LHallue est une rivière picarde du département de la Somme, affluent de la Somme. Sa vallée, densément peuplée, à dominante rurale, voit se développer au cours de l'histoire une activité meunière et textile ; elle est le théâtre d'une grande bataille en entre les troupes françaises et prussiennes.
Géographie
L'Hallue déroule son cours sur , à travers l'Amiénois, selon une direction nord-sud. Sa source se situe à Vadencourt, à l'est de Contay, à une altitude de , au nord du mont Fay () et du sommet du plateau culminant à Baizieux à . Sa confluence avec la Somme se situe sur le territoire de la commune de Vecquemont. pour le bras le plus au sud et sur celui de la commune de Daours pour le bras le plus au nord, à l'altitude de Cours supérieur de l'Hallue sur la carte Cassini.Cours moyen de l'Hallue sur la carte de Cassini. Cours inférieur de l'Hallue sur la carte de Cassini..
À l'exemple du Scardon, sa vallée sèche se poursuit vers l'amont sur une longueur d'au moins jusqu'à Mailly-Maillet. Le cours de la rivière, large de 2 à et bordé de peupleraies, est fortement urbanisé, traversant de nombreuses petites agglomérationsL'Hallue sur le site de l'agence de l'eau Artois-Picardie.. Jusqu'au , dans les marais communaux de Pont-Querrieu, la rivière se scindait en deux bras formant une île. L'Hallue présente un débit réduit, mais non négligeable pour un cours d'eau de cette longueur, de /s à son exutoire dans le cadre d'un régime pluvial océanique.
Pour assurer le fonctionnement des moulins et l'extraction de la tourbe, le cours de la rivière a été modifié à plusieurs reprisesPlan de nivellement de 1775, figurant les chutes des moulins de Querrieu et de Daours, Archives départementales de la Somme, Cindoc Photothèque Querrieu n° 10..
Communes et cantons traversés Le cours de la rivière est entièrement situé dans le département de la Somme. Prenant sa source dans le canton de Villers-Bocage, l'Hallue traverse les neuf communes de Vadencourt (source), Contay, Bavelincourt, Beaucourt-sur-l'Hallue, Montigny-sur-l'Hallue, Béhencourt, Fréchencourt, Pont-Noyelles et Querrieu, puis elle arrose également le canton de Corbie en traversant les trois communes de Bussy-lès-Daours, Daours, et Vecquemont avant de rejoindre la Somme, donc avant la station d'épuration de Daours et l'usine agro-alimentaire Roquette Frères (une féculerie de pomme de terre).
Toponymes L'Hallue a donné son hydronyme a deux communes : Beaucourt-sur-l'Hallue, Montigny-sur-l'Hallue.
Bassin hydrographique
L'Hallue traverse une seule zone hydrographique (E639).
Le bassin versant de l'Hallue, d'une superficie de , se situe au nord du bassin picard majoritairement recouvert par le limon. Le niveau supérieur du substrat est formé de craie blanche à silex plus ou moins gros (Turonien terminal et Coniacien). La vallée est recouverte par des alluvions constituées de limons tourbeux, de tourbes, de sables et d’argilesLe bassin de l'Hallue..
