Thuin (prononcé ou ; en wallon Twin ; anciennement en néerlandais : Thuden) est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne, chef-lieu d'arrondissement en province de Hainaut, au cœur de la Thudinie et au confluent de la Sambre et de la Biesmelle. Elle jouxte les communes de Beaumont, Fontaine-l'Évêque, Ham-sur-Heure-Nalinnes, Lobbes, Merbes-le-Château, Montigny-le-Tilleul et Walcourt.
La commune est une capitale de la batellerie puisque bon nombre de propriétaires de péniches en sont originaires et qu'ils choisissent ce lieu de séjour quand sonne l'heure de la retraite. Son beffroi figure au patrimoine mondial de l'UNESCO. C'est également sur le territoire de l'entité, à Gozée, que se situent les vestiges de l'abbaye d'Aulne. La ville est aussi célèbre pour sa marche dédiée à saint Roch.
Toponymie La première attestation de ce toponyme remonte à 868 sous la forme in Tudinio (polyptyque de l'abbaye de Lobbes). Il est formé d'un anthroponyme, Tudo, Theodo (issu du germanique commun *theud « peuple ») ou peut-être Tutus (cognomen latin), et du suffixe -inium et signifie donc « propriété de Tudo, Theodo ou Tutus »Jean-Jacques Jespers, Dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, Lannoo, 2005, ..
Géographie Situation Capitale de la Thudinie, Thuin surplombe le cours de la Sambre et de son affluent la Biesmelle qui ont creusé de profondes vallées. Pour cette raison, l'altitude s'élève de (à l'abbaye d'Aulne) à (sur le plateau de Gozée). Thuin se trouve à la limite de la région limoneuse hennuyère (à l'ouest) et du Condroz (à l'est).
Communes limitrophes
Sections de commune
# Nom Superf.(km²). Habitants(2025) Habitantspar km² Code INS 1 Thuin 15,51 5.984 386 56078A 2 Gozée 18,80 4.113 219 56078B 3 Biesme-sous-Thuin 4,64 592 128 56078C 4 Thuillies 14,23 1.998 140 56078D 5 Donstiennes 4,55 221 49 56078E 6 Ragnies 13,45 436 32 56078F 7 Leers-et-Fosteau 2,01 383 190 56078G 8 Biercée 3,46 1.137 329 56078H
Géographie physique Sur le plan géologique, la ville de Thuin est implantée sur les hauteurs de la vallée de la Sambre et de la Biesmelle sur des couches de grès, de siltites, de shales et de poudingues. Dans les fonds de vallée, le sous-sol est constitué d'alluvions. Plus au sud vers Ragnies et Thuillies, on rencontre des bancs de calcaire orientés d'ouest en est. Les grès quartzitiques ont été jadis intensivement exploités pour la construction dans des carrières situées en rive gauche de la Sambre, au nord de Thuin.
De Thuin à Biesme-sous-Thuin s'étend une zone mêlant prairies et bois, traversée par la Biesmelle, un affluent de la Sambre qui serpente du nord-est au sud-est, avec des ramifications de ses affluents. Au nord, là où les forêts ont été défrichées pour permettre l'installation humaine jusqu'à la Sambre, s'étend une zone bocagère composée de petites parcelles entourant de modestes fermes. Le coteau des Waibes, quant à lui, est particulièrement favorable aux arbres fruitiers.
Relief Le relief de Thuin se caractérise avant tout par un contraste marqué entre plateaux élevés, versants abrupts et vallées encaissées, ce qui donne à la ville son aspect très accidenté et à ses quartiers un positionnement en terrasses. La commune s’étend entre et d’altitude, avec une altitude moyenne d’environ . Cette amplitude importante sur un territoire relativement restreint explique la présence de pentes fortes, notamment autour du centre historique et des jardins suspendus. Thuin domine la vallée de la Sambre, qui entaille profondément le relief. La ville haute repose sur un éperon rocheux qui surplombe la rivière, tandis que les quartiers bas s’étirent le long de la vallée. La Biesmelle, un affluent, contribue également à ce modelé en creusant des vallons secondaires.
Les alentours immédiats présentent des collines verdoyantes et des crêtes boisées, particulièrement visibles en direction de l’Entre-Sambre-et-Meuse. Plusieurs secteurs de la commune, atteignent des altitudes élevées autour de , témoignant d’un relief plus marqué vers le sud-ouest. Enfin, la topographie variée de Thuin explique la présence de nombreux sentiers de randonnée qui exploitent ces dénivelés et offrent des panoramas sur la vallée et les plateaux environnants.
Quartiers, hameaux et lieux-dits vignette|Les jardins suspendus et la vieille ville. Quartiers Ville haute, Ville basse, le Berceau, les Waibes, sont d'anciens bois défrichés où vaigement, sous l'ancien régime, les troupeaux thudiniens, la herde communal. « Waibes » signifiant prés marécageux et la Demi-Lune.
Hameaux vignette|Le bois du Grand Bon Dieu.Le Néspériat, Hauts de Sambre, le Parnasse, Saint-Jean, l'Alouette, les Hauts Trieux, les Marwèles ou les Maroëlles, Ermitage et Hourpes.
Lieux-dits vignette|La vallée de la Biesmelle.Stoupré, Forestaille, le Gibet, Petit Courant, la Celle et La Maladrie.
Bois Bois des Waibes, bois de Biesme, bois de Reumont, bois de la Frégenne, bois Jean Bonival, bois de Fontaine, bois de Lobbes et bois du Grand Bon Dieu. Reconnu comme site de grand intérêt biologique et une partie du site est classé pour sa valeur historique et naturelle. Il est intégré dans la zone verte protégée (Natura 2000) correspondant à la vallée de la Biesmelle qui s'étend de Thuin à Thuillies.
