thumb|De gauche à droite : l'architecte Léon van Dievoet (1907-1993) et Jean Groffier au Parc Josaphat à Schaerbeek, le 23 juillet 1933.
Jean GroffierDe ses prénoms complets Jean Charles Eugène Groffier. est un poète, romancier et dramaturge belge orientalisant, né à Liège le et mort le BnF à Castellet (Vaucluse), où il s’était établi.
Famille Jean Groffier, est le fils de Charles GroffierDe ses prénoms complets : Joseph Eugène Charles Groffier, né le 28 juin 1876 à Vosne-romanée, Côte-d'Or, France, fils de François Joseph Eugène Groffier, négociant en vins, né à Vosne-romanée (Bourgogne) le 20 avril 1852, et de Louise, Marie, Joséphine, Anna Dartois née en 1851, conjoints mariés le 4 septembre 1875 à Fléron, Province de Liège, Belgique, fille de Servais Léonard Dartois, industriel, exploitant de houillères, né le 17 février 1816 à Liège, mort le 28 septembre 1907 à Fléron et de Angéline Joséphine Deveux, née le 20 mars 1815 à Liège, morte à Fléron le 23 février 1889., docteur en sciencesBulletin de l'Association belge des chimistes, volume XVI, n° 2, février 1902 : « COMITÉ CENTRAL. Extraits du procès-verbal de la séance du 5 février 1902....Ont été admis membres effectifs de l'Association :..... — Pour la Section de Gembloux,......Groffier, Charles, docteur en sciences, assistant au laboratoire d'analyses de l'Êtat, à Gembloux », « chimiste à l'État » (assistant au laboratoire d'analyses de l'État à Gembloux), puis « directeur de la station de chimie de Gembloux », né à Vosne-romanée, département de la Côte-d'Or, France, et de son épouse Jeanne Marie Françoise Danhieux, née à Schaerbeek, domiciliés lors de sa naissance, rue de la Liberté, 13, à LiègeLiège, État civil, acte de naissance 1554 du 12 juillet 1908.. Ses parents s'étaient mariés à SchaerbeekSchaerbeek, acte de mariage n° 278 du 14 mai 1907. en 1907. Ils yDivorce acté à Schaerbeek le 23 novembre 1923. divorcèrent en 1923 alors que Jean était adolescent Jean Groffier, Les Heures d'angoisse, Bruxelles, Imprimerie Verhavert , 1931 : "Mon père était un homme de science doublé d'un bibliophile remarquable, mais de caractère faible et grand amateur de plaisirs, aussi abandonna-t-il son foyer de bonne heure pour suivre une vulgaire maîtresse expérimentée dans l'art de la noce. Notre éducation s'en ressentit : elle eut l'expérience de la douleur et se fit grâce aux soins maternels"..
Il est le frère du peintre luministe Didier Groffier.
Biographie À l’époque de ses premières créations littéraires, il habitait la commune bruxelloise de Schaerbeek, avec sa mère née Jeanne Danhieux, dans une pittoresque maison au style éclectiqueIl s'agit d'une œuvre architecturale de l'architecte René Bartholeyns datant de 1914. Inventaire du patrimoine bruxellois. du 11, rue Fontaine d'Amour qui fut dans l'entre-deux-guerres un lieu « tout bruissant de romanciers, poètes, dessinateurs, belges et étrangers. Ils étaient enthousiastes, idéalistes, anti bourgeois et avaient promis, dans le manifeste de la revue Tribune, de "rester purs" »Éthel Groffier : . Lire en ligne..
Après la Deuxième Guerre mondiale, il s'occupa de tourisme culturel et participa à la création de la Fédération internationale des journalistes et écrivains du tourisme (FIJET) en 1954. L'année suivante, il fut engagé par l'UNESCO où il fut chargé de la diffusion du Courrier de l'UNESCO.
Œuvre Passionné par la civilisation orientale et sémitique il montrait le même enthousiasme pour le jeune mouvement sioniste que pour la civilisation arabo-musulmane qui pour lui n’étaient en rien contradictoires mais au contraire étaient unis par une origine commune.
C’est ainsi que sortirent de sa plume deux essais intitulés Pour une Palestine juive et indépendante et À la recherche d’une psychologie musulmane.
