Paul Federn, né à Vienne le et mort à New York le , est un médecin et un psychanalyste américain d'origine autrichienne. Proche de Sigmund Freud, il appartient à la première génération des psychanalystes : membre influent de la Société psychologique du Mercredi, il préside ensuite la Société psychanalytique de Vienne dans les années 1920. Après son exil aux États-Unis en 1938, ses travaux sur la « psychologie du moi », en relation notamment avec la psychose (Ichpsychology und die Psychosen), le rapprocheraient de l' si les représentants de ce courant n'avaient pas manqué à les reconnaître.

Biographie Petit-fils de rabbin et fils d'un médecin généraliste réputé de Vienne, Paul Federn est , sa mère appartenait à une famille de riches marchandsÉ. Roudinesco et M. Plon, Dictionnaire de la psychanalyse, Entrée , . Élisabeth Roudinesco évoque une dès sa jeunesse, É. Roudinesco et M. Plon, . . Après s'être installé comme médecin interniste à Vienne en 1902, il épouse en 1904 Wilma Bauer (1884-1949) qu'il connaissait pour l'avoir soignée. Wilma Bauer est protestante, et Federn envisage de se convertir. Ses trois enfants sont élevés dans la religion protestanteRoudinesco et Plon, . .

Ayant fait des études de médecine pour obéir à son père, il obtient son diplôme de médecine en 1895, et c'est au cours de son internat avec Hermann Nothnagel qu'il est présenté par ce dernier à Freud.

Il est un membre influent de la Société psychologique du MercrediRoudinesco et Plon, . . . Il préside la Société psychanalytique de Vienne.

Médecin militaire pendant la Première Guerre mondiale, il devient, après la défaite de l'Allemagne, membre du parti social-démocrateRoudinesco et Plon, . Il s'est beaucoup intéressé aux applications sociales de la psychanalyse et a défendu l'ouverture de centres ambulatoires. Du fait de son intérêt pour le travail social et la Heilpägagogik, il noue des relations avec August Aichhorn. Il s'intéresse à la délinquance juvénile, à l'éducation sexuelle et à l'émancipation des femmes. Dans un essai publié en 1919 . Publiés entre 1919 et 1921, "Psychanalyse des masses" de Ernst Simmel, "Sur la psychologie de la révolution", de Federn et Psychologie des masses et analyse du moi de Freud présentent des points de jonction (Tréhel, G., 2017).

Son intérêt pour la folie est probablement lié à sa situation familiale. De fait son fils, Walter, brillant étudiant en égyptologie et universitaire, est schizophrène et se suicide en 1968Roudinesco et Plon, ..

Paul Federn émigre avec sa famille aux États-Unis en 1938, dans le contexte de l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie. Quelques mois avant son départ, son fils, Ernst Federn, est arrêté par la Gestapo, puis déporté à Buchenwald. Paul Federn ne revoit son fils qu'en 1946 aux États-UnisRoudinesco et Plon, ..

Il est engagé, dès l'entre-deux guerres, dans la révision de la théorie du moi et dans la refonte de la deuxième topique, travail qui débouche sur la distinction du moi (ego) et du soi (self), premier pas vers la Self Psychology. Il sera .

C'est seulement en 1946, après avoir fait reconnaître son diplôme de médecin, qu'il est officiellement reconnu comme analyste didacticien à la New York Psychoanalytic Society. La récidive d'un cancer dont il estimait ne pas pouvoir réchapper le conduit à se suicider.

Paul Federn et la théorie du moi D'après Roudinesco et Plon, c'est que Paul Federn Roudinesco et Plon, .

À partir de la théorie du moi de Freud Selon Maria Teresa de Melo Carvalho, M. T. De Melo Carvalho, Paul Federn — Une autre voie pour la théorie du moi, . . Au sein de M.T. De Melo Carvalho, Paul Federn, ., cette psychanalyste latino-américaine, constamment confrontée dans le à l'importance prise par Lacan quant à la conception élaborée par celui-ci d'une , se réfère dans sa recherche à Jean Laplanche, Nouveaux fondements pour la psychanalyse, Paris, PUF, 1987, . Cité (en italique) par T.M. De Melo Carvalho, Paul Federn, ..

