Kula Shaker est un groupe de rock psychédélique britannique, originaire de Londres, en Angleterre. Il est formé en 1995 par Crispian Mills et Alonza Bevan, et mené par ce premier.. Le groupe obtient le succès dans son pays entre 1996 et 1999, se classant dans divers Top 10 de l'UK Singles Chart, avec des morceaux comme Tattva, Hey Dude, Govinda, Hush, et Sound of Drums. Le premier album du groupe, K, atteint la première place de l'UK Albums Chart.
Kula Shaker se sépare en septembre 1999, mais se reforme en 2004 pour les sessions de la compilation School of Braja. Ils réfléchissent alors à un retour officiel, qui ne se fera pas avant 2006.. Leur troisième album, Strangefolk, est publié en 2007, et leur quatrième, Pilgrims Progress, en 2010. Le groupe revient d'une tournée à guichet fermé avec l'album K 2.0 en 2016.
Biographie Origines et formation Jay Darlington est né le . On ne sait que très peu de choses sur son enfance si ce n’est qu’il a quasiment toujours joué des claviers et ce, depuis son plus jeune âge. Il est d'abord graphiste avant d’intégrer une formation musicale.
Né dans la banlieue ouest de Londres le dans une famille d’origine galloise, Alonza Bevan va découvrir la musique en jouant différents instruments dont le piano mais aussi la basse..
Paul Winter-Hart est né le à Glastonbury dans une famille de musiciens, son père était batteur dans un groupe de jazz et c’est naturellement qu’il se placera derrière les caisses.
Crispian Mills est né le dans une famille célèbre puisque sa mère n’est personne d’autre que l’actrice Hayley Mills, qui a joué dans des films comme Pollyanna ou Parent Trap, et son père, le metteur en scène Roy Boulting qui quitte le domicile familial lorsque son fils avait deux ans. « C’est la raison pour laquelle je ne porte pas son nom. Il a été marié six fois et je suis le septième de ses fils ». Il est également le petit-fils de l’acteur Sir John Mills. S’il y a une chose qui l’a marqué durant son enfance, c’est la première fois où il a pénétré dans un temple de l’Association internationale pour la conscience de Krishna. « J’étais avec ma mère lorsqu’elle visitait ce temple à Watford. Je devais avoir onze ans. Il y avait une puissante énergie, mais il y avait aussi ces gens bizarres avec leurs robes et je voulais juste m’enfuir. Ça m’a affecté. »
Vers 17 ans, Mills rencontre Alonza Bevan sur les bancs du Richmond College. Ils décident de jouer dans un groupe appelé Objects of Desire, et de tenir en même temps une boîte de nuit psychédélique, The Mantra Shack, à l’arrière de la patinoire de Richmond.
À 22 ans, Mills décide de partir en Inde et se rend à Mayapur sous la « tutelle » d’un certain Mathura, un « voyageur à son compte et mystique par la même occasion ». Étudiant rencontré à Richmond, Mathura serait, selon Mills, un « dénonciateur » des libertés en Extrême-Orient, un moine et un « conspirateur révolutionnaire » doté d’un passé dans un goulag sibérien. Interviewé par l’hebdomadaire musical Select, Mathura explique les motivations qui ont poussé Mills à se rendre dans les montagnes indiennes : « Je l’ai aidé à étudier les enseignements d’un mystique indien appelé Chaitanya. Il est revenu en Angleterre complètement transformé. »
À son retour, Mills et Bevan mettent en place un autre groupe appelé The Kays. Les deux vivent désormais ensemble dans Swiss Cottage et passent leur temps à écouter de la musique classique indienne et faire des recherches sur la légende arthurienne. Pour compléter le groupe, ils font appel au batteur Paul Winter-Hart et à Saul Dismont, le cousin de Crispian Mills, pour le chant. Dismont initie le reste du groupe à toutes sortes de symboles et leur explique en quoi la lettre K est « magique », puisqu'elle représente les rois dans le passé et qu’on la retrouve également dans les noms de Krishna ou Kennedy. L’autre occupation qui unit les membres dans leur collocation est l’enseignement de la magie par l’intermédiaire d’Aleister Crowley (initiateur, notamment, de Jimmy Page). D’après Mills, tout cela était « une réalité folle. On croyait qu’on était des chevaliers dans des écuries, se tenant prêts pour la bataille finale. »
