vignette|Timbres-poste britanniques du type Machin. Les timbres au type Machin sont des timbres-poste du britannique à l'effigie de la reine Élisabeth II.

Dessinés par Arnold Machin, les premiers timbres sont émis en 1967 et le type est utilisé par la Royal Mail. L'entreprise postale britannique les nomme « Machin definitive stamps ». Ils ont remplacé les timbres au type Wilding. Les derniers issus ont été sortis en avril 2022, juste avant de la mort de la reine.

La longueur de la carrière de ce type fait qu'il a été utilisé pour la plupart des modifications et innovations philatéliques du dernier tiers du et des deux premières décennies du . Elles motivent une abondante philatélie spécialisée.

Une effigie de la reine créée par Arnold Machin en 1964 a servi sur les pièces de monnaie du Royaume-Uni de 1969 à 1984, avant d'être remplacée par une effigie de Raphael Maklouf montrant le vieillissement de la reine. L'effigie du timbre n'a, elle, jamais été mise à jour.

Genèse Depuis l'avènement d'Élisabeth II en 1952, la série d'usage courant porte comme effigie royale une photographie de trois-quarts face par Dorothy Wilding. Elle apparaît également en médaillon sur les timbres commémoratifs pour rappeler l'origine des timbres, le Royaume-Uni ne le signalant pas par une mention écrite. Cette effigie déplaît cependant aux artistes : en , par écrit, Michael Goaman et Faith Jacques signalent que cette image photographique représente la reine, mais ne peut pas incarner la monarchie. Elle gêne également la lecture du sujet principal du timbre commémoratif : son emplacement pouvant représenter un tiers du timbre et le portrait donne une impression de profondeur en regardant vers le lecteurRequête conservée au British Postal Museum and Archive (cote POST 122/10703), citée dans Douglas Muir, A Timeless Classic, chapitre 2, « A Portrait with problems », 2007, pages 15-17..

Des hésitations sur la technique de travail d'une nouvelle effigie de profil (photographie ou peinture d'après une photographie) reportent à 1965 le début d'un véritable concours d'artistes. Les propositions du Postmaster General Tony Benn et de l'artiste David Gentleman de remplacer l'effigie royale par le nom du pays (« Great Britain » ou « U.K. ») échouent, mais permettent d'accélérer la recherche de solutionsDouglas Muir, première partie de « "Off with her head!" », chapitre 5 de A Timeless Classic, 2007, pages 55-79.. Pour les timbres commémoratifs, un profil de couleur unie créé par David Gentleman d'après une monnaie de Mary Gillick permet en 1966Douglas Muir, seconde partie de « "Off with her head!" », chapitre 5 de A Timeless Classic, 2007, pages 79-102. d'attendre la miniaturisation d'une nouvelle effigie pour la série d'usage courant que le Stamp Advisory Committee (SAC), au cours d'une réunion du , conseille au Postmaster General Tony Benn de choisir de préférence de profil et gravée à partir d'une photographieDouglas Muir, A Timeless Classic, 2007, page 107..

Les premières maquettes sont alors entamées par Andrew Restall et Arnold Machin avec l'assistance des imprimeurs d' et de photographies par Anthony Buckley, puis par le beau-frère de la reine, Anthony Armstrong-Jones, Lord SnowdonDouglas Muir, A Timeless Classic, 2007, page 108-110. Après des essais d'Harrisson & Sons de combiner les photographies de Buckley avec des illustrations de timbres déjà existantes, le SAC jugea défavorablement le résultat et demanda des clichés de Lord Snowdon.. Machin vient justement de créer l'effigie royale pour les pièces de monnaie d'après les photographies du comte. L'invitation officielle à travailler est lancée à d'autres artistes pendant l'été 1965Douglas Muir, A Timeless Classic, 2007, pages 111-112 (description du choix des artistes et de la rédaction du cahier des charges) et pages 117-131 (présentation des artistes et de leurs maquettes)., mais dès le , le SAC semble avoir poursuivi uniquement les travaux de David Gentleman et d'Arnold MachinDouglas Muir, A Timeless Classic, 2007, page 133. Muir signale l'absence de notes et de comptes rendus des discussions pour l'année 1966. Il reconstitue les événements d'après les sculptures et les maquettes qui ont subsisté.Richard West, « Birth of an Icon », page 43..

