La politique en Nouvelle-Calédonie s'exerce aujourd’hui dans le cadre déterminé par la Constitution de la Cinquième République française, l'accord de Nouméa et la loi organique relative à la Nouvelle-Calédonie de 1999.
Partis politiques
Loyalistes Né face à la montée de la revendication indépendantiste dans les années 1970, le camp non-indépendantiste, souvent appelé également « loyaliste », a longtemps été fédéré au sein du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR) de Jacques Lafleur, fondé en 1977 sous le nom de Rassemblement pour la Calédonie (RPC), et dénommé Le Rassemblement-UMP de 2004 à 2014 puis tout simplement Le Rassemblement. Mais depuis les années 1990 et la signature des Accords de Matignon et de Nouméa, le leadership de Lafleur a fortement été remis en question et a conduit à la création de plusieurs partis politiques, à quoi s'ajoutent les mouvements qui ont toujours été hostiles au RPCR. Depuis la défaite de ce dernier aux élections provinciales du en Province Sud et le retrait de Jacques Lafleur du devant de la scène politique, cette division s'est accentuée. Si la tendance non-indépendantiste n'était représentée après le scrutin de 2004 que par trois partis au Congrès, il est dispersé, à la veille de l'élection suivante de 2009, entre cinq formations au sein de l'assemblée locale à quoi s'ajoutent quatre autres mouvements. Toutefois, entre 2009 et 2022, plusieurs coalitions et rapprochements se créent ou se défont, dont notamment deux coalitions électorales pour les provinciales de 2014, une principale lors des élections de 2019 et deux lors des élections législatives en 2022. Dans ce paysage, trois principales forces siègent au Congrès depuis une nouvelle recomposition en 2022 : L'Avenir en confiance : à l'origine nom d'une liste menée par Sonia Backès des Républicains calédoniens suivie de Thierry Santa du Rassemblement-LR dans le Sud où elle remporte la victoire, avec des équivalents dans le Nord (Agissons pour le Nord du maire Rassemblement-LR de Kouaoua Alcide Ponga) et aux Îles Loyauté (Avec nous de l'ancien sénateur UMP et militant des Républicains calédoniens Simon Loueckhote), elle est la formation qui a obtenu le plus de voix dans l'ensemble de la Nouvelle-Calédonie aux élections provinciales du . Elle a donné son nom aux principaux groupes politiques à l'Assemblée de la Province Sud et au Congrès à la suite de ce scrutin et jusqu'en 2022. Elle se veut initialement la réunion de l'ensemble des « loyalistes » face aux indépendantistes et aux « nationalistes » (qualificatif attribué à Calédonie ensemble), et défend un programme à la fois fermement non-indépendantiste (proposant d'organiser au plus vite les deux autres référendums d'autodétermination prévus par l'accord de Nouméa en espérant clore ainsi la revendication indépendantiste), de renouvellement de la classe politique, libéral sur le plan économique et conservateur sur les questions de sécuritéCédrick Wakahugnème, avec F.T., « "L’Avenir en confiance" joue la réconciliation et l'unité », Nouvelle-Calédonie La , 02/03/2019. Après l'élection présidentielle française de 2022 et le départ des partis ayant soutenu Emmanuel Macron pour former Les Loyalistes, L'Avenir en confiance se retrouve réduit à n'être plus que le deuxième groupe non-indépendantiste du Congrès, toujours présidé par Virginie Ruffenach du Rassemblement-LR, avec une ligne plus conservatrice, provincialiste (demandant entre les politiques menées par ces collectivités) mais également plus modérée quant à l'attitude à adopter vis-à-vis des indépendantistes dans les discussions sur l'avenir institutionnel de l'archipelSheïma Riahi, « Avenir institutionnel : "L’héritage historique du Rassemblement nous place en responsabilité dans les discussions", déclare Virginie Ruffenach », Nouvelle-Calédonie La 1, 30 mars 2023.. Ses conseillers à l'Assemblée de la Province Sud créent pour leur part le groupe (pour faire écho au groupe déjà existant au sein de l'assemblée du Nord), laissant le nom aux représentants des Loyalistes. Depuis 2022, ses membres restants sont : Le Rassemblement-Les Républicains (Rassemblement-LR) : le courant non-indépendantiste historique, fondé en 1977 sous le nom de Rassemblement pour la Calédonie (RPC) par Jacques Lafleur et devenu en 1978, après son affiliation au RPR national de Jacques Chirac, Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR) puis Rassemblement-UMP après la création de l'UMP et finalement Rassemblement-LR depuis la transformation du nom du parti de la droite française en Les Républicains en 2015. Son leader fut jusqu'en 2005 le député (de 1978 à 2007) et président de l'Assemblée de la Province Sud (de 1989 à 2004) Jacques Lafleur, son fondateur. Pierre Frogier, également député (de 1996 à 2011) puis sénateur (de 2011 à 2023) ainsi que président du gouvernement (de 2001 à 2004), du Congrès (de 1995 à 1997 et de 2007 à 