Étais-la-Sauvin est une commune française située dans le département de l'Yonne en Bourgogne-Franche-Comté. Elle bénéficie d'un climat équilibré entre humidité et fraîcheur de la Puisaye proche du val de Loire et air chaud et humide venant du sud du Morvan d'altitude.
Durant une longue période, la commune fut connue pour abriter l'une des plus belles roseraies de Bourgogne, considérée comme la troisième roseraie de France.
Géographie Localisation La commune se situe dans le territoire de Forterre entre la Puisaye toute proche vers l'ouest et le Morvan au sud-est. Les deux territoires de la Forterre et de la Puisaye sont intimement liés et forment le territoire de Puisaye-Forterre.
Communes limitrophes
vignette|redresse=1.6|centre|Carte de la commune d'Étais-la-Sauvin et des proches communes.
Géologie et relief La superficie de la commune est de ; son altitude varie de Répertoire géographique des communes, publié par l'Institut national de l'information géographique et forestière, .. Le point culminant se situe à la Montagne-des-Alouettes.
Au cours de l'ère secondaire, plus particulièrement lors de la période du Jurassique, la séparation de l'Amérique du Sud et de l'Afrique a créé un bras de mer chaude à vie organique produisant en Forterre un calcaire plus compact. Ainsi la carrière d'Aubigny est constituée de calcaire corallien de mer chaude.
vignette|redresse|Trois fossiles trouvés en Puisaye-Forterre. Huit failles principales fossilisées parcourent les plateaux calcaires de la Puisaye et de la Forterre dont une qui traverse Thury selon une direction sud-nord et se prolonge en passant par le hameau de Grangette. Le sol de la Forterre est constitué de calcaires du Jurassique supérieur. Les couches sédimentaires se succèdent du sud-est au nord-ouest : l'Oxfordien, le Kimméridgien et le Tithonien (ex-Portlandien), lequel s'enfonce ensuite sous le Crétacé inférieur de la Puisaye.
La Forterre continue les plateaux calcaires de basse Bourgogne (Tonnerrois et Auxerrois) et en forme la partie sud-ouest. Elle est en contact direct avec la Puisaye à l'ouest et le Nivernais au sud. Les limites entre la Puisaye et la Forterre sont très nettes : elles se trouvent à l'endroit où les couches du Jurassique supérieur (ère secondaire en territoire de Forterre) s'enfoncent sous celle du Crétacé inférieur du territoire de la Puisaye.
La Forterre se caractérise par des coteaux secs, pierreux assez dénudés traversés par les anciennes routes blanches, sur lesquels sont établis des villages agglomérés construits en pierre calcaire. Au nord, la Forterre s'arrête à la vallée de l'Ouanne. Au sud elle se continue jusqu'à la limite du département et à l'est elle termine là où commencent les forêts de la rive gauche de l'Yonne incluant la partie ouest de la forêt de Frétoy au sud de Courson-les-Carrières.
La Puisaye est de constitution crayeuse, sableuse et argileuse qui sont caractéristiques de la période du Crétacé. C'est une géologie très favorable au développement du bocage bien visible en Puisaye.
Le Morvan quant à lui est de constitution granitique remontant au Dévonien. C'est une topographie hydrologique et forestière annonciatrice des plissements montagneux du Massif central et des Alpes.
Hydrographie L'alimentation en eau s'effectue depuis la source du Nohain (fontaine d'Emme au sud du lieu-dit Chevigny en direction d'Entrains-sur-Nohain). Depuis le captage où est effectué une chloration, l'eau est acheminée vers un château d'eau enterré à la Montagne-des-Alouettes (lieu-dit le Trou de l'Arène) pour être ensuite directement distribuée sur l'ensemble du territoire communal. Le réseau date des années 1960, le creusement des tranchées pour le passage des conduites d'eau a été réalisé par les agriculteurs locaux à la force des bras. La station d'assainissement située à proximité de la déchèterie traite les eaux usées du bourg principal de la commune.
La source du Nohain située à la fontaine d'Emme est une résurgence de la nappe phréatique qui s'étend approximativement depuis le lieu-dit le Crot des Marches près de Fondelin (Nièvre) et sur un vaste territoire entre Château-du-Bois (commune d'Entrains-sur-Nohain) et Les Villenots (commune d'Étais-la-Sauvin).
La nappe phréatique ayant subi une importante pollution par l'usage intensif de pesticides, la commune s'est retrouvée privée d'eau pendant deux ansUn vent de fronde se lève à Étais-la-Sauvin, publié par Auxerre TV, .. À présent, la municipalité a engagé un vaste chantier de raccordement qui s'est achevé en mai 2018Marché public du raccordement, avis 18-5140 du BOAMP, .. Les habitants bénéficient de l'eau des captages desservant les communes de Sainpuits et Saints-en-Puisaye.
Voies de communication et transports Voies routières La commune est desservie par cinq routes départementales, appelées RD dans le jargon des techniciens du service routier départemental (SRD) qui, pour Étais-la-Sauvin, sont rattachés à l'agence territoriale routière (ATR) d'Avallon. Ces agences territoriales routières, au nombre de six dans l'Yonne, sont administrées par le conseil départemental (anciennement conseil général).
