Joseph Désiré Foucher, né à Quelaines (Mayenne) le et mort à Paris le , est un général et homme politique français, sénateur du Second Empire, connu pour sa carrière militaire sous le Premier Empire, la Seconde Restauration, la monarchie de Juillet et la Deuxième République.

Biographie Origine Joseph-Désiré Foucher naît le à QuelainesGazette des étrangers : guide général et officiel dans Paris, (Paris), 10 mars 1860., dans le département de la Mayenne. Il est le fils aîné Bernard Sonneck, Les Décorés de la Légion d'honneur de la Mayenne, Éditions Régionales de l'Ouest, 2006, volume 1, 1803-1848, de de Joseph René FoucherNé le à Laval (paroisse de Saint-Vénérand), de Joseph Foucher et de Marie Loré., praticien, et d'Ursule Louise JourneilNée à Château-Gontier de Jean Marin Journeil et de Jeanne Malvert., mariés le à Quelaines. Son frère cadet François LéonNé le 9 février 1797 à Château-Gontier. était facteur rural dans le département de l'Indre-et-Loire. Joseph Foucher épouse en 1834 Catherine Vouchy. Débuts militaires Il s’engage volontairement le , à l’âge de 17 ansL'Indépendant de l'Ouest, 2 mars 1860., comme vélite grenadier à pied de la Garde impériale le .

Les campagnes napoléoniennes Il participe dès lors à toutes les campagnes de la Garde impériale, gravissant rapidement les échelons : caporal des fusiliers grenadiers de la Garde le , sergent le , sergent-major au de tirailleurs de la Garde le , puis lieutenant au de tirailleurs de la Garde le , lieutenant en premier, sous-adjudant-major aux grenadiers à pied de la Garde impériale le ; capitaine adjudant major ayant rang de chef de bataillon le . thumb|right|150px|Entrevue de Napoléon et d'Alexandre sur le NiemenÀ droite du tableau, on trouve les maréchaux Joachim Murat, Louis-Alexandre Berthier, Jean-Baptiste Bessières, Michel Ney.. 25 juin 1807, Adolphe Roehn (1780–1867), musée de l'Histoire de France (Versailles) Il fait les campagnes de : 1804 au camp de Boulogne ; campagne d'Allemagne et d'Autriche, en l'an XIV en Autriche (campagne double) ; la campagne de Prusse et de Pologne, en 1806 et 1807 ; à l'entrevue, préalable au Traités de Tilsit que Napoléon Ier et Alexandre Ier eurent, le , dans un pavillon élevé sur un radeau, au milieu du Niémen, à Tilsit, Joseph Foucher fit partie du détachement des grenadiers désignés pour la garde d'honneur à bord du radeauLe moniteur de l'armée, 1860. la campagne d'Espagne en 1808 : il y retourne de 1809 à 1811 (il est blessé à la bataille de Rio SeccoGazette nationale ou le Moniteur universel, 6 mars 1860, et à la cuisse droite le au Combat de Viana) ; la campagne d'Allemagne et d'Autriche en 1809 ; la campagne de Russie en 1812 ; il assiste à la Bataille de la Moskowa. Pendant la Retraite de Russie, il se montra constamment occupé du soldat, se signale par sa bravoure et son sang-froid, et sauva la vie au chef de bataillon Albert. la campagne d'Allemagne en 1813 ; la campagne de France en 1814, où il est blessé à la bataille d'Arcis-sur-Aube, atteint d'un coup de feu au pied droit.

Il perd plusieurs chevaux sous lui lors des batailles de Leipzig (où il est atteint d’un éclat d’obus), Montmirail et à Waterloo.

Lors des Cent-Jours, il est l'un des premiers de la Vieille Garde à se rallier à et fait la campagne de 1815 en Belgique, avec la 3e régiment de grenadiers à pied de la Garde impériale. thumb|right|150px|Grenadier de la Vieille Garde par Édouard Detaille

Carrière sous la Seconde Restauration Après la chute de Napoléon, Foucher est mis en non-activité par la Seconde Restauration le . Il est rappelé au service en 1817 comme chef de bataillon de la Légion de l'Orne le (devenu par la suite le d'infanterie de ligne en ).

