Ugine est une commune française située dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Géographie alt=Ugine et massif des Bauges.|vignette|Ugine au pied des Bauges.|gauche Situation et description La commune d'Ugine se situe dans la partie nord du département de la Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes, partiellement au contact de la limite avec le département de la Haute-Savoie. Le territoire de la commune est traversé par deux cours d'eau ou torrents de montagne, la Chaise et l'Arly à la sortie de ses gorges. Le bourg s'est développé à la jonction de la trouée glaciaire d'Annecy-Ugine, après la vallée de Faverges, là où la Chaise rejoint la rivière de l'Arly, par Maurice GIDON, 1998-2012.. Cette vallée en amont de la cluse d'Annecy se nomme « Trouée de Faverges - Ugine ». L'Arly s'écoule ensuite en direction du sud, vers Albertville et la combe de Savoie. Ugine s'est construite dans la pente des pâturages situés au pied du mont Charvin. La commune se trouve ainsi dans une sorte de « Cirque », bordée par la chaîne des Aravis, le massif des Bauges et le Val d'Arly. Les paysages ont donc un fort aspect montagnard, caractérisés par une alternance entre les prairies, les vergers et les forêts domaniales de conifères. Jean Miège observait en 1934 « Outre de nombreux hameaux dispersés un peu partout, [le bourg] se présente sous l'aspect d'une ville double » avec le vieux centre historique, édifié au-dessus de l'ancienne motte castrale et la ville moderne avec les usines notamment dans le fond des deux vallées, Les Fontaines d'Ugine.
Communes limitrophes vignette|Ugine et les communes limitrophes.|alt=Carte montrant Ugine et les communes limitrophes. La commune d'Ugine a pour communes limitrophes du nord à l'ouest, du sud à l'est, Manigod, Le Bouchet, Marlens, Cons-Sainte-Colombe, Marthod, Queige, Cohennoz, Crest-Voland et Saint-Nicolas-la-Chapelle.
Climat Le climat y est de type montagnard en raison de la présence du Massif alpin.
La station météorologique de Météo-France installée sur la commune et mise en service en 1997 permet de connaître en continu l'évolution des indicateurs météorologiques.. Le tableau détaillé pour la période 1981-2010 est présenté ci-après.
Hydrographie la commune d'Ugine est traversé par l'Arly, un affluent de l'Isère qui prend sa source sur le territoire de la commune de Megève.
Voies de communications Par routes la D 1212.
Pistes cyclables Une piste cyclable relie les villes d'Albertville, d'Ugine et Annecy en voie séparée de la nationale sur le tracé de l'ancienne ligne d'Annecy à Albertville.
Transport ferroviaire Il n'existe plus de desserte assurée par la SNCF sur la commune, celle-ci étant dorénavant réservée d'Ugine à Albertville au fret de matériaux destinés aux usines.
Une ligne d'Annecy à Albertville fut mise en exploitation le ; elle a été fermée au service voyageurs le mais un train ouvrier, non accessible au public, continua de fonctionner entre Albertville et Ugine jusqu'en 1953 pour les aciéries d'Ugine uniquement.
Transports en commun Il existe un service d'autocars en direction d'Albertville mis en place par la Communauté d'agglomération Arlysère. De plus, trois compagnies de Taxi-Ambulance sont implantées sur la commune.
Transports aériens L'aéroport le plus proche est celui d'Annecy ; une liaison avec Paris y était régulière. Cette liaison est actuellement suspendue. L'aéroport international le plus près est celui de Genève Cointrin, qui dessert une centaine de destinations dans le monde entier.
Urbanisme Typologie Au , Ugine est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine d'UgineUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant trois communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine d'Ugine comprend une ville-centre et deux communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Albertville, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (77,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (78,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (57,5 %), prairies (12,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (11,3 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (8,6 %), zones urbanisées (4,4 %), zones agricoles hétérogènes (3,7 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (2 %)..
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..
Morphologie urbaine Le plan ci-contre date de 1975 mais, du fait du déclin démographique, il n'y a pas eu de transformations notables depuis cette date.
