Gaspard Gourgaud, baron Gourgaud, né à VersaillesIl est né dans l'hôtel de Condé, rue des Réservoirs, tout proche du château, dans la même maison où a vécu et est mort La Bruyère, deux stèles le rappellent sur celle-ci. le et mort le à Paris, est un général et homme politique français.

Polytechnicien, officier d'artillerie, il devient le premier aide de camp, puis l'un des principaux mémorialistesL'un des quatre "évangélistes" de Sainte-Hélène, avec Las Cases, Montholon et Bertrand, selon le mot de Jean Tulard de Napoléon , auquel il sauve deux fois la vie. Il accompagne l'Empereur en exil à Sainte-Hélène, mais quitte l'île dès 1818.

Marié en 1822 avec Françoise-Marthe Roederer (1783-1823), fille du comte Pierre-Louis Roederer, il en a un fils, Louis-Napoléon-Marie-Hélène (1823-1879), baron Gourgaud, qui prénomme le sien Marie-Honoré-Gaspard-Napoléon (1859-1919). Le premier baron Gourgaud est enterré au cimetière du Père-LachaiseGourgaud au cimetière du Père-Lachaise..

Par son mariage, il devient administrateur de la société familiale les Manufactures de glaces et verres de Saint-Quirin, Cirey et Monthermé.

Biographie Officier d'artillerie Fils d'un musicien de la chapelle de Louis XVI (Étienne Gourgaud, 1734-1805) et d'une berceuse du duc de Berry (Hélène Girard, 1747-1846) et petit-fils du célèbre acteur Dugazon (pseudonyme de Pierre-Antoine Gourgaud) ; élève de l'École polytechnique en 1799, puis élève sous-lieutenant à l'école d'artillerie de Châlons. Il entre en 1802 comme lieutenant en second au d'artillerie à pied, et passe en 1803 lieutenant au d'artillerie à cheval, et devient en aide-de-camp du général Foucher.

Dans la campagne de 1805, il se trouve à Ulm, à la prise de Vienne et au passage du Danube. Dans cette dernière affaire, il se signale par un remarquable trait d'audace : profitant du trouble que le passage du pont de Thabor a jeté dans l'armée autrichienne, il s'élance vers le parc d'artillerie ennemi et s'en empare. Il combat ensuite à Austerlitz, où il est blessé ; à Iéna, à Prenzlau, à Pułtusk, où il reçoit la Légion d'honneur ; à Ostrołęka où il est promu capitaine, et à la bataille de Friedland.

II passe ensuite en Espagne, se distingue au siège de Saragosse, rejoint la Grande Armée et prend part aux journées d'Abensberg, d'Eckmühl, de Ratisbonne, d'Essling et de Wagram.

Aide de camp de l'Empereur C'est en 1811 que le capitaine Gourgaud est attaché à la personne de l'Empereur comme officier d'ordonnance : il doit cette faveur à l'intelligence avec laquelle il vient d'accomplir la reconnaissance de la place de Dantzig. À dater de cette époque il ne quitte plus l'Empereur. Dans la campagne de Russie, son zèle et son activité, pour assurer le service de son arme, sont des plus remarquables : blessé à Smolensk, il combat à Valentina et à la bataille de la Moskova. À Moscou il sauve Napoléon : à la suite d'une exploration minutieuse du palais du Kremlin, il découvre une masse énorme de poudre (400 milliers), que l'incendie est sur le point d'atteindre, et réussit à empêcher l'explosion du palais où l'empereur va passer la nuit du . En récompense de ce service signalé, il est créé baron de l'Empire alors qu'il n'est encore que capitaine. Ce fait est rarissime pour un officier de ce grade. Le décret lui conférant le titre de baron date de deux semaines plus tard, à Moscou. Les lettres patentes lui seront délivrées le après le retour en France.

