Le mandat du gouvernement de Gédéon Ouimet, devenu premier ministre du Québec à la suite de la démission de son prédécesseur Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, s'étend du au . Brièvement à la tête du gouvernement, Ouimet est emporté par le scandale des Tanneries qui force la démission successive de plusieurs de ses ministres à l'été 1874.

Caractéristiques

Le Parti conservateur, au pouvoir, est alors divisé en deux ailes : l', dans la même lignée que celle du Parti conservateur fédéral de John A. Macdonald, et l'aile ultramontaine, qui désire que l'action des politiciens soit soumise en tous points à la doctrine de l'Église. Ouimet appartient sans conteste à la première aile, qui admet l'intervention ponctuelle de l'État dans certains secteurs.

Le gouvernement Ouimet est le premier gouvernement québécois à négocier un emprunt d'envergure, soit 4 millions CAD. C'est une banque britannique qui autorise le prêt.

Ouimet succède à Chauveau et conserve essentiellement le même cabinet, avec quelques ajustements ministériels mineurs.

Le scandale des Tanneries

vignette|gauche|Le village des Tanneries près de Montréal, photographié en 1859 par Alexander Henderson, où se trouve le terrain au cœur du scandale.

Le gouvernement Ouimet est ébranlé à l'été 1874 par le scandale des Tanneries. Le Montreal Herald révèle que le gouvernement a échangé un terrain du village des Tanneries, évalué à plus de , contre la ferme Leduc, d'une valeur estimée à , au profit du spéculateur John Rollo Middlemiss. Le journaliste Clément-Arthur Dansereau, proche de Joseph-Adolphe Chapleau, aurait touché une commission de . Le ministre Louis Archambeault est lui aussi soupçonné d'avoir accepté un pot-de-vin, peu après l'échange, la banque Jacques-Cartier ayant reçu un dépôt de à son crédit.

Le procureur général George Irvine démissionne le , blâmant l'échange des Tanneries. Le président du Conseil législatif, John Jones Ross, démissionne à son tour le , déplorant lui aussi la transaction. Lorsque Joseph Gibb Robertson annonce sa démission le , Ouimet, incapable de reconstituer son cabinet, remet sa démission le lendemain.

L'abolition du double mandat

Depuis 1867, le double mandat permet à un élu de siéger simultanément aux parlements provincial et fédéral. Après le Nouveau-Brunswick (1867), l'Ontario (1872) et le Parlement fédéral (1873), l'Assemblée législative du Québec adopte la loi de Félix-Gabriel Marchand abolissant cette pratique le . Seuls quatre des douze doubles mandataires choisissent de conserver leur siège québécois, les autres préférant Ottawa. L'abolition provoque une vague de démissions et d'élections partielles qui modifie sensiblement la composition de l'Assemblée durant le mandat d'Ouimet.

Chronologie

: assermentation du cabinet Ouimet devant le lieutenant-gouverneur René-Édouard Caron. : Ouimet annonce l'obtention d'une subvention aidant à créer une école de formation pour les ingénieurs. L'École polytechnique de Montréal ouvre ses portes en . : adoption de la Loi abolissant le double mandat (37 Vict.), interdisant à un élu de siéger simultanément aux parlements provincial et fédéral. : le scandale des Tanneries éclate. Le Montreal Herald révèle l'échange du terrain des Tanneries (évalué à plus de ) contre la ferme Leduc (évaluée à ) au profit de John Rollo Middlemiss. : le procureur général George Irvine démissionne, blâmant l'échange des Tanneries. : le président du Conseil législatif, John Jones Ross, démissionne à son tour, déplorant lui aussi la transaction. : Joseph Gibb Robertson annonce sa démission, entraînant celle de tout le gouvernement. : Gédéon Ouimet remet sa démission, incapable de reconstituer son cabinet.

Lois marquantes

1874 : Loi abolissant le double mandat (37 Vict.), adoptée le , interdisant à un élu de siéger simultanément aux parlements provincial et fédéral.

Composition

Ouimet conserve essentiellement le cabinet de Chauveau avec quelques ajustements. Le premier ministre cumule les fonctions de ministre de l'Instruction publique et de secrétaire et registraire, comme son prédécesseur.

Premier ministre et président du Conseil exécutif : Gédéon Ouimet Agriculture et travaux publics : Louis ArchambeaultSiège au Conseil législatif. Procureur général : George Irvine Terres de la Couronne : Pierre Fortin Instruction publique : Gédéon Ouimet Secrétaire et registraire : Gédéon Ouimet Solliciteur général : Joseph-Adolphe Chapleau Orateur du Conseil législatif : John Jones Ross Trésorier : Joseph Gibb Robertson

Notes et références

Notes

Références

Bibliographie . . .

Ouimet Catégorie:1873 au Québec Catégorie:1874 au Québec