400px|vignette|Vue aérienne de la forêt amazonienne.
L'Amazonie (, ) est une région naturelle d’Amérique du Sud. Au sens strict, elle correspond au bassin amazonien, l'immense bassin versant de l'Amazone. et de ses affluents. Au sens large, elle comprend aussi le plateau des Guyanes, adjacent au nord et similaire en termes de climat et de végétation. L'Amazonie est couverte en grande partie par la forêt amazonienne. Sa superficie est de . Son nom, tiré d'une légende, n'en reste pas moins mondialement connu : pour sa catastrophique déforestation massive.
Le climat amazonien est chaud et humide durant toute l'année. La température moyenne régnant en Amazonie est de . Les précipitations moyennes sont de , avec cependant des zones au nord-ouest atteignant plus de . La forêt amazonienne est la deuxième plus grande forêt du monde, derrière la taïga et l'une des régions les plus humides de la planète, d'où une grande richesse en biodiversité.
Cette biodiversité est très menacée ; 17 % de la forêt ont disparu en raison des actions humaines. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a lancé un programme pour sauver l'Amazonie : le (« Initiative pour une Amazonie vivante »). Il cherche des solutions de rechange avec les gouvernements, les entreprises et les communautés locales afin de protéger la biodiversité en Amazonie. De son côté, l'UNESCO y a fondé plusieurs réserves de biosphère et inscrit le parc national de Manú., le parc national Noel Kempff Mercado. et le complexe de conservation de l'Amazonie centrale. sur la liste du patrimoine mondial.
Au nord de l'Amazonie existe un phénomène très rare : deux bassins fluviaux sont reliés par un cours d'eau naturel qui franchit la ligne de partage des eaux (invisible dans cet espace parfaitement horizontal) : le canal du Casiquiare, qui relie le bassin de l'Orénoque à celui du rio Negro, affluent de l'AmazoneC'est en fait par abus de langage qu'on dit parfois que le Casiquiare « franchit la ligne de partage des eaux » entre le bassin de l'Orénoque et celui de l'Amazone, c'est bien sûr contradictoire. Il s'agit en réalité du même bassin : à Predra Lais, à d'altitude, l'Orénoque se divise en deux branches, comme dans un delta : la branche Nord se dirige vers la côte nord-est du Venezuela et y garde son nom « Orinoco ». L'autre branche, dite « canal de Casiquiare » se dirige vers le sud-ouest en traversant la pénéplaine qui borde le sud de la Sierra Parima, puis vers l'ouest..
En portugais ou espagnol, le rio Amazonas, donne aussi le nom officiel en portugais ou espagnol de plusieurs États ou régions administratives dans les pays traversés par le fleuve, des régions aussi appelées communément « Amazonie » en français. Quoique l'impact de l'Amazonie sur la production d'oxygène soit neutre., elle est souvent et non scientifiquement considérée comme le . Néanmoins, la poursuite de sa destruction engendrerait de très graves conséquences écologiques, environnementales et humaines, non seulement sur les 200 peuples indigènes (soit près de 1,3 million de personnes)., mais pour l'ensemble de l'humanité et de la vie sur Terre, ayant notamment un fort impact sur le réchauffement climatique. De plus, l’Amazonie est aussi un territoire symbolique sur lequel se projettent différents imaginaires hérités de la colonisation, se centrant autour d’un fantasmé « enfer vert » ou encore de « bons sauvages ».
Histoire Époque précolombienne Démographie vignette|Géoglyphe précolombien dans l'État de l'Acre (Brésil), prouvant que l'Amazonie a été peuplée à l'époque précolombienne. Les relevés laser aériens effectués au révèlent qu'entre 100 et 300 une zone couvrant moins de 3 % de l'Amazonie abritait probablement entre 1,25 et 3 millions d'habitants et comptait plus de en terre d'origine anthropique..
