Louis François Coutard, né à Ballon (Sarthe) le et mort à Paris le , est un général et homme politique français.
Biographie Jeunesse Descendant d’une famille de Ballon honorablement connue depuis le , la famille perd ses biens dans le grand incendie de 1705 qui ruine bon nombre d’habitants. Les Coutard, dans les registres paroissiaux, exercent dès lors la profession de marchands. La famille demeure à l’hôtel des Murs . Louis François Coutard y voit le jour le .
Pris en charge par son parrain l’abbé Huard, curé de l'église Notre-Dame de la Couture au Mans, Louis Coutard fait ses humanités au sein de l’illustre collège de l’Oratoire au Mans. Son engagement et ses convictions religieuses laissent présager qu’il consacrerait sa vie à un état ecclésiastique, mais en fin de scolarité il quitte brusquement le collège et s’engage le comme simple soldat dans le d’Infanterie de Bresse.
Les campagnes révolutionnaires et napoléoniennes Il achète son congé le et entre le lendemain dans le de volontaires de la Sarthe. Le , il passe dans la Garde constitutionnelle du Roi Louis XVI. Le suivant cette garde est licenciée, et Coutard rejoint le de volontaires de la Sarthe, où il doit combattre les Vendéens. Capitaine le , il se signale le suivant à la prise de la redoute de Jolimay, et reçoit pendant l'action un coup de feu à la jambe droite. Il est promu au grade de chef de bataillon, puis adjudant-général le de la même année. Le 23 fructidor an III, il rentre avec son grade dans le de volontaires de la Sarthe, incorporé depuis dans le de ligne.
Débutent alors les campagnes révolutionnaires hors de France. Le 14 ventôse an VII, à l'assaut d'Ortona (royaume de Naples), il pénètre le premier dans la ville sous le feu par une embrasure armée de sa pièce de canon chargée à mitraille. Il commande les grenadiers de l'aile droite à la bataille de Trébia le 13 prairial an VII, soutient pendant longtemps et avec une poignée d'hommes les efforts d'un ennemi supérieur en nombre, et reçoit dans cette action une blessure assez grave qui ne l'empêche cependant pas de continuer à combattre. Au siège de Gênes, il gravit avec 50 hommes la montagne des Deux-Frères, sans tirer un coup de fusil, saute dans les retranchements ennemis et s'en empare. Sa brillante conduite dans une vigoureuse sortie de la garnison, le 13 prairial an VIII, lui gagne le rang de chef de brigade sur le champ de bataille. Il fait la campagne de l'an IX à l'armée des Grisons, et celles des ans X et XI sur les côtes de l'Océan.
Le 12 vendémiaire an XII, le premier Consul lui confie le commandement du d'infanterie de ligne, et le 19 frimaire suivant il le nomme chevalier de la Légion d'honneur. Le colonel Coutard suit les campagnes de l'an XIV et de 1806 avec l'armée du Nord, puis celles de 1807 à 1809 dans la Grande Armée. Traversant toute l’Europe avec les armées impériales, il combat sous les ordres de Davout en Pologne en 1808. C’est au cours de ce séjour qu’il rencontre Hélène Davout des Vignes, cousine du Maréchal, qu’il épouse à Varsovie.
vignette|redresse|Charles Thévenin, Attaque et prise de Ratisbonne. (1812), château de Versailles. Lannes menant la charge lors de la bataille de Ratisbonne.
Bloqué dans Ratisbonne en , il est fait prisonnier à la capitulation de celle-ci. , dit le capitaine Gallois dans un écrit publié au , Rendu à la liberté après que les Français eurent repris la place, il est immédiatement remis en activité et combat lors des campagnes de 1810 et 1811 avec l'armée d'Espagne. Il devient général de brigade le . Napoléon le nomme ensuite baron de l'Empire et l'emploie au corps d'observation de l'Elbe, devenu, le , le de la Grande Armée.
Pendant une partie de la retraite de Russie, il commande avec beaucoup de distinction l'arrière-garde du . Le , il est blessé dans un engagement en avant de Vilnius durant lequel il soutient plusieurs attaques successives. Mis en disponibilité le , il est ensuite alternativement chargé du commandement du département de la Gironde et des Basses-Pyrénées.
La Restauration Le , Louis XVIII lui confie le commandement supérieur de la place de Rochefort. Nommé lieutenant-général le , il est appelé le au commandement des gardes nationales de Lille.
En 1816, le général Coutard fait partie du conseil de guerre chargé de juger le général Mouton-Duvernet. Le roi lui confère le titre de comte et lui donne successivement le commandement des et militaires. Des troubles éclatent à Brest à la fin de 1821 entre les missionnaires et les habitants ; l'opposition accuse le général d'avoir mis trop facilement son épée au service de la sacristie. Le gouvernement récompense toutefois son zèle : il l'appelle, le , au commandement de la militaire. Gouverneur militaire de Paris, il occupe encore ce commandement au moment de la Révolution de Juillet.
En parallèle de ces activités, Louis Coutard est élu deux fois (1827 et 1830) à la Chambre des députés, représentant Mamers ; lorsque la révolution de Juillet commence, Coutard démissionne de son mandat de député. Compris le au nombre des généraux disponibles, et admis l'année suivante au traitement de réforme, il obtient sa réforme le . À partir de cette époque, le général Coutard vécut éloigné des affaires publiques.
Louis Coutard meurt à Paris le .
Distinctions Légion d'honneur : légionnaire le 19 frimaire an XII (), puis ; officier le 25 prairial an XII (), puis ; commandeur le , puis ; grand officier le , puis ; grand-croix le . Ordre royal et militaire de Saint-Louis : chevalier le , puis ; grand-croix en 1824.
Armoiries Figure Blasonnement Armes du baron Coutard et de l'Empire (décret du , lettres patentes du (Madrid)).
Écartelé : le premier d'azur aux trois créneaux d'or posés en fasce ; le deuxième des barons militaires ; le troisième de gueules au lion rampant la tête contournée d'argent tenant une lance polonaise d'or ; le quatrième d'azur aux trois jambes coupées de cheval deux et une, croix d'argent brochant sur les quatre quartiers.PLEADE (C.H.A.N. : Centre historique des Archives nationales (France)).
Livrées : les couleurs de l'écu.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Dictionnaire des Parlementaires français de 1789 à 1889, Tome II, Paris, 1889, ( en ligne sur assemblee-nationale.fr). .
Liens externes
Base Léonore (Légion d'honneur) : Dossier LH/620/51.
Catégorie:Général du Premier Empire promu en 1811 Catégorie:Baron de l'Empire Catégorie:Comte français du XIXe siècle Catégorie:Député de la Restauration Catégorie:Député de la Sarthe Catégorie:Grand-croix de la Légion d'honneur Catégorie:Grand-croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis Catégorie:Naissance en février 1769 Catégorie:Naissance dans le Maine (France) Catégorie:Décès en mars 1852 Catégorie:Décès dans l'ancien 1er arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 83 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 37) Catégorie:Membre de la garde constitutionnelle du Roi