Joigny est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.
Riche d'une histoire médiévale, dont témoigne encore la vieille ville., elle est la ville centre de la Communauté de communes du Jovinien labellisée Pays d'art et d'histoire.
Géographie Localisation La ville de Joigny est située au centre du département de l'Yonne sur les bords de l'Yonne (rivière) en Bourgogne.
La ville primitive était construite sur un promontoire de la côte du plateau d’Othe, dominant la large rivière, qui servait à la fois de protection et de voie de communication. Son pont, sa riche vallée propice aux pâturages et à la culture tant vivrière que céréalière, et sa situation stratégique furent à l'origine de sa richesse, notamment grâce à la culture de la vigne sur les coteaux calcaires (au moins jusqu’à l’apparition du phylloxera).
Sur le plateau, la vaste forêt d'Othe, qui occupe les deux-tiers de la surface de la commune, permit la construction des maisons à pans de bois dont la ville s’enorgueillit encore ; l’écorce des chênes fournit le tan nécessaire aux nombreuses tanneries — elles comptèrent jusqu’à 140 fosses — situées sur la rive gauche d’un bras du Tholon, le ru des tanneries.
Communes limitrophes
Hydrographie vignette|L'Yonne et le pont Saint-Nicolas. La commune de Joigny est traversée au sud et d'est en ouest par l'Yonne. La rivière de La Chênée prend sa source sur le nord de la commune ainsi que plusieurs de ses affluents. Le Rubignon prend sa source dans la partie nord-est de Joigny et constitue une partie de la limite nord avec la commune de Dixmont.
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Nord-est du bassin Parisien » et « Lorraine, plateau de Langres, Morvan »..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Aillant », sur la commune de Montholon à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Elles sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..
Milieux naturels et biodiversité La commune inclut trois ZNIEFF (zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique) :
La ZNIEFF de la vallée de l'Yonne entre Champlay et Cézy. a une surface de , répartis sur les communes de Cézy, Champlay, Joigny et Saint-Aubin-sur-Yonne. Son habitat déterminant est les eaux vives ; on y trouve aussi eaux douces stagnantes, landes, fruticées, pelouses, prairies, forêts, tourbières et marais. La ZNIEFF du marais des Noues d'Abandon., soit de tourbières et marais comme milieux déterminants, accompagnés d'eaux douces stagnantes, landes, fruticées, pelouses, prairies et forêts. Le tout est partagé entre Champlay et Joigny. La ZNIEFF de la forêt d'Othe et ses abords., qui englobe répartis sur 21 communesListe des 21 communes de la ZNIEFF de la forêt d'Othe et ses abords.. Le milieu déterminant est la forêt ; on y trouve aussi eaux douces stagnantes, landes, fruticées, pelouses et prairies.
Urbanisme Typologie Au , Joigny est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de JoignyUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Joigny, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (69,8 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (70,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (69,8 %), terres arables (10,2 %), zones urbanisées (9,4 %), zones agricoles hétérogènes (4,9 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (2,9 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (2,3 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Habitat et logement En 2020, le nombre total de logements dans la commune était de , alors qu'il était de en 2015 et de en 2010.
Parmi ces logements, 80,6 % étaient des résidences principales, 4,5 % des résidences secondaires et 14,9 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 50,9 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 48,6 % des appartements..
Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Joigny en 2020 en comparaison avec celle de l'Yonne et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (4,5 %) inférieure à celle du département (10,6 %) et à celle de la France entière (9,7 %). Concernant le statut d'occupation de ces logements, 45,2 % des habitants de la commune sont propriétaires de leur logement (44,8 % en 2015), contre 67,4 % pour l'Yonne et 57,5 pour la France entière..
+ Le logement à Joigny en 2020. Typologie Joigny. Yonne. France entière. Résidences principales (en %)80,677,482,1 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)4,510,69,7 Logements vacants (en %)14,9128,2
Voies de communication et transports vignette|La gare.
La commune est desservie par la D 943 , qui permet de rejoindre Montargis ou Troyes. La D606 (ex-N 6), permettant de rejoindre Sens (Paris) ou Auxerre, contourne la ville. Enfin, il est possible de rejoindre l'autoroute A 6 en passant par la D 943 (vers Paris) ou par la D 606 (vers Dijon/Lyon).
