Le Comité ouvrier de secours immédiat, ou COSI, (1942-1944) était une organisation « à vocation sociale » de la collaboration en France.
Historique
Le COSI a été créé en par Charles Vioud, René Mesnard (Rassemblement national populaire ou RNP) et Jules Teulade (Parti populaire français ou PPF) à la suite de bombardements anglais sur la banlieue parisienne (bombardement des ateliers de réparation de chars allemands abrités par les usines Renault, à Boulogne-Billancourt). Il s'agissait officiellement d'aider les familles ouvrières sinistrées par les bombardements (déblaiement, aide financière). Dans l'esprit des autorités, le COSI était cependant surtout un outil de la propagande du régime de Vichy et de la collaboration à destination des milieux ouvriers.Les sommes généreusement redistribuées aux familles de sinistrés ont pour une bonne part été prises sur les biens spoliés des juifs. Le COSI a ainsi été financé à sa création par de francs prélevés sur une « amende » d’un milliard imposée aux juifs au prétexte d’un "attentat" de la résistance. Ce sera, entre autres, le cas à Granville.
Le COSI a réussi à attirer quelques vieux routiers de la gauche syndicale, d'anciens syndicalistes présents au RNP et au PPF (qui se disputèrent sa direction compte tenu des sommes à redistribuer), des membres du Parti ouvrier et paysan français (POPF ; ex : Berrar), etc.
Le COSI et le POPF (composé d'un bon nombre d'anciens élus communistes) furent les principales organisations collaborationnistes issues de la gauche révolutionnaire (anarchistes, communistes, syndicalistes révolutionnaires).
Le COSI, très engagé dans la politique de collaboration, est dissous par une ordonnance du . Les pouvoirs publics cherchent alors à retrouver l'argent et à en sanctionner les responsables.
Personnalités du COSI
Fondateur : Charles Vioud, membre du PCF jusqu'en 1929, puis devient anti-communiste. Fondateur du COSI en 1942. : Georges Yvetot (1868-1942), anarchiste, grande figure historique du syndicalisme révolutionnaire, secrétaire de la Fédération des Bourses du travail de 1901 à 1918, de facto numéro deux du syndicalisme français à cette période, cofondateur de la Ligue antimilitariste. Premier président du Cosi pendant quelques semaines mais meurt en . Coprésident après : René Mesnard : socialiste, puis RNP, dirige le journal l’Atelier. « Officiellement tué lors d'un bombardement allié en Allemagne, plus vraisemblablement lors d'un règlement de comptes décidé par la Milice ou le PPF en ». Coprésident après : Jules Teulade (1890-1974), membre de la SFIO et CGT. Après 1920, membre du PCF, secrétaire à la Fédération du bâtiment de la CGTU, délégué du Profintern en 1926-1928. Puis membre du bureau politique du PPF. Trésorier : Marcel Bidegaray : ancien secrétaire général de la Fédération des travailleurs des chemins de fer de la CGT. Mort interné par les Alliés fin 1944. François-Charles Carpentier (né en 1902), militant anarchiste, combattant de la guerre d'Espagne devenu très anticommuniste. Ludovic Marchet (né en 1888), ouvrier socialiste, libre-penseur, franc-maçon, SFIO, CGT. Restera à la CGT-FO et à la SFIO après la guerre. Marius Michel (né en 1906), responsable de l'union locale CGT de la Seyne. Adolphe Ambrogelly (1906-1904), syndicaliste, maire adjoint communiste d’Arcueil puis membre du Parti ouvrier et paysan français (POPF) et du conseil d’administration du COSI.
Notes et références
Sources Au secours Maréchal ! L'instrumentalisation de l'humanitaire (1940-1944), Jean-Pierre Le Crom, Ed. PUF, 2013, . La collaboration... à gauche aussi, R. Handourtzel et C. Buffet, Ed. Perrin, Paris, 1989.
Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français de Jean Maitron. Tentative de conditionnement de la main-d'œuvre sinistrée : l'action du Comité ouvrier de secours immédiat (COSI) en Seine-Inférieure, John Barzman (Université du Havre). Communication au colloque du groupement de recherche (GDR) 2539 du CNRS sur " Les Entreprises françaises sous l'Occupation " (8-, Université de Dijon)
Archives de l'INA : et .
Liens externes
. .
Catégorie:Wikipédia:ébauche politique Catégorie:Régime de Vichy Catégorie:Syndicalisme en France