Le muséum de Toulouse est un musée d’histoire naturelle et d’ethnologie situé dans le Jardin des Plantes de Toulouse, quartier de Busca-Montplaisir. Le Muséum d’histoire naturelle de Toulouse (abréviation officielle : MHNT) abrite une collection de plus de deux millions et demi de pièces sur une superficie d’environ , sans compter les sites extérieursLe Muséum de Toulouse sur le site officiel de l'Office de tourisme de Toulouse. Il est le deuxième plus grand de France après le Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) de Paris.
Historique Occupation du site avant la construction du muséum Durant les travaux de rénovation du début du , des fouilles d’archéologie préventives sont réalisées.. Elles mettent en évidence une présence gauloise sur le site marquée par des fossés parcellaires, une fosse et une sablière, suivie par une occupation lors du Haut-Empire romain, mise en évidence par une fondation maçonnée d’un bâtiment ainsi que de la présence de mobilier antique dispersé.
La découverte principale lors de ces fouilles est celle d’une occupation lors du Moyen Âge tardif : une série de constructions, en murs de terre crue, élévations et panneaux de torchis parfois enduits et peints, ainsi que des matériaux incendiés (gonds, serrures, clés) et de nombreuses fosses (puisards, puits, dépotoirs).
Histoire du muséum gauche|upright|vignette|Galerie des Cavernes, photographie d’Eugène Trutat, conservée au Muséum de Toulouse. En 1796, le naturaliste Philippe-Isidore Picot de Lapeyrouse, obtient du département de la Haute-Garonne les anciens locaux du monastère des Carmes Déchaussés, y installant le jardin botanique et les collections de sciences naturelles de l’Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres. Le lieu est réservé alors à l’usage exclusif des naturalistes qui y professent des cours de botanique.
Le Muséum est créé en 1865 par décision du conseil municipal avec pour mission l’accueil du public, la diffusion des sciences naturelles. Édouard Filhol sera son créateur et donc son premier directeur.
En 1887, à l’occasion de l’Exposition internationale de Toulouse, le jardin botanique est dissocié du Jardin des Plantes et va se transformer jusqu’à la topographie qu’on lui connait maintenant. Il regroupe plusieurs centaines d’espèces de plantes dont de nombreux arbres. Ce jardin, géré par l’université Toulouse 3 - Paul Sabatier, fait partie intégrante du muséum.
Le Muséum de Toulouse est le premier musée au monde à ouvrir une galerie de préhistoire : la « galerie des cavernes », grâce à la collaboration d’Émile Cartailhac, Jean-Baptiste Noulet et Eugène TrutatLe Muséum de Toulouse et l’invention de la préhistoire, 2010 ..
En 1950, avec 19 salles accessibles au public, le Muséum est devenu un véritable pôle scientifique. Il s’est enrichi entre les deux guerres de nombreux dons : les collections d’ornithologie du Victor Besaucèle (1847-1924), les collections d’ethnologie et de coquillages de Gaston Rocquemaurel (1804-1878) et la collection Dupuy en malacologie.
En 1971, sous l’impulsion de Claudine Sudre, le Muséum se dote d’un service pédagogique et d'une bibliothèque enfantine. Des faiblesses ayant été détectées dans le bâtiment du muséum, les locaux sont fermés au public en 1997. En 1999, une nouvelle conception de l’établissement est proposée, sur le modèle du Muséum national d'histoire naturelle de Paris, avec un siège historique au cœur de Toulouse et plusieurs sites complémentaires autour de la ville. Les travaux durent une décennie.
Le Muséum aujourd’hui Le nouveau muséum rouvre ses portes en pour les groupes d’enfants constitués (scolaires et centres de loisirs de Toulouse) et le samedi pour tous publicsBlog du Muséum de Toulouse Blog du Muséum de Toulouse. La superficie du bâtiment est doublée () avec des agrandissements sur des terrains voisins. La surface dédiée aux expositions est de sur trois étages. L’établissement comprend désormais le jardin botanique de l’université Paul-Sabatier ().