La commune est desservie par la gare de Joigny, où s'arrêtent des trains TER Bourgogne-Franche-Comté qui effectuent des missions entre les gares de Paris-Lyon et Laroche - Migennes ainsi qu'entre les gares de Paris-Bercy et Auxerre-Saint-Gervais ou Dijon-Ville.
La ville dispose du petit Aérodrome de Joigny, ouvert à la circulation aérienne publique.
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Jauniacus (IXe siècle) ; Jauviacus (1080) ; Jouviniacus ; Joogniacum (1154) ; Joviniacum (1146) ; Joigniacum (1214) ; Joegni (1280) ; Jogny (1302) ; Joingny (1326) ; Jooigny (1367) ; Jougny (1549)..
Histoire Préhistoire
Antiquité On peut voir des ferriers (peut-être antérieurs à l'époque gallo-romaine) et des thermes gallo-romains dans le Bois du Grand MarchaisSites préhistoriques dans l'Yonne, sur archeotheque.fr..
Moyen Âge
Durant l'époque médiévale, c'est la construction d'une place forte à la fin du par Renard le Vieux, comte de Sens, sur une partie des terres de l'abbaye Sainte-Marie du Charnier de Sens, qui marquera la naissance de la ville actuelle, fondée officiellement en 996...
Située avant la Révolution française en Champagne mais rattachée, du fait de sa proximité avec la rivière Yonne, au département de l'Yonne (avec Sens) par le législateur en 1790.
Comté de Sens
Avant l'an mille, Joigny faisait partie du comté de SensSociété des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, vol. 16, Perriquet et Rouillé imprimeur, Auxerre, 1876.. Un chroniqueur de Sens indique que le comte Renard Vetulus a fait bâtir un château sur une terre appartenant à Saint-Jean de Sens. Ce comte a régné un demi-siècle.
L'institution d'un comté à Joigny faisait, jusqu'il y a peu, l'objet d'un consensus parmi les historiens et les érudits : le comté était né d'un partage successoral et d'un héritage affectant l'ancien comté de Sens. Ensuite, la date de l'érection variait au gré des plumes : 996, 999, 1008, 1015, 1034, 1055 et 1058. Par exemple, pour justifier la date 996/999, on avait coutume de prendre la date de la mort du comte Renard de Sens (Vetulus) comme première attestation de l'existence documentaire de Joigny (à distinguer du comté !). Alors dès 996/999, apparaissait un héritier de Renard à Joigny, son gendre Geoffroy de Ferréol, comte de Joigny, aussi baron de JoinvilleAssociation Culturelle et d'Études de Joigny. et doyen des sept pairs de ChampagneLettres de Monsieur LeBeuf, capitaine de la milice bourgeoise de Joigny, Mercure de France, 1739.. De plus, Geoffroy fondait en 1080 le prieuré Notre-Dame dont la charte nous apprend que Joigny s'appelait Castrum Gaudiaci, qui signifie château de plaisanceSociété des Sciences Historiques et Naturelles de l'Yonne, vol. 16, Perriquet et Rouillé imprimeur, Auxerre, 1876. (mais il y a d'autres étymologies possibles pour Joviniacum, comme Jovis = Jupiter).
On voit bien en quoi ce schéma pose problème : le trop long règne de Geoffroy ; le fait que la fondation de Joinville soit plus tardive (château construit vers 1027-1030 semble-t-il, par Étienne de Vaux, † 1060) et que la Maison des sires de Joinville ne puisse être confondue avec la dynastie comtale de Joigny contrairement à ce que l'on a longtemps cru à cause de la similitude des noms des seigneurs ; l'appellation comté de Champagne apparue seulement vers 1102 ; le nom Geoffroy de Ferréol faisant irrésistiblement allusion à un comte de Gâtinais contemporain (comte de 1028/1030 à 1043/1045, ancêtre paternel des Plantagenêts – et d'ailleurs aussi probablement des Joigny en lignée féminine par les Courtenay – mais pas documenté comme l'ancêtre agnatique des Joigny) ; et surtout la création plus tardive du comté de Joigny, attestée seulement en 1080 et ne remontant sans doute pas plus haut que l'intervalle 1042-1055-1080.