1814 300 px|thumb|Peinture de Meissonier : 1814, campagne de France : retraite après la bataille de Laon ; Napoléon et son état-major derrière lui ; de gauche à droite, Ney (capote sur les épaules), Berthier, Flahaut (fils de Talleyrand) ; derrière Ney, un inconnu tombant de fatigue, puis Drouot et, derrière Flahaut, peut-être GourgaudJean Louis Ernest Meissonier. Ses Souvenirs - Ses Entretiens, précédés d'une étude sur sa vie et son œuvre, par M. O. Gréard. Librairie Hachette et cie, Paris, 1897.Site du ministère de la Culture - JOCONDE : Catalogue des collections des musées de France.Juliette Glikman, « Ernest Meissonier, 1814. Campagne de France », Cahiers de la Méditerranée, « Dossier : - De la tourmente révolutionnaire au traumatisme de 1870 : la fin du Guerrier et l'émergence du soldat », : « Guerres et guerriers dans l'iconographie et les arts plastiques », 2011, p. 175-186..

Lors de la retraite de Russie, son dévouement ne faiblit pas un instant : deux fois il passe la Bérézina à la nage, avant la construction des ponts, pour aller reconnaître la position de l'ennemi. Rentré en France, il vient rendre compte de la situation des débris des troupes françaises à l'Empereur qui le nomme immédiatement chef d'escadron et premier officier d'ordonnance. right|upright=1.3|thumb|Le général Gourgaud sauve la vie de l'Empereur à la bataille de Brienne, le 29 janvier 1814. Plusieurs missions importantes lui sont confiées dans la campagne d'Allemagne (1813) et accomplies à la haute satisfaction de l'Empereur. Sa conduite à la bataille de Dresde lui vaut la croix d'officier de la Légion d'honneur ; il se signale encore à la bataille de Leipzig, à la bataille de Hanau, et exécute avec une grande vigueur les ordres donnés par l'Empereur pour assurer la retraite de l'armée.

Pendant la campagne de France (1814), à la bataille de Brienne le , il sauve la vie de l'Empereur en tuant d'un coup de pistolet un cosaque qui est sur le point de le transpercer de sa lance, et la tradition familiale raconte que lui-même aurait eu la vie sauve grâce à sa croix de la Légion d'honneur qui aurait bloqué la lance qu'il avait fait dévier sur lui. En récompense, il reçoit l'épée de Lodi. Il se trouve à Champaubert, est blessé à Montmirail, se trouve encore à Nangis, à Montereau, et culbute les Russes de la position d'Étoutevelles. Ce fait d'armes le fait nommer colonel et commandant de la Légion d'honneur. Il s'empare du faubourg de Reims à la tête d'une batterie et de deux bataillons d'infanterie, et entre le premier dans la ville.

Compagnon d'exil thumb|250px|Fac-similé du brouillon de la lettre de reddition () confiée à Gourgaud. Il ne se sépare de l'Empereur qu'au moment où ce dernier quitte Fontainebleau le Les adieux de Fontainebleau.. Dès lors il fait sa soumission au gouvernement et est, comme tous les officiers du Royaume, désigné pour faire partie des Gardes du corps. Mais l'Empereur lui a laissé en partant l'épée qu'il portait aux Pyramides : c'est assez pour le faire éconduire. Lors du retour de l'île d'Elbe, Gourgaud s'empresse de se rendre auprès de l'Empereur. Il le suit dans sa dernière campagne et donne à Fleurus de nouvelles preuves de bravoure qui le font nommer général et aide-de-camp.

Revenu à Paris avec l'Empereur en il l'accompagne à Rochefort et à l'Île-d'Aix, où il est choisi« Napoléon fait confiance aux anglais - Lettre du 13 juillet », Mémoires du duc de Rovigo, page 235 et suivantes.« Instructions données par l'Empereur au général Gourgaud en l'envoyant porter sa lettre au prince régent », Lettre de Walter Scott et réponse du général Gourgaud (1827) page 59.« Mission de Las Cases et mission de Gourgaud le 14 juillet 1815 », Mémorial de Sainte-Hélène par Emmanuel de Las Cases, page 55 et suivantes. pour porter au Prince-Régent d'Angleterre la célèbre lettre de Napoléon ainsi formulée. (Recueil de pièces authentiques sur le captif de Ste.-Hélène : de mémoires et documens écrits ou dictés par l'empereur Napoléon. Suivis de lettres de MM. le grand-maréchal comte Bertrand, le comte Las Cases, le général baron Gourgaud, le général comte Montholon, les docteurs Warden, O'Meara …, A. Corréard, 1821, p. 15. À ne pas confondre avec la lettre de protestation que Napoléon écrivit à George Keith Elphinstone le 4 août 1815, quand il comprit, après s'être livré aux anglais le à bord du , qu'il était leur prisonnier et ne bénéficierait pas du droit d'asile (Habeas Corpus) en Angleterre même : . On prend la lettre, mais on ne lui permet pas de débarquer en Angleterre et de la remettre en mains propres« L'embarquement de Napoléon pour Sainte-Hélène (article du Docteur Paul Ganière) », Site de la fondation Napoléon, octobre 1988.« Biographie de Gaspard Gourgaud », Site de l'Assemblée nationale.. Il rejoint donc l'Empereur, qui le désigne pour le suivre à Sainte-Hélène. Gourgaud y recueille les confidences de Napoléon, en particulier le souhait d'éloigner les sites militaires des frontières, précaution qui n'est prise qu'après la défaite de 1871, avec la création d'usines d'armement dans le Centre de la France.

