La grotte de Pair-non-Pair est une grotte ornée, découverte en 1881, qui renferme des représentations artistiques datées de plus de avant le présent, attribuées à la culture aurignacienne.

Classée au titre des monuments historiques depuis le , la grotte est la troisième grotte ornée découverte, après celle d'Altamira et la grotte ChabotSite du centre des monuments nationaux Grotte de Pair-non-pair. Son étude a permis d'établir l'ancienneté des gravures pariétales et la reconnaissance officielle de l'art préhistorique.

La grotte est située sur la commune de Prignac-et-Marcamps en France.

Situation

Seule grotte ornée connue dans le département de la Gironde, la grotte de Pair-non-Pair se trouve au nord-ouest de Prignac-et-Marcamps à quelque de la route D669, sur la vallée du Moron, environ avant la confluence de ce petit cours d'eau avec la Dordogne, en rive droite (côté nord). Bordeaux est à au sud à vol d'oiseau Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées. Vous pouvez bouger la carte (cliquer et maintenir, bouger), zoomer (molette de souris ou échelle de l'écran), moduler la transparence, désactiver ou supprimer les couches (= cartes) avec leurs échelles d'intensité dans l'onglet de "sélection de couches" en haut à droite, et en ajouter depuis l'onglet "Cartes" en haut à gauche. Les distances et surfaces se mesurent avec les outils dans l'onglet "Accéder aux outils cartographiques" (petite clé à molette) sous l'onglet "sélection de couches"..

Elle est creusée dans un petit massif de calcaire à astéries du Rupélien, recouvert d'un bois. Couche « Géologie » activée..

Origine du nom En 1667, un notaire de Tauriac enregistre la vente d’un terrain, celui où se trouve la grotte, sous le nom de « Penot père », du nom d’une famille dont l’origine s’est perdue. Les cartes de la fin du , elles, orthographient le lieu « Penotpair », d’où le glissement vers « Pair-non-Pair ».

Découverte de la grotte

La grotte est découverte fortuitement le par François Daleau, érudit autodidacte.

Une version de la découverte de la grotte voudrait qu'une brebis qui paissait dans un pré situé sur la terre de Laborde, se serait coincé une patte dans une ornière, et que les efforts faits par un paysan pour la dégager auraient permis de découvrir la grotte. La version donnée sur un panneau dans la grotte elle-même dit qu'il s'agissait d'une vache, dont la patte se serait prise dans un oculus qui donne directement dans la salle des gravures...

Description

De nos jours, la grotte est un couloir à peu près rectiligne d'environ de long, orienté sud-est / nord-ouest et creusé dans l'alignement d'une diaclase, avec des élargissements latéraux dus à des diaclases transverses à la première. Le premier de ces élargissements est sur la gauche et s'agrandit jusqu'à former une galerie latérale. Sur la droite en face de cet élargissement, la galerie principale s'agrandit pour former un cul-de-four, ce qui engendre une sorte de carrefour surmonté d'une cheminée. C'est là que se trouvent la majorité des peintures pariétales.

Les parois de la grotte sont rugueuses, tant par les nombreux fossiles que par les excavations ; il n'y a pas de concrétions.

François Daleau y pénètre en passant par la cheminée déjà mentionnée (une autre cheminée relie la galerie latérale à l'air libre). Il y trouve une galerie principale presque entièrement remplie de sédiments sur plus de de long, car le plafond s'était effondré . Mais depuis la première visite de Daleau, cette cheminée s'est bouchée. Le plan général de la grotte à son époque est un long boyau orienté sud-ouest / nord-est qui débouche sur un corridor principal (« Grand corridor ») avec une « Salle sud », une « Salle nord » (ou « Grande salle »), et une troisième salle qu'il appelle « Corridor » donnant accès à la salle qui s'avère plus tard être la salle des gravures..

Après l'effondrement du plafond moustérien, au fur et à mesure de l'occupation humaine préhistorique la grotte s'est comblée jusqu'à de la voûte.

Historique des recherches

Dès le , François Daleau entreprend des fouilles . Le , il commence la deuxième étape de ses fouilles qui concerne le remplissage de la salle des gravures. Il atteint le fond de la grotte le ..

Selon Delluc & Delluc (1997), Daleau découvre les premières gravures le , mais ceci est probablement un raccourci ; car, selon David & Malvesin-Fabre (1950), Daleau découvre en « plusieurs lignes entrecroisées formant presque des dessins » (les mots de Daleau) mais le remplissage de la galerie obstrue la lumière et distingue pour la première fois les contours d'un animal le . C'est l'équidé ..

Henri Breuil visite Pair-non-Pair en 1897, pour son premier voyage dans le sud-ouest de la France ; il y retournera en 1898, 1899, 1919 et entre 1934 et 1937..

Édouard Harlé y étudie les vestiges de faune remis au muséum d'histoire naturelle de Bordeaux, avec François Prat s'attachant particulièrement aux équidés et du megaloceros et E.T. Newton aux oiseaux. Le mammouth, seul exemplaire de la collection Daleau, est étudié par Louis Moisan (publié en 1994).

