L’université de Lorraine est une université française remontant à 1572, année de la fondation de l'université de Pont-à-Mousson, qui est transférée en 1769 à Nancy et rétablie en 1852. Située principalement à Nancy et à Metz, elle dispose d'implantations spécifiques à Bar-le-Duc, Briey, Épinal, Forbach, Cosnes-et-Romain, Lunéville, Saint-Avold, Saint-Dié-des-Vosges, Sarreguemines, Maxéville et Yutz. Juridiquement, elle a le statut de grand établissementdécret du .

Institution à l'histoire mouvementée, l'université de Lorraine est plusieurs fois supprimée et restaurée après la Révolution française, et scindée par l'Annexion après , puis par la loi Faure après . À partir de 2005, les établissements d'enseignement supérieur de Lorraine (notamment les universités Nancy I et II, et l'université Paul-Verlaine de Metz) entament un processus de fusion, débouchant le sur l'actuelle université de Lorraine.

En 2022, l'université de Lorraine rassemble et (dont ). Elle est présidée par Hélène Boulanger depuis le .

Histoire

Genèse de l'université vignette|Logo de l'université jusque 2012. Au , en 1558, à Verdun, alors principauté épiscopale indépendante, la première tentative de création d'une université en terre lorraine a lieu, même si elle se solde par un échec quelques années plus tard..

Avec la création de l'université jésuite de Pont-à-Mousson, dans le Duché de Bar, le , cette histoire débute réellement, sous l'impulsion du duc Charles de Lorraine et de son cousin, Charles de Lorraine, cardinal de Guise. Ils donnent à la nouvelle université les moyens de leur ambition : rapidement, les effectifs progressent, et l'université de Pont-à-Mousson, forte d'enseignants renommés, commence à attirer des étudiants étrangers.

Le succès est néanmoins de courte durée : la résurgence de la peste (1610, 1621-1625, 1627-1636) et la guerre de Trente Ans qui ravagent les duchés et le Saint-Empire romain germanique, marquent un coup d'arrêt dans le développement de la nouvelle université. De 1630 à 1634, l'enseignement est même totalement interrompu.

Nancy, pour sa part, connaît un fort développement au début du et se découvre de nouvelles ambitions. La ville souhaiterait devenir le centre universitaire lorrain (ainsi qu'un évêché), et certains sont prêts à y consacrer tous leurs efforts, rumeurs et intrigues comprises.

Il faut pourtant attendre la disparition de Stanislas Leszczyński pour que, dans le mouvement du rattachement de la Lorraine à la France, le transfert de l'université de Pont-à-Mousson à Nancy soit officialisé, le Recueil des ordonnances et règlements de Lorraine, tome , .. Il faut encore presque dix ans pour que l'installation soit effective.

La constitution de 1791 annonce la mise en place d'un nouveau système d'instruction publique ; fin 1793, la Convention supprime toutes les universités existantes, dont celle de Nancy. Il faut attendre un an pour assister à la création (éphémère) de l'École normale (dite de l'an III), puis, encore un an plus tard, en , à celle des grandes écoles spéciales .

Le décret-loi du Le texte du décret est consultable en ligne sur le site du Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes., un texte bref (3 articles) et peu précis, instaure l'Université impériale. Instrument au service du pouvoir centralJacques-Olivier Boudon, Napoléon organisateur de l'Université, sur le site Napoléon.org. Consultable en ligne., cette institution fixe seule les implantations des facultés qui lui sont directement subordonnées : à Metz, une faculté des sciences, à Nancy, une faculté des lettres. Au rythme des abdications et des retours de Napoléon, en 1814 et 1815, l'Université impériale est supprimée, réinstaurée, puis supprimée à nouveau. L'ordonnance du supprime 20 facultés en France, dont celles de Metz et de Nancy : il n'existe alors plus d'institutions d'enseignement universitaire en Lorraine.

L'École préparatoire de médecine et de pharmacie de Nancy, créée par l'ordonnance royale du Bulletin universitaire contenant les ordonnances, règlements et arrêtés relatifs à l'instruction publique, Tome , Paris, 1844, . Consultable en ligne. marque un redémarrage. Il faut (de 1843 à 1852) d'incessants efforts de Prosper Guerrier de Dumast pour que l'université de Nancy soit finalement rétablie. Lorsque survient la guerre de 1870, Nancy abrite une faculté des sciences, une faculté de lettres, une faculté de droit et l’École forestière tandis qu’à Metz se trouve l'École d'application de l'artillerie et du génie.

La défaite et l'annexion de l'Alsace et d'un quart du territoire lorrain (notamment de sa métropole, Metz), soulèvent la question du transfert d'une partie de l'université de Strasbourg, et, notamment, de la faculté de médecine. Les Strasbourgeois auraient souhaité Lyon, ville de taille comparable à Strasbourg, mais des raisons, en partie patriotiques, favorisèrent Nancy en . De 1892 à 1919, plusieurs Instituts sont créés, qui préfigurent les futures Écoles nationales supérieures, instaurées en 1947Aux termes de l'article du décret du 16 janvier 1947 relatifs aux écoles nationales supérieures d’ingénieurs, .. Nancy est l'une des universités françaises à connaître avant 1914 une forte affluence d’étudiantes..