Organisme gestionnaire
Un SAGE est en cours d'élaboration dans le cadre de la Vallée de la Somme - Ancre - Hallue.. L'organisme gestionnaire est l'Ameva : Aménagement et valorisation du bassin de la Somme
Affluents La Hallue a neuf affluents référencés, cours d'eau de faible longueur : le Ravin (rgrd pour rive droite et rg pour rive gauche), , sur les quatre communes de Senlis-le-Sec (source), Warloy-Baillon, Vadencourt, Contay (confluence). La SybirrePlan cadastral de Pont-Noyelles, feuille AB 01 et Claude Bloquet, Toponymie de Pont-Noyelles, Eklitra n° 29, page 304. prend sa source en contrebas du bois de Parmont et du plateau de La Houssoye, dont elle est l'exutoire de la nappe phréatique. Cette source dite Fontaine Saint-Martin se situe au bord de la première entaille (ancienne tourbière) de Fréchencourt, dont le déversoir forme la Sybirre qui rejoint le Petit bras est de l'Hallue, pour se jeter en rive gauche de celle-ci après avoir longé la route D 929Cadastre de Pont-Noyelles, feuille 000 AB 01.. À Contay, l'Hallue reçoit deux ruisseaux sur la rive droite (de respectivement et ) et la Buteresse sur la rive gauche dont la source est intermittente. À Behencourt, le Ruisseau de Vilaincourt () en aval de la chute du moulin sur la rive gauche. À Frechencourt le Relet du château de Behencourt se jette dans l'Hallue en aval du moulin de Fréchencourt sur la rive gauche. Le Relet du Grand Rosoy, alimenté par les puits tournants, fournit régulièrement le tiers du débit de la rivière ( en rive droite) À Daours, l'Haluette ( en rive gauche) draine les eaux des sources au pied des falaises de Daours pour rejoindre l'Hallue avant son confluent avec la Somme. Une source la NoelleClaude Bloquet, Toponymie de Pont-Noyelles, Eklitra n° 29, pages 251 à 253. prend naissance à peu de distance de la D 929 et des habitations du village. Elle s'écoule dans les étangs et les anciennes tourbières du marais de Pont-NoyellesRapport du Service Hydraulique des Ponts et Chaussées du 5 septembre 1899. Archives départementales de la Somme : 99 O 634.Cadastre de Pont-Noyelles, feuille 000 AE 01.. Elle serpentait autrefois sur , dans les marais des trois communes, dans le sens amont vers aval, de Pont-Noyelles, Bussy-lès-Daours et Daours.
Rang de Strahler Donc son rang de Strahler est de deux.
Hydrologie Son régime hydrologique est dit pluvial océanique. Climat de la Somme
L'Hallue à Querrieu Une station hydrologique est en service à Querrieu pendant 18 ans, depuis le jusqu'au pour un bassin versant de soit 90% du bassin versant total de l'Hallue (), et à . Elle fait donc plus partie désormais des stations hydrologiques permettant la surveillance des crues en Somme.
Le module ou moyenne annuelle de son débit est à Querrieu de .
Étiage ou basses eaux À l'étiage, c'est-à-dire aux basses eaux, le VCN3, ou débit minimal du cours d'eau enregistré pendant trois jours consécutifs sur un mois, en cas de quinquennale sèche s'établit à , ce qui reste confortableau quart du module à .
Crues
Sur cette courte période d'observation, le débit journalier maximal a été observé le pour . Le débit instantané maximal a été observé le à 12h01 avec en même temps que la hauteur maximale instantanée de soit .
Le QIX 2 est de , le QIX 5 est , le QIX 10 est de et le QIX 20 est de .
Lame d'eau et débit spécifique La lame d'eau écoulée dans cette partie du bassin versant de la rivière est de , ce qui est à la moitié de la moyenne en France, à . Le débit spécifique (Qsp) atteint de bassin.
Aménagements thumb|right|Écrevisse à pattes blanches. Le bassin versant de l'Hallue a une vocation essentiellement agricole. Le plateau et les coteaux de la vallée de la rivière sont consacrés à la grande culture des céréales et de la pomme de terre. Les prairies pâturées se retrouvent en fond de vallée où domine l'élevage bovin. Des élevages de volailles et de porcs complètent ces activités ainsi qu'un établissement piscicole, sis à Fréchencourt, qui élève des écrevisses à pattes blanches, des écrevisses à pattes rouges ainsi que des truites arc-en-ciel, des truites fario et des ombles alis.
De nombreux marais agrémente le cours de l'Hallue et le circuit des Puits tournants la longe.
