L'université d’État de Saint-Pétersbourg (en ) est un établissement d'enseignement supérieur situé à Saint-Pétersbourg en Russie. L'établissement d'origine, fondé par un décret de Pierre le Grand le , est la plus ancienne université créée en Russie. Elle s'appelait jusqu'en 1914, l', puis et après la révolution de février 1917, . De 1924 à 1948, elle s'est appelée et de 1948 à 1989 . Elle a pris son nom actuel en 1991. Les bâtiments de l'université sont situés sur l’île Vassilievski, non loin de la Néva.

Facultés vignette|Carte postale représentant l'université impériale vers 1910. vignette|droite|Façade de l'université en 2012. L'université comprend vingt-quatre facultés et écoles supérieures : Faculté des arts Faculté des arts libéraux et des sciences Faculté de biologie et pédologie Faculté de chimie Faculté de droit Faculté d'économie Faculté d'enseignement militaire Faculté de géographie et de géoécologie Faculté de géologie Faculté d'histoire École supérieure de journalisme et de communications de masse École supérieure de management Faculté de mathématiques et mécanique Faculté de mathématiques appliquées Faculté de médecine Faculté orientale Faculté de philologie Faculté de philosophie Faculté de physique Faculté de psychologie Faculté de relations internationales Faculté de sciences politiques Faculté de sociologie Faculté de stomatologie et de technologies médicales

Campus vignette|L'université de Saint-Pétersbourg vue depuis la cathédrale Saint-Isaac. vignette|droite|Vue de la faculté de psychologie sur le quai Amiral-Makarov. L'université est organisée autour de deux sites : à l'île Vassilievski dans le centre historique de la ville, et à Peterhof, dans la banlieue sud-ouest, qui est relié par train à partir de la gare de la Baltique.

Les bâtiments principaux de l'université se trouvent dans les Douze Collèges, à l'île Vassilievski. Ils comprennent la bibliothèque, la faculté de biologie et de pédologie et la faculté de géologie.

La faculté de philosophie et la faculté orientale sont logées dans un édifice de style baroque pétrin du bâti par Domenico Trezzini sur le quai de l'Université au bord de la Grande Néva. C'était à l'origine le palais de Pierre II.

Le nouveau Gostiny Dvor (ou Cour des Marchands) bâti par Giacomo Quarenghi au début du abrite aujourd'hui la faculté d'histoire et la faculté de philosophie. La faculté de psychologie se trouve en face sur le quai Amiral-Makarov, au bord de la Petite Néva. L'école supérieure de management, l'école supérieure de journalisme, la faculté de géographie et de géoécologie, la faculté de médecine, la faculté de stomatologie et de technologies médicales, la faculté de droit et la faculté d'enseignement militaire sont également situées à l'île Vassilievski, mais plus loin à l'ouest.

Quatre autres facultés se trouvent à l'est du centre-ville sur la rive sud de la Néva : ce sont la faculté d'économie qui est proche de la station de métro Tchernychevskaïa, tandis que la faculté de sociologie, la faculté de science politique et l'école des relations internationales occupent les bâtiments historiques du couvent Smolny.

Le nouveau campus de banlieue consiste en la faculté des mathématiques appliquées, la faculté de chimie, la faculté de mathématiques et de mécanique, et la faculté de physique, dans des locaux modernes à Peterhof.

Historique L'université considère que sa date de fondation est le lorsque Pierre le Grand l'institue par décret du sénat avec l'académie académique et l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg. L'université Lomonossov de Moscou est quant à elle fondée en 1755. Avant 1917 Cependant l'université de Saint-Pétersbourg cesse de fonctionner entre 1804 et 1819, car le nouveau règlement de l'académie des sciences décide de ne plus avoir d'établissements d'enseignement à sa charge. L'institut pédagogique de Saint-PétersbourgRenommé institut pédagogique principal est alors fondé et s'installe dans les Douze Collèges.