Il partage cet exil pendant trois années. Exaspéré par le favoritisme des Montholon (il provoque en duel le général Montholon et traite sa femme Albine, maîtresse de l'empereur, de « putain ») et souffrant de l'ambiance oppressante de Longwood House, il quitte l'île le .

Le mémorialiste Rayé des rôles de l'armée et banni après la Seconde Restauration, la France lui est fermée, il se rend en Angleterre, va exposer aux souverains réunis à Aix-la-Chapelle toutes les odieuses rigueurs déployées contre le captif de Sainte-Hélène, et ne rentre en France qu'en 1821.

Dès le , il est le premier (avec les colonels Fabvier et De Bricqueville) à adresser une pétition à la Chambre des députés pour la prier d'inviter le gouvernement à réclamer de l'Angleterre, au nom de la France, les restes de l'EmpereurBiographie universelle ancienne et moderne (Michaud), tome 17 (1842)..

350px|thumb|right| dictant ses mémoires aux généraux Montholon et Gourgaud en présence du grand-maréchal Bertrand et du comte de Las Cases, École française (), musée napoléonien de l'île d'Aix. Laissé en non-activité, il s'occupe de la publication de divers ouvrages ; il fait paraître en 1823 avec M. de Montholon les Mémoires de Napoléon à Sainte-Hélène, en 18 volumes ; en 1825, Histoire de Napoléon et de la Grande Armée pendant l'année 1812 et examen critique, dans lequel il réfute l'Histoire de Napoléon et de la Grande Armée en 1812 publiée en 1824 par le comte Philippe-Paul de Ségur (s'ensuit un duel dans lequel M. de Ségur est blessé) ; et en 1827, une Réfutation des calomnies de la vie de Napoléon, par Walter Scott. Déjà, en 1820, il a publié une Relation de la campagne de 1815.

Après la révolution de 1830, Gourgaud, remis en activité, devient successivement commandant de l'artillerie de Paris et de Vincennes, aide-de-camp du Roi en 1832, maréchal de camp en 1835, commandant en chef de l'artillerie de l'armée du Nord en 1839, président du Comité d'artillerie et inspecteur général de cette arme. Le gouvernement le charge en 1841 de l'armement des forts et fortifications de Paris. Cette même année, il est élevé à la pairie.

En 1840 Gourgaud est désigné par Louis-Philippe pour aller assister à Sainte-Hélène à l'exhumation des restes de l'Empereur et les rapatrier en France (retour des cendres), mission qu'il accomplit avec un zèle religieux. En cette occasion il distribue quelques médailles en cuivre portant sa propre effigie qu'il a fait graver en 1829, par F. Peuvrier (Paris), pour perpétuer sa mémoire« Un témoin anglais de l'exhumation », récit de Sir John Lefroy, L'autre Sainte-Hélène, Albert Benhamou, 2010.Jacques Macé, Le général Gourgaud, Nouveau monde éditions, Paris, 2006..

Bonapartiste, il est élu député des Deux-Sèvres du 13 mai 1849 au 2 décembre 1851.

Son arrière petit-fils, Napoléon Gourgaud, époux de la riche héritière américaine Eva Gebhard, crée vers 1925, un musée napoléonien dans l'ancienne maison du commandant de la place de l'île d'Aix (Charente-Maritime).