Le nouveau muséum a adopté une scénographie moderne conçue et réalisée par l’architecte Xavier Leroux-Cauche. Le projet qui a été élaboré par l’architecte Jean-Paul Viguier unifie les trois composantes du programme d’exposition : partie historique, partie moderne et jardin botanique. Le Muséum reste un outil d’éducation, mais aussi de réflexion et de débat sur l’histoire naturelle, l’homme et l’environnement. Son comité scientifique, animé par le professeur Georges Larrouy, fait appel à des spécialistes français et étrangers des domaines abordés.
Il s’agit d'une réinvention totale du muséum, aussi bien de son projet intellectuel que de son architecture physique. Centré sur le visiteur, le muséum fait le lien entre les savoirs scientifiques et son appropriation citoyenne. Il propose un itinéraire de prise de conscience des grandes questions de notre temps. Cette ambition oriente l’ensemble de ses expositions, de ses activités, et de ses animations. Le site web du muséum s’inscrit également dans ce sens : il est une vitrine du muséum mais aussi un « autre » lieu du muséum dans lequel les visites sur place peuvent être prolongées et enrichies, les débats et les échanges peuvent être poursuivis.
Le muséum est membre du réseau national des collections naturalistes.
Organisation du muséum Le Muséum de Toulouse, comporte, comme celui de Paris, plusieurs sites.: le siège historique, intitulé « Muséum d’Histoire Naturelle », sis au Jardin des plantes de Toulouse, comprend les bâtiments rénovés du MuséumGuide découverte Muséum d'histoire naturelle de Toulouse Jardin botanique Henri-Gaussen, 2009 soit : Le « Grand Carré » (en accès libre) avec la « Ketzal Boutik » et le restaurant « Le Moaï » ; Les espaces d’expositions : « Terre Active », « Classer pour connaître », « Ordre du vivant », « Ruptures et continuum », « Grandes Fonctions », « Tableau d’interpellation » ; Le « Mur des squelettes »En ligne ; La vitrine courbe de de longueur formant « une immense vague » et conçue par l’architecte Jean-Paul Viguier : elle présente des squelettes en posture dynamique : l’ensemble a été numérisé puis mis en scène dans une paroi de verre, visibles de l’intérieur lors de la visite mais aussi de l’extérieur à la tombée la nuit. On y voit des prédateurs et des charognards en pleine « chasse » ; des bornes interactives permettent d’identifier les espèces et de comparer les anatomies ; L’espace de débats et de rencontres « Champs Libres » ; La bibliothèque « Émile Cartailhac » et la documentation du Muséum proposant de vulgarisation en libre accès, d’étude et 160 abonnements en cours à des revues de vulgarisation et de recherche. La bibliothèque participe au Plan de Conservation Partagée des périodiques mené par le Centre Régional des LettresEn ligne ; La Médiathèque-jeunesse « Pourquoi pas ? » pour les 3-14 ans, proposant sur place (documentaires, fictions et BD), 12 titres de périodiques, 4 postes multimédia, des activités en périodes scolaires et petites vacances ; La photothèque conserve notamment des collections photographiques anciennes dont le fonds Eugène Trutat composé de de verre, tirages et négatifs papiers.; le jardin botanique Henri-Gaussen ;
le parc de la Maourine à Borderouge, formant les Jardins du Muséum, avec : l’ombrière (en accès libre) avec le restaurant « la Noria » ; l’esplanade aux lotus ; les « potagers du monde » : exposition vivante illustrant la diversité des plantes alimentaires du monde, organisée en carrés thématisés (potagers d’Asie, carré des Amériques, carré d’Afrique et Méditerranée, carré d’Europe, carré tropical, carré des saveurs, des sucreries, de Bacchus, rizière) ; le « sentier oublié » pour l’interprétation et l’observation des oiseaux ; la roselière et l’étang ; la passe à poissons du Ramier, espace d’exposition et poste d’observation sur les eaux de la Garonne.
