La Puisaye []Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, . ou Puissaie, aussi appelée , est une région naturelle française située dans trois départements et deux régions : le Loiret (Centre-Val de Loire), la Nièvre et l'Yonne (Bourgogne-Franche-Comté). Ses habitants sont appelés Puisayens ou .

Dans la France de l'Ancien Régime, elle se trouvait aux confins de l'Orléanais (duché d'Orléans), du Nivernais (duché de Nevers) et de la Bourgogne (ancien duché de Bourgogne).

Ses principales villes sont Gien, Briare et Saint-Fargeau.

La Puisaye, dont l'image traditionnelle est un paysage de forêts et d'étangs dans de petites vallées verdoyantes, est particulièrement connue comme le pays d'origine de l'écrivain Colette (Gabrielle Sidonie Colette, 1873-1954), née à Saint-Sauveur-en-Puisaye (Yonne), qu'elle évoque dans ses ouvrages autobiographiques, Les Vrilles de la vigne et Sido.

Géographie thumb|left|Carte des limites de la Puisaye par G. Goujon

La Puisaye est située à l'est de la vallée de la Loire au niveau de Gien et Briare, c'est-à-dire en amont d'Orléans, au début du coude de la Loire en direction de l'ouest.

Délimitation traditionnelle Pays qui ne répond à aucune circonscription administrative ou religieuse, actuelle ou passée, la Puisaye a cependant été décrite et délimitée dans plusieurs coutumes., atlas.Carte du Gâtinais et du Sénonais, éditée en 1544 par J. Boisseau, citée dans . et études... Les limites qui y sont décrites sont, au sud (dans la Nièvre), une ligne suivant Saint-Vérain, Dampierre-sous-Bouhy, Treigny, Sainte-Colombe-sur-Loing, Sougères ; à l'Est, Fontenoy, Lalande jusqu'à l'Ouanne et Toucy ; à l'Ouest, . soit Arquian, Thou, Dammarie-en-Puisaye, Batilly-en-Puisaye (dans le Loiret). La limite nord court de Toucy, Grandchamp, Champignelles, Le Charme, Rogny-les-Sept-Écluses, entre Yonne et Loiret.

Le canton de Charny dans l'Yonne comprenant Saint-Martin-sur-Ouanne, comme Parly, sont cependant souvent également cités comme faisant partie de la Puisaye, dans les ouvrages postérieurs à 1945La Puisaye, étude démographique et économique. Institut d'économie régionale Bourgogne-Franche-Comté, Dijon, 1966..

Liste des communes faisant partie de la « région agricole de Puisaye » (définie en 1946) thumb|center|En vert pâle (en bas à droite), la petite région agricole de Puisaye dans le département du Loiret.

En 1946, le ministère de l'agriculture découpe le territoire national en régions agricoles. Ces circonscriptions regroupent des communes formant une zone d'agriculture homogène.. La Puisaye constitue l'une de ces régions. Elle regroupe depuis lors 65 communes de l'Yonne, du Loiret et de la Nièvre. :

Département de l'Yonne

Département du Loiret

Département de la Nièvre

Voies de communication et transports La Puisaye est traversée par la route départementale 965 reliant Auxerre au nord-est à la vallée de la Loire au sud-ouest via Toucy et Saint-Fargeau. Elle est située entre les autoroutes A6 au Nord-Est (sortie 20) et A77 au Sud-Ouest (sorties 20, 21 et 22) Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées. Vous pouvez bouger la carte (cliquer et maintenir, bouger), zoomer (molette de souris ou échelle de l'écran), moduler la transparence, désactiver ou supprimer les couches (= cartes) avec leurs échelles d'intensité dans l'onglet de "sélection de couches" en haut à droite, et en ajouter depuis l'onglet "Cartes" en haut à gauche. Les distances et surfaces se mesurent avec les outils dans l'onglet "Accéder aux outils cartographiques" (petite clé à molette) sous l'onglet "sélection de couches"...

Elle est aussi traversée par la Route Buissonnière, qui relie Fontainebleau à Lyon, portée à cet endroit par la RD 950 (ancienne route nationale 450).