Le (ancien style), Alexandre Ier renomme l'établissement en université de Saint-Pétersbourg et la réorganise en trois facultés: la faculté de philosophie et de droit, la faculté d'histoire et de philologie et la faculté de physique et de mathématiques. Elle reçoit le titre d'université impériale de Saint-Pétersbourg, en 1821 M. M. Grigoriev, L'Université impériale de Saint-Pétersbourg pendant les cinquante premières années de son existence, in Историческая записка, Saint-Pétersbourg, 1870.

En 1823, une grande partie des cours de la faculté déménage des locaux des Douze Collèges pour s'installer au bord de la Fontanka et en 1824 une version inspirée de la charte de l'université de Moscou est instituée. L'université comprend en 1829 dix-neuf professeurs et 169 étudiants à plein temps. En 1830, l'empereur Nicolas Ier rend les Douze Collèges à l'université. Une nouvelle charte est appliquée à partir de 1835 avec la fondation d'une faculté de droit, d'une faculté d'histoire et de philologie, tandis que la faculté de physique et de mathématiques fusionne avec la faculté de philosophie.

Après les événements révolutionnaires de 1848 en Europe, le sénat décrète que le recteur doit être nommé par le ministre de l'instruction publique, plutôt que d'être élu au sein de l'académie des professeurs de l'université, ce qui provoque une profonde réaction du corps professoral. Cependant Piotr Pletniov est encore nommé, ce qui constitue le mandat le plus long de l'université (1840-1861).

En 1855, les études orientales sont séparées de la faculté d'histoire et de philologie et forment une quatrième faculté, la faculté des langues orientales, fondée le . En 1859, les jeunes filles peuvent assister aux cours, sans toutefois être étudiantes à plein temps. On compte en 1861, 1 270 étudiants à plein temps et 167 étudiants à temps partiel. La faculté de droit en accueille 498, constituant ainsi la faculté la plus importante. Des troubles estudiantins en 1861-1862 provoquent deux fois la fermeture de l'université par les autorités. Les cours publics sont interdits et les étudiants surveillés par la police. Les opposants les plus actifs sont expulsés. En 1865, il n'y a plus que 524 étudiants.

C'est un oukaze d'Alexandre III, du , qui restitue ses pleins droits à l'université, notamment celui d'élire son recteur. L'année 1869 est encore agitée, mais 2 588 étudiants en sortent diplômés cette année-là.

En 1880, le ministère de l'instruction publique interdit aux personnes mariées d'être inscrites à l'université. L'année 1882 est encore agitée de troubles, aussi le ministère de l'instruction publique décide de nommer le recteur à partir de 1884. Le (ancien style), un petit groupe d'étudiants qui s'apprêtait à fomenter un attentat contre l'empereur est arrêté. La politique gouvernementale se durcit et l'admission à l'université est soumise à des conditions de plus en plus restrictives.

En 1892, il y a tout de même une promotion de sortie de 9 212 étudiants. Mais l'université est régulièrement agitée par des grèves estudiantines qui se propagent en province. Pendant la révolution de 1905, la charte de l'université est une nouvelle fois amendée. L'autonomie des universités est partiellement restaurée avec le droit d'élire le recteur, ce qui n'était pas arrivé depuis 1884. L'université ferme à plusieurs reprises pendant les troubles de l'année 1905-1906. Son autonomie est révoquée en 1911, ce qui provoque le mécontentement d'une grande partie du corps professoral qui est forcée de démissionner et l'université ferme temporairement.

Lorsque la capitale est rebaptisée en Pétrograd au début de la Première Guerre mondiale, l'université devient l'université impériale de Pétrograd. Une annexe de l'université ouvre à Perm, constituant la base de la future université de Perm.

Après 1917 vignette|Médaille commémorative de l'université de Saint-Pétersbourg. Le corps professoral et l'assemblée des professeurs est majoritairement favorable à la révolution de février 1917 qui met fin au régime impérial. L'université perd donc son épithète d'impériale. Mais la révolution d'Octobre est perçue avec méfiance. L'administration de l'université et la plupart des professeurs sont réticents vis-à-vis des nouvelles mesures du commissariat du Peuple à l'éducation. La répression augmente au fur et à mesure de l'intensité de la guerre civile russe entre 1917 et 1922. Un grand nombre de professeurs sont arrêtés sous l'accusation d'activités contre-révolutionnaires. Certains sont fusillés et d'autres contraints à l'exil. Des universitaires sont expulsés et doivent quitter le pays en 1922 à bord de ce que l'on a appelé plus tard les bateaux des philosophes.