The Kays se rend au festival de Glastonbury de 1993 pour se produire pour la première fois et joue une heure d’acid-rock incluant leur morceau fétiche sur scène, Govinda. L’avenir du groupe est encore incertain, partagé entre rêves de musiciens et réalité parfois difficile. Mills, par exemple, travaille auprès de Harris, un organisme qui prépare des sondages électoraux, en tant que « prospecteur de marché ». Il décrit plus tard ce petit boulot en ces quelques mots : « c’était comme être Robin des Bois, avec la vérité. »
Le groupe connaît cependant du mouvement au sein de ses membres, puisque Dismont quitte le groupe pour une carrière de DJ à Londres, laissant du coup le chant à Mills alors qu’arrive Jay Darlington, un claviériste. Beaucoup plus âgé que le reste de la formation, il a officié précédemment dans des combos mods sans rencontrer le succès. Il colle bien à l’image du groupe, puisqu’il a renoncé au plaisir, au profit d’une expérience astrale.
Origine du nom À la fin de l’année, le toujours mystérieux Mathura rend visite au groupe, appelé alors The Lovely Lads, dans son appartement londonien. Il est accompagné d’un ami américain, un adepte du culte de Krishna qui a vécu avec John Lennon et qui leur parle pour la première fois de Kula Sekhara.. « Il nous a expliqué en fait comment le vrai Kula Sekhara était un mystique du neuvième siècle et un empereur », se remémore Mills, « une vraie figure. Vers 1994, on ressentait de plus en plus le besoin de disposer d’un nom royal et on a pensé que si on prenait le sien, il veillerait sur nous. Trois mois plus tard, on avait signé un contrat. »
Après une année entière passée à jouer dans des pubs et à mettre au point quelques compositions, tout en tentant de décrocher un contrat durable, Kula Shaker semble se stabiliser aussi bien musicalement que socialement. Au printemps 1995, après l’expiration d’un contrat les liant à Gut Reaction Records, tout s’enchaîne : « Ils nous ont traités comme de la merde. On vivait tous ensemble et la tension retombait sur nous. Je me souviens être parti à Liverpool, et recevoir ce vrai réveil spirituel. C’était au moment où on a changé de nom ». Ils adoptent ainsi vers le milieu de l’année le nom qu’ils ne quittent plus par la suite, en référence à Kula Sekhara.
Premiers singles (1996) vignette|gauche|Crispian Mills en 2007.
Après avoir fait un show à Manchester lors du concours In the City, le groupe signe finalement un contrat avec Columbia en novembre. C’est à ce moment-là que le quatuor met en boîte Tattva, un morceau promotionnel destiné à livrer aux radios et autres promoteurs de concerts un aperçu de la musique du groupe. Sorti en édition limitée en à exemplaires, le résultat est plus que probant et la carrière du groupe est lancée. Mills, de plus en plus confiant et sûr de lui déclare : « Je pense que nous représentons une force pour la révolution de la jeunesse. Nous bouleversons le système à travers le système. Une importante révolution culturelle et spirituelle est en marche mais un tas de gens en sont déjà exclus. Il n’y a aucune compréhension de la magie. Nous sommes devenus partie intégrante de cette machine dégoûtante qui crée la mort et la destruction et nous devons reconnaître qu’il existe un pouvoir supérieur que nous ne contrôlons pas. Si nous ne faisons pas attention, cette civilisation entière va être entraînée sous les océans. Nous savons que les gens vont penser que nous sommes fous, mais ce serait vraiment regrettable qu’il n’y ait pas de résistance. Ça fait partie du jeu. On adore ça. Nous sommes les chevaliers à la recherche du Graal et tout cela correspond à une joute. Les chevaliers aiment jouter. »
Pour autant, la signature du contrat avec Columbia ne modifie pas vraiment le quotidien des quatre, comme l’explique Bevan : « Même après avoir été signés, on vivait encore ensemble, à l’exception de Jay et on s’adonnait toujours autant à des pratiques sexuelles bizarres... Nous formons tous une grande famille ». Devenus végétariens convaincus - « parce qu’en ces temps de merveilleuses technologies et de communication, il apparaît idiot de continuer l’action barbare consistant à manger nos créatures amies », dit Mills en 1999 - les membres du groupe semblent avoir réellement trouvé un équilibre entre leur personnalité et leur musique.
