alt=Portrait de 1775 de Carl von Linné par Alexandre Roslin|vignette|Le naturaliste suédois Carl von Linné, dont la citation d'auteur est "Linnaeus", abrégée "L." En nomenclature botanique et mycologique, on appelle citation d'auteursdu latin "auctoribus" = auteur (créateur).

Parfois traduit erronément par "autorité", un faux-sens basé sur l'anglicisme "authorities", qui est à proscrire en français (même si un auteur de taxon est souvent investi d'une certaine autorité). les patronymes, souvent abrégés, indiqués à la suite des noms de taxons. Il s'agit du nom de l'auteur (ou des auteurs) ayant le premier (ou les premiers) utilisé ce nom dans une publication valide (le plus souvent avec la description originale) :

Quand on souhaite préciser l'origine d'un nom de taxon, ce qui est utile dans certaines circonstances, on le fait suivre d'un ou plusieurs noms d'auteursvocable préférable à l'anglicisme « autorités »...

Cf. G. Redeuilh, Vocabulaire nomenclatural (2002) loc. cit., dans une citation d'auteurs.

soit en tant que nouveau nom (un nouveau taxon ou seulement un nom nouveau) soit en tant que nouvelle combinaison à partir du basionyme.

Par exemple pour l'abricotier, on pourra écrire indifféremment : Prunus armeniaca L. (1753) (Cette abréviation est recommandée) Prunus armeniaca Linnaeus (1753)

La citation d'auteurs peut être simple ou plus ou moins complexe selon le passif nomenclatural du taxon : recombinaison dans un autre genre ou autre rang, validation ou sanctionnement (= adoption) ultérieur du basionyme ou de sa recombinaison, etc.

Leur choix et leur formulation respectent généralement les directives définies dans le Code international de nomenclature pour les algues, les champignons et les plantes.

Toutefois, la citation d'auteurs est facultative et ne fait pas partie du nom proprement dit. Si elle est souvent indiquée dans les publications et les bases de données à vocation scientifique, elle est généralement omise dans les textes de vulgarisation. Elle est toutefois souhaitable quand on désire donner des précisions sur l'origine d'un nom de plante. En effet, différents auteurs peuvent avoir utilisé au cours de l'histoire un même terme, ou une même combinaison de termes, pour désigner des taxons distincts. Comme il ne peut y avoir qu'un seul nom correct pour un taxon donné, les règles de priorité et de validité trouvent là leur raison d'être, et se reflètent dans la citation d'auteursG. Redeuilh, (2002) « Vocabulaire nomenclatural », Bull. Soc. Mycol. France 118(4) : 299-326.

Abréviations des noms d'auteurs Le nom d'un auteur peut être donné au long, mais on utilise le plus souvent une abréviation plus ou moins passée dans l'usage à la place. Les abréviations des noms d'auteurs ne sont ni obligatoires, ni officiellement codifiées.

Il existe toutefois des standards privés, comme l'ouvrage Authors of Plant Names de Brummitt & Powell (1992)R.K. Brummitt & C.E. Powell, Kew: Royal Botanic Gardens, 1992, reprinted 1996. Authors of Plant Names A list of authors of scientific names of Plants including abréviations, 732pp. , que l'on peut respecter plus ou moins, ce qui relève généralement de la responsabilité des éditeurs de revues autant que de celle des auteurs d'articles.

De plus, le CIN (dans sa recommandation 46A Note 1) recommande implicitement la deuxième édition de cet ouvrage : « 46A. Note 1. L'ouvrage Authors of plant names de Brummitt & Powell (1992) fournit des abréviations standard dépourvues d'ambiguïté, conformes à la présente Recommandation, pour un grand nombre d'auteurs de noms de plantes. Ces citations d'auteurs ont été suivies tout au long du présent Code. »

Pour rechercher des abréviations recommandées, voir les sites de l'IPNI pour les plantesIPNI (plantes) et le site du CABI pour les champignonsCABI (champignons). L'IPNI essaie de tendre à l'exhaustivité autant pour les plantes que pour les champignons. Un mycologue et un botaniste ou phycologue ne peuvent avoir la même abréviation, s'ils ne sont pas la même personne. Toutefois l'IPNI ne peut associer chaque nom d'auteur qu'à des noms scientifiques d'Angiospermes ou de Gymnospermes. L'IPNI recense plus de 44000 abréviations d'auteurs en 2015.

