Air Antilles est une ancienne compagnie aérienne régionale française (code AITA : 4I) basée en Guadeloupe (Antilles Françaises) et active entre 2002 et 2026. Elle desservait la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Barthélemy et Saint-Martin.

En 2023, elle est reprise par la Collectivité de Saint-Martin à hauteur de 60 % et par le groupe Edeis, qui en détient 40 %. Elle cesse ses activités en et demande à être placée en redressement judiciaire début 2026. Le lundi 27 avril 2026, elle est placée en liquidation judiciaire avec cessation immédiate d'activité.

Histoire vignette|Un ATR-42 en Martinique en 2015. Débuts (2002) La compagnie est inaugurée le afin d'opérer, selon le modèle low cost, les liaisons aériennes inter-îles entre la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Barthélemy et Saint-Martin.

Air Antilles et Air Guyane sont les deux compagnies aériennes du groupe guadeloupéen CAIRE.

Liquidation judiciaire puis reprise par la collectivité de Saint-Martin (2023-2024) À la suite d'une grève des pilotes entamée le , les deux compagnies sont placées en liquidation judiciaire avec poursuite d'activité pendant 2 mois par le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre le . Les pilotes suspendent la grève dès le lendemain, permettant une reprise des vols.

Fin , l'offre de reprise partielle d'Air Antilles par la CIPIM (holding du groupe Edeis), alliée à la collectivité de Saint-Martin, est validée par le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre. En revanche, les activités d'Air Guyane ne sont pas reprises. La compagnie va se concentrer dans un premier temps sur ses dessertes historiques, à savoir la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin et Saint-Barthélémy.

Pratique anticoncurrentielle par l'ancien actionnaire (2015-2019) En , l'Autorité de la concurrence inflige à l'ancien actionnaire d'Air Antilles (le groupe CAIRE) une amende importante de 1,5 million d'euros que devra acquitter sa maison-mère, K Finance pour avoir scellé une entente sur les prix avec son concurrent Air Caraïbes qui écope de 13 millions d'euros. Entre 2015 et 2019, les deux compagnies ont par trois fois fixé des ententes sur les prix et conditions tarifaires des liaisons inter-îles au sein des Caraïbes françaises et internationales. Les liaisons concernées sont Pointe-à-Pitre à Fort-de-France ainsi que les liaisons entre ces deux villes et Saint-Martin, Sainte-Lucie et Saint-Domingue. « Les pratiques anticoncurrentielles mises en place par Air Antilles et Air Caraïbes sont particulièrement graves (...) les habitants de ces territoires, confrontés à un coût de la vie nettement plus élevé qu'en métropole, ne disposent d'aucune alternative réellement viable à l'avion », juge l'Autorité de la concurrence.

Escroquerie et travail dissimulé de l'ancien actionnaire (2020) En débute le procès d'Eric Koury, fondateur et ancien dirigeant d'Air Antilles et Air Guyane, soupçonné d'avoir détourné frauduleusement les aides du Covid. Il doit répondre aux chefs d'accusation d'escroquerie et travail dissimulé. Deux mois plus tard, il est condamné à 18 mois de prison avec sursis probatoire, une amende de 100 000 euros, l'interdiction de gérer pendant 3 ans une activité professionnelle dans laquelle les faits ont été commis et l'interdiction de passer des marchés publics pendant 5 ans. Il annonce, par l'intermédiaire de son avocat, sa volonté de faire appel de la décision.

Conversion de la licence d'exploitation et liquidation judiciaire (2025-2026) En 2024, Air Antilles transporte au total 35 000 passagers, un nombre insuffisant pour assurer sa survie financière.

Le , la nouvelle direction d'Air Antilles sollicite l'aide de l'État et des collectivités alors qu'après 9 mois d'exploitation, la compagnie peine à atteindre la rentabilité. Jérome Arnaud, le PDG, critique notamment l'absence d'accord interlignes avec Air France ou Corsair pour assurer un chiffre d'affaires minimum alors que le taux de remplissage n'est pas satisfaisant. Si la COM de Saint-Martin a déjà octroyé un prêt rémunéré de 4 millions d'euros (dénoncé par la Chambre régionale des Comptes qui y voit un risque financier important), Air Antilles aimerait ouvrir son capital pour pouvoir pérenniser son activité.

Début , la direction générale de l'Aviation civile (DGAC) convertit la licence d'exploitation d'Air Antilles en licence temporaire. Cette décision est motivée par le fait que le transporteur ne parvient pas à assurer sa survie financière alors qu'Air Antilles est à la recherche d'un actionnaire de référence pour sauver son plan de relance entrepris l'année précédente. Faute de repreneur qui se manifeste immédiatement, Air Antilles prévoit de vendre ses avions pour un montant estimé à 22 millions d'euros afin de renflouer les caisses. Les avions seront ensuite reloués pour continuer à assurer les liaisons.

Une semaine après cette annonce, Jérôme Arnaud annonce son départ programmé, 16 mois après son arrivée en tant que PDG. Fin , il cède son siège à un élu de la collectivité territoriale de Saint-Martin, actionnaire majoritaire d'Air Antilles tout en restant membre du conseil d'administration.

Fin , alors que sa licence d'exploitation arrive à son terme, Air Antilles obtient un sursis de 4 mois jusqu'au pour trouver de nouveaux repreneurs et trouver 5 à 10 millions d'euros, condition requise pour maintenir l'activité de la compagnie, selon Louis Mussington, le président du conseil territorial de Saint-Martin.

Le , France Info révèle que plus de 24,5 millions d'euros d'aides ont été attribuées à la compagnie en moins de deux ans.

En , Air Antilles est interdite de voler suite à la décision de la DGAC qui estime que la compagnie ne peut garantir la sécurité de ses passagers après avoir constaté des « défaillances significatives ».

Elle a officiellement déclaré sa cessation de paiement le .

Le , elle est placée en redressement judiciaire par le tribunal mixte de commerce de Pointe à Pitre.

Le , le tribunal accorde à Pierre Saint-Luce, seul repreneur potentiel de la compagnie, un délai jusqu'au pour finaliser son projet de reprise.

Le lundi 27 avril 2026, elle est placée en liquidation judiciaire avec cessation immédiate d'activité.

Début mai 2026, Louis Mussington fustige le manque d'accompagnement de l'Etat français : « Je regrette les déclarations de la DGAC et des technocrates qui sont à Paris et qui ont une méconnaissance totale de la réalité du terrain. » Selon l’élu, « il fallait impérativement travailler la connectivité et créer d’autres dessertes ». Et d’affirmer : « Il y avait moyen de créer des emplois sur le territoire de Saint-Martin. La Collectivité a investi et aujourd’hui il y a liquidation sèche. Il appartiendra à l’administrateur de payer les salaires et les créanciers. Nous avions investi beaucoup.»

Destinations Pointe-à-Pitre (Aéroport de Guadeloupe - Pôle Caraïbes)

Fort-de-France (Aéroport international Martinique Aimé Césaire)

Saint Barthelemy (Aéroport Gustaf III - Saint-Jean)

Saint-Martin (Aéroport de Grand-Case Espérance)

Flotte Basée à l'aéroport de Guadeloupe - Pôle Caraïbes, sa flotte est constituée de :

+ Flotte d'Air Antilles Appareil En service Commandes Passagers RemarquesATR 42-600148ATR 72-600272DHC-6-400 Twin Otter119Total4

Notes et références

Voir aussi Article connexe Air Guyane Express

Lien externe

Air Antilles sur Air Journal

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