Le musée des Beaux-Arts de Dijon est l'un des plus importants et l'un des plus anciens musées de FranceLe Moreley : 5000 musées en France, Le Cherche midi, 1990, 349 p, 81 Pierre Cabanne, Guide des musées de France, 2000 musées, Éditions Bordas, 1984, réédition 1992, 567 p.36 à 38 . Situé au cœur de la ville, il occupe l'ancien palais ducal, siège au de l’État bourguignon. Lorsque le duché est rattaché au royaume de France, le palais devient le logis du roi, puis se transforme au en palais des États de Bourgogne, sur un projet de Jules Hardouin-Mansart.

À partir de 2006, le musée fait l'objet d'une rénovation totale et d'un agrandissement. Dans un premier temps, les travaux se concentrent sur une seule tranche dont le parcours rénové « Moyen Âge - Renaissance » est inauguré le .

Quatre ans plus tard, le musée entièrement rénové avec sur 50 salles est inauguré le en présence du ministre de la Culture Franck Riester, de l'ancien président de la République François Hollande et du maire François Rebsamen.

La fréquentation s'envole avec comptabilisés à la fin octobre pour atteindre à la fin de l'année 2019. Après une forte baisse due au COVID, le nombre rebondit en 2023 avec visiteurs.

Le palais des ducs de Bourgogne

Histoire du musée Le musée des Beaux-Arts a été fondé par décret des États de Bourgogne, le Sophie Jugie et Emmanuel Starcky, L'art des collections, bicentenaire du musée des beaux-arts de Dijon, musée des beaux-arts de Dijon, 2000, ., mais le projet remontait à 1783, à la décision de construire l'aile orientale du palais. Il fallait faciliter l’enseignement des élèves de l'école de dessin en rassemblant des œuvres qui pouvaient servir de modèle.

Cette école originale, gratuite et ouverte à tous, fut créée par François Devosge, le Sophie Jugie et Emmanuel Starcky, L'art des collections, bicentenaire du musée des beaux-arts de Dijon, Musée des beaux-arts de Dijon, 2000, p. 37. Le musée est placé sous la protection des États de Bourgogne, et abritait ses collections dans le salon Condé, conçu comme une galerie des batailles à la gloire du grand Condé, et la salle des statues ou « salle des antiques » où se trouvaient des copies d'antiques en plâtre et en marbre.

Le musée du département de la Côte-d'Or François Devosge est conforté par les révolutionnaires et se retrouve chargé de veiller à la conservation des « monuments des arts » en 14 pluviôse, an II puis en tant que directeur de l'école, il présidera à la nomination des premiers directeurs du musée jusqu'à sa mort en 1811.

L'ouverture du musée du département de la Côte-d'Or à un véritable public fut décidée le 15 ventôse an VII, (). Le jour de son inauguration, il ouvre ses portes à une foule immense de citoyens, le 20 thermidor ()Sophie Jugie et Emmanuel Starcky, L'art des collections, bicentenaire du musée des beaux-arts de Dijon, Musée des beaux-arts de Dijon, 2000, . Le musée ouvre alors chaque décadis de midi à quatorze heures en hiver, de quatorze heures à seize heures en étéSophie Jugie et Emmanuel Starcky, L'art des collections, bicentenaire du musée des beaux-arts de Dijon, Musée des beaux-arts de Dijon, 2000, . En 1804 il recevait le fonds de livre des saisies révolutionnaires dans le cabinet des estampes, en 1863 les livres et gravures furent envoyées à la bibliothèque municipale.

Le musée sous l'occupation allemande Au moment du conflit de la Seconde Guerre mondiale, l'essentiel de la gestion du musée des Beaux-Arts était entre les mains de Pierre Quarré (1909-1980), jeune conservateur qui avait commencé sa carrière au département des sculptures du Louvre avec Paul Vitry. Il fallait d'une part évacuer les chefs-d’œuvre du musée, et d'autre part préserver les œuvres des intérêts allemands comme des lois du gouvernement de Vichy.