Voir aussi la liste des abréviations d'auteur en taxinomie végétale.

Quelques exemples de citations d'auteurs, pour différents noms de rangs :

division des Magnoliophyta Cronquist (1966) sous-division des Magnoliophytina Frohne & U.Jensen ex Reveal (1996) classe des Magnoliopsida Brongn. (1843) sous-classe des Rosidae Takht. (1967) super-ordre des Rosanae Takht. (1967) ordre des Rosales Perleb (1826) sous-ordre des Rosineae Rchb. (1841) famille des Rosaceae Adans. (1763) sous-famille des Rosoideae Arn. (1832) tribu des Roseae Lam. & DC. (1806) sous-tribu des Rosinae J.Presl. (1846) genre Rosa L. (1753) espèce Rosa damascena Mill. (1768)

Particularités Les abréviations peuvent contenir toutes les lettres de l'alphabet latin ; ces lettres peuvent avoir des diacritiques mais ne sont jamais ligaturées. Les abréviations peuvent contenir des points mais aussi des traits d'union ou des apostrophesAucune abréviation ne commence par un point ou un trait d'union. En 2015, on trouve deux abréviations commençant par une apostrophe : « 't Hart » et « 't Mannetje ». Il arrive qu'elles contiennent des espacesToutefois une espace n'est jamais précédée d'un point. En 2015, on ne constate que cinq exceptions à cette règle : « C.V. da Silva », « W.Falc. bis », « M.C. Pérez », « Shyn. Brintha » et « Záv. Drábk. ».. Les abréviations ne peuvent contenir d'autres caractères, notamment ni virgule ni parenthèses ou guillemets.

Aucun auteur ne dispose d'une abréviation constituée d'un seul caractèreL'abréviation « I Chung » est la seule commençant par une lettre solitaire. Mais elle est donc constituée de sept caractères dont une espace. . Sinon, plus le nom est abrégé, et plus l'auteur est célèbre.

Un seul auteur bénéficie d'une abréviation de deux caractères, dont une seule lettre : Carl von Linné, le père du système linnéen, dont l'abréviation est « L. ». On peut considérer qu'il s'agit de l'abréviation la plus courte. Ce n'est cependant pas la seule abréviation constituée de seulement deux caractèresEn 2015, une vingtaine d'auteurs avaient une abréviation de deux lettres : « Aa », « Ai », « Ao », « Bé », « Co », « Du », « Ha », « Hu », « Hy », « Im », « Le », « Lý », « Ma », « Ng », « Po », « Re », « Sy », « Ty », « Ui », « Us » et « Vo ».

Seuls quatre auteurs bénéficient d'une abréviation de trois caractères dont deux lettres, tous quatre auteurs majeurs : Augustin Pyrame de Candolle (« DC. »), Elias Magnus Fries (« Fr. »), James Edward Smith (« Sm. ») et Olof Peter Swartz (« Sw. »).

Coauteurs: « & » ou « et », « et al. », « et coll. » L'auteur peut être un collectif d'auteurs (l'ensemble des auteurs publiant conjointement le nom et qui en assument la responsabilité). Comme dans toute citation bibliographique « et » ou « & » sont alors utilisés indifféremment pour lier les noms d'auteurs ayant collaboré à la publication du nom: Xeronemataceae M.W. Chase, Rudall et M.F.Fay (2000)Xeronemataceae dans l'IPNI, consulté le 07 juillet 2023.

Quand un nom de taxon est publié collectivement par plus de deux auteurs. On peut écrire aussi (Rec. 46C.2): Xeronemataceae M.W. Chase et al. (2000) [ou et coll., [ abréviation du latin et alii (« et les autres personnes »). Xeronemataceae M.W. Chase & al. (2000) [Il est possible d’utiliser les abréviations françaises « et collab. » ou « et coll. » (et collaborateurs) ou bien directement « et coauteurs » qui ne nécessitent pas l’emploi de l’italique (puisque ce ne sont pas des locutions latines)].

