Les élections fédérales canadiennes de 2008 ont lieu le afin d'élire la 40 législature du Canada.

La campagne débute le par la dissolution de la 39 législature à la demande du Premier ministre conservateur Stephen Harper : au pouvoir depuis 2006 avec un mandat minoritaire, il espère alors remporter une majorité à la Chambre des communes.

Bien qu'ils parviennent à remporter 19 sièges supplémentaires, les conservateurs restent minoritaires. Le Parti libéral conduit par Stéphane Dion recueille 26,3 % des voix, ce qui est alors le pire résultat de son histoire, alors que le NPD de Jack Layton progresse. Le Bloc québécois remporte une nouvelle fois une majorité des sièges au Québec.

Les élections fédérales canadiennes de 2008 ont eu lieu le afin d'élire les membres de la législature de la Chambre des communes du Canada, après la dissolution de la législature précédente par la gouverneure générale Michaëlle Jean le .

Le Premier ministre conservateur Stephen Harper a déclenché des élections en raison de sa conviction qu'il y avait un manque de coopération entre le gouvernement conservateur et les partis d'opposition, sur lesquels le premier devait s'appuyer pour faire adopter des lois; par conséquent, Harper a soutenu que le Parlement avait atteint le bout de sa productivité.

L'élection a permis aux conservateurs de Harper de former un deuxième gouvernement minoritaire, mais plus solide avec 16 sièges supplémentaires.

Alors qu'ils étaient à 12 sièges de former un gouvernement majoritaire, le Parti libéral dirigé par Stéphane Dion a perdu 18 sièges, tandis que le Nouveau Parti démocratique et le Bloc Québécois ont réalisé de légers gains. Le parti vert n'a remporté aucun siège et a perdu son seul député . À la suite des élections, les libéraux et les néo-démocrates ont tenté de former une coalition pour tenter de renverser les conservateurs du pouvoir, mais ils n'y sont pas parvenus.

Avec un taux de participation de 58,8 % des électeurs admissibles, cette élection a enregistré le taux le plus bas de l'histoire des élections fédérales canadiennes, et à ce jour, c'est la seule fois qu'il est descendu sous le seuil des 60 %.

Date des élections La législature précédant les élections de 2008 est dirigée par le plus petit gouvernement minoritaire dans l’histoire du Canada — avec seulement 40,6 % des sièges à la Chambre des communes — formé par le Parti conservateur du Canada. Bien que la durée moyenne d’une législature minoritaire au Canada est de un an et demi, les gouvernements minoritaires conservateurs ont tendance à être beaucoup plus éphémères : la minorité conservatrice ayant duré le plus longtemps était précédemment de 6 mois et 19 jours.. Le , la est devenue le gouvernement minoritaire conservateur ayant duré le plus longtemps dans l’histoire du Canada.

En 2006, le gouvernement conservateur avait fait adopter la loi C-16 qui modifie la Loi électorale du Canada pour instaurer des dates fixes pour les élections. La loi prévoit qu’il devait y avoir une élection le troisième lundi d'octobre en 2009 ().

Cette loi devait mettre fin au pouvoir traditionnel du premier ministre de choisir une date de scrutin selon son bon vouloir, habituellement après environ quatre ans ou lorsqu’il croit avoir les meilleures chances pour remporter les élections. Toutefois, comme la législature est dirigée par un gouvernement minoritaire, il est possible qu’une élection soit déclenchée plus tôt étant donné que les partis d’opposition peuvent faire tomber le gouvernement sur un vote de confiance. De plus, la Constitution du Canada prévoit toujours que le Parlement peut être dissout par le gouverneur général.

C'est ainsi que le , Stephen Harper demande à la gouverneure générale Michaëlle Jean de dissoudre le Parlement — bien qu'il n'ait pas été défait lors d'un vote de confiance — dans l’espoir de former un gouvernement majoritaire.