Un carrefour illusoire Ugine est à la confluence de l’Arly, descendu du seuil de Megève, et de la Chaise, son petit affluent de rive droite. On pourrait en déduire une vocation urbaine par la facilitation des échanges. La réalité n’est pas aussi simple. S’agissant de l’Arly, à l’est, la remontée de ses gorges a toujours été redoutable. Elles correspondent à une zone de décollement des sédiments des massifs préalpins par rapport au massif cristallin du Beaufortain. C’est un secteur non stabilisé aux perpétuels glissements de terrain. Malgré des travaux d’entretien extrêmement coûteux, la circulation routière est encore au très souvent interrompue en cas d’intempéries. Vers l’aval, en direction d’Albertville, avant l’endiguement de la rivière, la plaine alluviale était soumise à de graves inondations.. S’agissant de la Chaise, vers l’ouest, les conditions sont en quelque sorte inversées : une large cluse est ouverte entre les massifs préalpins des Bornes, au nord-est et des Bauges au sud-ouest : la Chaise, étrangère à cette déchirure structurale, passe quasi inaperçue et la route est largement ouverte en direction d’Annecy et de Genève. Cette facilité ne compense pas le handicap du côté du val d'Arly. Au total, les conditions d’un véritable carrefour ne sont pas réunies.. De fait, jusqu’au , Ugine s’est trouvée en position frontalière (voir section « Histoire »). Face au duché de Savoie étendu à la Tarentaise, elle relevait du Genevois à l’époque où celui-ci était apanagé aux Genevois-Nemours et, sur le plan religieux, faisait partie du diocèse d’Annecy...
Trois sites, trois destins
Avant l’annexion des communes d’Outrechaise en 1962 et de Héry-sur-Ugine en 1971 (voir la section « Villages, hameaux, lieux-dits » ci-après), le territoire communal pouvait se définir pour l’essentiel comme un adret typique, modelé par l’érosion en une pente assez régulière dans les couches sédimentaires tendres au-dessus desquelles se dressent les falaises calcaires du mont Charvin, excellente protection contre les vents du nord. Les nombreux hameaux (plus d’une vingtaine) sont étagés des bords de l’Outrechaise, vers , jusque vers sur les dos de terrains entre les ruisseaux : Nant Pugin, Eau Trouble, ruisseau de la Cha. Dans les siècles passés l’agriculture était l’activité dominante et elle occupait encore 76 % de la population en 1896. Ils étaient nombreux à monter à l’alpage à la belle saison et célébraient en septembre la descente de l’alpage. Trois de ces hameaux avaient leur école..
En marge du grand adret sous le mont Charvin () l’érosion a respecté un éperon de roches liasiques prolongé en direction de la confluence par un bouchon d’alluvions charriées par les anciens glaciers. Ce promontoire avait vocation naturelle à devenir le vieux bourg. Perché à une quarantaine de mètres au-dessus de la zone de confluence, il échappait aux risques d’inondation. Par ailleurs le site n’était pas dépourvu d’une certaine valeur stratégique qui est allée en s’atténuant avec la fin du morcellement féodal. Trois étages altitudinaux décroissants symbolisent cette progressive décadence. Le château médiéval, campé à sur la route d’Héry avait fière allure au , mais était en ruines dès le milieu du . Le bourg lui-même était déjà ceint de remparts avant 1280 ; ceux-ci ont été percés de portes et de fenêtres au par les propriétaires des maisons attenantes. Pendant la guerre franco-espagnole, vers 1597-1598, seul le château de Crécherel en contrebas semble avoir tenu garnison et aurait été le théâtre de combats de diversion. Enfin, en des temps où l'on n’imaginait même pas la possibilité d’établir une route au fond des gorges de l'Arly si dangereuses, ce promontoire était comme une première marche d’escalier pour la montée vers le Faucigny par le seuil de Megève en se tenant jusqu’à Flumet à mi-hauteur en rive droite de l’Arly. D’où une vocation de modeste place commerciale et, de fait, un marché s’y tenait tous les lundis. En 1635, le procureur fiscal au conseil de Genevois signale deux foires dans l’année. De cet ensemble de prédispositions naturelles a découlé le rôle de centre commerçant administratif et religieux toujours actuel. La maison des nobles Cerisier, rebaptisée Berthet-Proust parle encore avec éloquence de cette fonction résidentielle.
Au débouché de ses gorges, l’Arly a construit son cône de déjection et plaqué la Chaise contre la montagne. Ce milieu inhospitalier était sous la menace des crues : il n’abritait que la dizaine de maisons du hameau des Mollières, à la naissance du cône. Il devait voir sa valeur s’inverser lors de la révolution de la houille blanche. Par son débit relativement abondant et par sa forte pente la rivière se prêtait à l’aménagement d’une centrale hydroélectrique. La desserte ferroviaire a été assurée par l’ouverture de la ligne d’Albertville à Annecy en 1901. La pente du cône est modérée (une vingtaine de mètres de la sortie des gorges à la confluence). Paul Girod, installé provisoirement à Venthon, a trouvé là les conditions optimales pour l’établissement de ses Aciéries. Elles finiront par occuper la totalité du cône.
Le melting pot