Le boulevard des Italiens est une voie située à la lisière des 2 et 9 arrondissements de Paris.

Situation et accès thumb|left|Le boulevard des Italiens vu depuis le boulevard Montmartre.

Il fait partie de la chaîne des Grands Boulevards constituée, d'ouest en est, par les boulevards de la Madeleine, des Capucines, des Italiens, Montmartre, Poissonnière, Bonne-Nouvelle, Saint-Denis, Saint-Martin, du Temple, des Filles-du-Calvaire et Beaumarchais.

Il est desservi par les stations de métro Opéra et Richelieu - Drouot.

Origine du nom Il doit son nom au Théâtre-Italien, occupé aujourd'hui par l'Opéra-Comique, qui y fut construit en 1783.

Historique 150px|vignette|gauche|Panneau Histoire de Paris.

Le boulevard a été créé après la suppression décidée en 1670 de l'enceinte de Louis XIII devenue obsolète, en avant du bastion 4 (« bastion de Gramont») de ce rempart, à travers des jardins maraichers. au début du Il a été formé en vertu de lettres-patentes du mois de , sous le nom de « boulevard Neuf » avant de prendre le nom de « boulevard du Dépôt », jusqu'en 1783, en raison du dépôt du régiment des Gardes françaises construit en 1764 à l'angle de la rue de la Chaussée-d'Antin, par le colonel Louis Antoine de Gontaut-Biron en 1764Pierre-Joseph-Spiridion Dufey et Antony Béraud, « Boulevard des Italiens », Dictionnaire historique de Paris, Librairie nationale et étrangère, 1825, ..

L'espace entre le boulevard et l'ancien rempart qui était situé sur un tracé irrégulier entre l'angle de la rue de Richelieu et de l'actuelle rue Feydeau, ancienne rue des Fossés-Montmartre, et l'angle de la rue Louis-le-Grand et de l'avenue de l'Opéra, s'urbanisa à la fin du au début du , notamment avec la construction de plusieurs hôtels particuliers, notamment l'hôtel de Ménars, l'hôtel de Lorges, l'hôtel de Gramont, l'hôtel d'Antin, l'hôtel de Choiseul, l'hôtel de Lévis démolis à la fin du ou au dont les terrains ont été lotis avec percements de rues.

Appelé « boulevard Cerutti » sous la Révolution, du nom d’un hôtel du boulevard dans lequel s’était établi l'écrivain Joseph-Antoine Cerutti (1738-1792), il prit le nom, sous le Consulat et l'Empire, de « boulevard de la Comédie-Italienne » pour une partie et « boulevard d'Antin », ou « boulevard de la Chaussée d'Antin » pour l'autre partieCharles Lefeuve, Histoire de Paris rue par rue, maison par maison..

Il fut également nommé « boulevard de Coblentz » ou « petit CoblenceEntre la rue d'Artois (rue Laffitte) et la rue de la Grange-Batelière (rue Drouot). » sous le Directoire, parce que s'y rassemblaient les émigrés royalistes de retour au pays après un long séjour dans la ville rhénane de Koblenz, puis de 1815 à 1828, « boulevard de Gand », sous la seconde Restauration, en souvenir de l'exil à Gand du roi Louis XVIII pendant les Cent-Jours, avant de prendre son nom actuel.

Tout au long du , et jusqu'à la Grande Guerre de 1914-1918, le boulevard constitua le rendez-vous des élégantes et élégants parisiens. On vit s'y succéder les Incroyables et les Merveilleuses sous le Directoire, les gandins (d'après le « boulevard de Gand ») à la Restauration, les dandys sous Louis-Philippe , les « lions » et les « lionnes » sous le Second Empire. Honoré de Balzac décrit comment l'arpenter avec la même élégance que Chateaubriand dans Théorie de la démarche (1833).