Art rupestre L'Amazonie a longtemps été vue comme une terre vierge de civilisation peuplée par quelques chasseurs-cueilleurs, son histoire éclipsée par celles des Incas, Mayas et Aztèques. La nature de ce milieu extrême ne pouvait qu'avoir forgé les habitudes des gens qui l'avaient peuplé. Ce n'est qu'au début des années 2010 que l'archéologie a mis en évidence la richesse et le faste civilisationnels de l'Amazonie..
Chiribiquete, situe au sud de la Colombie, présente des peintures rupestres datées des dix derniers millénaires. Voir aussi . représentent des scènes de chasse, des batailles, des danses et des cérémonies, ainsi que des représentations renvoyant à la faune et à la flore, avec notamment le culte du jaguar..Ce vaste ensemble constitue une longue tradition culturelle – appelée Chiribiquete – qui a duré plusieurs siècles et se caractérise par différents styles. Dans les abris de cette chaîne de montagnes cette production de peintures semble avoir eu lieu entre 1500 et 500 avant notre ère.. Elle pourrait être beaucoup plus ancienne, comme le suggère le même auteur, en raison de la présence d’un fragment de mur avec des taches de la même couleur que les peintures trouvées parmi des cendres et des ossements datés de 19 500 avant le présent (17 500 AEC). Cette datation haute a été reprise par le site de l'UNESCO.
Civilisations et cultures vignette|Vaisselle de la civilisation marajoara (site de l'île de Marajó, ). Avant l'arrivée des Européens, près de dix millions d'Amérindiens vivaient en Amazonie. Par exemple, la densité de population à la fin du sur l'île de Marajó est estimée à 5 à 10 habitants au kilomètre carré., 6 à 12,5 habitants au kilomètre carré dans le haut Xingu et 50 à 100 habitants au kilomètre carré sur le littoral des Guyanes.
Les peuples amazoniens comme en Équateur dans la vallée de l' - dans la région amazonienne du piémont andin - et sur le site archéologique de Sangay, 500 ans avant notre ère, ont créé des fossés, des canaux, des réservoirs, des digues, ils ont surélevé le sol, réalisant des milliers de plateformes à des fins agricoles, résidentielles, cérémonielles et funéraires, ils ont créé des chemins et des chaussées, parfois profondément creusées en lignes droites et se coupant à angle droit. Sur ce site, cinq villes et une dizaine de villages ont été détectés... Le Lidar, utilisé pour cette recherche, a donc fait apparaitre un urbanisme complexe et des cités-jardins, le tout conçu en damier, en pleine jungle tropicale.
La terra preta le long de l'Amazone, véritablement identifiée fin est une terre noire d'une fertilité exceptionnelle d'origine anthropique, due à des concentrations particulièrement élevées en charbon de bois, en matière organique et en nutriments, qui fut réalisée par une occupation dense et très longue de ses rives, qui a modifié chimiquement et mécaniquement la nature du sol tropical plutôt pauvre naturellement.
Agriculture précolombienne Les peuples amazoniens prennent part à de vastes réseaux commerciaux s'étendant sur plusieurs centaines de kilomètres via un réseau dense de sentiers tracés dans la jungle.. La culture itinérante prédomine (ramassage d'urucum par les Indiens Yawanawa en Amazonie). Les plantations sur brûlis durent un ou deux ans ; les habitants produisent uniquement pour leur seul usage du manioc, du riz et de la canne à sucre. Certains faisaient un petit commerce de piments, de jute et de cacao.
La population amérindienne connaît un fort déclin à la suite de l'arrivée des Européens et des maladies qu'ils importent : entre 85 % et 90 % de la population amazonienne disparaît..
Époque contemporaine Au , Matthew Fontaine Maury, le directeur de l’Observatoire naval des États-Unis, suggère de régler la question raciale aux États-Unis en colonisant l’Amazonie pour y déporter la population noire américaine. Sa stratégie consiste, dans un premier temps, à obtenir l'ouverture du fleuve Amazone à la navigation. L’historien Luiz Alberto Moniz Bandeira souligne : Le représentant du Brésil à Washington s'en inquiète en 1849 : l’autorisation de naviguer sur l’Amazone . Dans un courrier daté de 1853, Maury précise sa stratégie : Le projet échoue néanmoins.