Collections Dans cette section, on présente le contenu de chacune des différentes collections du Muséum de Toulouse. Expositions permanentes L'exposition permanente comprend cinq thèmes liés : Séquence 1 - « Sentir la puissance de la Terre » : nature du système solaire et sa formation. Nature de la Terre - la tectonique des plaques, activité sismique et volcanique et l’érosion, la pétrologie et la minéralogie. Séquence 2 - « Faire disparaître les notions de hiérarchie » : la nature de la vie, la biodiversité, la classification et l’organisation. Le parcours de cette séquence met en avant le lien entre l’homme et les animaux à travers « L’arbre de la vie phylogénétique » et les différentes installations qui permettent de classer et d’organiser la diversité des espèces. Au début du parcours, sur la droite est proposée une introduction au vivant qui pose les bases de ce que le visiteur a besoin pour bien comprendre les prochaines animations de la séquence : « Trier – Ranger – Classer – Reconnaître – Nommer »calameo.com. Séquence 3 - « Se familiariser avec la grande échelle du temps » : histoire de la Terre depuis 3,8 milliards d'années. Introduit le temps, la paléontologie et l’évolution de la vie. Séquence 4 - « Admettre l’évidence » : les principales fonctions des êtres vivants - alimentation, respiration, locomotion, reproduction, protection et communication. Séquence 5 - « Inventer l’avenir » : impact de l’activité humaine sur les écosystèmes, pression démographique et ressources naturelles.
Botanique
Ethnologie Les collections d'ethnographie extra-européenne conservées au Muséum de Toulouse comptent provenant de quatre zones géographiques principales : Océanie, Afrique, Amérique et Asie.
À l’instar d’autres collections françaises et européennes, la constitution du fonds ancien est fortement liée aux nombreuses missions d'explorations et d’expansion qui se sont multipliées au cours du , ainsi qu’au passé colonial de la France, tandis que l’enrichissement des collections contemporaines fait l’objet de missions d’études et de collectes de terrain depuis quelques années. L’Océanie représente environ 40 % du fonds avec une majorité d’objets provenant de l’aire mélanésienne (Nouvelle-Guinée, Nouvelle-Calédonie, Vanuatu, îles Salomon, Nouvelle-Irlande, Nouvelle-Bretagne…). Les collections polynésiennes sont également assez importantes (îles Fidji, îles Samoa, îles Tonga, îles de la Société, îles Marquises et île de Pâques). Gaston Rocquemaurel, second de Dumont d'Urville et grand navigateur lui-même, est l'un des donateurs les plus importants du Muséum et de la Ville de Toulouse (dès 1841). La collection océanienne du Muséum de Toulouse compte parmi les plus importantes de France.
L’Afrique représente pour sa part environ 30 % du fonds avec des objets provenant principalement d’Afrique de l'Ouest (Mali, Sénégal, Côte d'Ivoire…) et de Madagascar. Ces objets proviennent de missions ethnographiques, de collections personnelles d’administrateurs coloniaux ou de militaires. Les notabilités locales vont en premier lieu alimenter en objets africains les collections ethnographiques du muséum, tel le général Joseph Gallieni qui fait don de sa collection personnelle au Muséum tout à la fin du . L’une des pièces majeures de la collection africaine est un masque baga nimba de Guinée, apporté par Henri Labouret dans les années 1930. Dès les années 2010, le muséum estime que des œuvres sont probablement issues de spoliations. Le pagne dit « tablier d’Amazone », provenant de l’ancien royaume du Danxomè, marqua fortement les esprits lors de sa présentation, car il a été ramassé sur un champ de bataille par un officier et que le cartel le présente comme « maculé de taches de sang ».