C'était la grande époque du Café de Paris, du Café Tortoni (qui inspira la mode du Café Tortoni de Buenos Aires), du Café Frascati, du Café Anglais, de la Maison Dorée…

À la suite de l'achèvement du boulevard Haussmann dans les années 1920, ces établissements disparurent pour être remplacés par des établissements financiers et autres.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire vignette|La Maison Dorée, avec le Café Tortoni à gauche et le Café Riche à droite (vers 1900). L'intersection avec la rue Laffitte offre une perspective à distance sur l'église Notre-Dame-de-Lorette et, à l'arrière-plan, sur la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, ce point de vue pouvant donner l'impression que les deux monuments se superposent malgré leur éloignement. : passage des Princes inauguré en 1860 sous le nom de « passage Mirès ». : l'atelier du photographe de mode A. Félix (18..-19..), se trouvait à cette adresseRessources de la Bibliothèque nationale . : ici se trouvaient, à partir de 1859, les luxueux ateliers d'André Adolphe Eugène Disdéri (1819-1889), photographe à la mode sous le Second Empire, juste au-dessus du théâtre de Jean-Eugène Robert-Houdin.

vignette|upright 0.7|André Adolphe Eugène Disdéri, Autoportrait, Paris, musée d'Orsay. : le , à la suite du braquage d'un bureau de change au 39, rue Vivienne, Jacques Fesch trouve refuge au cinquième étage du bâtiment du 9, boulevard des Italiens. Alors qu'il tente de quitter les lieux, il est reconnu par un badaud et blesse mortellement le gardien de la paix Jean-Baptiste Vergne dans la cour de l'immeuble. , à l'angle de la rue de Marivaux : emplacement du Café Anglais (1802-1913), célèbre restaurant du Second Empire, remplacé par un immeuble signé et daté au-dessus de la porte d'entrée du 13, rue de Marivaux R. Lelievre, architecte DPLG, 1914-1915. L'abondant décor floral sculpté a été qualifié de second Art nouveauBernard Landau, Claire Mono, Evelyne Lohr, Les grands boulevards, Action artistique de la Ville de Paris, 2000, .

vignette| : la Librairie nouvelle dans les années 1870. , à l'ange avec la rue de Gramont : emplacement de l'hôtel de Lévis, siège de l'ambassade de Russie dans les années 1780. Siège du Cercle de l'Union (1828-1857). Emplacement de l'ancienne Librairie nouvelle dirigée par Achille Bourdilliat, éditeur d'estampes et imprimeur, qui y fonde en 1857 Le Monde illustré Journal hebdomadaireA. P. Martial, Boulevard des Italiens : Librairie Nouvelle, 1877, estampe (en ligne).. Le cinéma Marivaux y ouvre en 1919. Il disposait d'une salle de accueillant des exclusivités qui pouvaient, avec quelques autres grands cinéma de Paris, faire le succès d'un film. Il est repris par Pathé puis par Parafrance (appartenant aux frères Jo et Samy Siritzky), sa grande salle étant restructurée en 1976 pour former un complexe de trois salles, sous le pavillon Paramount Marivaux. Parafrance fait faillite en 1984 et de nombreux cinémas du circuit sont démantelés. Une quatrième salle ouvre en 1988. L'une compte 490 places et les autres 475, 100 et 90. Le Marivaux est repris par les frères Stevens mais ferme en 1992. Il est remplacé par un restaurant« Ancien cinéma Marivaux à Paris », salles-cinema.fr, 12 mai 2015.. : siège de la BNP Paribas, de style Art déco, construit de 1926 à 1933 pour la Banque nationale du commerce et de l'industrie par Joseph Marrast et Charles Letrosne. Le bâtiment est aujourd’hui en rénovation. Ancien emplacement du Café Riche (1791). . : le siège central du Crédit lyonnais construit de 1876 à 1913 dans le style haussmannien à l'emplacement de l'hôtel de Boufflers, sur lequel avait été pratiquée la galerie de Fer qui conduisait du boulevard à la rue de Choiseul. Le passage, incendié en 1828, avait été reconstruit l'année suivante, en fer. C'est là que furent faits les premiers essais d'éclairage par le gaz.

: emplacement du restaurant de luxe de la Maison Dorée (1839-1841). On y trouve à sa place des bureaux de BNP Paribas, conçus par l'architecte Pierre Dufau, qui a conservé la façade originale à la suite de l'annulation du permis de construire par Maurice Druon, ministre de la Culture, sous la pression d'une association de quartier.