En 1823, il participe à l'Expédition d'Espagne, où il est cité à l’ordre de l’armée pour sa conduite aux combats de Tarragone : est mis à l’ordre de l’armée pour sa belle conduite aux combats des 27 et : le maréchal Bon-Adrien Jeannot de Moncey lui adressa de vives félicitations et l’embrassa en présence des troupes réunies. Il est fait chevalier de l'Ordre de Saint-Louis et, la distinction de ses services en Espagne lui valut la croix de l'Ordre de Saint-Ferdinand.

Il est nommé lieutenant-colonel du léger le , puis colonel du de ligne le .

Carrière sous la monarchie de Juillet Il sert ensuite à la Martinique lors des premières années de la monarchie de Juillet, il y remplit les fonctions de commandant militaire à partir du . Les troupes du de ligne quittent leurs casernes le , partent de Brest le et arrivent à Fort-Royal en Martinique le . Le retour s'effectue sur la Corvette La Loire qui quitte Fort-Royal le pour arriver à Brest le source Archives Nationales fichier Leonore. Le régiment de Joseph Foucher est rapatrié ayant perdu beaucoup d'hommes suite à la fièvre jaune.

De retour en France en 1832, Il commande successivement les divisions militaires de Lyon, Vaucluse, Metz, Paris et Lille. Il est promu maréchal de camp le .

Il prend le commandement de la brigade du Rhône et de l'Ain en 1838. Le , le général Foucher fut envoyé à Lyon à la tête d'une brigade d'infanterie, et le , à celui d'une brigade de même arme au camp de Compiègne. Il est appelé la à la tête de la subdvision du Rhône et de l'Ain, position qu'il conserve jusqu'en 1843.

Appelé au commandement du département de Vaucluse le , il fut mis en 1845 à la tête de la 3e brigade d’infanterie à Paris. Nommé lieutenant général le , par décision ministérielle, il obtient le commandement de la militaire à Metz, il inspecte en 1847 d'infanterie.

Rôle pendant les révolutions de 1848 Le , Foucher est nommé commandant de la militaire (Paris).

Manifestation du 15 mai 1848

vignette|299x299px|Séance du 15 mai 1848 d'après une œuvre originale de l'artiste Ignace-François Bonhommé Le , une réunion eut lieu au ministère de l'Intérieur; le général Tempoure, commandant de la garde mobile, le général Joseph Foucher, commandant la division militaire, et le général Amable de Courtais, commandant la garde nationaleProcès des accusés du 15 mai devant la Haute Cour de Bourges, 1848., et ce dernier est nommé au commandement de la force publiqueRaphaël Moreau, Promenades dans une ville sœur de Clochemerle. Lors de la manifestation du 15 mai 1848, Amable de Courtait fais preuve d'indécision face aux manifestants. Joseph Foucher est alors nommé dans l'urgence par la Commission exécutive, commandant en chef de toutes les forces militaires de ParisArrêté du 15 mai 1848, par lequel la commission du Pouvoir exécutif, investit le général de division Foucher du commandement de toutes les forces militaires de Paris le . Joseph Foucher fait alors intervenir les gardes nationaux, à l’Assemblée constituante pour rétablir l'ordre contre l’insurrection en cours. Il fait dégager l'Hôtel de Ville de Paris, où était établie la liste d'un gouvernement insurrectionnel (Blanqui, Ledru-Rollin, Albert, Louis Blanc, Huber, Thoré, Cabet, Pierre Leroux, Raspail). L'Assemblée et la Commission exécutive reprennent en main la situation. Les chefs républicains sont arrêtés (ils seront traduits devant la Haute Cour de justice de Bourges du au ). Joseph Foucher est membre de la commission de défense nationale depuis le . La Commission exécutive retire le à Joseph Foucher, le commandement en chef de toutes les forces militaires de Paris.Séance permanente du . La Commission du pouvoir exécutif, croyant qu'elle doit conserver et concentrer immédiatement la direction de toutes les forces militaires de la capitale déclare que l'ordre qu'elle avait donné au général Foucher et qui l'investissait du commandement supérieur de ces forces, doit être considéré comme non avenu.

Les journées de juin 1848 thumb|right|250px|Attaque de l'entrée du Faubourg du Temple.

