Georges Rastel, né le à Montgeron (Seine-et-Oise) et mort le à Vernouillet (Eure-et-Loir), est un haut fonctionnaire et homme politique français.

Son parcours fait de lui successivement un haut fonctionnaire des finances, un résistant, un préfet lors de la Libération puis un élu local, avec une incursion très brève au gouvernement Ramadier et à l'Assemblée nationale sous étiquette UDSR.

Parcours dans l'administration française et le corps préfectoral

Son père, François Rastel (mort en 1966), est fonctionnaire des PTT. Après ses études au lycée Henri-IV, il fréquente la faculté de droit de Paris et obtient un doctorat en droit.

En 1931, reçu le plus jeune au concours de l'Administration centrale des finances, il débute comme rédacteur au ministère des Finances, accède au poste de sous-chef de bureau en 1938. Il est l'auteur d'un ouvrage consacré aux controverses doctrinales autour du bimétallisme au , dans les mêmes années.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est chef de bureau en 1943, toujours au ministère des Finances puis sous-directeur en 1944, tout en participant à la résistance.

Les Ardennes, le corps préfectoral et le gouvernement Peu après la Libération, il devient préfet des Ardennes en , prenant en main rapidement l'administration de ce département deux mois après le départ des occupants, et rassemblant les forces civiles républicaines et les différents partis. Il succède à Marc Scaillierez.

En , les Allemands tentent une contre-offensive dans les Ardennes belges, limitrophes. Le canon tonne encore, et la menace est très sérieuse. C'est la bataille des Ardennes, du au . Une union sacrée se constitue autour du pouvoir préfectoral, qu'il incarne, pour affronter cette situationActes de colloque, Le Rétablissement de la légalité républicaine (1944), Fondation nationale Charles de Gaulle, 1996 - 904 pages.

Son rôle dans ce département encore sensible est cité pour son caractère exemplaire par le ministre de l'Intérieur, Adrien Tixier, au conseil des ministres. Il s'agit de venir en secours aux populations, d'approvisionner ces populations, et de permettre progressivement la reprise du travail. Il y gagne la qualification, localement, de « préfet de la Remise en marche ».

Il faut également veiller au rétablissement d'un État républicain, en ramenant progressivement le Comité départemental de libération, représentant localement la résistance intérieure française, à un rôle consultatif. Ce comité était entré en conflit avec son prédécesseur, jugé trop tiède sur ce sujet délicat de l'épuration et avait obtenu son départ. Pour autant Georges Rastel maintient une ligne de strict respect de l'état de droit et de la justice, activant comme son prédécesseur la vigilance de ses services pour éviter les exécutions extra-judiciaires et les actes vengeurs, ce qui est particulièrement réussi dans le département des Ardennes (Extraits sur le site du Centre national de documentation pédagogique, lire le chapitre sur les exécutions en région Champagne-Ardenne).

En , il quitte les Ardennes et devient préfet de la Loire-Inférieure, alors que la poche de Saint-Nazaire vient à peine d'être reprise à l'occupant allemand, retrouvant ainsi une situation proche de celle connue dans les Ardennes. Il revient ensuite dans l'administration centrale, en étant nommé directeur du service des alcools au ministère des Finances en 1946.

Il est brièvement membre du gouvernement Ramadier I, en tant que haut commissaire à la distribution, du au portant nomination du haut commissaire à la distribution. délégant un préfet dans les fonctions de secrétaire général du ravitaillement., où il a la tutelle des services du ravitaillement, dans un contexte de pénurie et de restrictions. Il est ensuite nommé conseiller d'État en service extraordinaire pendant un an, d' à .

Puis il est à nouveau nommé dans la préfectorale, en devenant préfet d'Eure-et-Loir (1948-1951).

Candidatures à des élections nationales

Lors des élections législatives du 17 juin 1951, il se présente sous l'étiquette de l'Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR, parti animé notamment par René Pleven et François Mitterrand) dans le département d'Eure-et-Loir. Situé en seconde position sur la liste présentée par le parti radical et radical-socialiste, l'UDSR et le Rassemblement des gauches républicaines (RGR), il est élu avec sur et exprimés.

En , il est nommé membre de la commission de la production industrielle.

Mais son élection est invalidée en , en raison de l’incompatibilité de son mandat parlementaire avec l’activité de préfet de son département d’élection exercée peu de temps avant. Il a participé cependant en à deux votes importants avant cette invalidation, en s'exprimant contre la proposition relative à l'échelle mobile des salaires en et contre les lois Marie et Barangé d'aide à l'enseignement privé.

Le , il est de nouveau candidat à une élection partielle, mais n’est pas élu.

Sous la Cinquième République, aux élections de novembre 1958, il est candidat radical aux législatives dans la deuxième circonscription d'Eure-et-Loir. Il subit un nouvel échec, n'arrivant qu'en deuxième position au second tour derrière le candidat UNR Edmond Thorailler. Il obtient au second tour () contre (), sur exprimés.

Il se focalise dès lors sur des fonctions politiques locales, en reprenant sa carrière de fonctionnaire.

Carrière d'élu local et retour dans l'administration

Élu conseil municipal de Dreux en 1953, il en est le maire de 1959 à 1965, succédant à Maurice Viollette, et conseiller général du canton.

Tout en étant maire de Dreux, il reprend sa carrière dans l'administration en étant trésorier général de l'Algérie en 1960L'Écho républicain de la Beauce et du Perche, 11 août 1960 : "M. Georges Rastel, maire de Dreux, est nommé trésorier général de l'Algérie" , puis du Loiret en 1961. En 1963, il devient trésorier général coordonnateur pour la région Centre puis, de 1968 à 1976, trésorier-payeur général du Pas-de-Calais.

Il a par ailleurs une vie associative active, assurant successivement les fonctions suivantes : Président d'honneur de l'Automobile-Club des fonctionnaires et assimilés, Vice-président national des organisations des fonctionnaires de la Résistance, Président d'honneur du Cercle d'éducation populaire de Chartres et Président d'honneur des auberges de jeunesse d'Eure-et-Loir.

Famille thumb|285px|La tombe de Georges Rastel au cimetière de Saint-Ange-et-Torçay (Eure-et-Loir).

Sa femme est chirurgien-dentiste.

Il a trois enfantsL'Indépendant d'Eure-et-Loir, 3 octobre 1948, p.1., dont Françoise qui en 1967 épouse à Saint-Ange-et-Torçay Guido Galtieri, italien, attaché à l'Institut italien de culture à Rio de Janeiro et Franklin qui en 1972 épouse à Féron Marie-Paule Rambeaud, originaire d'Hautmont.

Georges Rastel meurt le à Vernouillet (Eure-et-Loir) dans sa quatre-vingt-troisième année. Il est inhumé au cimetière de Saint-Ange-et-Torçay où il possédait une résidence secondaire.

Récompenses Georges Rastel est titulaire des décorations suivantes :

. Médaille d'or de l'éducation physique et des sports, qui donne droit en 1956 au titre d'

Œuvres Les Controverses doctrinales sur le bimétallisme au , Imprimerie Les Presses modernes, 1935 - 198 pages Jeux fiscaux, Deux Rives, 1953 - 175 pages

Notes et références

Voir aussi

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