Occupation préhistorique

La première occupation de la grotte date du Moustérien, il y a plus de . Vers avant le présent, la voute du corridor extérieur s'effondre. L'accès se fait alors par des entrées latérales qui débouchent à gauche de la salle des gravures. L'étude des niveaux archéologiques qui recouvraient le décor pariétal confirme que c'est à l'Aurignacien que les gravures initialement mises en couleur (entre avant le présent) doivent être attribuées. La grotte est abandonnée à la fin du Gravettien (vers avant le présent) car le remplissage accumulé ne laisse plus d'espace pour une occupation humaine.

Gravures

La grotte présente de nombreuses gravures pariétales : bouquetins, mammouths, bisons, chevaux et cervidés. Les représentations les plus remarquables sont : un cerf géant, le mégalocéros, dont il n'existe qu'une quarantaine de représentations connues dans l’art paléolithique européen, selon le site "Hominidés" ; une grande gravure de cheval de de long, une des plus grandes gravures connues ; deux chevaux avec la tête tournée vers l'arrière, dont le célèbre Agnus dei ; ces gravures expriment une remarquable idée de mouvement.

Le grand débat de l'art préhistorique

À l'époque de la découverte de la grotte, les milieux intellectuels sont secoués depuis quelques dizaines d'années par le grand débat sur la réalité de l'art préhistorique, c'est-à-dire sur la capacité des humains préhistoriques à avoir intégré l'art dans leurs cultures. Les gravures de Pair-non-Pair permettent de clore le débat : enfouies comme elles l'étaient sous les dépôts préhistoriques, leur ancienneté ne fait pas de doute : elles sont antérieures au Solutréen. Cette découverte permet d'affirmer la réalité de l'art préhistorique., qui jusque là n'était pas généralement admis dans les milieux scientifiques malgré quelques découvertes récentes par ailleurs.

Mobilier

Daleau met au jour de nombreux outils et traces d'occupations humaines s'échelonnant du Moustérien au Gravettien. Il répertorie plus de outils en silex, en os et en ivoire.

Parmi les pièces de mobilier trouvées dans la grotte, deux se démarquent particulièrement : une pendeloque en ivoire sculptée représentant une cyprée ; et une flûte taillée dans un os de gypaète barbu, un des rares instruments de musique préhistorique connu. Cet artefact provenant d'un oiseau qui n'était pas présent dans la région locale à cette époque est considéré comme une preuve du mode de vie nomade des habitants de la grotte.

Les produits de ses fouilles qui n'ont pas été rejetés sont conservés au musée d'Aquitaine et au muséum d'histoire naturelle de Bordeaux.

Faune

Les vestiges de faune, quelque ossements animaux trouvés par Daleau comprennent entre autres des équidés, un mégacéros et un mammouth.

Visites

La grotte de Pair-non-Pair, monument national, propriété de l’État est ouverte au public toute l'année.

Afin d'assurer une conservation optimale des œuvres, le nombre de visiteurs est strictement limité et la réservation est obligatoire..La grotte est généralement fermée un jour par semaine et le nombre de visites de groupe est limité à 12 000 touristes par an. Afin de surveiller les effets du tourisme sur la grotte, des échantillons de la paroi de la grotte sont prélevés chaque année pour analyse.

Le bâtiment d'accueil, réalisé par l'architecte bordelais Patrick Hernandez, a été inauguré en 2008. Le choix des matériaux à la fois nobles et bruts (chêne brut, béton, verre, métal et cuivre pour la toiture) permet l'intégration de cette architecture contemporaine dans son environnement. Ce lieu d'interprétation permet également, au travers de cloisons-vitrines, la découverte de vestiges authentiques (industries lithique et osseuse et faune) mis au jour sur le site de Pair-non-Pair et aux alentours.

Protection

C'est la première grotte de France achetée par l’État, et la première à être classée monument historique, le .

Voir aussi Articles connexes Liste des monuments historiques de la Gironde

Bibliographie . . . . . . . . Etude en 3 ans pour le CNRS. .

. . . . . Cet ouvrage réunit un ensemble de textes qui font le point sur la recherche actuelle. Il comprend les chapitres suivants : A. Roussot : « François Daleau et la saga de Pair-non-Pair » et « Les avatars d'une collection » B. et G. Delluc : « Une grotte ornée » M. Martinez et S. Loizeau : « Estampages, moulages et photographies », « Industries osseuses et inédits », « Datations des gravures » M. Lenoir : « Description générale » et « Les industries lithiques » N. Mémoire : « La faune préhistorique » M. Martinez : « Pair-non-Pair aujourd'hui » S. Loizeau et M. Martinez : « Notices biographiques » . . . . .

Liens externes

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Notes et références Notes

Références

Pair Pair Pair Pair Pair Pair Pair Pair Pair Pair Catégorie:Monument historique en Gironde Catégorie:Site archéologique monument historique en France Catégorie:Monument historique classé en 1900 Catégorie:Édifice géré par le Centre des monuments nationaux