Guy Cogeval, né le à Paris et mort le à Bagnolet., est un historien de l’art et conservateur général du patrimoine franco-canadien.
Président de l’établissement public du musée d'Orsay et du musée de l'Orangerie de 2008 à 2017, spécialiste de l'art du , notamment des nabis. et en particulier d’Édouard Vuillard., il est directeur du Centre d'études des nabis et du symbolisme.
Biographie Famille et études Guy Cogeval est le fils de Georges Cogeval, agent immobilier, et de Rosalba Mino, traductrice italienne..
Après avoir passé les cinq premières années de sa vie en Italie, Guy Cogeval grandit dans le de Paris. Il intègre l'Institut d'études politiques de Paris, dont il est diplômé en 1977 (section Service public).
Il devient professeur de sciences économiques au lycée Rocroy-Saint-Léon à Paris (1977-1982)., mais continue ses études avec des formations en histoire et histoire de l'art à la Sorbonne (université Paris-Sorbonne) et à l'École du Louvre. Il obtient son DEA en histoire de l'art en 1982, avant d'être accueilli comme pensionnaire à l'Académie de France à Rome (villa Médicis) en tant qu'historien de l'art (1982-1984).. Il est reçu major au concours de conservateur en 1985.
Guy Cogeval est un historien de l'art , reconnu comme étant le spécialiste des nabis et en particulier d’Édouard Vuillard.. Il est le coauteur avec Antoine Salomon et Mathias Chivot du Catalogue critique des peintures et pastels d’Édouard Vuillard. ; il est commissaire de la grande rétrospective consacrée au peintre, présentée en 2003 aux galeries nationales du Grand Palais à Paris..
Homosexuel affirmé, Guy Cogeval est une figure de la communauté gay ayant perdu nombre de ses amis durant les années sidahttp://www.leparisien.fr/espace-premium/culture-loisirs/il-met-le-bordel-il-met-le-bordel-au-musee-20-09-2015-5108493.php. En , il se marie avec son compagnon.
Débuts de carrière (1985-1992)
Guy Cogeval commence sa carrière comme stagiaire responsable de la section « cinéma » au musée d’Orsay (1985-1986)., puis comme conservateur adjoint de Philippe Durey au musée des Beaux-Arts de Lyon (1987-1988)., où il est notamment commissaire de Triomphe et mort du héros, exposition sur la peinture d'histoire en Europe.
Il rejoint le musée du Louvre, où il devient sous-directeur des services culturels (1988-1992), chargé des conférences et des colloques, tout en enseignant l'art du à l’École du Louvre (1988-1998).
Direction du musée des monuments français (1992-1998) Guy Cogeval est nommé directeur du musée national des monuments français à Paris (1992-1998). Il intensifie la politique d'exposition et fait doubler la fréquentation du musée.
L'une de ses principales expositions Architecture de la Renaissance italienne, de Brunelleschi à Michel-Ange, est également présentée au Palazzo Grassi de Venise, à la National Gallery of art de Washington et à l'Altes Museum de Berlin.
Son projet de création du Centre national du patrimoine, développé en 1995, préfigure la création de la Cité de l'architecture et du patrimoine de Chaillot en 1997, avec le soutien du ministère de la Culture.
Direction générale du Musée des beaux-arts de Montréal (1998-2006)
Guy Cogeval part au Québec pour prendre la tête du Musée des beaux-arts de Montréal (1998-2006). Il est un des rares conservateurs français à avoir dirigé un grand musée étrangerLe Monde. Membre du Groupe Bizot depuis 1999, réunissant les directeurs des plus grands musées du monde, il devient également conseiller auprès de la Réunion des musées nationaux (RMN) où il assure la programmation des galeries nationales du Grand Palais (2004-2006)..
Il monte de nombreuses expositions dont Hitchcock et l'art, Picasso érotique, Vuillard et Le Paysage en Provence.. Il est à l'origine de trois expositions majeures en France : Il était une fois Walt Disney au Grand Palais, Maurice Denis au musée d'Orsay et Riopelle à Marseille. À la tête du Musée des beaux-arts, Guy Cogeval parvient à augmenter le nombre des Amis du musée de en 1998, à en 2006 ; et acquérir plus de dix mille œuvres.
