Marguerite Huré (1895-1967) est une artiste peintre et une maître-verrier française. Elle est considérée comme l'introductrice de l'abstraction dans le domaine du vitrail religieux.

Biographie Marguerite Félicie Augustine Huré est née rue Michel Bizot à Paris ( arrondissement) le d'un père employé dans les assurances et d'une mère sans professionActe de naissance, Archives de Paris, (consultable en ligne). L'année de naissance qui figure dans le Bénézit, reprise dans plusieurs ouvrages, est erronée..

Elle s'initie au dessin à l'Académie Julian et suit les cours du sculpteur Laurent Marqueste à l'École des beaux-arts de Paris de 1914 à 1919. Surnommée Plum ou La Jeune Fille à la pipe, elle partage alors un atelier au 86 rue Notre-Dame-des-Champs avec Renée Trudon et Jeanne Malivel, qu'elle choque par son apparence et son style ostensiblement masculinsAr Seiz Breur 1923-1947, p.13. .. Elle étudie ensuite l'art du vitrail auprès du peintre verrier Émile Ader, et rencontre Maurice Denis dont elle revendique l'influenceInstitut national de l'histoire de l'art, notice Marguerite Huré, consultable en ligne. Du choix du vitrail comme art, elle dira :

Les Dimanches de la femme, 13 octobre 1929, consultable en ligne.

Elle fonde son propre atelier en 1920 ; en 1926, il est situé au 12 rue François-Guibert (Paris, arrondissement). Puis Auguste Perret lui fait construire un atelier lumineux au 25 rue du Belvédère à Boulogne-BillancourtCité de l'architecture, Plans de la résidence atelier de Marguerite Huré, consultable en ligne - juste à côté de l'atelier de Dora Gordine, où Marguerite Huré travaille de 1929 à 1939. alt=Une des façades de l'Eglise Notre-Dame du Raincy avec ses vitraux aux motifs géométriques violets et roses, réalisés par Marguerite Huré|gauche|vignette|300x300px|Vitraux aux motifs géométriques de l'Eglise Notre-Dame du Raincy réalisés par Marguerite Huré Elle collabore, en particulier dans le cadre des Ateliers d'art sacré, rue Notre-Dame-des-Champs, avec des artistes comme Maurice Denis, George Desvallières, Marie Alain Couturier, Valentine Reyre ou Jean Bazaine, et avec de nombreux architectes, notamment Auguste Perret. Ce dernier la fait intervenir sur l'Église Notre-Dame du Raincy, la chapelle de l’école de la Colombière à Chalon-sur-SaôneMarie-Thérèse Suhard, « La chapelle de la Colombière : Auguste Perret à Chalon », revue Images de Saône-et-Loire, n° 197, mars 2019, pages 22 à 24. et sur l'église Saint-Joseph du Havre.

En 1933, elle reconnaît avoir vendu en 1928 à un collectionneur américain, pour des raisons financières, les vitraux de l'église de Fécamp qu'elle était chargée de restaurerLe Journal, 26 novembre 1933, consultable en ligne ; Le Petit Parisien, 26 novembre 1933, consultable en ligne ; Journal des débats politiques et littéraires, 20 novembre 1933, consultable en ligne.

Fière de son indépendance dans un milieu masculinComœdia, 10 avril 1926, article en ligne sur Gallica et renommée, la jeune femme en salopette qui fume la pipeBien que la presse et les articles concernant Marguerite Huré n'évoquent jamais sa vie personnelle, plusieurs faits laissent à penser que Marguerite Huré était lesbienne : les multiples portraits faits par les journaux, le fait qu'elle vivait à Boulogne-Billancourt entre 1931 et 1936 avec Valentine Cordier (recensements de population de Boulogne-Billancourt) et qu'elle ne se soit jamais mariée, ou encore que sa seule héritière et dépositaire de son fonds d'artiste est Marcelle Lecamp, artiste-verrière avec qui elle travaille après la Seconde Guerre mondiale. intrigue et la presse contemporaine lui consacre de nombreux portraits : Comœdia, Le FigaroLe Figaro, Marguerite Huré, "maître-verrier", 16 novembre 1930, article consultable en ligne, Les Dimanches de la femmeLes Dimanches de la femme, 28 avril 1929, consultable en ligne et 13 octobre 1929, consultable en ligne, L'IntransigeantL'Intransigeant, 20 décembre 1930, consultable en ligne, Le GauloisLe Gaulois, 28 mai 1929, consultable en ligne, La CroixLa Croix, 27 avril 1926, consultable en ligne et 14 mai 1929, consultable en ligne, Le JournalLe Journal, 26 décembre 1928, consultable en ligne.