Ces cinq routes départementales sont : la de Courson-les-Carrières à Entrains-sur-Nohain ; la de Coulanges-sur-Yonne à Étais-la-Sauvin ; la de Lainsecq à Billy-sur-Oisy ; la d'Étais-la-Sauvin à Sainpuits ; la de Sougères-en-Puisaye à l'intersection avec la (Clamecy - Entrains-sur-Nohain) ;
Les autres voies de circulation du village sont constituées des routes communales desservant tous les lieux-dits.
Ligne ferroviaire
La voie ferrée traversant la commune fait partie de la ligne de Laroche-Migennes à Cosne. Cette ligne, qui constituait une liaison stratégique entre les axes Paris-Lyon et Paris-Toulouse, fut déclarée d'utilité publique le et concédée à la compagnie PLM le . La mise en service officielle date du .
La ligne était constituée d'une double voie dont la circulation des trains était régulée par un cantonnement à bloc manuel équipé de sémaphore. L'ancienne gare d'Étais-la-Sauvin est le point d'altitude le plus haut, les déclivités sont au maximum de 10 ‰.
C'est le que le trafic voyageur cessa définitivement. Le trafic marchandise cessa le sur la section allant d'Entrains-sur-Nohain à Cosne-sur-Loire, le déclassement a suivi le avec une dépose complète au cours des années 1960. Durant les deux guerres mondiales l'usage pour le transport militaire a été stratégique.
En 2015, la voie ferrée s'arrête à Entrains-sur-Nohain, elle est exploitée par la CFTA pour le fret de céréales. En 1989, ce sont qui ont transité au silo d'Étais-la-Sauvin, silo exploité par la coopérative 110 Bourgogne. Les 25,5 km de la ligne ferroviaire entre Clamecy et Entrains-sur-Nohain étaient affectés à la CFTA depuis le janvier 1977Site internet des Cahiers du Val de Bargis.
Au passage à niveau numéroté PN8 sur la entre les lieux-dits Les Joux et Le Tremblay, il y a encore les vestiges du système mécanique qui actionnait les barrières. La maison du garde-barrière est située au PN7 dans le Bois des Usages côté Nièvre. Le passage à niveau PN11 situé sur la près du silo (ancienne gare) a une particularité réglementaire : il est protégé par le panneau ferroviaire « ARRÊT », c'est le conducteur du train qui doit s'arrêter et fermer le passage avant de se remettre en marche à vue pour ensuite rouvrir le passage.
En 2015, les convois de fret céréalier sont tractés par des locomotives diesel BB-4800 (BB-63000 SNCF) d'une puissance de exploitées par la CFTA. Le train touristique surnommé le Furet du Morvan a emprunté plusieurs fois la voie ferrée étaisienne, c'était un autorail diesel Renault X-3876 (dit Picasso) qui pesait et consommait aux pour une vitesse maximale de .
Pour marquer le centenaire de la ligne qui a eu lieu le , l'association des autorails de Bourgogne Franche-Comté (ABFC) a fait circuler depuis Dijon une rame de voyageurs tractée par un autorail diesel Renault (dit Picasso) X-4039 d'une puissance de 300 CV () série X-3800 moteur Renault 517 G.
La circulation des trains de fret céréalier a été définitivement supprimée en 2019. Le silo d'Étais-la-Sauvin est à présent desservi par transport routier.
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Centre et contreforts nord du Massif Central, caractérisée par un air sec en été et un bon ensoleillement..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Molesmes_sapc », sur la commune de Les Hauts de Forterre à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022..
Urbanisme Typologie Au , Étais-la-Sauvin est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (77,9 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (77,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (72,9 %), forêts (20,3 %), zones agricoles hétérogènes (5 %), zones urbanisées (1,8 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Morphologie urbaine Outre le bourg, le territoire de la commune est composé de plusieurs lieux-dits : Bois-Avril, Chevigny, les Gallois, la Marseillaise, la Poterie, la Sauvin, Val-de-la-Croix, Vellery et bien d'autres.
Logement En 2009, le nombre total de logements dans la commune était de 484, alors qu'il était de 458 en 1999LOG T1M - Évolution du nombre de logements par catégorie..
Parmi ces logements, 59,9 % étaient des résidences principales, 30,9 % des résidences secondaires et 9,2 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 98,1 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 1,9 % des appartementsLOG T2 - Catégories et types de logements..
La proportion des résidences principales, propriétés de leurs occupants était de 84,0 %, comme en 1999. La part de logements HLM loués vides (logements sociaux) était de 2,4 % contre à,4 % en 1999LOG T7 - Résidences principales selon le statut d'occupation..
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Testœ (1247) ; Estet (XIVe siècle) ; Estaiz (1529) ; Estais (1609).. Au le nom est Estet et la baronnie de Donzy (dans la Nièvre) fait usage des expressions Les Tais et Ethez.