Guy Cogeval annonce sa démission le , quelques mois avant l'échéance de son mandat. Il rentre en France à la fin de l'année 2006, devient pensionnaire à l'INHA et est remplacé à la tête du Musée des beaux-arts de Montréal par Nathalie Bondil, son ancienne adjointe et conservatrice en chef.
Présidence de l’établissement public des musées d'Orsay et de l'Orangerie (2008-2017)
Le , Guy Cogeval est nommé président de l’établissement public du musée d'OrsayDécret du 28 janvier 2008 portant nomination du président de l'Établissement public du musée d'Orsay - M. Cogeval (Guy)., par décret présidentiel sur proposition de Christine Albanel., à compter du , succédant ainsi à Serge Lemoine pour une durée de trois ans renouvelables. Il est nommé membre du conseil artistique des musées nationaux en avril, et en juin de la même année il est également nommé conservateur général du patrimoine.
La nomination d'un conservateur à la tête du musée rassure le monde de l'art, qui craignait une nomination politique.. Présenté comme « flamboyant », il entend ouvrir le musée à des disciplines peu représentées jusqu'alors comme l'opéra, le théâtre ou le cinéma.
Le est créé l’établissement public des musées d'Orsay et de l'Orangerie, comprenant également le musée Hébert, dont Guy Cogeval est nommé président. À ce titre, son mandat est prolongé jusqu'au , date à laquelle il est reconduit à la tête de l’Établissement public pour trois nouvelles années sur proposition du ministère de la Culture et de la Communication. Il est de nouveau prolongé en pour une seule année puisqu'il prend en 2017 la tête d'un centre d'étude sur les Nabis..
Mort Ayant survécu à un cancer au début des années 2000 et un AVC en 2014, Guy Cogeval s'estime être un survivant.
Il meurt à Paris le à l'âge de 70 ans des suites d'une pneumopathie aiguë.
Grands axes de la présidence des musées d'Orsay et de l'Orangerie Les avis sur son travail sont présentés comme contrastés.
Il est reconnu que la présidence de Guy Cogeval a insufflé une nouvelle dynamique de rayonnement au musée d'Orsay, grâce notamment à la rénovation en profondeur du musée, menée à bien sous son impulsion, à la programmation d'expositions temporaires ayant rencontré un large succès critique et public à Paris, en France et à l'étranger, à la mise à disposition du contenu scientifique sur les réseaux sociaux et internet des Musées., et au développement d'activités musicales, théâtrales et cinématographiques à l'auditorium du musée d'Orsay.
Son bilan en matière de gestion financière comme sa politique énergique d'acquisitions font également l'objet de jugements positifs.
D'autres aspects de la gestion de Guy Cogeval ont fait l'objet de critiques : une gestion vigoureuse des ressources humaines. et une programmation faisant parfois l'objet d'improvisation, pouvant aboutir à une préparation précipitée de certaines expositions.
Le Canard enchaîné a publié un article en D. F., « Danse avec Degas », Le Canard enchaîné, 6 novembre 2013 faisant le lien entre une soirée privée organisée au musée d'Orsay et le mariage homosexuel de Guy Cogeval. Relayée par Libération, cette information a donné lieu à un droit de réponse de Guy Cogeval qui réfute ces allégations.
Grands travaux de réaménagements et de rénovations : le nouvel Orsay Dès son arrivée à la tête du musée d'Orsay, Guy Cogeval a entrepris une politique de grands travaux qui a conduit à la rénovation et au réaménagement de plus de 80 % du musée.
Entamé en 2008, ce programme de travaux qui comprend notamment la création du pavillon Amont, dévolu aux arts décoratifs, la transformation de la Galerie impressionniste par l'architecte Jean-Michel Wilmotte (prolongée par une salle d'exposition temporaire), la rénovation du Café de l'Horloge par les frères Campana, la mise sous verre d'une grande partie des tableaux et le ré-accrochage de la quasi-totalité des collections entre 2009 et 2011 pour aboutir à la naissance du nouvel Orsay, ouvert en . Cette réouverture du musée s'est accompagnée d'une grande campagne de communication intitulée « Nous avons revu Orsay, tout est à revoir ».