2009) et de l'Assemblée de la Province Sud (de 2009 à 2012), lui a succédé. En 2018, il démissionne pour laisser la présidence à Thierry Santa, qui a dirigé à son tour le Congrès (de 2015 à 2018) puis le gouvernement (de 2019 à 2021). Il démissionne pour raisons personnelles en au profit d'Alcide Ponga, maire de Kouaoua (depuis 2014) et conseiller provincial du Nord (depuis 2019), qui devient donc président par intérim. Le RPCR gérait traditionnellement jusqu'en 2004 la Province Sud et disposait jusqu'alors de la majorité au Congrès. S'il est dans l'opposition entre 2004 et 2007, il reste le premier parti du territoire en nombre de voix, les deux députés de la Nouvelle-Calédonie ont tous été issus de ses rangs de 1986 à 2012 et il contrôle toujours de 2001 à 2008 6 communes sur 33 dont la plus importante, celle de Nouméa. Il redevient un parti de la majorité à partir de 2007 dans le cadre d'un « accord-cadre » avec son principal adversaire d'alors, L'Avenir ensemble, puis en redevenant la force dominante entre 2009 et 2014. Les élections législatives de 2012 puis les élections municipales et les élections provinciales de 2014 marquent un échec sévère pour le parti, qui non seulement pour la première fois de son histoire n'est plus le premier parti néo-calédonien en nombre de suffrages, mais perd de plus les deux sièges à l'Assemblée nationale qu'il détenait depuis 1986 ainsi que la mairie de Nouméa qui était sienne depuis la création du parti en 1977. Ayant momentanément soutenu un « contrat de gouvernance solidaire » avec les autres formations indépendantistes jusqu'en puis une « Plateforme commune » avec Calédonie ensemble, le MPC et Tous Calédoniens et finalement L'Avenir en confiance depuis 2019, il a été dans l'opposition de 2014 à 2017, de 2018 à 2019 et depuis 2021. Il contient dans ses rangs des gaullistes mais aussi des représentants des autres tendances traditionnelles de la droite française, il défend généralement des positions conservatrices en matière sociale, fiscale et politique (notamment le maintien du système de statu quo de 1989, à savoir de deux camps, non-indépendantistes et indépendantistes, dominés chacun par un grand parti, respectivement le Rassemblement et l'Union calédonienne) et libérales en matière économique. Il est associé à l'UMP (bien que ce partenariat est remis en question en 2013) puis au parti Les Républicains fondé en 2015. Tous Calédoniens : parti créé en 2014 par Pascal Vittori et d'autres élus locaux de Brousse ayant quitté L'Avenir ensemble. Défendant des positions centristes, Pascal Vittori étant par ailleurs le délégué régional du Nouveau Centre (NC) puis de Les Centristes (LC), il est également sur une ligne ruraliste de défense des intérêts des agriculteurs et des éleveurs . Bien représenté dans les conseils municipaux de la Grande Terre (contrôlant depuis les élections de 2020 deux mairies : Boulouparis avec Pascal Vittori et Koumac avec Wilfrid Weiss), il n'a qu'un seul élu provincial (Wilfrid Weiss dans le Nord) et n'a, en revanche, jamais eu aucune représentation dans les institutions de la Nouvelle-Calédonie. Proche initialement de Sonia Backès, il l'a suivi dans son ralliement aux Républicains en 2015, mais a rompu avec elle pour participer à la création de la « Plateforme » en 2017 et est devenu depuis un allié du Rassemblement. Front national (FN) puis Rassemblement national (RN) dont la fédération locale, créée en 1984 sous l'impulsion de l'écrivain de roman noir Alain Fournier-Camille (A.D.G.) et du maire de Thio de l'époque (exclu de l'UC en 1976) Roger Galliot, est emmenée depuis février 2019 par Alain Descombels. Il s'est opposé aux accords de Matignon comme à l'accord de Nouméa, ainsi qu'à la montée des deux drapeaux sur les édifices néo-calédoniens. Il défend une position assimilationniste et départementaliste concernant l'avenir institutionnel de l'archipel. Il a retrouvé en 2021 un siège au Congrès et à l'Assemblée de la Province Sud, après 12 ans d'absence dans ses deux institutions, Guy-Olivier Cuénot ayant fait dissidence des Républicains calédoniens pour le RN le « Guy-Olivier Cuénot rejoint le Rassemblement national », DNC.nc, 9 septembre 2021, consulté le 17 décembre 2021.. Ensemble : coalition électorale pour présenter des candidatures communes entre tous les partis ayant soutenu Emmanuel Macron lors des élections nationales de 2022 devenue une confédération dirigée par Sonia Backès des Républicains calédoniens. Ses deux candidats sont alors élus députés. Toutefois, elle comprend en son sein deux forces, dont une autre coalition formant un groupe commun au Congrès (sous le nom « Les Loyalistes ») et à l'Assemblée de la Province Sud (ayant gardé le nom d'un groupe préexistant, L'Avenir en confiance, pourtant porté au Congrès par une alliance rivale), et un parti qui continue de mener dans les institutions une stratégie souvent distincte de ces derniers :