La ligne ferroviaire de Triguères à Surgy, déclassée de Charny à Surgy, est utilisée par le train touristique de Puisaye entre Villiers-Saint-Benoît et Fontenoy..

Climat Le climat est semi-continental. Les hivers sont souvent froids et humides. Il n'est pas rare de voir de la neige tenir au sol durant plusieurs jours. Sur les plateaux, des congères peuvent se former. Les printemps sont relativement doux et les étés souvent chauds et orageux. La chaleur estivale peut toutefois être tempérée par des vents d'ouest. Les 4 saisons sont bien marquées et les pluies fréquentes ainsi que les sols argileux sont favorables aux cultures et aux pâturages.

Géologie Les contrastes sont marqués entre le centre et le Nord dont le sous-sol crayeux permet la culture et le Sud-Est et l'Est installés sur les sables et les argiles du crétacé inférieur qui présentent un paysage de bocage.

Le grès ferrugineux est également une caractéristique géologique de la Puisaye, qui se retrouve dans l'habitat traditionnel.

Hydrographie thumb|Le lac du Bourdon La Puisaye est située à cheval sur les bassins versants de la Loire et de la Seine..

Plusieurs rivières traversent la région. Le Loing, affluent de la Seine en rive gauche, prend sa source à Sainte-Colombe-sur-Loing. L'Ouanne, un affluent du Loing, le Branlin, un affluent de l'Ouanne et l'Agréau, un affluent du Branlin, traversent également le territoire.

La Puisaye comprend aussi des mares et des étangs tels que ceux de la Grande-Rue, des Blondeaux, de la Tuilerie, de la Cahauderie, de la Gazonne, Lélu, de Potieux, de Moutiers, de Charmoy, de Guédelon, de Chassin et des Barres.

Le lac du Bourdon d'une superficie de constitue une réserve naturelle et une base de loisirs..

Toponymie

Puisaye est attesté sous différentes formes : Poiseia, Puseio, Pusceia au ( siècle), p. 261. ; Poiseia (1147) ; la Poisoie (1325) ; Puseya (1328) ; Posoye (1314) ; Puysoie (1509)...

Peut-être d'un primitif *Putis(i)aca, nom en -(i)acum, suffixe d'origine gauloise au féminin, précédé d'un élément obscur. Cependant, l'hypothèse d’un dérivé du substantif , homonyme de La Puisaye, nom d'une commune de l'Eure-et-Loir (anciennement puis) est mieux documentée. Le suffixe est identique, soit le suffixe collectif d'origine latine et gauloise -atum ou celui d'origine gauloise -acum comme dans Le Puiset-Doré (Maine-et-Loire, Puziatum, Puziacum 1052 - 1082), mais au féminin. D'où le sens global d'« ensemble de puits », par extension « de sources », « de zones humides » ; cette région argileuse est riche en étangs et c'est probablement le sens qu'il conviendrait de donner à ces puits..

Histoire Préhistoire

Antiquité Aux temps de la Gaule celtique, la région était sous la domination de la tribu gauloise des Sénons. Il semble qu'à l'époque de la conquête romaine durant la Guerre des Gaules, la région soit une forêt. où le travail du fer semble être une activité majeure.

Moyen Âge Les premières traces de l'existence de Saint-Fargeau, datent du dans le testament de Vigile d'Auxerre alors évêque d'Auxerre..

En 841 s'est tenue la bataille de Fontenoy-en-Puisaye.

La région semble s'être maintenue à l'écart de l'organisation féodale jusqu'au .. Héribert d'Auxerre († 996 ou après), évêque d'Auxerre et fils naturel d'Hugues le Grand duc de Bourgogne, fait construire les châteaux de Saint-Fargeau et de Toucy, symboles de l'avènement de la féodalité dans la région..

Au , les fiefs s'organisent, plusieurs châteaux sont édifiés. Les moines de l'abbaye voisine de Fleury à Saint-Benoît-sur-Loire viennent dans la région pour y bâtir un monastère à Villiers-Saint-Benoît.. Les premiers établissements agricoles sont fondés par des religieux, structurant le territoire et créant des foyers de peuplement..