Manuscript « ms. », « msc. » et « mscr. » Depuis le Code dit "Saint Louis", lorsqu'un auteur B reprend et complète la description d'un taxon issu d'un auteur A, il peut signaler "Auteur A ms." (ou msc, ou mscr.) qui signifie "manuscrit" pour signaler qu'il a eu accès à la description de cet auteur avant qu'il ne la publie. On trouve ces différentes formes car l'abréviation de "manuscrit" n'est pas standardisée.

Date de validation Dans les bases de données et les publications scientifiques où elle considérée comme utile, la citation d'auteurs est suivie de la date de validation du nom de taxon. Cette date indique l'année de publication effective du livre ou de la revue dans laquelle ce nom de taxon a été validement publié. Sa mention est seulement facultative, mais cette date est très utile pour retrouver une espèce citée même si elle a changé de genre, notamment quand on consulte des ouvrages anciens (c'est-à-dire antérieurs de cinq ans dans certaines disciplines).

En nomenclature botanique et mycologique, cette date est le plus souvent indiquée entre parenthèses et correspond à la date de dernière validation (ce qui diffère de la nomenclature zoologique).

Ainsi, chaque fois que la rigueur est nécessaire, on doit faire suivre le nom de la citation d'auteurs et de l'année de validation. Par exemple : Quercus robur L. (1753) : ce taxon a été créé par Carl von Linné en 1753 Castanopsis (D.Don) Spach (1842) : le taxon originel créé par David Don a été modifié par Édouard Spach en 1842.

Comment rédiger la citation d'auteurs Il y a trois catégories d'auteurs : L'auteur du taxon d'origine. L'auteur d'une nouvelle combinaison à partir de un basionyme (changement de genre ou changement de rang taxinomique). Chaque recombinaison créant autant de synonymes homotypiques. L'auteur sanctionnant un nom invalide.

Les parenthèses signalant un transfert Lors de sa création, le nom d'un nouveau taxon ne comporte aucune parenthèse dans la citation d'auteurs.

Exemple : Boletus castaneus var. badius Fr. : Fr.

Lorsqu'un systématicien estime que le genre choisi n'est pas le meilleur pour cette espèce (notamment à la suite de la création d'un nouveau genre), il peut décider de transférer ce nom (ici d'espèce) dans un autre genre, ou à un autre rang, etc. Le nom d'origine devient alors le basionyme d'une combinaison nouvelle (comb. nov.) . Dans ce cas, le nom de l'auteur de la combinaison d'origine demeure, mais il est placé dans une parenthèse, laquelle est suivie du nom de l'auteur du transfert.

Exemples:

- Boletus badius (Fr. : Fr.) Fr. Sanctionnement : Fries (1821); Boletus castaneus var. ß badius Fries (1818), (Basionyme)

- Xerocomus badius (Fr. : Fr.) Kühner ex Gilbert. Ici Kühner a transféré l'espèce de Fries 1818 sanctionnée par Fries 1821, dans le genre Xerocomus, et ce transfert a été sanctionné par Gilbert.

En botanique et en mycologie, chaque fois qu'une espèce a été transférée dans un autre genre, on doit obligatoirement mentionner à la suite de la parenthèse fermante, le nom de celui qui, le premier, a publié cette nouvelle combinaison.

Autrement dit, chaque fois que le taxon auquel le nom (supposé publié de manière valide) s'applique initialement a été changé de genre et que l'épithète du basionyme est conservée (ce qui n'est pas toujours possible), on procède comme suit :

Le nom de l'auteur initial (ou son abréviation) est cité entre parenthèses et l'on fait suivre cette parenthèse du nom de l'auteur du transfert au genre d'accueil. Exemple: Sequoia sempervirens (D. Don) Endl., l'abréviation « D. Don » indique que David Don a publié le basionyme Taxodium sempervirens D. Don, le transfert dans le genre Sequoia ayant été effectué par Endlicher.

Cela s'applique aussi s'il y a changement de rang (transfert entre les rangs d'espèce, de sous-espèce, de variété etc.) exemple: Castanopsis (D. Don) Spach (1842), l'abréviation « D. Don » indique que David Don a publié le basionyme Quercus [unranked] castanopsis D. Don (1825) ; le transfert et la recombinaison dans le genre Castanopsis a été effectuée par Édouard Spach.