vignette|Stephen Decatur abordant un navire tripolitain durant une bataille navale, 3 août 1804. vignette|L' combattant un navire tripolitain, par William Bainbridge Hoff, 1878 La guerre de Tripoli (en anglais ), aussi appelée première guerre barbaresque () ou guerre de la côte barbaresque (), est la toute première guerre déclarée et engagée par les États-Unis après leur indépendance, et la première de leurs deux guerres contre les États du Maghreb, alors connus sous le nom d'États barbaresques (les trois régences d'Alger, de Tunis et de Tripoli, de l'Empire ottoman).
Les raisons de cette guerre étaient que les pirates barbaresques saisissaient les navires marchands américains et exigeaient le paiement de rançons pour libérer les équipages, demandant ensuite aux États-Unis de payer un tribut pour éviter de futures captures. Le président des États-Unis, Thomas Jefferson, refusa de payer ce tribut. En outre, la Suède, qui était en guerre avec les Tripolites depuis 1800, et le royaume de Sicile participèrent à ce conflit aux côtés des États-Unis.
La guerre dura du au .
Contexte
Les pirates barbaresque d'Alger, de Tunis, de Tripoli, et du Maroc étaient les fléaux de la MéditerranéeMasselman, George. The Cradle of Colonialism. New Haven: Yale University Press, 1963. . p. 205. , capturant les navires marchands et jetant en esclavage ou rançonnant les équipages. L'ordre trinitaire a opéré en France pendant des décennies avec la mission de collecter des fonds pour racheter les prisonniers de ces pirates. Selon Robert Davis, ont été capturés par les pirates barbaresques et vendus en esclavage entre 1530 et 1780Davis, Robert. Christian Slaves, Muslim Masters: White Slavery in the Mediterranean, the Barbary Coast and Italy, 1500–1800..
En mer Méditerranée, les nations d'Europe se voyaient dans l'obligation de payer un tribut aux États barbaresques (Tripoli, Tunis, Alger, Maroc) pour protéger leurs intérêts commerciaux sous peine de voir leurs navires attaqués par les corsaires barbaresques. À l'indépendance des États-Unis, les navires de commerce américains perdirent la protection de la Royal Navy.
En 1784, un navire américain, le Betsby, est capturé par des pirates marocains, son équipage est libéré après 6 mois de détention. En 1785, des pirates d'Alger capturent américains : le Dauphin et le Maria. De 1786 à 1793, le Portugal fait la guerre aux États barbaresques, ce qui empêche toute nouvelle capture. En 1787, les Américains contactent l'ordre français des Mathurins connus pour ses négociations de rachats d'esclaves aux barbaresques depuis des siècles. Mais les pourparlers ne donnent rien : un seul Américain est libéré jusqu'en 1790, année de dissolution de l'ordre des Mathurins prononcée par la Révolution française. En 1793, le Portugal cesse sa guerre et les États barbaresques continuent leur piraterie : américains furent capturés pour la seule année 1793. Cette fois, les États-Unis réagissent : ils décident de payer le tribut, de dollars de 1794 à 1800 pour libérer les équipages capturés, et différents traités sont signés (voir le traité de Tripoli, le traité de paix et d'amitié avec le bey d’Alger et celui avec le bey de Tunis). Mais en même temps, il fut décidé par le Naval Act of 1794 de construire des navires de guerre pour protéger le commerce américain : 6 frégates, prévues pour 1800Parton, James. "Jefferson, American Minister in France." Atlantic Monthly. 30.180 (1872): 405–24.Miller, Hunter. United States. "Barbary Treaties 1786–1816 : Treaty with Morocco June 28 and July 15, 1786". The Avalon Project, Yale Law School..
Quand le bey de Tripoli augmenta le montant de la protection en demandant de plus , la tension s'accrut et les États-Unis, par la voix de leur nouveau président Thomas Jefferson, refusèrent de payer le tribut pour le passage de leurs navires en 1801. La flotte américaine était prête. Le bey de Tripoli incita alors ses alliés de Tunis et d'Alger à déclarer la guerre aux jeunes États-Unis qui semblaient lointains et encore fragiles.