Après la guerre, elle travaille avec Marcelle Lecamp (1910-2000), également maître-verrier, qui deviendra sa compagne et son héritièreVéronique David, Carole Bouvet, « Le fonds d’atelier de Marguerite Huré au musée des Années 30 de Boulogne-Billancourt », in In Situ, n° 4, mars 2004, article en ligne.

Marguerite Huré meurt à Paris le . Le fonds des 2 artistes Marguerite Huré et Marcelle Lecamp est conservé au musée des Années TrenteINHA, notice du fonds, consultable en ligne.

La « brique Huré » Elle a notamment mis au point la « brique Huré »Brevetée sous le numéro 303 775, délivré le 22 octobre 1930., une brique creuse blanche dont les extrémités sont munies de feuillures et reçoivent un verre incolore du côté intérieur et coloré à l'extérieur, permettant de jouer sur les reflets lumineux pour créer une ambiance colorée. Son procédé n'a cependant eu que peu de succès puisqu'il n'a été utilisé que dans l'église Notre-Dame-des-Missions d'Épinay-sur-Seine et à l'église Sofar au Liban, édifiée par l'architecte libanais Edde et aujourd'hui détruite.

Hommages

Un jardin du , dans son quartier de naissance, porte son nom, le jardin Marguerite-Huré.

Œuvres

Église Notre-Dame du Raincy. Chapelle de l’école de la Colombière à Chalon-sur-Saône Église Saint-Joseph du Havre Vitraux de l'église saint Budoc à Beuzec-Conq, Finistère, 1923-1926 église de la Trinité de Fécamp église Notre-Dame-des-Missions d'Epinay-sur-Seine (verrière réalisée à partir d'un dessin de Valentine Reyre présentée à l'Exposition coloniale internationale de Vincennes en 1931 avant d'être installée à Epinay-sur-Seine) Vitraux de la crypte de l'église Notre-Dame-de-Toute-Grâce du plateau d'Assy Vitraux de l'église Sainte-Foy à Burzy en Saône-et-Loire Burzy consultable en ligne)Burzy(71), consultable en ligne (Notre-Dame du monde entier, Le Bon Pasteur et deux représentations de Sainte-Foy). Vitraux de la chapelle du Petit séminaire du Sacré-Cœur de Voreppe (Isère, 1932-1933). Lycée Jean XXIII aux Herbiers (Vendée)

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Yves Sjöberg, « Marguerite Huré, une vocation féminine de maître-verrier », in La Croix, 11-. P. 7. L’art sacré au XXe siècle en France, éd. Musée municipal de Boulogne-Billancourt, 1993. Véronique Chausse, « Marguerite Huré ou la passion du vitrail », in Revue de la céramique et du verre, mars-, n° 99, pp40-43. Véronique Chausse, Marguerite Huré et le décor des claustra entre 1924 et 1933 : contribution à la modernité, édition ? Martine Callias Bey, Marguerite Huré et l’affaire des vitraux volés de l’abbatiale de Fécamp, Annales du Patrimoine de Fécamp, n° 8, éd. Fécamp Terre-Neuve, 2001. pp52-55. Véronique David, « Marguerite Huré », in L’Encyclopédie Perret, IFA, Paris, Monum, 2002. Véronique David, « Marguerite Huré, précurseur de l’abstraction dans le vitrail religieux », in InSitu, n°3, printemps 2003, article en ligne Véronique David, Carole Bouvet, « Le fonds d’atelier de Marguerite Huré au Musée des Années 30 de Boulogne-Billancourt », in In Situ, n° 4, , article en ligne Marie Alain Couturier, « Bilan de l’époque 1920-1940 », in L’Art Sacré, mars-, n°3-4. p65 Maurice Brillant, « La jeune fille à la pipe et les vitraux du Raincy », in Comœdia, , article en ligne sur Gallica. Association des Anciens du Sacré-Cœur, de la Jacquinière et des Portes de Chartreuse de Voreppe (ASCV), Marguerite Huré et les vitraux du Petit Séminaire de Voreppe, consultable en ligne

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