Tattva atterrit entre les mains de Mark Radcliffe, DJ et présentateur d’une émission sur BBC2, qui déclare publiquement avoir été stupéfait par ce morceau. Encouragée par les réactions qui accompagnent le disque, Columbia prévoit d’enregistrer le premier véritable single de Kula Shaker et de le sortir rapidement. C’est ainsi qu’est mis en vente, le , Grateful When You’re Dead/Jerry Was There, une composition originale qui se hisse à la des charts britanniques. Le titre pose la question d’un hommage au groupe californien The Grateful Dead. Le guitariste déclare alors : « Où placer le Grateful Dead dans cette histoire ? C’était étrange. Le truc à propos de la chanson, c’est qu’on n’avait pas l’habitude de la jouer. On a fait Grateful When You’re Dead environ trois semaines avant que Jerry Garcia ne décède et quand il est mort, on a tous pensé que la deuxième section « Jerry Was There » donnait le frisson parce qu’on avait juste commencé à la jouer. » Pour un premier effort, le disque fait mouche, ce qui permet aux Londoniens de recevoir une invitation officielle pour participer à la célèbre émission de télévision de Chris Evans, The White Room. Bevan peine à s’expliquer ce succès : « Je ne comprends pas pourquoi. La britpop, c’était criant, c'était plutôt un truc d’adolescents et on est venus proposer un truc un peu différent, donc j’imagine que ça a tenu bon. C’était le bon moment ». À l’occasion d’interviews, Kula Shaker se livre sur ses influences musicales « The Beatles, Love, Yes, Uriah Heep, Caravan et bien d’autres comme Steppenwolf, quelle moustache ! », tout en précisant qu’ils ne recommandent pas d’albums particulier de The Grateful Dead car « c’est une musique qui se vit en concert, entre le groupe et le public. »
En mai, commencent les sessions en vue d’enregistrer le premier album du groupe, sous la houlette de John Leckie, producteur expérimenté qui s’est fait un nom auprès de Pink Floyd, XTC, Simple Minds ou plus récemment, The Stone Roses. Parallèlement à ces séances est mis sur le marché, en juin, un deuxième single, Tattva qui, bien que déjà proposé au début de l’année à l’état de démo, décroche une quatrième place dans les charts. Ce succès surprend : « On n’était pas en Angleterre (...) quand c’est arrivé, on n’a pas eu de temps pour sortir le champagne », déclare le bassiste. Mills se veut plus sarcastique : « On était en Allemagne à regarder l’équipe de foot anglaise perdre... ce qui a presque tué Paul. On décroche un tube et notre batteur commence à faire des trucs de rock star... ». Le morceau combine une musique indienne et un rock puissant, tout en faisant preuve d’un certain classicisme, une formule qui fait mouche. La guitare de Mills surprend mais, en fait, c’est tout le groupe qui bluffe les observateurs par ses aptitudes musicales. Le single comprend un refrain chanté en sanskrit.
Profitant de l’engouement qui s’empare du groupe en Angleterre, Columbia enchaîne et, entre deux séances d’enregistrement et trois dates, fait paraître un troisième single, Hey Dude, à l’esprit rock. Un morceau accrocheur qui titille le sommet des charts sans pour autant atteindre la première place. Avec ce tube, la sortie de l’album tant attendu s’annonce sous les meilleurs auspices et il ne fait qu’accentuer la curiosité du public et l’admiration d’une presse qui voit ses protégés de la britpop se perdre les uns après les autres.
K et controverse (1996)