Contexte En 2007, le Parlement a adopté une loi fixant la date des élections fédérales au troisième lundi du mois d’octobre tous les quatre ans et programmant la prochaine élection au , mais la loi ne limitait pas les pouvoirs de la gouverneure générale de dissoudre le Parlement à tout moment, par exemple lorsque les partis d'opposition font tomber le gouvernement lors d'un vote de confiance. Lors de ces élections, aucun vote de confiance n'a été battu, mais le Premier ministre a demandé à la gouverneure générale de convoquer des élections. La Gouverneure Générale Michaëlle Jean a accédé à la demande du Premier ministre.

Élection de 2006 64,7 % des électeurs inscrits ont voté lors des élections fédérales de 2006 . Le Parti conservateur a reçu le plus grand nombre de voix de tous les partis, avec 36,27 % des suffrages, et a remporté 124 sièges. Le Parti libéral a remporté moins de sièges qu'en 2004. Soit 103 sièges et 30,23 % des voix. Le Bloc Québécois a perdu trois sièges, ramenant son total à 51 sièges, avec 10,48 % des voix. Le NPD a remporté 29 sièges avec 17,48 % des voix. Le parti vert a obtenu 4,5 % des voix, une augmentation minime par rapport à l'élection précédente, mais n'a remporté aucun siège. Les candidats indépendants et les autres partis ont représenté 1 % du total des votes, un indépendant ayant remporté un siège il s’agissait de André Arthur dans la circonscription de Portneuf—Jacques-Cartier au Québec.

Événements survenus après les élections de 2006 Depuis les élections de 2006, sept députés ont changé de parti : David Emerson, Wajid Khan et Joe Comuzzi sont passés du Parti libéral au Parti conservateur ; Garth Turner est passé du Parti conservateur, devenu député indépendant puis au Parti libéral ; Blair Wilson est passé du Parti libéral à député indépendant puis au Parti vert ; Louise Thibault est passée du Bloc Québécois à l'Indépendante ; et Bill Casey est passé du Parti conservateur à député indépendant. Lors des élections partielles, le NPD a gagné un siège au détriment du Parti libéral, tandis que le Parti conservateur en a gagné deux, un au détriment du Parti Libéral et un au détriment du Bloc Québécois. Quatre sièges étaient vacants au moment du déclenchement des élections : trois précédemment détenus par le Parti libéral et un par le Bloc Québécois.

La législature précédente était dirigé par les conservateurs, qui gouvernaient avec la plus petite pluralité jamais enregistrée à la Chambre des communes canadienne, soit seulement 40,6 % des sièges. Bien que la durée moyenne d'un parlement minoritaire au Canada soit de 1 an, 5 mois et 22 jours (mesurée à partir du retour des mandats après une élection jusqu'à la dissolution de ce parlement), les minorités dirigées par l'ancien Parti progressiste-conservateur ont été beaucoup plus courtes : la plus longue minorité conservatrice précédente n'a duré que 6 mois et 19 jours.. Le , le Parlement est devenu le gouvernement minoritaire conservateur ayant exercé le plus longtemps au Canada.

Le , les conservateurs ont déposé une loi modifiant la Loi électorale du Canada, qui modifierait la Loi électorale du Canada afin de prévoir des élections à date fixe. Le projet de loi a reçu la sanction royale le . Le projet de loi stipulait qu'il y aurait une élection en 2009 et qu'il s'agirait de la première à avoir une date d'élection fixe, soit le troisième lundi d'octobre (). Malgré ce projet de loi, le , le Premier ministre a demandé la dissolution du Parlement et la Gouverneur Générale a accepté de tenir des élections générales le .

Le , le Globe and Mail rapportait que les conservateurs se préparaient à des élections qui devraient être déclenchées peu après le budget de 2007, prévu pour le . L'une des raisons du calendrier des élections a été donnée comme étant le renforcement des sondages conservateurs, associé au désir de tirer profit de la perception selon laquelle Harper possède .