La méthode de Machin est de sculpter un bas-relief en argile et d'en réaliser des moules, qu'il reprend et corrige selon les demandes. Ensuite, les essais d'impression sont effectués à partir de photographies du relief par Harrisons & Sons et des illustrations et mentions « POSTAGE REVENUE » prévues par Machin. Rapidement, celui-ci décide de simplifier l'effigie : coupée au niveau du cou et portant une tiare. Pour le tour du portrait, il pense d'abord à imiter le Penny Black, puis à reprendre la mise en page du type Wilding avec les quatre fleurs-emblèmes des royaumes unis. Finalement, il décide que l'effigie doit être accompagnée de la seule valeur faciale sur un fond de couleur uniDouglas Muir, première partie de « From coin to stamp », chapitre 7 de A Timeless Classic, 2007, pages 133-144.Richard West, « Birth of an Icon », pages 42-43. L'article reproduit une photographie de Machin travaillant la sculpture finale et des quatre maquettes principales du projet de l'artiste..

En , le Stamp Advisory Committee décide de fournir à Gentleman et Machin de nouveaux clichés pris par John Hedgecoe le suivant. La reine choisit les photographies fournies aux deux artistes. Gentleman continue donc son projet d'« alternative photographique » à la sculpture de MachinDouglas Muir, « A Photographic Alternative », chapitre 8 de A Timeless Classic, 2007, pages 147-156.. vignette|redresse|La sculpture originale. Au cours du second semestre, Machin, quant à lui, retravaille son projet selon les demandes du SAC sans que l'arrivée d'un nouveau Postmaster General, Edward Short, n'ait d'incidence : remplacement de la tiare par un diadème plus imposant, utilisant de nouveaux portraits en octobre. Le diadème est celui créé en 1820 pour le couronnement du roi George IVPrésentation du diadème sur le site de The Royal Collection ; page consultée le 20 juin 2009. et déjà visible sur le Penny BlackDouglas Muir, A Timeless Classic, 2007, pages 157-158. Les maquettes et essais sont dénommés dans les archives « Diadem Head ».. La reine Élisabeth demande enfin que son cou soit vêtu d'un corsageDouglas Muir, A Timeless Classic, 2007, pages 160. À la suite de cette modification, les essais sont nommés « Dressed Head ».Richard West, « Birth of an Icon », page 44. La sculpture finale a la forme d'un rectangle de plâtre de 16 pouces (40,64 cm) de long sur 18 (45,72 cm) de haut, dont un exemplaire est conservé dans les coffres du British Postal Museum & Archive, à LondresSoit 40,64 cm sur 45,74, d'après Andrew Alderson et Tom Williams, « A new look for the first-class design », article publié dans le Sunday Telegraph du 3 juin 2007, version sur le site du journal (consulté le 12 juin 2007)..

Les différentes modifications de la sculpture finale et de l'éclairage pendant les photographies décisives ont créé quatre effigies que les philatélistes ont repéré sur les timbres pré-décimaux, dont les premiers sont émis le Richard West, « Birth of an Icon », page 44. Ces effigies sont numérotées de A à D..

Pour les couleurs, Arnold Machin encourage l'utilisation d'une effigie claire sur un fond uni de la même couleur plus sombreRichard West, « Man behind the Machin », page 45.. Le 4 pence (« 4d ») de 1967 a droit à un brun très foncé, inspiré du Penny Black et demandé par Élisabeth II. Cependant, dès les pré-décimaux, la Royal Mail ne suit pas scrupuleusement ces consignes : elle utilise un fond d'une couleur graduellement plus foncée, d'une effigie plus foncée que le fond.

