Claude Vignon, né à Tours le et mort à Paris le , est un peintre, graveur et illustrateur baroque français, il aborde tous les genres (histoire, scène de genre, allégorie, mythologie, portrait)Bibliothèque du Musée des Beaux Arts de Tours.

Biographie Il fut avec son ami Simon Vouet l'un des peintres français les plus célèbres de l'époque de Louis XIII, contemporain de Poussin. Actif dès son retour d'Italie et d'Espagne en 1623, son style riche aux forts empâtements est empreint de poésie précieuse et caractérise le goût encore maniérisant qu'il prolonge en ce début de siècle. Ses personnages évoquent ceux des pastorales et romans d'amour à succès telle que L'Astrée d'Honoré d'Urfé. L'influence du Caravage est nettement identifiable dans son œuvre, surtout au début de sa carrière qui suit de peu son retour d'Italie. Ses œuvres sont présentes dans les plus grands musées du monde, dans les églises et dans les collections privées françaises et étrangères.

Petit-fils de Pierre Vignon, notaire d'Arlanc, il est le second fils de Guillaume Vignon, fraîchement converti au catholicisme, valet de chambre ordinaire du roi, fournisseur de son argenterie, contrôleur triennal des impositions et époux d'Élisabeth Papillon. Son frère aîné est Guillaume Vignon qui sera pasteur protestant à Aubusson. Son oncle paternel est François Vignon, procureur d'office de la justice d'Arlanc, lieutenant du dit bailliage, conseiller et secrétaire de la reine Marie de Médicis. vignette|upright=1.5|La parabole du serviteur impitoyable (1629), Musée des Beaux-Arts de Tours. Il commence sa formation à Tours, dont le musée des beaux-arts lui consacra en 1993 une importante exposition célébrant le quatrième centenaire de sa naissance à Tours. Puis à l'atelier de Jacob Bunel, peintre de renom de la « seconde école de Fontainebleau » chez qui il apprend les bases du métier et la maîtrise de la couleur. Il quitte son maître en 1609, âgé de 16 ans et part en Italie en 1610. En 1616 il est reçu dans la guilde des peintres de Paris. Pensionnaire du roi à Rome en 1617, en même temps que Claude Mellan, Charles Mellin, Simon Vouet. Il y peint cette même année le Martyre de Saint-Mathieu et se lie d'amitié avec Simon Vouet, dont il grave, en 1618, à partir d'une des œuvres de son ami, les Amants. Il y rencontre également Valentin de Boulogne, il subit l'influence du Caravage et de son principal disciple Bartolomeo Manfredi. Vers la fin de son séjour romain, il remporte le premier Prix du concours de peinture organisé par le prince cardinal Ludovico Ludovisi avec Les Noces de Cana, malheureusement détruit pendant la Seconde Guerre mondiale.

De retour à Paris en 1623, il signe en 1624 son contrat de mariage en premières noces avec Charlotte de Leu. Il produit des tableaux à partir de cette date d'une facture moins obscure. Il peint pour les églises des sujets religieux, mais également des sujets historiques : antiques, médiévaux et contemporains, sans oublier les sujets mythologiques et les portraits.

Il est sous la protection de Louis XIII et de Richelieu, il a voyagé en Espagne et exerce également la profession de marchand d'art et se lie d'amitié avec un autre marchand : François Langlois. De 1623 à 1638, il peint plusieurs tableaux pour Notre-Dame de Paris, dont le May de 1638, Le baptême de l'eunuque de la reine Candace. Par l'intermédiaire de son frère Guillaume, pasteur à Aubusson de 1627 à 1630 qui est l'ami du marchand tapissier Isaac Barraband, habitant à Aubusson et dont le fils, Jean Barraband est placé en apprentissage dans l'atelier du peintre et marchand de tableaux François Garnier, beau-père du peintre Isaac Moillon, c'est Claude Vignon qui est garant du paiement de l'apprentissage. Isaac Barraband est associé avec son cousin Jean Mercier, marchand tapissier, qui représente Isaac dans le contrat d'apprentissage de son fils à Paris.

Il devient membre de l'Académie royale de peinture et de sculpture à sa création en 1648, mais ne l'intègre que cinq ans plus tard, en qualité de professeur et par son ancienneté. Il y enseigne à partir de 1651.

Il obtient la décoration de la galerie du château de Thorigny par le duc de Longueville, qu'il réalise de 1651 à 1653.