En 1918, l'université devient la de Pétrograd. L'année suivante, elle fusionne avec les Cours Bestoujev (jusqu'alors réservés aux jeunes filles) et avec l'institut psycho-neurologique. Une faculté des sciences sociales est inaugurée la même année à la place de la faculté d'histoire et de philologie, de la faculté des langues orientales et de la faculté de droit. Nicolas Marr devient le premier doyen de ce nouvel ensemble, tandis que le chimiste Alexeï Favorski devient le doyen de la faculté de physique et de mathématiques. Des (universités ouvrières) sont instituées ainsi que des cours d'auditeurs libres. Malgré tout cela, comme le rapporte l'étudiante Alice Rosenbaum, la grande majorité des étudiants et des professeurs sont anticommunistes, si bien qu'en 1922 une purge est organisée, basée sur l'origine sociale. Tous les étudiants d'origine bourgeoise (la majorité) sont exclus.

L'université est renommée comme la ville en université de Léningrad en 1924. Une purge visant les historiens se met en mouvement au moment de l'affaire de l'Académie montée de toutes pièces par le pouvoir en 1929-1930 comme tant d'autres qui touchent les milieux intellectuels dans les années 1930. Les professeurs Sergueï Platonov, Evgueni Tarlé et Boris Grekov, parmi d'autres, sont envoyés en détention. Platonov y trouve la mort d'épuisement. D'autres sont emprisonnés ou exécutés pendant les Grandes purges de 1937-1938.

Pendant le terrible siège de Léningrad qui provoque la mort par la faim ou le froid des habitants de Léningrad (1941-1944) des milliers de gens sont évacués, mais ceux des membres de l'université, étudiants, professeurs ou employés qui restent sont condamnés à une mort lente. L'université est finalement évacuée en 1942 à Saratov et une partie à Ielabouga. Le præsidium du Soviet suprême accorde en 1944 l'ordre de Lénine à l'université en reconnaissance de sa bravoure et en hommage à sa contribution aux sciences et à la culture.

En 1948, l'université prend le nom d'Andreï Jdanov qu'elle garde jusqu'en 1989. Les locaux de Petrodvorets (Peterhof aujourd'hui) sont construits à partir de 1966. Elle reçoit l'ordre du Drapeau rouge du Travail en 1969.

Aujourd'hui thumb|right|Partie de la façade des Douze Collèges. Aujourd'hui l'université de Saint-Pétersbourg accueille plus de trente mille étudiants. Treize mille personnes y travaillent, ainsi que près de six mille enseignants dont mille cinq-cents titulaires du doctorat ès sciences et trois mille titulaires d'un doctorat de et quarante membres des académies d'État. Le corps professoral se répartit en 304 chaires d'enseignement.

En 2012, l'université comprenait 2 884 doctorants Effectifs de la promotion 2012 à l'université de Saint-Pétersbourg. La moitié des effectifs des étudiants est d'une autre ville.

Personnalités liées à l'université Recteurs thumb|100 px|Emil Lenz. thumb|100 px|Karl Kessler. thumb|100 px|Ivan Borgman.

1819–1821 : Mikhaïl Balouguianski 1821–1825 : Evdokim Ziablovski 1825–1836 : Antoine Jeudy Dugour 1836–1840 : Ivan Choulguine 1840–1861 : Piotr Pletniov 1861–1863 : Alexandre Voskressenski 1863–1865 : Emil Lenz 1865–1867 : Alexandre Voskressenski 1867–1873 : Karl Kessler 1873–1876 : Piotr Redkine 1876–1883 : Andreï Beketov 1883 (1884)–1887 : Ivan Andreïevski 1887–1890 : Mikhaïl Vladislavlev