Les travaux se sont poursuivis par exemple avec la rénovation des salles situées au rez-de-chaussée du musée d'Orsay, désormais appelées salles Luxembourg, effectuée entre 2011 et 2014.
Politique d'acquisition et de valorisation des fonds Le musée d'Orsay a acquis plus de nouvelles depuis 2008, dans toutes les catégories (peintures, pastels, architecture, sculptures et médailles, objets d'art et photographies). Ces acquisitions ont notamment renforcé les collections d'art étranger, comblant ainsi certaines lacunes. Plusieurs pièces emblématiques de l’Art décoratif italien de 1900 ont pu être acquises comme Les mille et une Nuits de Vittorio Zecchin. Le musée a acquis de nombreuses pièces de mobiliers et d’objets d’art, témoins de la transition de l’Art nouveau vers l’Art déco. Dans le domaine de la peinture, Guy Cogeval a complété la collection des œuvres d'artistes nabis, avec des œuvres de Paul-Élie Ranson (La Sorcière au chat), Maurice Denis (Dame au jardin clos, Yvonne Lerolle en trois aspects), Édouard Vuillard et Pierre Bonnard (Danseuses).
Le musée d'Orsay a bénéficié de la donation anonyme sous réserve d’usufruit d’un ensemble de 25 tableaux de Vuillard, 25 tableaux de Bonnard et d’une centaine de dessins de ces deux artistes, cette donation du collectionneur Jean-Pierre Marcie-Rivière, annoncée en , a été réalisée lors du décès du donateur le . Celle-ci est constituée d'un ensemble de 141 œuvres de Bonnard et de Vuillard.
C'est par la dation en paiement de droits que l’Établissement public des musées d'Orsay et de l'Orangerie a acquis cinq toiles du peintre William Bouguereau, une toile tardive de Paul Cézanne (Paysan assis), un paysage des débuts d'Auguste Renoir (Le Poirier d’Angleterre) et, en 2016, L'Autoportrait octogonal de Vuillard.
Grâce à la persévérance de Guy Cogeval qui connaissait le couple américain depuis 2001, Marlene et Spencer Hays fait un don exceptionnel au musée d'Orsay, estimé à 173 millions d'euros. Cette donation est annoncée le samedi à l'Élysée par le président de la République François Hollande. Il s'agit des œuvres qui avaient été exposées en 2013 au musée d'Orsay dans le cadre de l'exposition Une passion française. Ce sont ainsi 187 œuvres (peintures, papiers, sculptures) qui entreront dans les collections à la mort des deux donateurs : 23 Vuillard, 12 Bonnard, 4 Maurice Denis. Outre les nabis, il y a aussi des œuvres d'Odilon Redon, Edgar Degas, Gustave Caillebotte, Camille Corot, Aristide Maillol, Amedeo Modigliani, Albert Marquet, entre autres.
Politique d'expositions À la présidence des musées d'Orsay et de l'Orangerie, Guy Cogeval fait le choix de multiplier l'offre d'expositions temporaires, en alternant expositions monographiques et expositions thématiques originales et souvent audacieuses.
Si cette originalité dans le choix des expositions était déjà présente chez Guy Cogeval lorsqu'il était directeur du Musée des beaux-arts de Montréal, elle a été réaffirmée en 2013 lorsqu'il s'est dit confronté au conservatisme à Montréal, rendant impossible la programmation d'une exposition sur le nu masculin. Ces déclarations ont été contestées par le musée, qui a affirmé que Guy Cogeval n'avait jamais évoqué ce sujet et a rappelé que des œuvres érotiques sont régulièrement présentées au musée« Guy Cogeval en délicatesse avec Montréal », Libération, 4 octobre 2010..
Cette politique d'exposition contribue au renouvellement des publics et au rayonnement de l'institution. Les grandes expositions temporaires des musées d'Orsay et de l'Orangerie ont permis d'augmenter le nombre de visiteurs.
Augmentation de la fréquentation