Cette évacuation permit à Pierre Quarré de rénover profondément le musée et de lui donner une cohérence muséographiqueSophie Jugie, Du Musée évacué au musée rénové : Dijon 1939-1950, Musées et collections publiques de France, , 1996, ..

L'évacuation des chefs-d’œuvre pendant la guerre de 1939-1945 Dès 1936, la direction des musées de France avait demandé aux musées de préparer des plans d'évacuation en cas de conflit. Et lorsque le préfet de la Côte-d'Or donna l'ordre d'évacuation, le , le musée ferma et le premier convoi partit le jour même.

Dix voyages furent nécessaires pour mettre à l'abri au château de Châteauneuf-en-Auxois 912 œuvres les plus importantes ainsi que les documents les plus précieux de la bibliothèque municipale et des archives départementales de Dijon.

Une nouvelle évacuation eut lieu en 1943 vers le château de Fontaine-Française. Les œuvres intransportables comme les tombeaux des ducs ou Hébé et l'aigle de Jupiter (1852-1857) de François Rude furent protégées par des sacs de sable maintenus par des charpentes, et d'autres descendues dans les cavesPierre Quarré, "Les châteaux de la Côte d'Or, asile de chefs-d’œuvre 1939-1945", Annales de Bourgogne, t. XVII, 1945, ..

La destruction des statues publiques par Vichy, 1941-1944 La loi du , ordonnait l'enlèvement des statues en alliage cuivreux, à l'exception de celles que les représentants de Vichy jugeaient d'un intérêt historique ou esthétiqueKirrily Freeman, Bronzes to Bullets. Vichy and the Destruction of French Public Statuary, 1941-1944, Stanford University Press, 2008, . Pierre Quarré dut intervenir pour sauver des sculptures que des soldats allemands voulaient emporter du musée, tout comme la statue de Claus Sluter par Henri Bouchard, ou celle de Monge par Rude à BeauneSophie Jugie et Emmanuel Starcky, L'art des collections, bicentenaire du musée des beaux-arts de Dijon, musée des beaux-arts de Dijon, 2000, . D'autres furent emportées et fondues comme le Rameau d'Eugène Guillaume, ou le buste de Legouz de Gerland par Claude-François Attiret.

Le musée rouvre ses portes le , après la libération de la ville.

Rénovation et agrandissement du musée Inscrit dans des limites physiques strictes du fait de sa cohabitation, au sein du palais des ducs de Bourgogne, avec certains services de la mairie de Dijon, le Musée des Beaux-Arts n'expose de façon permanente qu'une petite partie de ses riches collections (17 %). Afin de pallier cet inconvénient majeur, un projet d'agrandissement a été décidé en 2001 puis lancé en 2006, après plusieurs années de concertations. L’objectif de ce très vaste chantier est de mieux présenter les collections dans un monument restauré et mis en valeur, d’exposer plus d’œuvres ( de plus qu'auparavant) et accueillir, dans des conditions plus agréables et plus confortables, tous les publics. Les Ateliers Lion Architectes Urbanistes, lauréats du concours, ont été choisis pour réaliser ce projet ouvert sur la ville en trois tranches ainsi que l'architecte Eric Pallot. La nouvelle identité visuelle du musée fut confiée à l'atelier graphique parisien Polymago. Le nouveau logotype présente deux lettres B entrelacées, emblème de Philippe Le Bon, en quatre couleurs différents représentant les quatre parcours du musée..

Le , après 7 ans de travaux, a été inauguré le premier parcours rénové « Moyen Âge et Renaissance », qui couvre la période allant du . Le chantier de rénovation va se poursuivre jusqu'à la réouverture complète le , avant-veille de la Nuit des musées. En effet, dès 2015 la deuxième puis la troisième tranche de travaux ont été mises en route. Elles ont permis d'aménager une librairie plus spacieuse et de restaurer et réaménager les salles déjà existantes où sont exposées les œuvres datant du ainsi que la Tour de Bar.