Vignon avait de deux épouses au moins , dont Claude-François Vignon (1633-1703), Philippe Vignon (1638-1701), Charlotte Vignon (1639-après 1672), Robert Vignon (né en 1644), et François Vignon (1653-après 1716), qui collaborèrent tous à son travail.

Il fut inhumé dans le cimetière Saint-Paul-des-Champs Artistes inhumés dans l'église ou le cimetière Saint-Paul-des-Champs.

Mariages et descendance thumb|Claude Vignon : Saint Yves (huile sur toile, 1635, évêché de saint-Brieuc). Claude Vignon épousa, en 1624, en premières noces Charlotte Le Leu qui mourut le rue Sainte-Antoine, paroisse Saint-Paul à Paris. Veuf avec une dizaine d'enfants, il épousa en secondes noces, le en l'église Saint-Étienne-du-Mont Geneviève Ballard. De ses deux unions, il aurait eu, selon certains de ses biographes, trente-cinq enfants. Guillet de Saint-Georges, historiographe de l'Académie Royale de peinture, dit qu'il eut dix-sept enfants de chacune de ses femmes. Seuls vingt-quatre ont pu être recensés par Auguste JalAuguste Jal : Dictionnaire critique de biographie et d'histoire , Paris, Plon, 1872, , à savoir de Charlotte Le Leu 1624: Charles Vignon (1624-avant Artistes Français du et du (1665-1720) : Pièces diverses recueillies dans les archives des notaires par M. le vicomte de Grouchy, In : Nouvelles Archives de l'Art Français, troisième série, , année 1890, Revue de l'Art Français Ancien et Moderne (septième année), Paris, Charavay Frères, .), baptisé le à l'église Saint-Symphorien de Paris, situé dans l'île du Palais (de la Cité), eut pour parrain Charles de Lorme, médecin du roi; il épousa Geneviève Bonnet (ou Bernot), dont il eut en 1655 Geneviève et en 1658 Charles-Philippe, tous deux baptisés à Saint-Paul ; 1626 : Claude Vignon, baptisé le ; 1627 : Françoise Vignon, baptisée le ; 1628 : Marie Vignon, baptisée le ; 1629 : Françoise Vignon, seconde du nom, baptisée le ; 1632 : Nicolas Vignon, baptisé le ; 1633 : Claude-François Vignon (1633-1703), baptisé le paroisse Saint-Symphorien, parrainé par le « peintre et valet de chambre du Roi » Charles Vignon; dit « peintre ordinaire du Roi en son Académie Royale, demeurant rue Saint-Antoine » (en 1671).Les époux Vignon, Claude et Charlotte née Le Leu, quittèrent le quartier de la Cité en 1634 et s'installèrent sur la paroisse Saint-Paul, ou furent portés sur le registre des baptêmes les seize enfants suivants de Claude Vignon, nés de 1634 à 1658 : 1634 : Marie Vignon, baptisée le en présence de Jean Langlois « peintre du Roi »; 1638 : Philippe Vignon (1638-1701), le , qualifié « peintre du Roi de la Grande-Bretagne » (Charles II) dans un acte datant de 1671, reçu à l'Académie royale de peinture et de sculpture en 1687 ; 1639 : Charlotte Vignon (1639-après 1672), baptisée le , peintre de nature morte reçue à l'académie royale de peinture et de sculpture en 1670, mariée à Joseph Régnault (?-avant 1662), puis à Joseph Venant, bourgeois de Paris ; 1643 : Anne Vignon (1643-1656), baptisée le , morte le , paroisse Saint-Paul ; de Geneviève Ballard 1644 : Robert Vignon, né le , parrain de son frère benjamin Gabriel en 1660, et peut-être peintreRobert Vignon (1644-?) était, selon Guillaume Jeanneau « surtout un calligraphe bien que, dès son âge de seize ans, tenant sur les fonts son jeune frère Gabriel, l'acte baptistaire l'ait qualifié peintre du Roy. » (Guillaume Jeanneau: La peinture française au , Cailler, 1965, ). ; 1646 : Joseph Vignon, baptisé le , mort le (à cinq mois), paroisse Saint-Paul ; 1647 : Geneviève Vignon, le ; 1648 : Pierre Vignon, le , mort le , paroisse Saint-Paul ; 1649 : Simon Vignon, le , mort le , paroisse Saint-Paul ; 1650 : Jacques Vignon, baptisé le , eut pour parrain Jacques L'homme, « peintre du Roi » ; 1651 : François Vignon, troisième du nom, le ; 1652 : Claude-Geneviève Vignon, le ; 1653 : François Vignon (1653-après 1716), baptisé le , maître peintre, marié. 1655 : Anne Vignon, le ; 1657 : Marie Vignon, le ; 1658 : Jeanne Vignon, le ;Quittant la rue Saint-Antoine, Claude Vignon s'établit rue des Fontaines, paroisse Saint-Nicolas-des-Champs, où Geneviève Ballard donna naissance au treizième et dernier de leurs enfants communs connus, 1660 : Gabriel, né le , qui eut son frère Robert comme parrain.

