massachusetts et qui logeaient chez l'habitant. Dans la nuit du 11, la tempête faisait rage. Coulon de Villiers, à la tête d'un parti de Français et des Indiens, surgit à 3 h du matin en ces quartiers et engagea un combat corps à corps. Le commandant Noble et soixante-dix de ses hommes y furent tués. Les jours suivants, les Anglais capitulèrent et obtinrent de rentrer à Port-Royal. Peu après, les Français durent abandonner ce qu'ils avaient gagné. Les Anglais reprirent possession de la partie continentale de la Nouvelle-Écosse conscients de la présence toujours menaçante de ces derniers.

À Hortonville, au coin du chemin Wharf et de la rue King, un monument rappelle l'ancienne école Acacia Villa http://www.ns1763.ca/kingsco/avschool.html.

This cairn marks the site of the Acacia Villa School for boys, founded in 1852 by Joseph R. Hea. He was principal until 1860. Arthur McNutt Patterson was principal from 1860 to 1907. His son, Arthur H. Patterson, was principal from 1907 to 1920when the school was officially closed.

Près de l'ancien quai de Horton Landing se trouve un monument dédié aux Planters, installé dans les années 1960.

Les Planters de la Nouvelle-Angleterre. En 1759, les agents des agriculteurs et des pêcheurs de la Nouvelle-Angleterre vinrent discuter à Halifax avec le gouverneur Lawrence de la colonisation du reste de la province. Dès 1763, des milliers de colons étaient déjà établis dans toute la Nouvelle-Écosse. Ils réussirent très bien dans la région de Mines où ils occupèrent les terres en friche des Acadiens déportés. Cette province, qu'en 1780 Edmund Burke disait « peuplée du trop-plein de l'exubérante population de la Nouvelle-Angleterre », en fut profondément marquée dans son évolution.

Au même endroit se trouve la Croix de la Déportation. Ce monument inauguré en 1924 rappelle le lieu où les Acadiens furent embarqués sur les bateaux pour y être déportés. Celle-ci se trouvait à l'origine au bord du chemin de fer, au nord d'Hortonville. Elle fut déplacée au site actuel en 2005.

Grand-Pré dans la culture Le Tapis de Grand-Pré

Le Tapis de Grand-Pré est un conte de noël. C'est l'histoire de femmes ayant voulu offrir un tapis houqué au curé en 1755. À cause de la déportation, leur travail ne fut jamais terminé. Plus tard, des enfants partent à la recherche des 12 brins de laine manquant pour terminer le tapis. En 1986, Réjean Aucoin et de Jean-Claude Tremblay ont écrit un livre basé sur ce conte, illustré par Herménégilde Chiasson. La même année Phil Comeau fait une adaptation du texte en scénario et réalise un court film Le Tapis de Grand-Pré.

Romans