Ce thème orientalisant fut le sujet principal de certaines de ses poésies, mais surtout de ses romans et de son théâtre. thumb|300px|Groupe à Namur: de gauche à droite: le poète Jean Groffier, un inconnu, l'architecte Léon van Dievoet et le sculpteur Carlo Lambert regardant le ciel (27 juillet 1930). En 1928 toutefois, il publia un recueil de vers et de prose, Premiers parfums, d’inspiration romantique dans lequel, à part Parfums d’Orient, l’orientalisme n’apparaît pas encore, tout comme dans Les Chansons d’Ethel (1936) recueil de poèmes en prose.
En 1929, son livre Aquarelles orientales, contenant deux comédies (La Fille du Pacha et Le Médecin du désert) est désormais totalement consacrée au monde arabo-musulman. L’auteur, pour donner une touche locale, nous indique que les deux héroïnes Nifritima et Babarim jouent « le visage voilé ».
Il fut également fort marqué par l’œuvre de Nicolas-Remi Brück (1818-1870) et de Charles Henri Lagrange (1851-1932) concernant l'influence du magnétisme terrestre, les lois mathématiques de la Bible et celles de la grande pyramide de Chéops, dans laquelle on peut lire le destin de l’humanité…
Il développe ce thème dans Les heures d’angoisse (1931), livre de confessions qui déplurent à ce point à sa famille qu’elle en fit détruire la plupart des exemplaires.
L’œuvre de Lagrange lui inspira également en 1937 son opuscule contre Hitler : Les Germains sont des Israélites, sous-titrée Réponse scientifique à l’hypothèse aryenne de Monsieur Adolphe Hitler.
Le thème oriental est traité avec brio dans son roman Elle, venue d’Orient, précédé d’une appréciation de Camille Poupeye ainsi que dans Islam, terre de feu (Paris, 1953) et Orage sur Tunis. Ces romans témoignent « d’une remarquable lucidité sur le processus de décolonisation qui s’amorce alors ».
Les revues La Momie Chante et Tribune vignette|Jean Groffier (à droite) accompagné du peinte et compositeur Jean De Bremaeker Jean Groffier fut également en 1933 le fondateur de la revue littéraire belge La momie chante qui devintPaul Aron et Pierre-Yves Soucy, Les Revues littéraires belges de langue française de 1830 à nos jours, Bruxelles, 1998 (édition revue, corrigée et augmentée), p. 150 : "684. La Momie chante. R. Jean Groffier. Devient Tribune 34 à partir du numéro 8, 15 janvier/15 février 1934", et p. 188 : "1020. TRIBUNE 1934. Organe de la Tribune 34 et de la ligue asiatique. R : Jean Groffier. Suite de La Momie chante (1933); Devient Tribune après 1934". Tribune 34, à partir du numéro 8 du /, puis TribuneD'après un fascicule publicitaire : "La revue 'TRIBUNE', a été créée par Jean Groffier, en 1933. Elle a posé des problèmes émouvants auxquels ont répondu les autorités les plus diverses. Elle s'est efforcée de vous présenter les mouvements intellectuels les plus importants" après 1934, et était l'animateur de tout un cercle littéraire et artistique qui gravitait autour d'ellesLa fille de Jean Groffier, Éthel Groffier, née en 1935, professeure à l'Université McGill de Montréal, épouse du philosophe canadien Raymond Klibansky écrit : « Mon père, l’écrivain Jean Groffier, dirigeait à Bruxelles une jeune revue littéraire, Tribune, courtisée par Marinetti désireux de revigorer un futurisme en perte de vitesse. La maison où j’ai grandi bruissait d’amis romanciers, poètes, dessinateurs, belges et étrangers. Ils étaient enthousiastes, idéalistes, anti bourgeois et avaient promis, dans le manifeste de la revue, de « rester purs ». Ma première poupée me fut donnée par un poète italien injustement oublié, Lionello Fiumi. Les revues littéraires sont des êtres fragiles. Celle de mon père dura sept ans, puis fut emportée par les bouleversements de l’époque ».. On y rencontrait Lismonde, auquel Jean Groffier avait consacré un article élogieux et prometteur dans le TribuneJean Groffier, « Le paysagiste Lismonde », dans Tribune 1934, n° 15, Bruxelles, . de , la romancière Marie de Vivier, autrice de L'Homme pointu (allusion à André Baillon), la poétesse, graveuse et tisserande Féridah GuariniArticle sur Féridah Guarini par Jean Groffier, « Annotations », dans : La momie chante, n° 5, octobre 1933, p. 2., le sculpteur Carlo Lambert, le peintre et compositeur Jean De BremaekerJean Groffier lui consacra un article dans Tribune, n° 26, janvier-février 1936 : « Il y a cinq ans d'ici, Jean de Bremaeker expérimentait divers engins et méthodes de navigation dans les bassins d'Ostende. C'est en cette ville et à cette époque que je fis sa connaissance. Ses allures étranges m'avaient intéressé, je m'étais présenté à lui et le lendemain soir, à 21 heures, au bout de l'estacade, nos pensées, nos connaissances établirent des points de contact. Nous parlâmes longtemps au son de la mer alors que, derrière nous, la bêtise humaine, sous ses aspects les plus divers, se promenait le long de la digue »., l'architecte Léon Van DievoetJean Groffier, « Un interview. L'Architecte Léon van Dievoet », dans : La momie chante, Bruxelles, juillet 1933, p. 2., son frère le sculpteur René van Dievoet, l'avocat Raoul Vandendriessche, promoteur de la paix par le droit, le compositeur Gaston Knosp, l'avocat Jean Mallinger qui y publia une série d'articles sur le « Culte du Soleil en OrientJean Mallinger, « Le Culte du Soleil en Orient », dans : La momie chante, à partir du n° 5, octobre 1933, p. 2. », Iwan Paul Collette, auteur d'articles sur l'héraldiqueLa momie chante, n° 6, novembre 1933, et aliis locis., le poète Pierre Vandendries, les peintres Didier Groffier, Marcel HastirMarcel Hastir a collaboré à la revue Tribune, dans le numéro 10, 15 mars - 15 avril 1934, p. 1 il a écrit « Une source de beauté ». et Raoul Labarre, le romancier René Charles OppitzL'architecte Philippe Dumont évoque son souvenir dans son livre La Panne. Chronique d'un temps perdu, Bruxelles : Louis Musin éditeur, 1981, p. 17 : « C'était ma jolie cousine Colette et son fiancé René Oppitz formant une image de grâce et d'amour, un couple de cygnes glissant sur les sables ». dit J. J. Marine et d'autres hommes de lettres et artistes de l'entre-deux-guerres.
Les autres revues En 1965, Jean Groffier devient rédacteur en chef de la revue bilingue de poésie Message, fondée par Puzant Topalian qui en assume la directionMessage : trimestriel bilingue de poésie, bilingual poetry quarterly, Paris, Impr. Araxes, 1965-1968?Ray Nikels, "A l'écoute du silence... Message 65", Mercure (Bruxelles), 11 septembre 1965.. Il fut également rédacteur de la revue Soleil d’Oc 1960-1962et contribua à diverses autres revues telles que Soleils1962-1963(qui succéda à Soleil d’Oc) et Rythmes et couleurs, » Créée en 1956, organe du Carrefour de Provence, Centre littéraire et artistique, Roussillon, Vaucluse.
Vie familiale thumb|Éthel Groffier, fille de Jean Groffier. Malgré le fait que dans Les heures d’angoisse, à la dernière page, il ait donné cette appréciation du mariage « Pour ce qui est du mariage, je l’ai déconseillé comme étant le résultat d’une attraction matérielle », ses amis reçurent un jour la petite carte suivante : « Monsieur Jean Groffier et Mademoiselle Madeleine Angenot ont l’honneur de vous annoncer que leur mariage a eu lieu le , Bruxelles »Faire-part imprimé, dont un exemplaire repose aux Archives et Musée de la littérature..
Ils eurent une fille, Éthel Groffier, née à Etterbeek le , qui s’établit au Canada où elle devient professeure à l'Université McGill de Montréal, auteure de plusieurs ouvrages de droit et de lexicographie, et épouse du philosophe canadien Raymond Klibansky.
Jean Groffier et Madeleine Angenot se séparèrent au début des années 1950. Ils ne divorcèrent jamais. Jean Groffier vécut avec l’aquarelliste Edmée Radar (Etterbeek 1921 - Apt 1990) qui fut sa compagne pendant quelque trente-cinq ans. Il l’épousa en 1983, après le décès de sa première épouseVoir le lien..
Publications thumb|Jean Groffier chez lui au 11, rue Fontaine d'Amour à Schaerbeek. 1928 : Premiers parfums. Vers et prose, Bruxelles, 1928. 1929 : Aquarelles Orientales (Deux farces - Poèmes), Bruxelles, 1929. 1931 : Les Heures d'angoisse, Bruxelles, s. d. 1934 : À la recherche d'un bonheur, Bruxelles, Éditions Tribune, 1934. (essais)