La Première Guerre mondiale marque encore un ralentissement, mais les professeurs et les élèves des facultés se mobilisent. Cet engagement est récompensé par : la citation de la faculté de Médecine de Nancy à l'Ordre de la NationJournal officiel de la République française, 16 avril 1920, . Consultable en ligne., l'attribution à l'université de Nancy de la Croix de guerreDavid Vodisek, Le Recteur Charles Adam, dans l'ouvrage publié à l'occasion du Bicentenaire de la fonction de recteur, 2008, Académie de Nancy-Metz, . Consultable en ligne. et de la Légion d'honneurLa Croix du 8 novembre 1932, . Consultable en ligne.. La citation précise : « A poursuivi ses travaux et son enseignement, malgré la proximité de la ligne de bataille et en dépit d'un bombardement continu et des plus violents, qui a causé la mort de nombreuses victimes et occasionné d'importants dégâts [comme la destruction de la bibliothèque universitaire]. S'est ainsi acquis les plus beaux titres à la reconnaissance du Pays par son héroïsme, qui symbolise l'effort des Universités de France pendant la grande guerre. » La Croix de Guerre lui est officiellement remise le , au cours de la rentrée solennelle des Facultés par le Maréchal Foch. l'attribution à l'université de Nancy de la Légion d'honneur qui est officiellement remise le au cours de la rentrée solennelle des Facultés, par Albert Lebrun, président de la République. L'université de Nancy est la seule université de France à avoir reçu la Légion d'honneur. La croix de guerre et la Légion d'honneur de l'université de Nancy sont conservées par le recteur de l'académie de Nancy-Metz, chancelier des universités de Lorraine.

Avec le retour de l'Alsace et de la Moselle dans le giron de la France, l'université de Nancy retrouve la concurrence de l'université de Strasbourg. Cependant, malgré les inquiétudes, l'université connaît une croissance soutenue dans l'entre-deux-guerres, doublant pratiquement le nombre de ses étudiants, nécessitant de ce fait un important programme immobilier afin d'accueillir tous ces effectifs.

Scission puis fusion Lors de la Seconde Guerre mondiale, alors que certains sont arrêtés, emprisonnés, déportés, d'autres choisissent la Collaboration. Ils en paieront le prix à la Libération. À l'issue du conflit, l'université de Nancy reprend sa marche en avant, jusqu'à Mai 68, dont la conséquence, pour les universités, est la loi Faure, qui, en Lorraine, crée quatre établissements publics à caractère scientifique et culturel, l'Institut national polytechnique de Lorraine, l'université de Metz, l'université Nancy-I et l'université Nancy-II. À la rentrée 2005, les trois universités nancéiennes créent Nancy-Université, avant la création officielle de l'établissement par un décret de Décret du 21 mars 2007 portant création de l'Établissement public de coopération scientifique (EPCS) « Nancy Université », JORF du 22 mars 2007, 5281, texte , NOR MENS0700639D, sur Légifrance.. En , l'université Paul Verlaine-Metz rejoint le pôle qui prend alors le nom de « PRES de l'université de Lorraine »Décret du 26 octobre 2009 modifiant le décret du 21 mars 2007 portant création de l'Établissement public de coopération scientifique « Nancy Université » et approuvant les modifications apportées aux statuts de l'Établissement public de coopération scientifique « PRES de l'université de Lorraine », JORF du 29 octobre 2009, 18387, texte , NOR ESRS0920214D, sur Légifrance..

Le projet « Campus Lorrain » a été labellisé « campus » en 2008 lors de la seconde vague du programme plan campus du Grand emprunt qui visait à financer des projets immobiliers pour faire émerger des pôles universitaires d’excellence. Dès le démarrage, il s'est inscrit dans la dynamique de la construction de l'université de LorraineLe dossier lorrain dans le cadre du Plan Campus est employé comme exemple dans La recherche et l'innovation en France : Futuris 2011, de Jacques Lesource et Denis Randet, - 70.. Le budget du projet lorrain s’élève à d’euros.. Ce projet prévoit le financement de cinq opérations immobilières...

Mis en place le , le Programme d'investissements d'avenir (PIA)Présentation du PIA sur le site du ministère de la recherche et de l'enseignement supérieur. est un programme de financement de la recherche française doté, initialement, de d'euros. L'université de Lorraine a obtenu, le , le label I-site, pour son dossier nommé "Lorraine Université d'Excellence" (LUE), après avoir postulé sans succès à deux reprises au label Initiative d'excellenceAnnonce du label Initiative d'excellence dans L'Est républicain, en date du 23 janvier 2016..

L'université de Lorraine participe à l'initiative d'excellence en information scientifique et technique, ISTEX en tant que représentant de la Conférence des présidents d'université au comité de pilotage. Le est créée la fondation NIT (noyau d'innovation technologique), fondation universitaire de l'université de Lorraine. Le décret du crée le grand établissement « université de Lorraine » par fusion des quatre établissements au .

L'université de Lorraine est au premier rang des universités françaises pour ses liens avec les pays germanophones, notamment l'Allemagne..

Campus

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L’université de Lorraine est un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP) constitué sous la forme d’un grand établissement au sens de l’article L. 717-1 du code de l’éducationL'article L. 717-1 du Code de l'éducation sur Légifrance. ; son statut a été fixé par le décret du portant création de l’université de Lorraine (décret pris après avis du Conseil d'État). Ce statut conduit l'université de Lorraine à déroger à certains points de « droit commun » concernant l’organisation, la gouvernance, les instances.

La recherche scientifique de l'université de Lorraine s'organise autour de dix pôles scientifiques regroupant soixante laboratoires de recherche parfois fédérés au sein de fédérations de recherche. L'université de Lorraine possède un patrimoine de de surface, réparti sur à travers toute la LorraineLes implantations géographiques de l'université de Lorraine sont décrites sur le site de l'université..

L'université de Lorraine gère plusieurs musées : Musée archéologique, Muséum-aquarium, Conservatoire et jardins botaniques (les deux derniers étant co-gérés avec la Métropole du Grand Nancy).

L'université de Lorraine compte actuellement 27 bibliothèques universitaires pour 1,8 million d'ouvrages. Les bibliothèques sont organisées en une direction opérationnelle, la Direction de la Documentation et de l'Édition.