Écologie L'Hallue a une ZNIEFF de type I référencée sur son cours : Marais de la vallée de l'Hallue entre Montigny-sur-l'Hallue et Bussy-lès-Daours de , décrit depuis 1997, de type I sur les huit communes de Beaucourt-sur-l'Hallue, Béhencourt, Bussy-lès-Daours, Daours, Fréchencourt, Montigny-sur-l'Hallue, Pont-Noyelles, Querrieu
Une autre ZNIEFF de type I est référencée entre son embouchure et celle de l'Ancre au nord de la Somme : Marais et larris. de Daours/Corbie de , décrit depuis 1989, de type I sur les trois communes de Aubigny, Corbie, Daours
Prélèvement d'eau dans la nappe souterraine La communauté d'agglomération d'Amiens a été autorisée à dériver une partie des eaux souterraines de la vallée de l'Hallue, recueillies par trois points de prélèvement situés sur le territoire de Bussy-les-Daours à proximité du marais de la commune de Querrieu. Les débits de pompage ne devront pas excéder par heure et par jour.
La situation de sécheresse est appréciée par un relevé de la profondeur de la nappe phréatique au piézomètre de Senlis-le-Sec, situé en tête du bassin versant.
Maintien du niveau des étangs Le système hydraulique des étangs de Pont-Noyelles, Querrieu, Bussy-les-Daours et Daours, ainsi que du fossé de séparation entre les marais de Querrieu et de Pont-Noyelles creusés en 1843, a été rétabli par des liaisons entre les étangs et la pose de seuils sur le fossé. Le niveau minimum de référence à maintenir doit être la cote 34,25 (mètres) à l'étang du camping de Querrieu. Il est maintenu par prélèvement d'eau dans l'Hallue au débit maximal de 12 litres par secondeArrêté Préfectoral du 9 décembre 2003..
Puits Tournants Dans la vallée de l'Hallue, le jaillissement de sources a creusé le sol calcaire en créant des sortes de puits profonds. Il s'agit de résurgences de la nappe de craie alimentée par les eaux souterraines provenant de la vallée sèche qui remonte vers Molliens et Villers-Bocage. Autrefois, cet affluent de l'Hallue se jetait dans la rivière à Fréchencourt au lieu-dit "Les jardinages". À la suite d'une baisse générale du plan d'eau, la nappe d'eau qui l'alimentait trouva son exutoire auprès de "la Falize", derrière le château actuel. À cet endroit, l'eau sort de terre par une multitude de sources. Cette zone de sources couvre trois hectares. L'eau n'y jaillit pas puisqu'elle peut sortir par de multiples bouches; on en dénombre 260 dans l'ensemble de cette zone humide connue sous le nom de "Grand Rosoy" au milieu de laquelle se trouve "l'Étang bleu". Parmi ces sources, une bonne centaine ont moins de de profondeur, une soixantaine de 0,50 à et 93 de plus d'un mètre. La plus profonde "l'Abyme", dont le gouffre proprement dit a de profondeur et un diamètre moyen de , constitue une réserve d'eau de plus de 160 . Son débit s'avérait important jusqu'en 1935, date à laquelle un forage a été réalisé pour l'adduction d'eau du village de Saint-Gratien mais actuellement cette grande source est pratiquement tarie.
Depuis, "l'Abyme" s'est envasé et l'eau n'y "tourne" plus, car l'appellation de "puits tournants" provenait du fait que l'eau sortait du sol en plus grande abondance que le lit encombré d'herbes ne pouvait en débiter. Il se formait alors des tourbillons et des remous au-dessus du gouffre à un point tel qu'il n'était pas possible à cette époque d'y immobiliser un bateau.
Avant la création d'un barrage pour alimenter la pisciculture de Fréchencourt, le débit des sources dont les eaux se rassemblent dans "le Relet", long de , était régulier et presque égal à celui de l'Hallue qui, à son confluent, a déjà parcouru . Depuis la construction de ce barrage, les sources et les ruisseaux se sont envasés et le débit du "Relet" a diminué de moitié, mais il représente encore un tiers du débit de l'Hallue.
La coloration bleue des "puits tournants", lorsque la profondeur dépasse un mètre, proviendrait de phénomènes de réfraction et d'absorption chromatique sélective : la lumière rouge pénètre profondément dans l'eau et la lumière bleue est absorbée par les couches liquides supérieuresCharles-Edmond Lenglet, Histoire et Traditions du pays des coudriers, n° 1..
Légende