Hydrographie L’hydrographie de Thuin s’organise autour d’un réseau dominé par la Sambre, qui traverse la ville en formant une vallée encaissée caractéristique des cours d’eau wallons. La Sambre y apparaît comme un axe hydraulique majeur, classé parmi les voies navigables gérées par la Direction de l’Exploitation des Voies navigables, ce qui implique un tracé précisément défini et entretenu pour la navigation et la gestion des niveaux d’eau. Autour de ce cours d’eau principal se greffe un ensemble de ruisseaux et affluents secondaires appartenant au Réseau Hydrographique Wallon, dont les axes recensent les cours d’eau non navigables classés en différentes catégories selon leur importance et leur gestion. Ces petits cours d’eau, parfois visibles, parfois souterrains ou intermittents, structurent les versants et zones de ruissellement qui convergent vers la Sambre.
La ville se situe dans un sous-bassin hydrographique où toutes les eaux de ruissellement s’orientent vers un point de convergence, principe même d’un sous-bassin tel que défini par les Wateringues wallonnes. Ce fonctionnement implique que les reliefs entourant Thuin dirigent naturellement les eaux vers la vallée sambroise, en alimentant les ruisseaux locaux et en participant à la dynamique hydrologique du secteur, notamment en période de fortes pluies. L’ensemble s’inscrit dans une gestion régionale intégrée des cours d’eau, où les enjeux d’inondation, de biodiversité et de qualité de l’eau sont pris en compte à l’échelle du bassin.
Enfin, les cartes hydrogéologiques de Wallonie montrent que le sous-sol de la région présente des formations géologiques variées influençant l’écoulement souterrain et la résurgence des eaux. Ces données permettent de comprendre comment les nappes phréatiques locales interagissent avec les cours d’eau de surface, notamment dans les zones de versants abrupts ou de plateaux où l’infiltration joue un rôle important.
Démographie Elle comptait, au , 14 853 habitants (7 246 hommes et 7 607 femmes)http://www.ibz.rrn.fgov.be/fileadmin/user_upload/fr/pop/statistiques/stat-1-1_f.pdf, soit une densité de habitants/km² pour une superficie de km²Ces chiffres reprennent toutes les personnes inscrites dans la commune le premier jour du mois écoulé, quel que soit le registre dans lequel elles sont reprises (registre de la population, registre des étrangers ou registre d'attente)..
Démographie: Avant la fusion des communes
Source: DGS recensements population
Démographie : Commune fusionnée
En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :
Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source : DGS, de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1 janvierhttps://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK
+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993101,11994101,21995101,11996101,31997101,41998101,61999101,92000101,92001102,02002102,42003102,52004102,32005102,22006102,12007102,02008102,42009102,22010102,62011102,02012101,72013102,4201401,42015101,52016101,22017101,92018102,42019102,62020102,62021103,22022104,12023104,22024103,82025103,82026104,1
Histoire
Préhistoire Le territoire de Thuin présente une continuité d’occupation humaine depuis plusieurs millénaires, phénomène largement attribué à la configuration géographique du site. Un vaste plateau d’une quinzaine d’hectares, entaillé par les cours de la Biesmelle et du Ry de la Goulette, ainsi qu’un éperon rocheux dominant le point de rencontre entre la Biesmelle et la Sambre, constituaient des positions naturellement défensives. Ces reliefs, entourés de zones humides, de cours d’eau et de terres fertiles abondantes en ressources animales et halieutiques, formaient un ensemble stratégique situé sur l’axe de circulation du sillon Sambre–Meuse, ce qui explique l’intérêt constant des communautés humaines pour cet emplacement. Au fil du temps, ces atouts ont favorisé l’établissement de groupes sédentaires qui ont progressivement transformé le site en une place fortifiée, dont la fonction militaire s’est prolongée jusqu’à l’époque moderne. Le paysage actuel, demeuré en grande partie fidèle à sa morphologie ancienne, permet encore de percevoir les traces de cette évolution dans la topographie même.
Les premières présences identifiées remontent au Néolithique, période durant laquelle des communautés ont aménagé des habitats protégés par des levées de terre et des palissades. Le mobilier lithique mis au jour pointes, grattoirs, haches atteste d’une activité soutenue entre le et le millénaire av. J.-C., avec un approvisionnement en silex provenant notamment du centre minier de Spiennes. La découverte d’une hache votive en jadéite, probablement originaire des Alpes, témoigne de réseaux d’échanges à longue distance dès le millénaire av. J.-C. L’absence de traces matérielles attribuables à l’âge du Bronze s’explique par la rareté du cuivre et de l’étain dans la région, ce qui a prolongé l’usage de la pierre jusqu’à l’introduction de la métallurgie du fer. De nombreuses traces d'occupations préhistoriques sont présentes dans la commune et aux environs. Lors du chantier de dédoublement de la nationale 59, des fossiles ont été découverts notamment des dents de rhinocéros à narines cloisonnées et de chevaux sauvages. Environ 300 outils en silex et plusieurs centaines d’éclats ont été récoltés lors des campagnes de fouilles de l'Université libre de Bruxelles (ULB) en 2018 et en 2019. « Ces objets se rattachent tous à une époque bien précise du néolithique appelée le « Michelsberg » (4300/4200 à 3700/). Il s’agit principalement de haches et d’herminettes polies, de grandes lames retouchées, de percuteurs, d’armatures de flèches, de tranchets et de grattoirsL'ULB exhume des trésors gaulois à Thuin: https://dailyscience.be/07/10/2019/lulb-exhume-des-tresors-gaulois-a-thuin.
Antiquité vignette|Cruches et urnes funéraires de la nécropole gallo-romaine de Thuin ( et ap. J.-C.), musée royal de Mariemont.