Carrière Les pré-décimaux Le , sont émises les trois premières valeurs : 4 pence brun-noir (4d), 1 shilling lilas (1/-) et 1 shilling 9 pence (1/9) à effigie orange sur fond noir. Onze autres valeurs du demi-penny au 1 shilling 6 pence sont émises jusqu'en 1970. Ces petites valeurs sont imprimées en photogravure par .

Parce que sa couleur noire gêne la lisibilité des bandes de phosphore par les machines de tri du courrier, le 4 pence noir est remplacé par un vermillon le , qui entraîne le passage au bleu clair du 8 pence rouge.

Les quatre plus fortes valeurs (du 2 shillings 6 pence au 1 livre) sont créées sur un timbre plus grand et leur dessin est gravé pour une impression en taille-douce par la compagnie Bradbury Wilkinson à partir de photographies plus fortement contrastées de la sculpture d'Arnold MachinRichard West, « Sold by the pound », page 50.. Leur émission est retardée à , le temps d'écouler les stocks de la série des Châteaux, émise en .

Dès l'époque des pré-décimaux, apparaissent les carnets composés de plusieurs valeurs différentes et les petites valeurs d'un à six pence existent en rouleaux, dont un rouleau mixteRichard West, « Booklets & Coils » (carnets et rouleaux), annexe de l'article « Birth of an Icon », page 47. Pour le rouleau mixte, le distributeur de timbres délivre une bande de cinq timbres de quatre valeurs différentes contre un shilling..

Le passage au système décimal Le , a lieu le passage du système penny/shilling/livre au système décimal de 100 pence pour une livre sterling. Les timbres d'usage courant doivent être réémis avec de nouvelles valeurs, même si pour les plus petites valeurs, la conversion assez simple permettait de temporiser le changement : 2 shillings devenant 10 nouveau pence.

Les 10, 20 et 50 nouveaux pence sont imprimés en taille-douce comme les timbres en livre sterling. Ils sont néanmoins les premiers à être réimprimés en photogravure en raison de l'inflation et du coût de leur méthode d'impression.

Un designer du Post Office, Stuart Rose, fait adopter une nouvelle police d'écriture pour la valeur faciale au moment de la décimalisation : la PerpetuaRichard West, « Sold by the pound », page 51. créée par Eric Gill en 1925. Dans cette police, les « 1 » deviennent des « I » et le zéro est un cercleVoir « Perpetua (typeface) », article de la Wikipédia en anglais. Depuis, à cause d'un effet visuel en petit format et pour gagner de la place, le chiffre zéro a été redessiné deux fois par Jeffery Matthews pour correspondre à un ovale verticalEntretien avec Matthews publié dans The Chronicle, the journal of the Great Britain Collectors Club, octobre 2000. L'article fournit l'image des quatre illustrations successives du 10 pence Machin. En 1971, le 10 pence est un grand format en taille-douce sur lequel le zéro rond de Perpetua convient mieux que lorsque le timbre devient photogravé en petit format par la suite..

Les timbres en nouveaux pence et livres sont progressivement émis de 1970 à 1972.

Évolutions liées à l'inflation des années 1970-1990 L'inflation va rendre peu rentable et peu utile la nécessité d'imprimer en taille-douce des valeurs auparavant jugées fortes. Le , tout en restant de plus grand format, les timbres d'une, deux et cinq livres sterling sont émis imprimés en photogravure par Harrison & Sons en utilisant les premières couleurs créées par Jeffery MatthewsRichard West, « Sold by the pound », page 51. En 1976, Jeffery Matthews intervient pour fournir des binômes de couleurs pour la première impression en photogravure des timbres d'une, deux et cinq livres. Une centaine de ses essais de couleurs sont conservés au British Postal Museum and Archive et dans la Collection philatélique royale..

En 1988, une nouvelle série en taille-douce des Châteaux apparaît pour les fortes valeurs faciales à partir de photographies d'Andrew, duc d'York, mais c'est le qu'est émis un timbre d'une livre bleu-violet métallisé au type Machin, désormais au même format que les timbres de petites valeurs de ce typeRichard West, « Sold by the pound », page 52..