La colonne Durruti est une colonne de combattants anarchistes des milices confédérales de la CNT et de la FAI. Elle est formée dans les premiers jours de la guerre d'Espagne et combat dans les rangs républicains contre les militaires nationalistes. Elle doit son nom à l'homme qui l'a dirigée en tant que délégué général, Buenaventura Durruti, assisté de . Quoique intégrée aux forces de l'Armée populaire de la République espagnole sous l'appellation de , elle garde malgré tout son appellation de colonne Durruti jusqu'à la fin du conflit. ont fait partie de la colonne.
Histoire thumb|Des membres du Groupe international de la colonne Durruti (au premier rang, au centre, Mohamed Saïl). thumb|Groupe international de la colonne Durruti en septembre 1936 (à droite avec la casquette, Louis Mercier-Vega).
La colonne Durruti sort de Barcelone le , quelques jours à peine après le coup d'État militaire du . Elle est alors composée de . Elle se bat d'abord en Aragon, Durruti ayant l'intention de reprendre Saragosse aux nationalistes. Le premier combat est livré par les miliciens à Caspe, sur la route de la capitale aragonaise, mais arrivé à une vingtaine de kilomètres de la ville, Durruti reçoit l'ordre de s'arrêter mais surtout plus aucune munition n'arrive, Durruti devra aller chercher l'explication à Barcelone : l'attaque est annulée pour être remplacée par l'invasion de Majorque. La prise de Majorque sera un échec, qui conduira à la perte des Baléares. Les miliciens de la colonne ne pourront finalement jamais prendre Saragosse, ni même l'armée qui les remplacera une année après. Saragosse ne sera jamais ni anarchiste, comme « la deuxième Barcelone » qu'elle était, ni républicaine.
Le quartier général de la colonne Durruti se trouve à Bujaraloz. Les effectifs atteignent . Plusieurs centuries étaient constituées d'étrangers, telles : la centurie Sébastien Faure, composée de Français et d'Italiens, dont Louis Mercier-Vega, Saïl Mohamed, Jean Mayol, Marcel Montagut, Simone Weil et George Sossenko ; la centurie Sacco and Vanzetti, composée d'Américains ; la centurie Erich Mühsam, composée d'Allemands.
En , d'entre eux sont envoyés à Madrid afin de combattre pour la défense de la ville, assiégée par les nationalistes. C'est lors de ces violents combats que Durruti trouve la mort, le , dans des circonstances controversées. Il est remplacé comme délégué général de la colonne par Ricardo Sanz.
Durruti s'était opposé à la « militarisation » des unités anarchistes et des milices confédérales, c'est-à-dire leur soumission à la discipline militaire et leur incorporation progressive à une armée classique. Une fois mort, les délégués de la colonne acceptent les injonctions du gouvernement républicain de Francisco Largo Caballero. La colonne est finalement, comme les autres unités anarchistes, communistes et socialistes, incorporée à l'armée populaire de la République espagnole. Elle en constitue la , composée des , et . Toutefois, son nom initial perdurera.
Commentaire Diego Abad de Santillán dit des engagés italiens : « Dans leur grande majorité, les antifascistes italiens qui s’étaient rendus à Barcelone provenaient de tous les secteurs du mouvement anarchiste […] Répartis dans différents hôtels de la ville, ils vivaient, émus, enivrés, la résurrection spirituelle d’un passage soudain de la vie d’exilés pourchassés à celle de nouveaux citoyens d’une capitale de la révolution, encore empreinte de l’atmosphère ardente des formidables combats de rue. […] Les anarchistes non inscrits au « Groupe International » de la Colonne Durruti penchaient pour la constitution d’une colonne strictement anarchiste et désiraient partir immédiatement. L’impossibilité d’obtenir tout de suite des armes contrariait leur projet. Mais ils avaient déjà prévu de s’enrôler dans les milices confédérales »Camillo Berneri, Epistolario inedito, volume 2, Pistoia, Archivio Familia Berneri, 1984...
Références culturelles Colonne Durruti est un court-métrage réalisé par Malek Kellou en 1973. The Durutti Column est le nom d'un groupe de rock britannique (le nom Durutti a été volontairement orthographié différemment). La colonne Durruti est évoquée dans la BD Sept athlètes de Kris, Galic et Morancho (Éditions Delcourt)
Annexes Bibliographie
thumb|Itinéraire : une vie, une pensée, Buenaventura Durruti (1987). Numéro spécial de la revue Itinéraire : une vie, une pensée « Buenaventura Durruti : de la révolte à la révolution » Itinéraire : une vie, une pensée, , , 52 pages. présentation en ligne, texte intégral, notice. Contient :
Autres ouvrages
. ; articles « Durruti, Columna » et « Durruti Dumange, Buenaventura ».
Articles connexes Milices confédérales (CNT) Colonne de fer Buenaventura Durruti El Frente, journal de la Colonne Durruti, affichiste-graphiste Helios Gómez (1905-1956) Libertarias (1996), film (Vicente Aranda Mouvance anarchiste espagnole Amis de Durruti (1936)
Colonne Ascaso
Membres espagnols de la colonne Llibertat Ródenas Rodriguez Pasanau Blanch Benito Antonio Pepita Inglés
Membres français de la colonne Hélène PatouAntoine Gimenez, Les Fils de la nuit, L'Insomniaque & Les Giménologues, 2006, lire en ligne. Mohamed Saïl Émile Cottin Simone WeilCharles Jacquier, Simone Weil, l’expérience de la vie et le travail de la pensée, Éditions Sulliver, 1998, page 115. Georgette Kokoczynski
Membres belges de la colonne Louis Mercier-Vega
Membres italiens de la colonne Antoine Gimenez Francesco Barbieri Camillo Berneri Roberto Paolocci
Membres allemands de la colonne Carl Einstein.
Membres suédois de la colonne Nisse Lätt
Notes et références
Voir aussi Liens externes
La colonne Durruti, racontée par l'un de ses membres, l'écrivain allemand Carl Einstein.
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