Galerie

Œuvres dans les collections publiques

vignette|Le jeune Chanteur (vers 1622)Paris, musée du Louvre.

En Algérie

Alger, musée des beaux-arts : Adoration des Mages, 1650, huile sur toile ;

En Allemagne

Potsdam : Les Noces de Cana, 1622, huile sur toile, , tableau détruit à Berlin en 1945, avec lequel il a probablement remporté le concours organisé par le prince cardinal Lodovico Ludovisi ;

Aux États-Unis

Austin (Texas), musée d'art Blanton : David avec une épée et la tête de Goliath, vers 1620-1623, huile sur toile, ; Chicago, Art Institute of Chicago : Samienne Sibyl, vers 1630, craie rouge avec crème de graphite sur papier vergé, ; Cleveland, Cleveland Museum of Art : Le Martyre de Saint Pierre, gravure ; Les Miracles de Jésus-Christ : le Christ délivrant un possédé, gravure ; Dayton, Dayton Art Institute : Adoration des Mages, 1619, huile sur toile ; Harvard, Fogg Art Museum : Saint Paul, vers 1622, huile sur toile, ; La Madone et l'Enfant, sanguine, ; Sainte Hélène tenant la croix enlacée, sanguine, ; Sainte femme qui tient un verre dans sa main, sanguine au dos d'une gravure de Michel Dorigny (1617-1685), ; Indianapolis, Indianapolis Museum of Art : Narcisse, vers 1630, huile sur bois ; Minneapolis, Minneapolis Institute of Art : Saint Ambroise, 1623, huile sur toile, ; San Francisco, musée des beaux-arts de San Francisco : Saint Jérôme dans son étude, 1630, huile sur toile, ; Sarasota, John and Mable Ringling Museum of Art : Le Banquet d'Antoine et Cléopâtre, 1640, huile sur toile, ; Stanford, Iris & B. Gerald Cantor Center for Visual Arts : Saint Pierre pleurant, 1623, huile sur toile ;

En France vignette|redresse|La Sainte-Famille, en dépôt au MUDO - Musée de l'Oise. alt=Le Christ devant Pilate, musée des Beaux-Arts de Chartres.|vignette|Le Christ devant Pilate, musée des Beaux-Arts de Chartres. Amiens, musée de Picardie, « En Jésus et Marie notre amour est uni » ou Déploration sur le Christ mort avec Louis XIII et Anne d’Autriche, 1634. Arc-et-Senans (Doubs), église : quatre tableaux : Scènes de la Vie de la Vierge ; Arras, musée municipal d'Arras :, Le Martyre de saint Mathieu, 1617, huile sur toile, ; Beauvais, MUDO - Musée de l'Oise : Sainte Famille, huile sur toile, ; Massacre du Triumvirat, huile sur toile, d'après un tableau de 1570 de Hans Vredeman de Vries ; Blois, château de Blois : La Mort de Lucrèce, vers 1640, huile sur toile, ; Bourbon-l'Archambault (Allier), église Saint-Georges : Saint Pierre pénitent, 1620, huile sur toile, , classé aux monuments historiques en 2009 ; Caen : église Saint-Étienne, abbaye aux Hommes : Adoration des Mages, 1632, huile sur toile, . ; musée des Beaux-Arts : Portrait de Jeune homme, vers 1615, huile sur toile, ; Chartres, musée des Beaux-Arts : Le Christ devant Pilate, huile sur toile, 1630, collection de l'église Saint-Aignan de Chartres, .. Châtillon-Coligny (Loiret), église : La Transfiguration, 1624, huile sur toile ; Dijon : musée des Beaux-Arts : Saint Jérôme, huile sur toile marouflée sur bois, ; musée Magnin : Les Adieux, ou Réunion de dames et de cavaliers sur le perron d'un château, vers 1630, huile sur toile, (pendant de : Jeune femme dont la maternité est proche, implorant un guerrier) ; Jeune femme dont la maternité est proche implorant un guerrier, vers 1630, huile sur toile, ; Festin, 1630, huile sur toile ; Fère-en-Tardenois (Aisne), église : Adoration des Mages, huile sur toile ;