Au cours de sa recension de l'ouvrage de M.-T. de Melo Carvalho, Monique Dechaud-Ferbus écrit que pour Federn, le Moi est . M.-T. de Melo Carvalho étudie Dechaud-Ferbus, Monique. « “ Paul Federn, une autre voie pour la théorie du Moi ” de Maria-Térésa de Mélo Carvalho », Revue française de psychanalyse, , , 2001, . (Consulté le )..

Le moi et le narcissisme L'intérêt de Paul Federn s'accompagne d' , notamment en ce qui regarde la clinique des schizophrènes: .

Réception française des travaux de Paul Federn La liste des écrits de Paul Federn en allemand et en anglais de 1901 à 1952 est donnée à la fin de la traduction françaiseListe détaillée des écrits de Paul Federn dans La psychologie du moi et les psychoses, Paris, PUF, coll. « Bibliothèque de la psychanalyse » (dirigée par Jean Laplanche), 1979, . de l'ouvrage édité de manière posthume sous la direction d'Edoardo Weiss, rappelle Edoardo Weiss qui rapporte dans son introduction les paroles de Federn lors de leur dernière rencontre à Noël 1949 alors que les jours de celui-ci étaient comptés: (Paul Federn). Dans P. Federn, La psychologie du moi et les psychoses, Introduction d'E. Weiss, 1979, . à New York en 1952 et en 1979 pour la traduction française sous le titre La psychologie du moi et les psychoses. Selon M. Dechaud-Ferbus, M.-T. de Melo Carvalho, avec le recul pris dans les années 1990 par rapport aux années 1970 et l'évolution de la théorie psychanalytique — les travaux de Paul Federn ont spécialement intéressé Didier Anzieu dans Le Moi Peau et Jean Laplanche dans Vie et mort en psychanalyse — met M. Dechaud-Ferbus, « “Paul Federn, une autre voie pour la théorie du Moi” de Maria-Térésa de Mélo Carvalho », Revue française de psychanalyse, 2001..

Au niveau de la recherche la plus récente (années 2010), F. Houssier, D. Bonnichon, X. Vlachopoulou et A. Blanc du groupe de recherches « Paul Federn et la psychothérapie des psychoses » (dirigé par Florian Houssier), éditeurs de la traduction française de deux textes jusqu'alors inédits en français, Investissements du moi et actes manqués, et Contes. Mythes. Histoire des premiers temps, ont pour but de à l'égard d'un des parmi les plus , pionnier notamment . Ils rappellent les hommages rendus à son égard par Didier Anzieu et en 1970 par Jean Laplanche. Dans leur introduction à cette traduction de deux textes de P. Federn des années 1920-1930, les auteurs déclarent s'appuyer essentiellement sur : l'ouvrage de Federn paru à titre posthume et dirigé par Edoardo Weiss La psychologie du moi et les psychoses (1952), l'ouvrage de M.-T. de Melo Carvalho Paul Federn, une autre voie pour la théorie du Moi (1996) et l'article de P.-C. Racamier, « À propos de La Psychologie du moi et les psychoses de P. Federn » (1954)F. Houssier, D. Bonnichon, X. Vlachopoulou et A. Blanc, « Paul Federn, la psychanalyse sans frontières », introduction à P. Federn, Investissements du moi et actes manqués, suivi de Contes. Mythes. Histoire des premiers temps, 2017, . Référence à Vie et mort en psychanalyse de Jean Laplanche, 1970, pour l'évocation de Paul Federn, . L'article de P.-C. Racamier est paru dans L'Évolution psychiatrique 2, 1954, (Article cité dans la bibliographie du groupe de recherches « Paul Federn et la psychothérapie des psychoses », ). .

