Le mandat du gouvernement de Henri-Gustave Joly de Lotbinière, devenu premier ministre du Québec à la suite du de Luc Letellier de Saint-Just, s'étend du au . Il est le premier chef du Parti libéral à gouverner la province et dirige le seul gouvernement minoritaire de l'histoire du Québec avant 2007.

Caractéristiques

Arrivé au pouvoir à la suite du de Letellier de Saint-Just, Joly de Lotbinière est minoritaire en Chambre. Il déclenche des élections dont les résultats divisent l'Assemblée législative presque à égalité entre libéraux et conservateurs. Le premier ministre parvient à sauver son gouvernement grâce au conservateur indépendant Arthur Turcotte qui accepte la charge de président de l'Assemblée législative. En 1879, les libéraux remportent quatre élections partielles qui leur permettent de renforcer leur majorité mais, à l'automne de la même année, le chef conservateur, Joseph-Adolphe Chapleau, parvient à persuader cinq députés ministériels de changer de camp. Le gouvernement Joly de Lotbinière n'est alors plus qu'en sursis.

Le coup d'État de Letellier de Saint-Just

Le , le lieutenant-gouverneur Luc Letellier de Saint-Just destitue le premier ministre conservateur Charles-Eugène Boucher de Boucherville, invoquant un différend sur la politique ferroviaire et le non-respect de la prérogative vice-royale. Il confie le pouvoir à Joly de Lotbinière, chef de l'opposition libérale, même si celui-ci ne dispose pas de la majorité à l'Assemblée. Les conservateurs dénoncent le geste comme un , tandis que certains libéraux fédéraux le jugent arbitraire en correspondance privée.

Les élections de 1878 et le gouvernement minoritaire

Les élections du donnent un résultat serré : les conservateurs obtiennent 32 sièges contre 31 aux libéraux et 2 aux conservateurs indépendants. Joly réussit néanmoins à former un gouvernement minoritaire grâce à l'appui de deux conservateurs indépendants et à l'élection du conservateur indépendant Arthur Turcotte comme président de l'Assemblée législative. Le gouvernement de Joly survit pendant dix-huit mois dans un équilibre précaire, affaibli par les manœuvres conservatrices et les contestations d'élections qui modifient la composition de la Chambre.

Le projet d'abolition du Conseil législatif

vignette|gauche|La salle du Conseil législatif du Québec vers 1900, où les conseillers conservateurs refusent en 1878 de voter leur propre disparition.

En 1878, le gouvernement Joly tente de faire abolir le Conseil législatif du Québec, dominé par les conservateurs, qui avait bloqué plusieurs projets de loi du gouvernement précédent et demeure hostile au gouvernement libéral. Le projet de loi est adopté par l'Assemblée législative mais rejeté par le Conseil législatif lui-même, à majorité conservatrice, qui refuse de voter sa propre disparition.

Le chemin de fer de la Rive-Nord et la rigueur budgétaire

Malgré la précarité de sa majorité, le gouvernement Joly de Lotbinière mène à terme la construction du chemin de fer de la Rive-Nord entre Québec et Montréal, dont l'ouverture à la circulation a lieu le . Le gouvernement poursuit également les travaux d'aménagement du nouvel hôtel du Parlement et applique une politique de réduction des dépenses publiques.

La chute du gouvernement

vignette|Joseph-Adolphe Chapleau, chef conservateur qui obtient la défection de cinq députés libéraux et succède à Joly de Lotbinière.

À Ottawa, le retour au pouvoir de John A. Macdonald en entraîne la destitution de Letellier de Saint-Just le et son remplacement par le conservateur Théodore Robitaille. Le , cinq députés libéraux font défection et votent en faveur d'une motion de censure. Joly demande la dissolution de la Chambre, mais Robitaille refuse et invite Joseph-Adolphe Chapleau à former le gouvernement.

Chronologie

: le lieutenant-gouverneur Luc Letellier de Saint-Just destitue le gouvernement Boucher de Boucherville. : assermentation du cabinet Joly de Lotbinière. : les conservateurs, majoritaires en Chambre, renversent le gouvernement par 34 voix contre 13. Joly de Lotbinière déclenche des élections générales pour le . : dissolution de la . : 31 libéraux, 32 conservateurs et 2 conservateurs indépendants sont élus aux élections. Joly de Lotbinière décide de se maintenir au pouvoir. : première session de la . Joly de Lotbinière fait élire le conservateur indépendant Arthur Turcotte comme président de l'Assemblée législative, réussissant ainsi à sauver son gouvernement. : les conservateurs de John A. Macdonald reprennent le pouvoir à Ottawa. : mort du trésorier Pierre Bachand. Les libéraux se retrouvent de nouveau minoritaires. : ouverture à la circulation du chemin de fer de la Rive-Nord entre Québec et Montréal, dont le gouvernement Joly de Lotbinière achève la construction. : le libéral Honoré Mercier remporte l'élection partielle dans la circonscription de Saint-Hyacinthe. : début de la deuxième session de la . : le gouvernement fédéral destitue le lieutenant-gouverneur Luc Letellier de Saint-Just qu'il remplace par Théodore Robitaille. : reprise de la session. Le Conseil législatif refuse de voter les subsides demandés par le gouvernement. : cinq députés libéraux font défection et votent en faveur d'une motion de censure. Joly demande la dissolution de la Chambre. : Robitaille refuse la dissolution et invite Joseph-Adolphe Chapleau à former le gouvernement. : Joly de Lotbinière remet sa démission ; Chapleau forme le nouveau cabinet conservateur.

Lois marquantes

1878 : projet de loi d'abolition du Conseil législatif du Québec, adopté par l'Assemblée législative sous le gouvernement Joly de Lotbinière, mais rejeté par le Conseil législatif lui-même, à majorité conservatrice, qui refuse de voter sa propre disparition.

Composition

Cabinet Joly de Lotbinière (1878-1879)

Le premier ministre cumule la fonction de commissaire de l'Agriculture et des Travaux publics. À la suite de la mort de Pierre Bachand le , puis à la nomination du libéral Honoré Mercier au cabinet en 1879, plusieurs portefeuilles sont redistribués.

Premier ministre et président du Conseil exécutif : Henri-Gustave Joly de Lotbinière Agriculture et travaux publics : Henri-Gustave Joly de Lotbinière Procureur général : David Alexander Ross Terres de la Couronne : François Langelier (1878-1879), Félix-Gabriel Marchand (1879) Secrétaire et registraire : Félix-Gabriel Marchand (1878-1879), Alexandre Chauveau (1879) Solliciteur général : Alexandre Chauveau (1878-1879), Honoré Mercier (1879) Trésorier : Pierre Bachand (1878), François Langelier (1879) Président du Conseil législatif : Henry StarnesSiège au Conseil législatif.

Notes et références

Notes

Références

Bibliographie . . .

Liens externes

Joly de Lotbiniere Catégorie:1878 au Québec Catégorie:1879 au Québec