Déforestation au Après l'instauration de la dictature militaire en 1964, des projets ambitieux destinés à intégrer le territoire forestier à l'économie nationale sont lancés au prix de destructions de l'environnement et de déplacement de populations indigènes. Le plus emblématique d’entre eux est la construction d’une autoroute de plus de quatre mille kilomètres entre la ville de Cabedelo, dans le Nordeste, et celle de Lábrea, proche de la frontière entre la Bolivie et le Brésil. Le projet — qui ne sera jamais totalement achevé — est inauguré en 1972, avec l'objectif de constituer de grandes exploitations, de mieux contrôler les frontières et d'amener des populations pauvres sur les nouvelles terres tout en évitant une réforme agraire que la dictature refuse. Ces mesures permirent d’ouvrir environ 2,25 millions de kilomètres carrés à la colonisation. Mais l'exploitation des ressources est mal conduite et les résultats sont très décevants. L'État brésilien, obligé de revoir ces projets, est confronté, depuis la fin des années 1980, aux interventions de la Banque mondiale, qui lui impose de sévères contraintes financières.
À partir de 1974 apparaissent de grands domaines contrôlés par de puissants groupes financiers brésiliens comme MPV et surtout multinationaux. Le Rockefeller Group possède ainsi ; une autre société américaine, la Georgia-Pacific, plus de ; Volkswagen do Brasil , etc. Ces groupes ont fondé des pâturages sur lesquels sont élevés plus de six millions de têtes de bétail. Le milliardaire américain Daniel K. Ludwig (1897-1992) est le plus célèbre de ces nouveaux fazendeiros : dans les années 1960, sa société « Jari » avait constitué au nord de Belém un immense domaine agro-industriel d'environ six millions d’hectares; il élevait par an dans « le plus grand élevage du monde », et produisait de la canne à sucre, du soja, du maïs, du blé. Il possédait également des unités agro-alimentaires, des usines de traitement de bauxite, de fabrique de cellulose et de pâte à papier. Le tout destiné à l’exportation, notamment vers le Japon.
Quelque y étaient employés dans des conditions parfois qualifiées de « semi-esclavagistes ». L'échec économique de Jari le conduisit à abandonner ce projet en 1981. Les terrains ont été acquis par diverses sociétés brésiliennes, pour de la production de cellulose.
Après le retour à la démocratie en 1985, les préoccupations environnementales entrent dans le débat public. L'assassinat en 1988 du syndicaliste Chico Mendes, qui défendait les droits des ouvriers chargés de recueillir le latex dans les plantations d’hévéas, provoque une forte émotion. Des lois visant à protéger la forêt commencent à apparaitre, malgré de fortes réticences des milieux militaires et conservateurs. En , l’ancien ministre des armées Leônidas Pires Gonçalves, dans un entretien donné à la presse, explique que le secrétaire d’État à l’environnement lui inspire . À l'étranger, après la découverte des destructions considérables causées par la dictature militaire, des voix s'élèvent pour réclamer une mise sous tutelle internationale de l'Amazonie. Cette idée est toutefois largement rejetée au Brésil. En , au cours d’un débat dans une université américaine, Cristovam Buarque, l’un des dirigeants du Parti des travailleurs, est interrogé sur l’idée d’internationaliser l’Amazonie et donne une réponse demeurée célèbre au Brésil : .
Géographie et biologie L'Amazonie est la région de l'Amérique du Sud couvrant les bassins moyen et inférieur de l'Amazone dominée par la forêt tropicale. Elle couvre dans neuf pays ou territoires.
Brésil (63 %) Pérou (10 %) Colombie (7 %) Bolivie (6 %) Venezuela (6 %) Guyana (3 %) Suriname (2 %) Équateur (1,5 %) Guyane française (1,5 %)
La forêt amazonienne est la plus grande forêt pluviale au monde. Elle représente 50 %. des forêts tropicales du monde entier. Les paysages sont très différents : des savanes aux forêts inondées.