Jules Catoire, né le à Beaurains (Pas-de-Calais) et mort le à Saint-Nicolas (Pas-de-Calais)État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970, est un syndicaliste, résistant et homme politique français.

Biographie Jules Eugène Édouard Catoire naît à Beaurains le , fils de Jules Joseph Catoire, comptable, et d'Amélie Odile Delaigle.

Il fait ses études primaires au collège saint-Joseph d'Arras. Ses parents fuient le département lors de l'exode qui suit l'invasion de la région par les Allemands en 1914. Il est ouvrier agricole, garçon épicier. En 1917, Jules Catoire est engagé comme surveillant au collège de Villers-Bretonneux, dans la SommeOnglet Biographie du site de l'Assemblée Nationale.

Jules Catoire est mobilisé au d’infanterie d’Arras dès 1918 puis au 509 régiment de chars de combat à Lille, il est promu sous-lieutenant en Fiche biographie aux Archives du Pas-de-Calais , puis démobilisé en .

Il se marie en avec Jeanne Ringeval (1904-1992), le couple donne naissance à deux enfants.

Toute sa vie est marquée par son engagement soutenu de syndicaliste chrétien.

thumb|285px|La tombe de Jules Catoire au cimetière de Saint-Nicolas-lez-Arras (Pas-de-Calais).

Il meurt le , à l'âge de 89 ans.

Syndicaliste chrétien Jules Catoire rencontre l’abbé Paul Six au secrétariat social de Lille, puis le directeur des Œuvres diocésaines d’Arras, le vicaire général Paul Hoguet. Démobilisé en , Jules Catoire entre au secrétariat de l’Union des Œuvres catholiques et sociales et le reste jusqu'en 1924. Il est l'un des premiers militants-fondateurs, avec Jules Pruvost, de la CFTC-Mines, fondée le à Allouagne, qui s'appelle d'abord « Syndicat libre des mineurs », et qui devient le fer de lance de l'Union départementale CFTC (confédération française des travailleurs chrétiens) du Pas-de-Calais, avec de fortes personnalités comme Louis Delaby et Louis Beugniez. De 1924 à 1936, Jules Catoire est secrétaire général de l’Union départementale des syndicats libres du Pas-de-Calais puis il est le secrétaire délégué de 1925 à 1950 de la Fédération des syndicats chrétiens des mineurs. Élu membre du bureau confédéral de la CFTC en 1934, il en est le vice-président de 1936 à 1945.

Pendant la guerre, il fait partie de la délégation nationale des syndicalistes chrétiens qui rencontre des responsables de la CGT (Confédération générale du travail) afin de préparer les échéances sociales de l'après-guerre100 figures du Pas-de-Calais, cité dans la bibliographie.

À la fin de la guerre, il est l'un des fondateurs du journal Nord-Éclair à Roubaix

Sa carrière politique prend fin avec sa défaite aux élections de 1958. Il s'investit dès lors dans des activités caritatives. À partir de 1964, après la scission intervenue au sein de la confédération française des travailleurs chrétiens (séparation de l'aile gauche qui va former la confédération française démocratique du travail C.F.D.T.), il travaille à la défense de la C.F.T.C. « maintenue ». Il anime également le groupe de spiritualité des parlementaires français, qu'il a créé avec Noël Barrot en 1956 et va, à ce titre emmener plus de trois cents parlementaires français à Rome rencontrer le pape Jean Paul II, en audience privée, en février-Bruno Béthouart dans Le Maitron, cité dans la bibliographie.

Action dans la résistance Mobilisé comme capitaine de réserve, ce que Jules Catoire est depuis 1935, au de chars de combat à Maubeuge puis dans un régiment de chars de combat en Bretagne,il reste sous les drapeaux du au . Il réagit à l'appel du général de Gaulle : .

Opposé à la charte du travail du 4 octobre 1941 du régime de Vichy, très vite, il s'implique dans la résistance syndicale en participant à la survie clandestine de la CFTC, officiellement dissoute en . Dans la résistance, il porte le nom de code « Dartois », témoignage de son attachement à sa région d'origine, Plus tard, aidé notamment par Joseph Sauty, Louis Delaby et Joseph Martin, il sera responsable de la diffusion des Cahiers du Témoignage chrétien pour le département du Pas-de-Calais"Démocrates chrétiens de la région du Nord dans la Résistance", par André Caudron, dans la Revue du Nord', tome 60, , de juillet à septembre 1978 . Il assurera également la diffusion du journal clandestin La Voix du Nord du mouvement Voix du Nord et s'engage aussi en 1943 au sein de l'Organisation civile et militaire (OCM) dans le Nord-Pas de Calais. Il sera nommé, plus tard, liquidateur du réseau « Témoignage chrétien ». Les paquets de journaux clandestins parvenaient à la centrale syndicale de Lens dans les camions du secours national. Recherché par la gestapo avec son fils, il se réfugie dans les mines jusqu'à la Libération. Il est choisi comme secrétaire du comité départemental de libération du Pas-de-Calais, dont il est l'un des fondateurs, en 1944, puis cède son poste à Guy Mollet.

À la libération, il est délégué par son syndicat pour siéger à l'Assemblée consultative provisoire (1944-1945).

Carrière politique Mandats Jules Catoire est conseiller municipal d'Arras de jusqu'en 1949.

Il est élu député du Mouvement républicain populaire du département du Pas-de-Calais en 1946 et le reste, constamment réélu, jusqu'en 1958.

Il est le porte-parole de son mouvement à l'Assemblée Nationale lors des grands débats sur la nationalisation des mines du Nord-Pas-de-Calais, et contribue à la mise en place d'un statut des mineurs tenant compte des difficultés du métier. Il prend une part importante aux débats aboutissant à la création des Houillères du bassin du Nord et du Pas-de-Calais et de à 1950, année où il démissionne, il en est le vice-président.

Il se distingue à l'Assemblée par sa sensibilité aux questions sociales

Partisan du dialogue, « savoir regarder sans défier », il s'investit dans les rencontres entre les membres de la troisième force.

Avec son groupe, Jules Catoire vote contre la Communauté européenne de défense le . Le , il refuse de voter la confiance au gouvernement Mendès-France et participe ainsi à la chute du cabinet

En , il vote la confiance au général de Gaulle, les pleins pouvoirs au gouvernement et la révision constitutionnelle.

Fonctions gouvernementales Jules Catoire va remplir différentes fonctions gouvernementales sous la Quatrième République :

Ministre des Anciens combattants et des Victimes de la guerre du gouvernement Schuman II (du 5 au ) ; Sous-secrétaire d'État à la Santé publique et à la Population du gouvernement Queuille I (du au ) ; Secrétaire d'État à la Santé publique et à la Population du gouvernement Pleven I (du au ) ; Secrétaire d'État à la Santé publique et à la Population du gouvernement Queuille III (du au ).

Distinctions . (décret du ). en 1934.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie . Bruno Béthouart, «Catoire Jules, Eugène, Édouard », dans Le Maitron, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier 1940-, Tome 3, 2007, lire en ligne. « Jules Catoire », dans 100 figures du Pas-de-Calais 1790-2000, Les Échos du Pas-de-Calais, Lillers, 2001. « Jules, Eugène, Edouard Catoire », sur Base des députés, site de l'Assemblée Nationale, lire en ligne.

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