En 1194, un bailli royal est localisé à Sens. Il est le premier du domaine royal à être ainsi localisé alors que l'institution est connue depuis 1184. Le bailliage de Sens comprend à l'époque médiévale Melun, Nemours, Courtenay, Auxerre, le Donziois, la Puisaye, le Tonnerrois, la région de Langres jusqu'à la Saône, d'importants éléments du Barrois Mouvant, le Nord-Ouest troyen, des éléments épars près de Châlons-en-Champagne.

Temps modernes En 1789, l'abolition des privilèges est proclamée au nom du peuple par les révolutionnaires qui imposent alors le partage des biens communaux (prés, mais aussi bois). Ceci encourage de nombreux riverains à se servir anarchiquement dans ce qui reste des anciennes forêts ; restes qui sont selon les rapports des préfets de départements de l'époque très rapidement surexploités, dévastées, et parfois brûlées pour en revendre la cendre comme engrais, quand on n’y prend pas également l’humus pour le mettre sur les champs. Les paysans vont en nombre se servir en forêt au point qu’il serait dangereux de s'y opposer explique le préfet de l’Ariège.

Le député (et membre du comité d'agriculture) Jean-Baptiste Rougier de La Bergerie relaye alors vainement auprès de l’Assemblée les vives réclamationsNombre de ces documents ont été réunis par (voir pour les plaintes envoyées au gouvernement révolutionnaire, et pour les rapports envoyés à la Convention de 1793 à 1794). remontées par les administrateurs de presque tous les départements concernant les effets dramatiques du déboisement, sur l’agriculture, le régime des eaux, l'érosion, le climat et la santé, ou sur l’Économie. Tous les rapports prédisent une grave crise sociale, agricole, économique et dirions nous aujourd’hui « écologique » si rien n’est fait pour stopper l’arasement et le défrichement anarchique des bois et forêts.

En 1804, Le préfet de l'Yonne, M. de la Bergie, comme la plupart de ses collègues des autres départements. alerte le ministre de l'intérieur et le gouvernement quant aux effets dévastateurs du défrichement, y compris dans la Puisaye (ici nommée Puissaie) : .

Le paludisme, alors très présent, disparaît de la région à la fin du ..

Histoire administrative Circonscriptions administratives et fiscales L'hypothèse de la Puisaye héritière d'un second municipe de la cité d'Auxerre existant au a été envisagée, mais sans éléments décisifs.

Le nom de Pusceia apparaît au . Au Moyen Âge, la Puisaye est partagée entre le pagus senonicus et le pagus autissiodorensis..

En 1285, les seigneurs de Saint-Fargeau s'intitulent seigneurs de Puisaye.

Sous l'Ancien Régime, la Puisaye dépend des bailliages de Gien, Montargis (Rogny, Bléneau, Dammarie, Saint-Fargeau, Mézilles), Orléans, Auxerre (Saint-Sauveur, Toucy, Saint-Amand, Arquian, Bouhy, Treigny), Troyes, Sens, Nevers (Saint-Vérain). et des élections de Gien (Saint-Fargeau, Saint-Amand, Bouhy, Toucy), Tonnerre (Parly), Montargis (Rogny), Joigny (Charny), Clamecy (Saint-Sauveur) et La Charité (Saint-Vérain).

Saint-Fargeau est le siège d'un grenier à sel, dont le ressort déborde sur la région naturelle de Forterre mais ne comprend pas l'Ouest de la Puisaye, ni Treigny ni Toucy..

Bléneau, Saint-Fargeau et Toucy constituent le comté de Saint-Fargeau, qui ne recouvre donc qu'une partie de la Puisaye.

Il a existé un arrondissement de Saint-Fargeau créé par les édits de juin 1787., il fut supprimé lors de la création des départements.

Circonscriptions religieuses La Puisaye relève historiquement presque entièrement du diocèse d'Auxerre jusqu'à la Révolution française. Le Nord de la région, à partir de Dracy, Champcevrais et Rogny, relève de l'évêché de Sens.

Il existait un archidiaconé de Puisaye au moins depuis 1249.. Celui-ci était subdivisé en deux archiprêtrés de Puisaye et de Saint-Bris, au moins dès 1382. L'archiprêtré dit de Puisaye ne comprend ni Toucy, ni Fontenoy.

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