La guerre vignette| Bataille de Derna (1805). Une escadre de l’United States Navy fut envoyée sur place. La nouvellement formée Mediterranean Squadron se composait de trois frégates et d'une goélette. Arrivée en juillet, elle bloqua Tripoli. La goélette de l'United States Navy remporta le premier combat naval de Tripoli contre la polacre tripolitaine Tripoli le Tucker, Glenn. Dawn like Thunder: The Barbary Wars and the Birth of the U.S. Navy. Indianapolis, Bobbs-Merrill, 1963. . p. 293..
Pendant ce temps, sur les côtes du Maroc, en réaction à la guerre contre la Tripolitaine, Moulay Slimane, sortant à peine d'une guerre, expulsa l’ambassadeur américain de Tétouan et déclara la guerre aux États-Unis.
La frégate s'échoua contre un récif le . Son capitaine William Bainbridge dut se rendre et la frégate fut capturée pour être intégrée à la flotte du pacha de Tripoli« La première guerre barbaresque en Méditerranée », Orient XXI, , consulté le 25 février 2017.. Le navire fut ensuite détruit dans le port de Tripoli le , à l'occasion d'un raid audacieux mené par l’Intrepid. plus tard, un ketch tripolitain fut capturé sous le commandement de Stephen Decatur.. Ce succès militaire ne règle pas la question des attaques de piraterie, mais renforce la confiance des Américains pour leur marine encore balbutiante ; l'amiral Nelson, le futur vainqueur deux ans plus tard de la célèbre bataille de Trafalgar, couvre d’éloges l’entreprise. Cette opération est en outre perçue comme la première opération spéciale américaine en terre étrangère, préfigurant ce qui constitue la mission actuelle des « SEAL » de la marine militaire américaine.
En , William Eaton, ancien consul à Tunis, arrive à Tripoli, avec pour mission de destituer le pacha Youssouf Karamanli en sollicitant l'aide de son frère Hamet Karamanli, écarté du pouvoir et exilé en Égypte. Allant à la rencontre de ce dernier, il lui promet un retour au pouvoir et constitue un groupe de combattants de 500 mercenaires arabes et grecs, conseillés par le lieutenant Presley O’Bannon. Tripoli est bombardée les , , et ..
En , l'armée de William Eaton et Hamet Bey prend d’assaut la forteresse de Derna, qui tombe en deux semaines, marquant la première victoire militaire américaine en terre étrangère. Cette action suffit pour inciter les dirigeants de Tripoli à signer un traité de paix ; William Eaton reçoit l'ordre de ne pas aller jusqu'au bout de son plan (le renversement du pacha Youssouf Karamanli et son remplacement par son frère) et d'accepter un accord de paix proposé par leur ennemi vaincu. Condition de ce traité de paix, l'équipage de l' est libéré, marquant la fin de la première guerre barbaresque.
Traité de paix et suites Une seconde guerre barbaresque oppose en 1815 la marine américaine à la régence d'Alger pour compléter l'objectif de la première : la fin des attaques de corsaires barbaresques contre des navires marchands américains et la liberté de circulation en Méditerranée de ces derniers. Cette guerre menée côté américain sous le commandement de Stephen Decatur voit une victoire rapide au cours de deux batailles navales les 17 et . Cette deuxième guerre victorieuse contre l'empire ottoman permet aux États-Unis d'obtenir une indemnité de 10 000 dollars de la régence d'Alger, un traité qui exclut tout tribut à venir et le droit de transport maritime plein et entier en mer Méditerranée.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Guerres barbaresques Barbaresques Régence de Tripoli Seconde guerre barbaresque Piraterie en Méditerranée Traite des esclaves de Barbarie
Liens externes Treaties with The Barbary Powers : 1786-1836
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