Le musée des Beaux-Arts de Dijon offre ainsi à ses visiteurs des services à la hauteur d'un grand musée moderne comme une boutique librairie, des dispositifs de médiation dignes du , un accueil dans des espaces réaménagés et dimensionnés à la mesure de l'établissement, une brasserie et est accessible aux personnes à mobilité réduite.

Histoire des collections À l'origine le musée était composé de deux salles, la salle des Statues, destinée aux sculptures, et le salon Condé, dévolu aux peintures, et qui célèbre pour son décor la gloire des Condé, gouverneurs de Bourgogne.

Par la suite, le musée présente des collections constituées par les œuvres des lauréats des prix de Rome et par les saisies révolutionnaires. Enrichi par des envois impériaux, des dépôts de l’État, des dons et legs de collectionneurs il s’étendra peu à peu dans l’enceinte du Palais.

En 1917, le musée comprenait 29 salles. Suite au legs des époux Grangier en 1905, leur collection est exposée dans la salle n°18 du musée, laquelle se situe au premier étage de la Tour de Bar. Ces espaces sont aujourd'hui aménagés de manière à reconstituer un intérieur médiéval. Afin d'accueillir et de présenter les collections Grangier, les conservateurs soumettent à l'administration municipale une proposition de rénovation de la salle en question dans la Tour de Bar, proposition qui est approuvée et menée à bien.

Parmi les principales acquisitions et donations : legs d'Anthelme et Edma Trimolet (1878) ; Henri et Sophie Grangier (1905) ; legs Alexandrine Leclanché, veuve Dècle (1896) ; legs Charles-Honoré Thévenot (1898) ; Jules Maciet (1897-1911) ; Marie-Henriette Dard (1916) ; legs Albert Gayet (1925) ; le Legs du docteur Albert Robin (1847-1928), ami d'Édouard Manet, Stéphane Mallarmé et Méry Laurent (1930). ; acquisition de pièces amérindiennes à Poinsotte (1950) ; les donations de Pierre et Kathleen Granville (1969-1974-1986-2006) représentent près de , qui ont profondément transformé toutes les collections du Musée. ; donation Henri BreuilCe donateur ne doit pas être confondu avec son homonyme l'abbé Henri Breuil, archéologue. en 1973. Aujourd'hui, les collections du musée sont parmi les plus riches des musées français. De l'Antiquité à l'art contemporain, de la peinture aux arts décoratifs en passant par les dessins et les sculptures, toutes les formes d'art sont représentées au sein des quelque conservées.

Les collections médiévales sont sans doute les plus remarquables, par leur qualité et leur quantité. Si le musée est surtout connu pour les tombeaux des ducs de Bourgogne, présentés au sein de la grande salle du palais, ceux-ci ne doivent pas faire oublier les autres points forts des collections, que sont les portraits funéraires du Fayoum (datant de l'Égypte romaine) ou les chefs-d'œuvre de la peinture européenne de la Renaissance au (Le Titien, Guido Reni, Philippe de Champaigne, Eugène Delacroix, Théodore Géricault, Édouard Manet ou encore Claude Monet). Les artistes bourguignons, parfois méconnus en dehors de leur région d'origine malgré leur importance, sont particulièrement mis en valeur : c'est ainsi que le musée peut présenter des ensembles riches et cohérents pour Pierre-Paul Prud'hon, François Rude, Jean-Baptiste Lallemand ou encore Félix Trutat, mort à alors qu'il était l'un des portraitistes français les plus prometteurs de sa génération. Concernant le , la Seconde École de Paris constitue le point fort de la collection, autour des œuvres de Nicolas de Staël, Maria Helena Vieira da Silva et Charles Lapicque.

L'art contemporain n'est pas oublié : le musée conserve ainsi entre autres plusieurs œuvres de Yan Pei-Ming.

Les différentes collections Collections Antiquités thumb|Idoles cycladiques, .|200x200px

Ouvert au public à la fin du avec une vocation encyclopédique, le musée possède un fonds antique, particulièrement riche pour l'Égypte ancienne.