: emplacement du Café Tortoni. thumb|Façade illuminée du cinéma Aubert Palace en 1922. : cinéma Aubert-Palace, ouvert en 1915 sous le nom des « Cinéma des Nouveautés Aubert-Palace » par Louis Aubert, avec l'intervention de Fernand Jacopozzi. La Femme nue de Carmine Gallone est le premier film diffusé. Des travaux ont lieu en 1930, en 1933 puis en 1951, menés à cette dernière date par l'architecte Georges Peynet. Renommé « Lumière-Gaumont », il rouvre 1967, avec une salle de aménagée de nouveau par Georges Peynet. Il est ensuite divisé en trois salles. Il ferme en 1987-1988« Cinéma Aubert-Palace à Paris », salles-cinema, 27 mars 2020.« Cinéma Gaumont Lumière à Paris », salles-cinema.com, 15 novembre 2017.. : à cette adresse s'installe en 1856 le photographe Ferdinand Mulnier. : ancien cinéma Impérial, ouvert en 1926 avec la diffusion de 600 000 francs par mois de Nicolas Koline et Robert Péguy. D'importants travaux sont menés en 1958, avec notamment une nouvelle façade ; une rénovation suit en 1967 puis une autre en 1976, conduisant à la division de la salle en trois nouvelles. En 1992, Gaumont reprend le cinéma, qui est encore rénové. Il ferme en 2001« Cinéma Impérial à Paris », salles-cinema.com, 11 mars 2022.. : emplacement du Café de Bade..Ancien cinéma Caméo, ouvert en 1911. Au début des années 1910, les actualités cinématographiques sont mises en avant, puis les cinés-romans et des exclusivités dans les années 1920. Le Caméro se distingue par son rapide équipement permettant la sonorisation puis la diffusion des films parlants. Dans les années 1930, il assure les prolongations de films sortis dans de grandes salles d’exclusivité. Sous l'Occupation, il diffuse des films allemands et italiens, ainsi que des français issus de la Continental. Après la guerre, des films américains sont diffusés. Des travaux ont lieu en 1951, en 1963 puis en 1978, afin d'être transformé en complexe de quatre salles. En 1982, il devient l'UGC Boulevard. Il est rénové en 1991« Cinéma Caméo à Paris », salles-cinema.com, 29 décembre 2025., puis devient l'UGC Opéra« Cinéma UGC Opéra à Paris », salles-cinema.com, 21 août 2009.. : ancien siège des éditions musicales Enoch, fondées en 1853 ; en ouvre ici, à l'emplacement d'un ancien café, le Calisaya, l'exploitation du Kinéma Théâtre Gab-ka, dont le nom fait référence à son fondateur Gabriel KaiserLa Naissance de l'industrie du cinéma. Chronique du cinéma, Éditions Chronique, n.p., (lire en ligne).. À partir de l'automne 1918, l'établissement devient un cabaret, La Boîte à Fursy. Il redevient un cinéma sous le nouveau nom de Cinéma des Boulevards, puis de Corso-Opéra à la fin de l'année 1923. En 1937, l'atelier de photographie de Gaston Paris était à l'adresse.. : emplacement du théâtre des Fantaisies Ollier (dit aussi des « Fantaisies parisiennes » et « Folies-Ollier »). La salle accueillit le théâtre des Nouveautés (1878-1911), initialement sous la direction de Jules Brasseur, qui le céda à Henri Micheau en 1890. La rue des Italiens fut percée en 1911, entraînant la démolition du théâtre et interrompant le succès de la comédie de Georges Feydeau, Champignol malgré lui, qui en était à la représentationParis pittoresque, , Le Crapouillot, (dans la numérotation de la première série d'après-guerre), juillet 1962, .. : emplacement des Bains chinois, construits dans le genre pagode par l'architecte Nicolas Lenoir, en 1787. Ils abritaient, outre des bains, un restaurant, un café et un magasin de mode. Gracchus Babeuf en fit son centre de ralliement pour la préparation de sa conspiration de 1795. Ils furent détruits en 1853.. Puis, emplacement des studios photographiques de Numa Blanc.

: emplacement de l'ancien Salon Pathé, ouvert le par Charles Pathé pour présenter ses nouveaux films aux forains et aux directeurs de salle. : ancien cinéma Le Helder, ouvert en 1936, avec 450 places à l'origine. Il ferme en 1988« Cinéma Le Helder à Paris », 19 mai 2015.. : immeuble construit en 1929 par Michel Roux-Spitz. Le rez-de-chaussée servait de hall d'exposition aux voitures FordBéatrice de Rochebouët, « Paris, reine indétronable de l'Art déco », Le Figaroscope, semaine du 16 au 22 octobre 2013, p. 4-6.. C'est aujourd'hui un restaurant Quick..