Pendant les Journées de juin 1848, il participe activement à l'écrasement des journées insurrectionnelles (23-), soulèvement ouvrier contre la Deuxième République. Il est blessé à la hanche lors des combats dans le Faubourg du Temple, où il commandait l’attaque des barricades ; son aide de camp De PraillyGalerie des victoires et conquêtes de l'armée française et de tous les régiments depuis les premiers temps de la monarchie jusqu'a nos jours, Volume 10, 1856. fut tué à ses côtés.

Il est chargé par le général Eugène Cavaignac, alors Ministre de la Guerre et commandant en chef des opérations, de mener l’assaut contre les barricades érigées par les insurgés dans l’est parisien. Son objectif principal était de couper la ligne de retraite des insurgés en s’emparant de la Chaussée de Belleville, un point stratégique pour le contrôle des faubourgsLéonard Gallois, Histoire de la révolution de 1848, Volume 2, 1850. Joseph Foucher dirigea une colonne composée de plusieurs bataillons de ligne et de garde nationale. Malgré la prise successive de cinq barricades, ses troupes furent arrêtées devant la barricade de la Barrière de Belleville, défendue par 600 à 700 insurgés. Après des heures de combat et des pertes importantes, Joseph Foucher dut attendre des renforts pour tenter une attaque décisive. La barricade resta aux mains des insurgés jusqu’à la nuit, forçant les troupes à bivouaquer sur place. Joseph Foucher collabora étroitement avec les généraux Louis Juchault de Lamoricière et Eugène Cavaignac, notamment lors de l’attaque de la barricade du faubourg du Temple, où il engagea sept bataillons. Après des heures de combat et l’arrivée de renforts commandés par le colonel Dulac, la barricade fut finalement enlevée, mais au prix de lourdes pertes. Après la répression de l’insurrection, Joseph Foucher supervisa l’installation d’un camp militaire à Satory (près de Versailles), destiné à accueillir 30 000 hommesAnnales d'hygiène publique, industrielle et sociale, 1873.. Ce camp, créé pour éviter de nouvelles révoltes, devint par la suite un terrain de manœuvre et de revues militaires sous le Second Empire. Ses rapports et ses ordres, notamment ceux concernant le renfort des troupes à Paris et l’éloignement des bataillons de dépôt, illustrent son rôle central dans la réorganisation de l’armée après les journées de Juin.

Lorsque le commandement de l'Armée de Paris et la Garde nationale dût être réuni en une seule main, il est nommé au commandement de la militaire (Lille) le , il protesta contre cette mutation qu'il considérait comme une marque de défiance. Il se montre partisan du gouvernement présidentiel de Louis-Napoléon BonaparteDictionnaire des Parlementaires français, Robert et Cougny (1889). De 1848 à 1850, il inspecte les et d'infanterie

Fin de carrière et sénatorerie Placé dans le cadre de réserve en 1850, il est admis à la retraite en 1851. Joseph Foucher saisi le Conseil d'État le . Il demande l'annulation d'une décision du Ministre de la guerre () refusant de le maintenir indéfiniment dans le cadre d'activité de l'état-major généralJournal militaire officiel: 1851, Numéro 1, p. 222. Le Conseil d'État constate que le commandement exercé par Foucher en ne correspond pas à celui d'une armée ou d'un corps d'armée composé de plusieurs divisions de différentes armes, condition requise par la loi pour un maintien sans limite d'âgeJoseph Foucher invoquait son commandement en chef des forces militaires de Paris et de la première division militaire en mai 1848, estimant remplir les conditions d'exception prévues par la loi du .. Sa demande est rejeté et il est condamné aux dépens.

Il est créé sénateur du Second Empire le . Il est relévé de la retraite en , et ré-admis dans le cadre de réserve. Il meurt à Paris le , à l’âge de 73 ans, entouré de ses amis et honoré pour sa longue carrière au service de la France.

Décorations et honneurs

Décorations françaises Légion d'honneur : Chevalier de la Légion d'honneur, après la Bataille d'Essling Officier de la Légion d'honneur, Commandeur de la Légion d'honneur, Grand officier de la Légion d'honneur, L'Indépendant de l'Ouest, 11 décembre 1850. 40px Chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis 20px