Publications En allemand et en anglais Zur Psychologie der Revolution: Die vaterlose Gesellschaft. Suschitzky, Leipzig 1919. Einige Variationen des Ichgefühls, 1926. Narzissmus im Ichgefüge, 1927. Das Ich als Subjekt und Objekt im Narzissmus, 1929. Hygiene des Geschlechtslebens für den Mann. Hippokrates, Stuttgart 1930. Bis der Arzt kommt. Hippokrates, Stuttgart 1930 Gesundheitspflege für Jedermann. Heft 1–2. Hippokrates, Stuttgart 1930 The Analysis of psychotics, 1934. Das psychoanalytische Volksbuch. Seelenkunde. Hygiene. Krankheitskunde. Kulturkunde. Hippokrates, Stuttgart 1926 u. : Huber, Bern 1939. Ego Psychology and the psychoses, 1952, Basic Books, Inc. New York ; Ichpsychologie und die Psychosen, Huber, Bern/Stuttgart, 1956, Neuausgabe : Ichpsychologie und die Psychosen, mit einer Einleitung von Edoardo Weiss, Suhrkamp, Frankfurt am Main, 1978, .

Traductions françaises La Psychologie du moi et les psychoses (Ego psychology and the psychoses, 1952, édition posthume sous la dir. d'Edoardo Weiss), Introduction d'Edoardo Weiss, traduit de l'américain par Anne Lewis-Loubignac, Puf, Coll. « Bibliothèque de psychanalyse » (dir. Jean Laplanche), 1979, . Investissements du moi et actes manqués, suivi de Contes. Mythes. Histoire des premiers temps (Die Ichbesetzung bei den Fehlleistungen, 1932, et Märchen — Mythus — Urgeschichte, 1926), traduit de l'allemand par Catherine Haussone, introduction « Paul Federn, la psychanalyse sans frontières » par Florian Houssier, Delphine Bonnichon, Xanthie Vlachopoulou et Adrien Blanc (Groupe de recherches « Paul Federn et la psychothérapie des psychoses » sous la dir. de Florian Houssier, laboratoire UTRPP, université Paris-XIII, Sorbonne Paris Cité), Paris, Les éditions d'Ithaque, 2017, Cartes postales, notes & lettres de Sigmund Freud à Paul Federn (1905-1938), traduit de l’allemand par Benjamin Lévy, avec la collaboration de Ch. Woerle pour la transcription, Introduction par le Groupe de travail Paul Federn (F. Houssier, D. Bonnichon, A. Blanc et X. Vlachopoulou), Les éditions d'Ithaque, 2018,

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Paul-Claude Racamier, « À propos de La Psychologie du moi et les psychoses de P. Federn », L'Évolution psychiatrique 2, 1954, Maria Teresa de Melo Carvalho, Paul Federn, une autre voie pour la théorie du moi, Puf, 1996, coll. « Voix nouvelles en psychanalyse », . . É. Roudinesco et M. Plon, Dictionnaire de la psychanalyse , Entrée , Paris, Fayard, Collection « Le Livre de Poche », 2011, Florian Houssier, Delphine Bonnichon, Xanthie Vlachopoulou et Adrien Blanc, « Paul Federn, la psychanalyse sans frontières », Introduction à Paul Federn, Investissements du moi et actes manqués, suivi de Contes. Mythes. Histoire des premiers temps, Paris, Ithaque, 2017, . Florian Houssier, Xanthie Vlachopoulou, Delphine Bonnichon & Noémie Capart, « Freud consultant. Une lecture de la correspondance entre Freud et Federn », Revue française de psychanalyse, 2015/4, , , Gilles Tréhel, (2017). Ernst Simmel, Paul Federn, Sigmund Freud et les masses révolutionnaires. Psychothérapies, 2017, 37(3), 183-195.

Articles connexes Moi (psychanalyse)

Liens externes

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