Le , une note interne du Parti conservateur a fuité dans La Presse canadienne, indiquant aux membres qu'ils . La note demandait aux membres de faire un don de 75 à 150 dollars pour aider à financer les premières étapes de la campagne électorale. Aucune de ces prédictions concernant la tenue d'élections fédérales en 2007 ne s'est avérée exacte, mais la majorité des experts pensaient toujours qu'une élection fédérale serait déclenchée avant la date fixée du , et ce, à un moment donné en 2008.

Le , Stephen Harper a évoqué la possibilité de dissoudre le Parlement. S'exprimant à Terre-Neuve-et-Labrador, il a cité Stéphane Dion comme le principal responsable du dysfonctionnement croissant du Parlement. , a déclaré Harper. Cette situation est survenue après des votes de confiance répétés qui ont abouti à ce que le NPD et le Bloc québécois ne votent pas en faveur du gouvernement, et que le Parti libéral vote pour ou ne participe pas au vote. Les rumeurs d'une possible élection à l'automne ont été encore alimentées par l'annonce par Harper d'une quatrième élection partielle fédérale pour le dans la circonscription torontoise de Don Valley-Ouest...

Le , Harper a demandé à la gouverneure générale Michaëlle Jean d'annuler son voyage aux Jeux paralympiques de Pékin, alimentant ainsi les spéculations selon lesquelles le premier ministre chercherait à dissoudre le gouvernement. Le , après de nombreuses spéculations, Harper a demandé à la gouverneure générale de convoquer des élections fédérales le .

Chronologie

7 septembre : annonce de la dissolution de la Chambre des Communes et émission du bref d’élection ; 10 septembre : ouverture des bureaux d’Élections Canada dans chacune des 308 circonscriptions ; 22 septembre : dernier jour pour les mises en candidature ; 24 septembre : publication de la liste des candidatures confirmées ; 1er octobre : débat des chefs (en français) ; 2 octobre : débat des chefs (en anglais) ; 3, 4 et 6 octobre : jours de vote par anticipation ; 14 octobre : jour du scrutin ; 21 octobre : dernier jour pour valider les résultats.

Députés ne se présentant pas à la réélection Conservateurs Ken Epp, Edmonton—Sherwood Park (Alberta). John Williams, Edmonton—St. Albert (Alberta)..

Libéraux Raymond Bonin, Nickel Belt (Ontario). Brenda Chamberlain, Guelph (Ontario) Jean Lapierre, Outremont (Québec). Paul Martin, LaSalle—Émard (Québec) Bill Graham, Toronto-Centre (Ontario).

Bloquistes Yvan Loubier, Saint-Hyacinthe—Bagot (Québec). Raymond Gravel, Repentigny (Québec).

Campagne Enjeux Comme dans toute campagne électorale, plusieurs enjeux sont soulevés par les différents partis politiques. Les enjeux peuvent différer d'une province à l'autre selon la couverture qu'en font les médias provinciaux. La campagne de 2008 marque la première participation du Parti vert du Canada aux débats des chefs, avec la chef du parti Elizabeth May.

Environnement L'imposition d'une taxe sur le carbone proposée par le Parti libéral est un enjeu important en Alberta.. En effet, l'extraction des sables bitumineux de cette province est une source d'émission de gaz à effet de serre importante.

Le Parti conservateur ainsi que le NPD ont promis de ne pas imposer de taxe sur le carbone..

Légitimité du Bloc québécois D'anciens membres et députés bloquistes ainsi que le parti conservateur ont remis en cause à plusieurs reprises la légitimité du Bloc québécois à Ottawa.. Le , le sénateur conservateur Michael Fortier s'est installé devant le siège social du Bloc québécois, à Montréal, avec une pancarte où l'on pouvait lire, entre autres, que le Bloc québécois a coûté 350 millions de dollars aux contribuables depuis sa formation, sans aucun bénéfice en retour..

En réponse à ces allégations, le chef bloquiste Gilles Duceppe a répondu : ..

Sorties des artistes Depuis le printemps 2008, une dizaine de programmes de subventions aux artistes canadiens ont été coupés. Face aux différentes critiques, la ministre du patrimoine Josée Verner a indiqué, en , que le ..